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Agriculture et ressources naturelles : le grand chantier capable de sauver l’Afrique

Afrology - Rédaction Par Afrology - Rédaction
6 août 2026
dans PRESSE
Reading Time: 14 mins read
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Agriculture et ressources naturelles : le grand chantier capable de sauver l’Afrique
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AFROLOGY | DEVELOPPEMENT ECONOMIE

L’agriculture sera l’un des principaux créateurs d’emplois dans le monde d’ici à 2030. Pour l’Afrique, où près d’un travailleur sur deux exerce encore dans ce secteur, l’enjeu dépasse la production alimentaire : il s’agit de transformer les terres, l’eau, les forêts et les ressources locales en emplois décents, en industries et en souveraineté économique. Mais cette renaissance agricole suppose de rompre avec l’agriculture de survie, l’abandon des campagnes et l’exportation systématique des matières premières brutes.

Le monde parle d’intelligence artificielle, de robotisation, de cybersécurité et d’économie numérique. Pourtant, l’un des métiers appelés à créer le plus grand nombre d’emplois au cours des prochaines années reste l’un des plus anciens : le travail de la terre.

Le Future of Jobs Report 2025 du Forum économique mondial estime que les ouvriers agricoles, journaliers et autres travailleurs du secteur pourraient représenter environ 34 millions d’emplois supplémentaires dans le monde d’ici à 2030, un chiffre parfois arrondi à 35 millions. Ils s’ajouteraient aux quelque 200 millions de travailleurs agricoles déjà recensés dans cette catégorie. La transition écologique, l’adaptation au changement climatique, l’élargissement de l’accès aux technologies numériques et l’augmentation du coût de la vie devraient soutenir cette progression. (World Economic Forum)

Cette projection est mondiale. Elle ne signifie pas que ces dizaines de millions d’emplois apparaîtront automatiquement en Afrique.

Elle révèle cependant une occasion historique pour un continent jeune, encore largement rural, doté de vastes terres agricoles, d’importantes ressources en eau, de forêts, de pâturages, de ressources halieutiques et d’une diversité climatique exceptionnelle.

L’Afrique importe des aliments et produits agricoles bruts: un véritable non sens… En Afrique subsaharienne, l’agriculture représentait encore environ 49 % de l’emploi total en 2025, selon les estimations modélisées de l’Organisation internationale du travail reprises par la Banque mondiale. (World Bank Open Data)

L’agriculture n’est donc pas un secteur marginal qu’il faudrait abandonner au nom de la modernité. Elle est déjà l’un des principaux employeurs du continent. La véritable question est de savoir si elle restera synonyme de pauvreté, de pénibilité et de faible productivité, ou si elle deviendra le socle d’une nouvelle économie africaine.

Le paradoxe d’un continent agricole qui peine à se nourrir

L’Afrique possède les ressources nécessaires pour nourrir sa population et développer une puissante industrie agroalimentaire. Pourtant, de nombreux pays continuent d’importer du riz, du blé, du lait, du sucre, de la viande, des huiles alimentaires, des fruits transformés et même certains produits qu’ils pourraient produire localement.

Ce paradoxe ne vient pas d’un manque de terres ou de travailleurs. Il résulte d’un système insuffisamment productif, faiblement mécanisé, exposé aux aléas climatiques et mal relié aux marchés.

Dans de nombreuses régions, les agriculteurs travaillent encore sans irrigation fiable, sans stockage adapté, sans assurance, sans accès suffisant aux semences de qualité, au financement ou aux services de vulgarisation. Lorsque les récoltes sont bonnes, l’absence de routes, d’entrepôts, de chaînes du froid et d’unités de transformation provoque des pertes ou une chute des prix.

Ainsi, le producteur prend l’essentiel du risque mais reçoit souvent la plus faible part de la valeur.

L’Afrique exporte du cacao, mais importe du chocolat. Elle exporte du coton, puis achète des vêtements fabriqués ailleurs. Elle vend du café vert, des noix de cajou non transformées, des fruits frais ou des graines oléagineuses, avant de réimporter des produits finis beaucoup plus chers.

Ce modèle crée des revenus d’exportation, mais trop peu d’emplois industriels. Il enrichit les filières mondiales sans transformer suffisamment les territoires africains.

La Banque africaine de développement estime depuis plusieurs années que le marché africain de l’alimentation et de l’agriculture pourrait atteindre 1 000 milliards de dollars à l’horizon 2030, contre environ 280 milliards auparavant. Mais cette perspective dépend d’investissements massifs, de l’intégration des marchés et du passage d’une agriculture de subsistance à des chaînes agro-industrielles compétitives. (AfDB)

Il ne s’agit pas de renvoyer les jeunes à la houe

Présenter l’agriculture comme une solution au chômage peut susciter de la méfiance. Beaucoup de jeunes Africains associent encore le métier d’agriculteur à la pauvreté de leurs parents, à l’absence de protection sociale, au travail physique éprouvant et à l’incertitude des revenus.

