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Partenariats avec l’Afrique : Quand l’État ne délivre plus avec qui bâtir ?

Afrology - Rédaction Par Afrology - Rédaction
23 septembre 2026
dans PRESSE
Reading Time: 14 mins read
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Quand l’État ne délivre plus : avec qui bâtir les partenariats de l’Afrique ?
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Absence de vision, déficit de résultats, crise de confiance : le partenariat avec l’Afrique doit-il continuer à se construire presque exclusivement autour des États et de leurs dirigeants ?

À New York, le multilatéralisme cherche à se réinventer. Pour l’Afrique, une question plus dérangeante devrait pourtant précéder toutes les autres : avec qui faut-il désormais construire les partenariats ?

Le 21 septembre 2026, en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies, l’Australie, la Barbade, le Brésil, le Canada, l’Union européenne, l’Inde et le Kenya ont lancé l’initiative Partners for Multilateralism – P4M. Son ambition est de défendre le droit international, renforcer les institutions multilatérales et bâtir des coalitions capables d’agir concrètement sur le climat, l’intelligence artificielle, la santé, la sécurité, le financement du développement et les inégalités.

L’initiative intervient à un moment où le thème même de l’Assemblée générale des Nations unies est révélateur : « Restaurer la confiance, gérer la transformation : une ONU qui produit des résultats pour tous. »

Restaurer la confiance. Produire des résultats. Deux exigences qui concernent les Nations unies, certes. Mais qui devraient aussi être retournées vers l’Afrique elle-même.

Car si les institutions internationales doivent être réformées parce qu’elles ne correspondent plus suffisamment au monde qu’elles prétendent organiser, une interrogation similaire doit être adressée à nombre d’institutions africaines : correspondent-elles encore aux attentes, aux urgences et aux ambitions de leurs populations ?

Le paradoxe du discours africain

Le président kényan William Ruto a posé à New York une question essentielle : comment restaurer la confiance dans la coopération internationale lorsque les institutions censées l’organiser sont elles-mêmes contestées ?

Il a résumé le problème en une formule :

« Institutions that do not reflect the people whose cooperation they require will eventually struggle to command their trust. »

Autrement dit, une institution qui ne représente plus suffisamment ceux dont elle attend l’adhésion finit par perdre leur confiance.

Le raisonnement est difficilement contestable.

Mais il ne peut s’arrêter aux portes des Nations unies, du FMI ou de la Banque mondiale.

Il vaut également pour les présidences africaines, les administrations nationales, les parlements, certaines organisations régionales, les entreprises publiques et, plus largement, tous les appareils de pouvoir qui demandent continuellement confiance, patience et sacrifices aux citoyens sans toujours être capables de démontrer leurs résultats.

C’est là tout le paradoxe.

Les gouvernements africains réclament, souvent à juste titre, une réforme de la gouvernance mondiale, une meilleure représentation du continent au Conseil de sécurité, une architecture financière plus équitable et davantage de considération pour les intérêts du Sud global.

Mais la réforme du système international ne saurait se substituer à la réforme des systèmes africains eux-mêmes.

On ne peut réclamer davantage de représentativité à New York tout en négligeant la redevabilité à Lomé, Kinshasa, Abuja, Nairobi, Yaoundé ou ailleurs.

On ne peut demander aux institutions mondiales d’être plus efficaces lorsque les administrations nationales chargées de transformer les financements en routes, en écoles, en énergie, en infrastructures numériques ou en emplois restent parfois incapables de produire des résultats à la hauteur des ressources mobilisées.

L’Afrique, un réservoir de projets

Il faut d’ailleurs préciser le diagnostic. Dire que l’Afrique souffre simplement d’une « absence de vision » serait incomplet. Le continent regorge de visions.

Il existe l’Agenda 2063 de l’Union africaine, les stratégies nationales de développement, les plans d’émergence, les visions 2030, 2040 ou 2050, les programmes de transformation industrielle, les stratégies numériques, agricoles et énergétiques.

Les documents ne manquent pas. Les sommets non plus. Les déclarations encore moins.

Le problème fondamental est ailleurs : comment transformer la vision en institutions, les institutions en politiques publiques, les politiques publiques en projets, les projets en résultats et les résultats en amélioration durable de la vie quotidienne ?

L’Union africaine elle-même reconnaissait encore, dans son suivi de l’Agenda 2063, des difficultés liées notamment à la coordination, au financement et à la mise en œuvre de certains engagements.

Le Kenya fournit un exemple particulièrement intéressant. William Ruto reconnaissait lui-même en juillet 2026 que plusieurs ambitions de la Vision 2030 restaient inachevées et appelait à construire une nouvelle vision nationale capable de dépasser les changements de gouvernements et les fluctuations politiques.

