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L’économie informelle en Afrique : un moteur de survie et un frein au développement

L’économie informelle en Afrique : un moteur de survie et un frein au développement

Faut-il copier un modèle occidental en déclin?

La notion de classe sociale (à l’occidental) est-elle concevable dans une Afrique fragmentée et découpée en Ethnies et sous-groupe? Sans classe commune, comment penser à des normes collectives fussent-elles économiques? En l’absence de classe ou de normes partagées, comment appliquer le modèle de standardisation à l’occidentale sur le continent africain?

En dehors de la notion de classe, il est un facteur important qui bloque l’universaliste fiscal: la mesure commune. Cette unité est aujourd’hui la monnaie; et elle est importée. A l’heure où on assiste au retour progressif de l’occident à des valeurs anciennes comme le troc, il est temps d’interroger le système enseigné à l’école et de nous questionner sur son adéquation au village africain. Quelle est la valeur réelle d’un sac de maïs et quelle est sont équivalent en kg d’igames ou de manioc?

Introduction

L’économie informelle n’est pas une marge de l’économie africaine. Elle en est l’un des socles. Commerce de proximité, transport urbain, artisanat, agriculture vivrière, services domestiques, restauration, réparation, petits ateliers, marchés populaires, plateformes numériques non déclarées : une part importante de la production, de l’emploi et de la circulation monétaire du continent repose sur des activités peu ou pas structurées.

Selon les estimations institutionnelles disponibles, l’informel représenterait autour d’un tiers du produit intérieur brut dans les économies émergentes et en développement, avec un poids particulièrement élevé en Afrique subsaharienne. Dans plusieurs pays africains, il atteint des niveaux encore plus significatifs. Au Nigeria, les données liées au récent exercice de rebasage du PIB indiquent que la contribution du secteur informel serait passée à environ 42,5 % du PIB. Essentielle pour la survie de millions de personnes, elle est principalement portée par les jeunes et les femmes, malgré des défis liés à la précarité et au manque de protection sociale.

Cette réalité crée un paradoxe central : l’économie informelle produit de la richesse, absorbe une part massive de la main-d’œuvre, soutient les ménages et alimente les villes, mais elle demeure faiblement intégrée aux circuits fiscaux, financiers, statistiques, productifs et sociaux. Ce paradoxe constitue l’un des grands freins structurels au développement africain.

1. Un secteur vital, mais insuffisamment reconnu

L’économie informelle joue d’abord un rôle d’amortisseur social. Dans des contextes marqués par le chômage, la faiblesse du salariat formel, l’urbanisation rapide et l’insuffisance ou l’absence de politiques industrielles, elle permet à des millions de personnes de générer un revenu, même instable.

Elle absorbe les jeunes qui n’entrent pas dans le marché du travail formel, les femmes exclues des circuits financiers traditionnels, les migrants ruraux, les travailleurs peu qualifiés, mais aussi une multitude de micro-entrepreneurs capables d’innover avec peu de moyens. Il suffit par exemple de louer ou acheter une moto pour s’improviser taxi.

L’informel n’est donc pas uniquement un problème. Il est aussi une réponse populaire à l’insuffisance des structures formelles. Là où l’État n’offre pas assez d’emplois, là où les banques ne financent pas les petits acteurs, là où les procédures administratives sont lourdes, l’économie informelle devient un espace de survie, d’adaptation et parfois d’accumulation.

Mais cette fonction sociale ne doit pas masquer ses limites économiques.

2. Le paradoxe fiscal : beaucoup d’activité, peu de recettes publiques

Le premier frein structurel réside dans la faible captation fiscale. Une économie peut produire beaucoup de richesse apparente tout en laissant une faible partie de cette richesse entrer dans les caisses publiques.

C’est l’un des grands problèmes africains : une partie importante de l’activité économique échappe aux administrations fiscales, non seulement par fraude volontaire, mais aussi parce que les acteurs économiques ne sont pas enregistrés, ne disposent pas de comptabilité, n’utilisent pas de facturation formelle, opèrent en espèces ou restent hors des bases de données publiques.

Cette situation limite la capacité des États à financer les infrastructures, l’éducation, la santé, la sécurité, la justice économique et les politiques industrielles. Elle aggrave aussi la dépendance à l’endettement extérieur, aux recettes extractives, à l’aide publique ou aux taxes indirectes qui pèsent souvent davantage sur les consommateurs que sur les profits réels.