Leur demander de « retourner à la terre » sans changer les conditions de production serait une erreur politique.

L’objectif ne doit pas être de maintenir une jeunesse nombreuse dans une agriculture manuelle à faible rendement. Il doit être de construire des professions modernes autour de l’ensemble du système alimentaire :

  • producteurs spécialisés et techniciens agricoles ;
  • conducteurs de machines et installateurs de systèmes d’irrigation ;
  • vétérinaires, agronomes et spécialistes des sols ;
  • opérateurs de drones et gestionnaires de données agricoles ;
  • transformateurs, logisticiens et responsables de chaînes du froid ;
  • spécialistes du conditionnement, de la certification et de l’exportation ;
  • entrepreneurs du recyclage, des biofertilisants et des énergies rurales.

L’avenir agricole de l’Afrique ne se trouve donc pas uniquement dans les champs. Il se trouve également dans les laboratoires, les ateliers, les usines de transformation, les plateformes numériques, les services financiers, les transports et les marchés.

La FAO souligne que 44 % des jeunes qui travaillent dans le monde dépendent déjà des systèmes agroalimentaires, contre 38 % des adultes en emploi. Elle prévoit par ailleurs une augmentation de 65 % de la population jeune d’Afrique subsaharienne d’ici à 2050. Pour rendre le secteur plus attractif, l’organisation recommande notamment d’investir dans les infrastructures, les compétences, l’accès à la terre, le crédit et les technologies numériques. (FAOHome)

L’agriculture doit devenir une carrière choisie, et non le dernier refuge de ceux qui n’ont trouvé aucune autre possibilité.

Premier chantier : sécuriser l’accès à la terre

On ne construira pas une nouvelle génération d’entrepreneurs agricoles si les jeunes et les femmes ne peuvent pas accéder à la terre dans des conditions prévisibles.

Dans plusieurs pays, les droits fonciers restent fragiles, informels ou dépendants de décisions administratives et coutumières difficiles à anticiper. Cette insécurité empêche les exploitants d’investir sur le long terme. Elle limite aussi leur capacité à obtenir un financement, la terre ne pouvant pas toujours servir de garantie reconnue.

La réforme foncière ne signifie pas nécessairement privatiser toutes les terres. Elle consiste d’abord à clarifier les droits, protéger les exploitants légitimes, prévenir les accaparements et créer des mécanismes transparents de location ou de concession.

Les gouvernements pourraient notamment constituer des réserves foncières destinées aux jeunes agriculteurs, établir des contrats de longue durée et numériser les registres fonciers, tout en protégeant les droits collectifs des communautés.

Sans sécurité foncière, les appels à investir dans l’agriculture resteront des slogans.

Deuxième chantier : faire de l’eau une infrastructure économique

L’agriculture africaine demeure trop dépendante de pluies devenues plus irrégulières. Une saison sèche prolongée, une inondation ou un décalage du calendrier des précipitations peut anéantir le revenu annuel d’une famille.

L’irrigation ne doit plus être considérée comme un équipement réservé aux grands périmètres agricoles. Des solutions locales existent : pompes solaires, collecte des eaux de pluie, retenues collinaires, goutte-à-goutte, restauration des bassins versants et systèmes communautaires de gestion de l’eau.

Ces équipements peuvent permettre plusieurs cycles de production par an, sécuriser les rendements et développer des cultures à plus forte valeur ajoutée.

Mais la gestion de l’eau doit rester durable. Extraire sans contrôle les nappes souterraines, détourner les cours d’eau ou multiplier les cultures très consommatrices dans des régions arides créerait de nouvelles crises.

L’eau est à la fois une ressource naturelle, un bien commun et un capital productif. Sa gouvernance déterminera une grande partie de l’avenir alimentaire du continent.

Troisième chantier : mécaniser sans exclure

La mécanisation est souvent présentée comme une menace pour l’emploi. Elle peut effectivement supprimer certaines tâches manuelles. Mais dans des économies où les agriculteurs disposent de peu d’outils, elle permet surtout d’augmenter les surfaces cultivées, de réduire la pénibilité, d’améliorer les rendements et de créer de nouvelles activités de maintenance, de transport et de prestation de services.

Tous les producteurs n’ont pas besoin de posséder un tracteur. Des coopératives et entreprises locales peuvent louer des machines, des moissonneuses, des séchoirs, des drones ou du matériel de transformation à la journée.