C’est précisément là que se trouve le problème africain.

Une vision qui dépend de celui qui occupe le palais présidentiel n’est pas encore une vision nationale.

Une politique qui disparaît avec son ministre n’est pas institutionnalisée.

Un programme qui recommence à zéro à chaque alternance n’est pas une stratégie de développement.

Et un pays dont les priorités changent tous les cinq ans peut difficilement engager une transformation industrielle qui exige vingt ou trente ans de continuité.

Au-delà de « l’incompétence » : la question de la légitimité et la capacité institutionnelle

Le terme d’« incompétence » bien que largement admis aujourd’hui, est politiquement puissant. Mais il risque de masquer un problème plus profond. Il existe évidemment sur le continent des dirigeants efficaces comme des responsables publics défaillants, et les situations diffèrent considérablement d’un pays à l’autre.

Les données de gouvernance ne permettent donc pas de condamner indistinctement 54 États.

En revanche, elles révèlent un problème structurel.

L’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique 2024 constate qu’après plusieurs années de quasi-stagnation, la progression globale de la gouvernance africaine s’est interrompue à partir de 2022. Il souligne simultanément que les trajectoires nationales sont très différentes et que plusieurs pays continuent de progresser.

La Banque mondiale aboutit à un diagnostic voisin. Dans son évaluation CPIA 2025 des pays africains éligibles à l’IDA, elle relève que les progrès obtenus dans plusieurs domaines sont freinés par les faiblesses persistantes de la gestion du secteur public et des institutions. Elle constate également que la qualité insuffisante des services publics reste étroitement associée à la faiblesse de l’efficacité gouvernementale.

Voilà peut-être le cœur du problème.

La faiblesse d’un État ne se mesure pas seulement à la personnalité de son président.

Elle apparaît lorsque l’État ne peut plus :

  • concevoir une politique crédible ;
  • maintenir une stratégie dans la durée ;
  • lever correctement l’impôt ;
  • sécuriser ses dépenses ;
  • évaluer ses politiques publiques ;
  • produire des statistiques fiables ;
  • faire respecter les contrats ;
  • protéger les investissements ;
  • contrôler l’utilisation des fonds publics ;
  • ou fournir à ses citoyens les services essentiels qu’il leur promet.

Dans ces conditions, injecter davantage d’argent dans un système institutionnel incapable de le transformer efficacement peut simplement augmenter la quantité de ressources circulant sans augmenter proportionnellement les résultats.

Ruto pose pourtant la bonne question

Le président kényan a développé à New York une autre idée particulièrement importante.

Pour lui, la question adressée aux partenaires internationaux ne devrait plus être uniquement : « Combien d’argent pouvez-vous apporter à l’Afrique ? »

mais plutôt : « Comment utiliser l’architecture financière internationale pour mobiliser les ressources que l’Afrique possède déjà ? »

Il appelle ainsi les banques multilatérales et institutions de développement à devenir davantage des catalyseurs que de simples prêteurs. C’est un changement intellectuel majeur.

Pendant plusieurs décennies, le partenariat avec l’Afrique a trop souvent été construit autour d’une équation simpliste : pays riche + gouvernement africain + financement = développement.

Cette équation a montré ses limites. Le capital est nécessaire. Mais le développement nécessite également des institutions capables de transformer le capital en capacité productive. Une centrale électrique n’est utile que si un système énergétique peut l’exploiter. Une école ne produit des compétences que si elle appartient à un système éducatif cohérent. Un financement agricole ne produit de transformation structurelle que s’il existe des infrastructures, de l’irrigation, du stockage, de la logistique, du crédit et des débouchés industriels.

Le problème africain est donc moins celui de l’aide que celui de l’architecture de transformation.

Avec qui faut-il alors établir les partenariats ?

La réponse ne peut être : « sans les États ».

Contourner systématiquement les gouvernements créerait un autre problème : celui de la souveraineté, de la légitimité démocratique et de la fragmentation des politiques publiques.

Mais continuer à faire du gouvernement central l’unique porte d’entrée du partenariat est tout aussi insuffisant. Le partenariat du XXIe siècle devrait être construit avec des écosystèmes institutionnels, et non simplement avec des régimes politiques.

Les institutions continentales capables d’exécuter

Certaines institutions africaines démontrent déjà qu’une autre approche est possible.

L’Africa CDC en fournit une illustration. Dans le domaine sanitaire, l’organisation s’est progressivement dotée d’une capacité continentale de coordination, de surveillance et d’intervention. En 2026, Africa CDC et l’OMS Afrique ont notamment consolidé un mécanisme commun de gestion des urgences sanitaires reposant sur une coordination opérationnelle continentale.

L’intérêt de cet exemple dépasse la santé.