Le problème n’est donc pas seulement fiscal. Il est souverain. Un État qui ne connaît pas suffisamment son économie, qui ne peut pas élargir sa base fiscale et qui dépend trop fortement de ressources externes ou volatiles voit sa capacité d’action réduite.

3. Une faiblesse statistique qui empêche de bien gouverner

L’informalité pose aussi un problème de connaissance économique. Quand une part massive de l’activité échappe aux registres, aux déclarations et aux enquêtes régulières, les États planifient avec une vision incomplète de leur propre économie.

Cela fausse les politiques publiques. Les gouvernements peuvent sous-estimer certains secteurs, mal cibler les aides, ignorer des chaînes de valeur locales, négliger des métiers en croissance ou surestimer la portée réelle des politiques formelles.

Le cas du Nigeria est révélateur. Le rebasage du PIB a montré que certaines activités auparavant mal captées, notamment dans les services, l’économie numérique, l’immobilier et les activités informelles, modifient la compréhension réelle de l’économie nationale. Ce type de révision statistique rappelle que le PIB officiel n’est pas seulement une photographie de l’économie ; il dépend aussi de la capacité des institutions à voir, mesurer et intégrer les activités réelles.

Une économie invisible est difficile à financer, difficile à protéger et difficile à transformer.

4. Une productivité structurellement limitée

Le deuxième frein majeur est la productivité. Les entreprises informelles sont souvent petites, peu capitalisées, peu équipées, peu bancarisées et rarement capables de se développer au-delà d’un cercle local.

Elles peuvent être dynamiques, mais elles restent prisonnières de contraintes fortes : absence d’accès au crédit, manque de garanties, faiblesse de la formation, impossibilité de répondre à des marchés publics, absence de normes, infrastructures insuffisantes, coûts logistiques élevés et exposition permanente aux contrôles arbitraires.

Cette faible productivité maintient une grande partie de la population active dans des revenus bas. Elle limite la capacité d’épargne, réduit l’investissement productif et empêche la montée en gamme des secteurs locaux.

L’enjeu n’est donc pas de supprimer l’économie informelle, mais de créer des trajectoires de montée en capacité. La formalisation doit être pensée comme un processus de transformation productive, non comme une simple opération administrative.

5. Le risque d’une mauvaise réponse : taxer avant d’intégrer

La tentation de nombreux États est de voir dans l’informel une réserve fiscale immédiate. Cette approche peut être contre-productive.

Si la formalisation commence par la taxation, sans amélioration visible des services publics, sans simplification administrative, sans accès au crédit, sans protection sociale et sans sécurité juridique, les acteurs informels n’y verront qu’un coût supplémentaire. Ils resteront alors en dehors du système ou développeront des stratégies d’évitement.

La question centrale est donc celle du contrat : qu’est-ce que l’acteur informel gagne à entrer dans le formel ?

S’il gagne seulement une obligation fiscale, il refusera. S’il gagne un accès au financement, une protection contre l’arbitraire, une reconnaissance juridique, une assurance, une possibilité de vendre à l’État ou aux grandes entreprises, une formation, une identité économique et une capacité de croissance, alors la formalisation devient attractive.

6. L’informel, symptôme d’un déficit de structuration économique

L’économie informelle révèle un problème plus profond : beaucoup d’économies africaines ne manquent pas d’activité, mais de structuration.

Elles disposent de marchés, de producteurs, de commerçants, de réseaux, de savoir-faire, de flux financiers et d’une forte capacité d’adaptation. Mais ces éléments restent fragmentés. Ils ne sont pas toujours reliés à des chaînes de valeur solides, à des normes communes, à des systèmes de financement adaptés, à des infrastructures logistiques ou à des politiques industrielles cohérentes.

L’Afrique ne souffre donc pas seulement d’un manque d’entrepreneurs. Elle souffre d’un manque d’architectures économiques capables de transformer l’énergie entrepreneuriale populaire en puissance productive organisée.

C’est ici que l’informel devient un frein structurel : il maintient l’économie dans une logique de survie, de dispersion et de faible capitalisation, au lieu de permettre l’émergence d’entreprises solides, exportatrices, bancarisées, innovantes et capables de créer des emplois stables.