La FAO défend une mécanisation agricole durable couvrant l’ensemble de la chaîne, avec des équipements adaptés aux conditions locales et aux besoins des petites exploitations. (Open Knowledge FAO)

L’Afrique devrait également développer ses propres capacités de fabrication et de réparation. Importer toutes les machines sans organiser leur maintenance crée une nouvelle dépendance. Une politique agricole cohérente doit donc être liée à une politique industrielle.

Quatrième chantier : financer le producteur plutôt que le condamner au risque

L’agriculture a besoin de capitaux, mais elle reste perçue par de nombreuses banques comme une activité trop risquée. Les producteurs dépendent alors de leur épargne familiale, d’intermédiaires ou de crédits informels coûteux. Les jeunes, qui disposent rarement d’un patrimoine important, sont particulièrement exclus.

Les États et les banques centrales peuvent agir par des mécanismes de garantie, des lignes de crédit spécialisées, des prêts adaptés aux calendriers agricoles, des assurances indiciaires et des fonds d’investissement destinés aux entreprises agroalimentaires.

Les subventions peuvent être utiles lorsqu’elles financent des équipements, des semences améliorées, l’irrigation ou l’innovation. Mais elles doivent être transparentes et accessibles aux véritables producteurs, et non captées par des réseaux politiques ou de grands opérateurs proches du pouvoir.

Des programmes menés en Afrique de l’Ouest montrent que des financements compétitifs, associant agriculteurs, coopératives, petites entreprises et banques, peuvent soutenir la production, créer des emplois et attirer du capital privé. La Banque mondiale estime par exemple que plusieurs interventions prévues au Sénégal pourraient contribuer à financer des projets agricoles privés et à créer jusqu’à 800 000 emplois. (Banque mondiale)

Cinquième chantier : transformer avant d’exporter

Le principal potentiel d’emploi ne se situe pas seulement dans l’augmentation des récoltes. Il se trouve dans la transformation.

Une tonne de tomates vendue brute crée peu de valeur. La production de concentré, de sauces, de conserves, d’emballages et de produits déshydratés mobilise davantage de travailleurs et d’entreprises.

Il en va de même pour le cacao, le café, le manioc, les céréales, les fruits, le coton, le cuir, le bois, les produits de la pêche et les plantes médicinales.

Chaque pays devrait identifier quelques filières prioritaires en fonction de son climat, de ses compétences et de ses marchés. Des zones agro-industrielles pourraient ensuite regrouper production, énergie, stockage, laboratoires, transformation, emballage et logistique.

La stratégie ne doit pas consister à construire des usines isolées de leur environnement agricole. Une unité de transformation ne peut fonctionner durablement sans contrats avec les producteurs, approvisionnement régulier, normes de qualité et accès au marché.

Les petits exploitants, les coopératives et les entreprises industrielles doivent appartenir au même écosystème économique.

Sixième chantier : utiliser le numérique au service des campagnes

Le numérique peut corriger plusieurs faiblesses structurelles de l’agriculture africaine.

Un agriculteur équipé d’un téléphone peut consulter les prévisions météorologiques, comparer les prix, recevoir des conseils techniques, acheter des intrants, déclarer un sinistre, obtenir un paiement ou vendre directement sa production.

Les satellites, capteurs et drones peuvent aider à suivre l’état des cultures, prévoir les rendements, détecter les maladies et optimiser l’utilisation de l’eau.

Mais l’agriculture numérique ne doit pas devenir un nouveau marché dominé par des plateformes étrangères qui collectent les données des producteurs sans véritable contrôle local.

L’Union africaine s’est dotée d’une stratégie pour l’agriculture numérique couvrant la période 2024-2030. Sa réussite dépendra de la connectivité rurale, de la formation, de l’interopérabilité des outils et de règles claires sur la propriété et la souveraineté des données agricoles. (FAOLEX)

La technologie doit renforcer l’autonomie du producteur, et non le rendre dépendant d’un nouvel intermédiaire.

Septième chantier : intégrer les marchés africains

Un producteur africain ne peut pas se développer s’il reste enfermé dans un marché national étroit.

La Zone de libre-échange continentale africaine pourrait ouvrir un débouché beaucoup plus large aux céréales, fruits, produits transformés, engrais, semences et équipements fabriqués sur le continent.

Mais le libre-échange ne se décrète pas uniquement par un accord. Il exige des routes, des chemins de fer, des ports efficaces, des postes-frontières fonctionnels, des normes sanitaires harmonisées et des systèmes de paiement accessibles.

Les interdictions soudaines d’exportation, les contrôles arbitraires et les taxes informelles découragent les investissements. Elles peuvent également provoquer des pénuries dans les pays voisins.