Il montre ce que pourrait être une institution africaine crédible : mandat clair, expertise technique, données, procédures, réseaux nationaux, financements identifiés, partenaires internationaux et mesure des résultats.

La même logique devrait être renforcée autour d’institutions comme la Banque africaine de développement, le Secrétariat de la ZLECAf, les agences spécialisées de l’Union africaine ou certaines institutions financières régionales.

Le partenaire international ne devrait plus seulement se demander : « Quel gouvernement finance-t-on ? »

mais : « Quelle institution africaine possède le mandat, les compétences et les mécanismes de contrôle permettant d’obtenir le résultat recherché ? »

Les collectivités locales doivent entrer dans le jeu

L’Afrique s’urbanise rapidement, mais nombre de partenariats internationaux restent excessivement centralisés. Pourtant, une grande partie des problèmes auxquels sont confrontées les populations sont locaux : eau, déchets, transports, assainissement, logement, formation professionnelle, urbanisation, santé primaire, état civil, mobilité.

Les villes et collectivités territoriales devraient donc devenir beaucoup plus directement impliquées dans les partenariats de développement, avec des mécanismes transparents de financement, d’évaluation et de responsabilité.

Pourquoi un programme d’assainissement urbain devrait-il dépendre presque intégralement d’un ministère central lorsque la municipalité est responsable du service ?

Pourquoi un projet destiné à développer l’emploi dans une région ne devrait-il pas associer directement les collectivités, les entreprises locales, les universités et les centres de formation ?

La subsidiarité pourrait devenir l’un des grands principes du nouveau partenariat africain : traiter les problèmes au niveau institutionnel où ils peuvent être résolus le plus efficacement.

Universités, entreprises, diaspora et société civile

Le multilatéralisme lui-même commence à évoluer dans cette direction.

Dans le discours préparé du Premier ministre canadien Mark Carney et lu au sommet par le représentant permanent du Canada auprès de l’ONU, David Lametti, une idée mérite une attention particulière : les institutions universelles doivent conserver leur rôle de légitimation et de définition des principes communs, tandis que des coalitions constituées autour de problèmes précis peuvent produire des résultats en mobilisant également la science, les entreprises, la société civile et les citoyens.

Appliquée à l’Afrique, cette méthode bouleverse la conception traditionnelle du partenariat.

Une stratégie d’intelligence artificielle ne devrait pas être négociée uniquement entre un ministère africain et une entreprise étrangère.

Elle devrait associer universités, chercheurs, administrations, régulateurs, entreprises technologiques africaines, centres de formation, diaspora scientifique et société civile.

Une stratégie agricole devrait faire participer producteurs, coopératives, industriels, logisticiens, chercheurs et investisseurs.

Une politique énergétique devrait associer régulateurs, producteurs, collectivités territoriales, universités et consommateurs.

L’objectif est essentiel : empêcher que la relation internationale avec l’Afrique ne soit monopolisée par quelques administrations centrales et quelques cercles politiques.

Passer du partenariat avec les dirigeants au partenariat avec les institutions

C’est probablement la rupture la plus importante à accomplir. Pendant trop longtemps, la diplomatie internationale a personnalisé ses relations africaines. Un président devenait un « partenaire stratégique ». Un ministre devenait l’interlocuteur incontournable. Un changement de pouvoir pouvait remettre en cause dix années de coopération.

Cette personnalisation est dangereuse. Les hommes passent. Les institutions doivent rester. Les partenariats structurants devraient donc être conçus pour résister aux alternances politiques.

Cela implique des programmes inscrits dans le droit, des financements traçables, des objectifs mesurables, des audits indépendants, une publication régulière des résultats et la transmission des compétences aux administrations africaines.

Un partenariat de vingt ans ne devrait pas dépendre de l’amitié entre deux chefs d’État.

Il devrait dépendre d’un contrat institutionnel suffisamment solide pour survivre aux deux.

Le nouveau critère : le résultat

C’est probablement ici que la réflexion de Mia Mottley prend tout son sens.

La Première ministre de la Barbade a rappelé à New York que les institutions conçues au milieu du XXe siècle ne peuvent fonctionner éternellement sans être adaptées aux réalités du XXIe siècle. Son propos rejoint ses appels répétés à réformer les institutions financières internationales pour les rendre davantage adaptées aux crises contemporaines.

Mais la même exigence doit s’appliquer aux institutions africaines.

Certaines administrations actuelles sont encore héritées de structures conçues pour contrôler le territoire plutôt que pour produire des services.

Elles doivent évoluer.

Le nouveau partenariat avec l’Afrique pourrait alors reposer sur une règle simple : pas de partenariat stratégique sans mécanisme de résultats.