7. Recommandations : formaliser sans étouffer

1. Passer d’une logique de répression à une logique d’intégration

La formalisation ne doit pas être vécue comme une chasse aux petits acteurs économiques. Elle doit être progressive, incitative et proportionnée. Les États doivent éviter de traiter le vendeur de marché, l’artisan ou le petit transporteur comme une grande entreprise.

La première étape consiste à reconnaître, enregistrer et accompagner, avant de taxer pleinement.

2. Créer un statut simplifié pour les micro-activités

Chaque pays devrait développer un statut économique simplifié pour les micro-entrepreneurs, avec une inscription rapide, peu coûteuse, accessible par mobile et liée à un identifiant économique unique.

Ce statut devrait ouvrir des droits : compte professionnel simplifié, accès à une micro-assurance, possibilité d’émettre des reçus, accès à certaines formations, protection contre les contrôles abusifs et inclusion dans des programmes publics.

3. Mettre en place une fiscalité graduelle

L’objectif ne doit pas être d’imposer immédiatement les plus petits acteurs, mais d’installer une trajectoire. Une fiscalité forfaitaire légère, progressive et transparente peut être plus efficace qu’un système complexe qui pousse les acteurs à rester invisibles.

La fiscalité doit suivre la croissance de l’activité, non l’écraser au départ.

4. Lier formalisation et accès au financement

L’enregistrement ne doit pas seulement servir à l’administration fiscale. Il doit permettre aux banques, institutions de microfinance, fintechs et fonds publics de mieux connaître les acteurs économiques.

Une base d’identification fiable peut faciliter le crédit, mais aussi la notation alternative fondée sur les transactions, les paiements mobiles, l’historique commercial et l’appartenance à des coopératives ou associations professionnelles.

5. Structurer les marchés populaires et les chaînes de valeur locales

Les marchés urbains, les zones artisanales, les plateformes agricoles, les gares routières, les ateliers et les petits pôles industriels doivent être traités comme des infrastructures économiques stratégiques.

Cela implique de meilleurs équipements, de l’électricité, de l’eau, du stockage, de la sécurité, des espaces de formation, des services numériques, des dispositifs de gestion collective et des règles claires.

6. Utiliser le numérique sans créer une nouvelle exclusion

La numérisation peut aider à formaliser : paiements mobiles, facturation électronique simplifiée, registres d’entreprises, identités numériques, plateformes de marché, assurance mobile, crédit digital.

Mais elle doit être inclusive. Si elle suppose un smartphone coûteux, une connexion stable, une alphabétisation numérique élevée ou des frais excessifs, elle exclura précisément les acteurs qu’elle prétend intégrer.

7. Faire de la protection sociale un levier de formalisation

La protection sociale peut devenir un puissant moteur d’intégration. Beaucoup d’acteurs informels accepteraient davantage d’entrer dans un système reconnu s’ils y gagnaient une couverture santé, une assurance accident, une retraite minimale ou une protection en cas de crise.

Il faut donc créer des régimes contributifs souples, adaptés aux revenus irréguliers, avec des contributions faibles mais régulières.

8. Articuler formalisation et Zone de libre-échange continentale africaine

La ZLECAf ne pourra pas pleinement bénéficier aux économies africaines si les petits producteurs, commerçants, artisans, agriculteurs transformateurs et PME informelles restent hors des circuits reconnus.

La formalisation doit donc aussi devenir continentale : reconnaissance mutuelle de certains statuts, facilitation du commerce transfrontalier, normes simplifiées pour les petites entreprises, paiements interopérables, formation numérique et accès aux marchés régionaux.

Conclusion

L’économie informelle africaine n’est pas une anomalie périphérique. Elle est le reflet d’un continent où l’activité économique populaire est puissante, mais où les structures institutionnelles, fiscales, financières et industrielles restent insuffisantes pour transformer cette énergie en développement durable.

La réduire à un problème de fraude serait une erreur. La célébrer comme une simple preuve de résilience le serait aussi.

Le véritable enjeu est de passer d’une économie de survie à une économie de puissance. Cela suppose de formaliser sans brutaliser, de fiscaliser sans étouffer, de numériser sans exclure, de réglementer sans paralyser et d’intégrer les acteurs populaires dans une stratégie africaine de transformation productive.

