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LES DOSSIERS

A. Ndaw et l’herméneutique africaine : Penser l’Afrique noire – contribution à l’afrologie

A. Ndaw et l’herméneutique africaine : Penser l’Afrique noire - contribution à l’afrologie

Résumé

Publié à titre posthume en 2019 chez L’Harmattan Sénégal, Penser l’Afrique noire rassemble quinze textes d’Alassane Ndaw, philosophe sénégalais né en 1922 à Saint-Louis et décédé en 2013 à Dakar. L’ouvrage, édité par Djibril Samb, permet de relire l’œuvre de Ndaw à partir d’un problème central : comment penser l’Afrique noire sans la réduire ni à une essence culturelle figée ni à une simple périphérie de la modernité occidentale ?

Cette contribution soutient que Ndaw propose moins une « philosophie africaine » déjà donnée qu’une tâche : construire une forme africaine de la philosophie par l’interprétation critique des traditions, des langues, des mémoires et des expériences historiques africaines. Dans cette perspective, Penser l’Afrique noire constitue une ressource majeure pour l’afrologie contemporaine, dès lors que celle-ci entend articuler identité, souveraineté intellectuelle, mémoire culturelle et transformation sociale.

Mots-clés : Alassane Ndaw ; afrologie ; philosophie africaine ; herméneutique africaine ; tradition ; modernité ; identité ; décolonisation conceptuelle.

Abstract

Published posthumously in 2019 by L’Harmattan Sénégal, Penser l’Afrique noire brings together fifteen texts by Alassane Ndaw, a Senegalese philosopher born in 1922 in Saint-Louis and deceased in 2013 in Dakar. Edited by Djibril Samb, the volume invites a renewed reading of Ndaw’s work through a central question: how can Black Africa be thought without reducing it either to a fixed cultural essence or to a mere periphery of Western modernity? This contribution argues that Ndaw offers less an already established “African philosophy” than a task: to construct an African form of philosophy through the critical interpretation of African traditions, languages, memories, and historical experiences. From this perspective, Penser l’Afrique noire constitutes a major resource for contemporary Afrology, insofar as it seeks to articulate identity, intellectual sovereignty, cultural memory, and social transformation.

Introduction

L’afrologie peut être comprise comme un champ de réflexion consacré à l’Afrique en tant que réalité historique, culturelle, politique et stratégique. Dans son orientation contemporaine, Afrology se présente comme un média d’analyse et un think tank africain travaillant sur les enjeux de gouvernance, d’économie, de souveraineté, de société, de mémoire et de diaspora ; sa mission déclarée consiste à structurer la pensée africaine afin de mieux orienter l’action. Cette définition pratique de l’afrologie rencontre directement l’une des grandes questions de la philosophie africaine moderne : comment produire une pensée africaine qui ne soit ni imitation, ni enfermement identitaire, ni simple réaction aux discours extérieurs ?

C’est à ce niveau que l’œuvre d’Alassane Ndaw mérite une attention particulière. Philosophe sénégalais, doyen de la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université de Dakar de 1976 à 1982, Ndaw est souvent présenté comme l’un des fondateurs de l’herméneutique dans la philosophie africaine moderne. Son ouvrage Penser l’Afrique noire, publié en 2019, rassemble quatorze textes déjà publiés ou inédits, auxquels s’ajoute un quinzième texte placé en épilogue. Il ne s’agit donc pas d’un traité systématique composé d’un seul mouvement, mais d’un recueil qui permet de suivre la cohérence d’une œuvre : interroger la possibilité d’une pensée africaine moderne à partir des traditions africaines, sans renoncer à l’exigence universelle de la philosophie.

La thèse défendue ici est la suivante : Penser l’Afrique noire est une œuvre importante pour l’afrologie parce qu’elle donne une méthode à la pensée africaine contemporaine. Cette méthode est l’herméneutique, c’est-à-dire l’art d’interpréter les traditions, les symboles, les récits, les langues et les formes de vie afin d’en dégager une intelligibilité philosophique. Ndaw ne cherche pas seulement à prouver que l’Afrique pense ; il cherche à montrer comment l’Afrique peut se penser elle-même, se réapproprier ses héritages et entrer dans la modernité sans se désagréger.

1. Situer Alassane Ndaw dans le champ de la pensée africaine

Alassane Ndaw appartient à la génération des intellectuels africains formés au contact de la philosophie occidentale, mais soucieux de ne pas laisser cette formation devenir une dépendance épistémique. Sa trajectoire intellectuelle s’inscrit dans un moment historique précis : celui des indépendances, de la critique du colonialisme, de la construction des États africains et de la recherche d’une parole philosophique africaine autonome. La Bibliothèque nationale de France signale déjà, en 1983, son ouvrage La pensée africaine : recherches sur les fondements de la pensée négro-africaine, publié à Dakar par les Nouvelles Éditions Africaines, avec une préface de Léopold Sédar Senghor.