Non pas uniquement des montants annoncés. Non pas seulement le nombre de conférences organisées. Non pas le nombre de protocoles d’accord signés. Mais des indicateurs concrets :

  • combien de mégawatts supplémentaires ?
  • combien d’entreprises nouvelles ?
  • combien d’emplois créés ?
  • combien de kilomètres de réseau entretenus cinq ans après leur construction ?
  • combien de jeunes effectivement formés et employés ?
  • quelle augmentation de productivité ?
  • quelle réduction du temps administratif ?
  • quelle amélioration du taux de survie des entreprises ?
  • quelle diminution de la mortalité évitable ?
  • quelle part des compétences et technologies a réellement été transférée ?

C’est par ces résultats que la confiance peut être reconstruite.

Ne pas contourner l’État : reconstruire l’État

Il serait cependant dangereux d’en conclure que le développement africain pourrait désormais se réaliser sans États. Ce serait reproduire une vieille erreur. Un continent de près d’un milliard et demi d’habitants ne peut être administré durablement par des ONG, des bailleurs, des fondations ou des entreprises internationales.

L’État reste indispensable.

Mais précisément parce qu’il est indispensable, il doit être renforcé, professionnalisé et institutionnalisé. L’enjeu n’est donc pas de remplacer les États africains. Il est de faire en sorte qu’ils cessent progressivement d’être confondus avec ceux qui les dirigent. Une administration publique professionnelle doit continuer à fonctionner lorsque le président change. Une politique industrielle doit traverser plusieurs législatures. Une agence de statistique doit pouvoir publier des données qui déplaisent au pouvoir. Une cour des comptes doit pouvoir contrôler l’État. Une université doit pouvoir produire une expertise indépendante. Un régulateur doit pouvoir protéger l’intérêt général.

C’est cela, une institution.

Une nouvelle doctrine africaine du partenariat

Afrology pourrait donc défendre une doctrine différente.

Le partenariat avec l’Afrique ne doit plus être un partenariat avec des hommes. Il doit devenir un partenariat avec des institutions, des compétences et des sociétés.

L’État demeure le garant de la souveraineté et de la stratégie nationale.

Mais autour de lui doivent intervenir les institutions continentales, les communautés économiques régionales, les collectivités locales, les administrations spécialisées, les universités, les entreprises, les organisations professionnelles, les diasporas et la société civile.

Chaque acteur doit intervenir à l’endroit où il dispose d’une véritable compétence.

Et chaque financement doit être relié à un résultat vérifiable.

Le miroir africain du multilatéralisme

Le nouveau sommet P4M veut reconstruire la confiance dans le système multilatéral.

L’objectif est nécessaire.

Mais l’Afrique devrait utiliser cette discussion comme un miroir.

Lorsqu’elle exige une ONU plus représentative, elle doit construire des institutions nationales plus représentatives.

Lorsqu’elle demande une Banque mondiale plus efficace, elle doit exiger la même efficacité de ses administrations publiques.

Lorsqu’elle réclame davantage de financements, elle doit démontrer sa capacité à mobiliser et administrer ses propres ressources.

Lorsqu’elle demande que sa voix soit respectée, elle doit également garantir que les citoyens africains puissent faire entendre la leur.

Et lorsqu’elle critique un système international conçu en 1945, elle doit avoir le courage de remettre en question des systèmes politiques et administratifs africains qui, eux aussi, ne correspondent parfois plus aux aspirations du XXIe siècle.

C’est probablement là que commence véritablement la souveraineté.

Pas dans le refus du partenariat.

Pas dans la dénonciation permanente de l’extérieur.

Mais dans la capacité à pouvoir choisir ses partenaires parce que l’on dispose soi-même des institutions, des compétences et de la vision nécessaires pour définir ce que l’on veut construire.

L’ancien modèle : « Avec quels pays voulons-nous travailler ? »

Le nouveau modèle : « Quelles institutions africaines sommes-nous capables de construire pour que le monde puisse travailler avec nous sans décider à notre place ? »

Car le véritable problème du continent n’est peut-être pas le manque de partenaires.

C’est le manque d’institutions suffisamment légitimes et fortes pour transformer les partenariats en puissance, les ressources en développement et les promesses en résultats.

La Rédaction – Afrology


Références

Cette analyse s’appuie notamment sur la déclaration et les interventions du sommet Partners for Multilateralism du 21 septembre 2026 publiées par le Conseil européen ; les déclarations de William Ruto lors du sommet ; l’Ibrahim Index of African Governance 2024 ; le CPIA Africa 2025 de la Banque mondiale ; les travaux de suivi de l’Agenda 2063 de l’Union africaine ; ainsi que les rapports et mécanismes opérationnels de l’Africa CDC.

Tags: bailleuréconomieÉtatKenyalégitimitéongonupartenariatprojetrésultatRuto
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