La nouvelle stratégie agricole de l’Union africaine pour 2026-2035 viserait à mobiliser 100 milliards de dollars, à augmenter la production agroalimentaire de 45 %, à tripler le commerce agricole intra-africain et à réduire de moitié les pertes après récolte. (African Union)

Ces objectifs sont comme d’habitude très ambitieux. L’Afrique ne manque pas de stratégies ni de belles résolutions. Elle manque surtout de continuité, de financements et d’obligation de résultat.

Les ressources naturelles ne sauveront pas l’Afrique si elles sont détruites

Développer l’agriculture ne signifie pas déboiser sans limite, épuiser les sols ou transformer chaque espace naturel en plantation industrielle.

La dégradation des terres, l’érosion, la pollution, la disparition des forêts et l’épuisement des ressources halieutiques réduisent déjà la capacité du continent à nourrir sa population.

Le développement agricole doit donc reposer sur la restauration des sols, l’agroforesterie, la rotation des cultures, l’utilisation raisonnée des engrais, la protection des zones humides et la gestion durable des pâturages.

La FAO avertit que la dégradation des terres d’origine humaine contribue à creuser les écarts de rendement et menace les producteurs de toutes tailles. (FAOHome)

Les forêts, les mangroves, la biodiversité et les réserves d’eau ne sont pas des obstacles au développement. Elles constituent les infrastructures naturelles sans lesquelles l’agriculture ne survivra pas.

De même, les ressources minières peuvent soutenir la transformation agricole lorsqu’elles financent les routes rurales, l’électricité, la recherche, les engrais et les industries locales. Mais cela suppose que les recettes extractives soient investies dans la diversification économique, plutôt que consommées par les appareils d’État ou détournées.

La richesse naturelle ne devient une richesse nationale que lorsqu’elle améliore durablement les capacités productives de la population.

Le véritable défi est politique

L’Union africaine a adopté de nombreux engagements depuis la Déclaration de Maputo en 2003, puis celle de Malabo en 2014. La stratégie de Kampala pour 2026-2035 constitue désormais le nouveau cadre continental.

Elle reconnaît que la transformation doit couvrir toute la chaîne, de la production à la consommation, et appelle les gouvernements à investir dans les infrastructures, la recherche, les services agricoles, le financement et la gouvernance. Elle prévoit aussi des mécanismes de suivi et insiste sur l’inclusion des jeunes, des femmes et des petites exploitations.

Mais les déclarations ne cultivent pas les champs. Elles ne construisent ni entrepôts, ni routes, ni réseaux d’irrigation.

Le succès dépendra des budgets nationaux, de la stabilité des politiques, de la lutte contre la corruption et de la capacité des gouvernements à travailler avec les producteurs plutôt qu’à décider à leur place.

Les dirigeants devront également cesser de considérer l’agriculture comme un secteur social destiné aux populations pauvres. Elle doit être dirigée comme un secteur stratégique, au même titre que l’énergie, les télécommunications ou les industries extractives.

Sauver le continent, mais pas avec l’agriculture d’hier

L’agriculture peut contribuer à nourrir l’Afrique, créer des millions d’emplois, réduire les importations, stabiliser les territoires ruraux et offrir des perspectives à la jeunesse. Elle peut aussi soutenir une industrie du textile, du cuir, du bois, des cosmétiques, des médicaments, de l’alimentation et des biomatériaux.

Mais elle ne sauvera pas le continent si elle demeure informelle, sous-financée, vulnérable aux pluies et déconnectée des marchés. Elle ne le sauvera pas davantage si les terres sont accaparées, si les femmes restent exclues de la propriété, si les jeunes n’accèdent pas au crédit ou si les récoltes sont exportées sans transformation.

L’Afrique n’a pas besoin de glorifier une agriculture traditionnelle qui maintient le producteur dans la pauvreté. Elle doit bâtir une agriculture scientifique, entrepreneuriale, mécanisée, durable et profondément africaine.

Le continent possède les terres, le soleil, l’eau, les travailleurs et les marchés.

Ce qui lui manque encore, ce n’est pas le potentiel.

C’est la décision politique de transformer ce potentiel en puissance.

 

La Rédaction – Afrology


Références principales

  1. Forum économique mondial, Future of Jobs Report 2025. (World Economic Forum)
  2. Banque mondiale, données sur la part de l’emploi agricole. (World Bank Open Data)
  3. FAO, The Status of Youth in Agrifood Systems. (FAOHome)
  4. Union africaine, stratégie et plan d’action du PDDAA pour 2026-2035.
  5. Banque africaine de développement, perspectives du marché africain de l’agriculture et de l’alimentation. (AfDB)
  6. Banque mondiale, transformation agricole et création d’emplois en Afrique de l’Ouest. (Banque mondiale)
  7. FAO, The State of Food and Agriculture 2025. (FAOHome)
Tags: afriqueagriculturechampscultureseauéconomieFAOfinancementmodernisationpaysanpolitiqueressourcesterre
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