L’Afrique ne manque pas d’économie. Elle manque encore trop souvent d’architecture économique. C’est cette architecture qu’il faut construire.

L’analyse Afrology

La formalisation de l’économie africaine est souvent pensée à partir d’un modèle implicite : celui de l’État fiscal occidental, fondé sur des individus identifiés, des entreprises enregistrées, des revenus mesurables, une monnaie relativement stable, une administration centralisée et des normes applicables de manière uniforme sur un territoire national. Or, ce modèle n’est pas neutre. Il repose sur une histoire sociale particulière : celle de sociétés progressivement structurées par des classes relativement lisibles (bourgeoisie, salariat, classes moyennes, monde paysan, fonction publique, entrepreneurs) et par des institutions capables de transformer ces groupes en catégories administratives, fiscales et politiques.

La question africaine est différente. Peut-on appliquer mécaniquement ce modèle dans des sociétés où les appartenances sociales ne se réduisent pas à la classe économique, mais se superposent à des appartenances ethniques, lignagères, régionales, religieuses, communautaires, diasporiques et parfois transfrontalières ?

La notion de classe sociale existe en Afrique, mais elle est rarement suffisante à elle seule pour comprendre les comportements économiques. Un commerçant, un fonctionnaire, un entrepreneur, un agriculteur ou un transporteur n’agit pas seulement comme membre d’une classe économique. Il agit aussi à l’intérieur de réseaux de solidarité, d’obligations familiales, de protections communautaires, d’allégeances locales, de mémoires historiques et de rapports de confiance qui ne coïncident pas toujours avec les catégories fiscales modernes.

C’est ici que la difficulté apparaît : sans classe commune fortement constituée, sans récit économique partagé et sans confiance suffisante dans l’État, comment produire des normes collectives acceptées ? Comment demander à des acteurs économiques dispersés, souvent précaires et socialement fragmentés, d’entrer dans un système fiscal standardisé dont ils ne perçoivent ni la justice, ni le bénéfice, ni la légitimité ?

Le modèle occidental de standardisation suppose un préalable : l’existence d’une mesure commune et d’une autorité reconnue pour l’appliquer. Or, dans de nombreux contextes africains, cette mesure commune reste fragile. L’État mesure imparfaitement les revenus, les activités, les patrimoines, les flux commerciaux et les chaînes de valeur. Il connaît mal une partie de sa propre économie.

Mais il existe un autre facteur plus profond encore : la monnaie.

La fiscalité moderne suppose que la valeur puisse être exprimée, comparée, prélevée et redistribuée dans une unité commune. Cette unité est aujourd’hui la monnaie. Or, dans une grande partie de l’Afrique, la monnaie formelle fonctionne souvent comme une abstraction importée ou dépendante : liée à des héritages coloniaux, à des régimes de change contraints, à la domination du dollar dans les échanges internationaux, à l’euro dans certains espaces monétaires, ou à des politiques monétaires insuffisamment connectées aux réalités productives locales.

Cette situation crée une contradiction. L’État demande aux acteurs économiques de se conformer à un ordre fiscal monétaire, alors qu’une partie importante de l’économie réelle fonctionne encore selon des logiques hybrides : espèces, dette sociale, troc indirect, crédit informel, tontines, solidarité familiale, paiements mobiles, arrangements locaux, avances de confiance, obligations communautaires.

Autrement dit, la monnaie officielle n’épuise pas la réalité de la valeur. Elle l’encadre partiellement, mais ne la produit pas toujours. Dans beaucoup de secteurs populaires, la confiance précède le contrat, le réseau précède la banque, l’obligation sociale précède l’impôt, et la survie précède la comptabilité.

C’est pourquoi copier le modèle occidental serait une erreur stratégique. Non seulement parce que ce modèle montre aujourd’hui ses propres limites (crise des classes moyennes, défiance fiscale, financiarisation excessive, affaiblissement du contrat social) mais surtout parce qu’il est né d’une trajectoire historique qui n’est pas celle de l’Afrique.

La question n’est donc pas de refuser toute formalisation. Une économie sans mesure commune, sans règles partagées et sans capacité fiscale ne peut pas construire durablement des infrastructures, financer son industrialisation ou protéger ses populations. Mais la formalisation africaine ne peut pas être une simple occidentalisation administrative.

La sortie du modèle économique informel doit partir des formes réelles d’organisation économique du continent.

Cela suppose de reconnaître les communautés économiques existantes : marchés populaires, coopératives, tontines, associations professionnelles, réseaux marchands transfrontaliers, groupements agricoles, diasporas économiques, plateformes numériques locales, syndicats de transport, zones artisanales et chaînes de valeur informelles.

Au lieu de vouloir transformer immédiatement chaque acteur en contribuable isolé, l’État pourrait d’abord reconnaître ces structures comme des intermédiaires de confiance. La fiscalité ne serait plus seulement individuelle et punitive ; elle deviendrait collective, progressive, négociée et liée à des droits visibles.

Dans cette perspective, la norme économique ne doit pas être imposée depuis le sommet. Elle doit être co-produite. Elle doit émerger d’un pacte entre l’État, les communautés économiques, les collectivités locales, les institutions financières, les acteurs numériques et les organisations professionnelles.

L’enjeu n’est pas de copier l’État fiscal occidental, mais de construire un État économique africain capable de mesurer sans écraser, de formaliser sans déraciner, de fiscaliser sans rompre les solidarités, et d’unifier sans nier les pluralités.

L’Afrique n’a pas besoin d’importer une standardisation conçue ailleurs. Elle doit inventer ses propres normes de structuration, à partir de ses réalités sociales, de ses formes de confiance, de ses circuits monétaires, de ses réseaux productifs et de ses ambitions souveraines.

La vraie question n’est donc pas : comment faire entrer l’Afrique dans le modèle fiscal occidental ?

La vraie question est : comment créer une mesure commune africaine, suffisamment légitime pour transformer l’énergie informelle en puissance collective ?

 

Ablam Ahadji – socio-économiste

avec la Rédaction Afrology


Références

  1. La Banque mondiale estime que, dans les économies émergentes et en développement, le secteur informel représente plus de 70 % de l’emploi total et près d’un tiers du PIB ; elle indique aussi que l’Afrique subsaharienne affiche le poids le plus élevé en pourcentage du PIB, autour de 36 %.
  2. La base de données de la Banque mondiale sur l’économie informelle couvre jusqu’à 196 économies et plusieurs mesures de l’informalité, notamment des estimations de production informelle, l’emploi informel et des indicateurs issus d’enquêtes auprès des entreprises et ménages.
  3. Le FMI estime que l’économie informelle en Afrique subsaharienne représentait en moyenne 38 % du PIB sur la période 2010-2014, avec environ 60 % de l’emploi non agricole relevant de l’informel.
  4. L’Organisation internationale du Travail rappelle que l’économie informelle joue un rôle majeur dans la production, l’emploi et les revenus, mais qu’elle accroît la vulnérabilité des travailleurs et dégrade souvent les conditions de travail.
  5. Une étude de la Banque mondiale sur l’informalité urbaine en Afrique subsaharienne, fondée sur des enquêtes ménages dans 26 pays, estime qu’environ 56 à 65 % des travailleurs urbains sont informels.
  6. Au Nigeria, les documents liés au rebasage du PIB indiquent que la contribution du secteur informel est passée à 42,5 %, contre 41,4 % précédemment.
  7. Les statistiques fiscales OCDE/UA/ATAF indiquent qu’en 2022 le ratio moyen impôts/PIB des 36 pays africains couverts était de 16,0 %, contre 19,3 % en Asie-Pacifique, 21,5 % en Amérique latine-Caraïbes et 34,0 % dans l’OCDE.
  8. La même publication souligne que la facilitation administrative, la confiance, la digitalisation fiscale et l’échange d’informations entre agences publiques sont des leviers importants de conformité volontaire.
  9. L’UNCTAD rappelle que les vulnérabilités économiques africaines sont aggravées par l’endettement, les coûts d’emprunt, les déficits d’infrastructures et des coûts commerciaux supérieurs à la moyenne mondiale.
  10. Le Protocole sur le commerce numérique de la ZLECAf vise notamment à promouvoir le commerce numérique intra-africain, l’interopérabilité, les standards communs, les compétences numériques, l’innovation et l’infrastructure digitale.