Ce premier grand ouvrage plaçait Ndaw au cœur d’un débat majeur : peut-on parler de philosophie africaine ? Le problème n’était pas seulement terminologique. Il engageait la définition même de la philosophie. Pour les critiques de l’ethnophilosophie, notamment Paulin Hountondji et Marcien Towa, on ne peut pas appeler « philosophie » une vision collective du monde simplement extraite des coutumes, des mythes ou des structures sociales. La philosophie suppose une prise de parole individuelle, critique, argumentative. Des ressources récentes sur l’histoire de la philosophie africaine rappellent que les débats modernes ont opposé plusieurs courants : ethnophilosophie, philosophie professionnelle, sagacité philosophique, philosophie nationaliste-idéologique, mais aussi école herméneutique.

Ndaw se situe dans cette controverse de manière originale. Il refuse de réduire la pensée africaine à une tradition inconsciente et collective ; mais il refuse aussi de considérer que seule la méthode philosophique occidentale serait capable de produire de la rationalité. C’est pourquoi Penser l’Afrique noire peut être lu comme une tentative de dépassement : il faut interpréter les traditions africaines, non les sacraliser ; il faut les interroger philosophiquement, non les transformer en folklore ; il faut les ouvrir à l’universel, non les dissoudre dans l’universalisme abstrait.

2. La philosophie africaine comme programme, non comme simple héritage

L’un des apports centraux de Penser l’Afrique noire tient à l’idée que la philosophie africaine n’est pas un fait simplement donné, mais un programme à réaliser. Un compte rendu publié à la parution du livre souligne que Ndaw y défend l’idée selon laquelle la philosophie africaine se présente moins comme un acquis que comme une tâche. Cette idée est décisive pour l’afrologie, car elle évite deux impasses.

La première impasse serait l’essentialisme. Elle consisterait à affirmer qu’il existe une pensée africaine pure, déjà constituée, homogène, immédiatement disponible dans la tradition. Une telle position risque de transformer l’Afrique en essence intemporelle, comme si les sociétés africaines n’étaient pas traversées par l’histoire, la diversité, les conflits, les migrations, les langues, les religions, les classes sociales et les transformations politiques.

La seconde impasse serait le mimétisme. Elle consisterait à penser l’Afrique uniquement à partir de catégories importées, en supposant que la modernité ne peut venir que d’ailleurs. Contre cela, Ndaw affirme la nécessité d’une synthèse entre tradition et modernité, entre pensée africaine et philosophie occidentale, afin de reconstruire une personnalité culturelle capable de surmonter ses déchirements.

La philosophie africaine est donc un travail. Elle exige une double fidélité : fidélité aux expériences africaines et fidélité à l’exigence critique de la philosophie. Ndaw ne demande pas à l’Afrique de s’isoler dans une différence absolue ; il demande qu’elle entre dans l’universel à partir de ses propres lieux d’expérience.

3. L’herméneutique comme méthode afrologique

Le concept d’herméneutique est la clé de lecture la plus féconde de Penser l’Afrique noire. L’Harmattan présente Ndaw comme un penseur ayant consacré sa vie à deux activités majeures : expliciter et interpréter les traditions culturelles africaines. Cette formulation permet de comprendre pourquoi son œuvre intéresse directement l’afrologie.

L’afrologie ne peut pas se limiter à l’analyse des crises contemporaines : gouvernance, institutions, développement, souveraineté, diaspora. Elle doit aussi interroger les cadres symboliques, les mémoires longues et les catégories culturelles par lesquelles les sociétés africaines se comprennent elles-mêmes. Or c’est précisément ce que propose l’herméneutique de Ndaw : ne pas traiter les traditions comme des archives mortes, mais comme des réservoirs de sens à interpréter.

Cette méthode suppose plusieurs gestes. D’abord, il faut recueillir les formes de pensée présentes dans les récits, les rites, les proverbes, les cosmologies, les langues et les pratiques sociales. Ensuite, il faut les soumettre à une lecture critique, afin d’éviter la simple célébration identitaire. Enfin, il faut les traduire en problématiques philosophiques capables de dialoguer avec d’autres traditions de pensée.

Ce projet rejoint, tout en s’en distinguant, les débats sur la décolonisation conceptuelle. Kwasi Wiredu, par exemple, définit la décolonisation en philosophie africaine comme l’effort visant à débarrasser la pensée africaine des influences indues héritées du passé colonial, sans rejeter mécaniquement tout ce qui vient de l’Occident. Ndaw partage cette exigence de discernement : il ne s’agit pas de rompre avec la philosophie occidentale, mais de refuser qu’elle soit la seule grammaire possible de la pensée.

4. Tradition et modernité : dépasser le déchirement

La question tradition-modernité traverse toute la pensée africaine postcoloniale. Dans beaucoup de discours politiques et culturels, ces deux termes sont opposés comme si l’Afrique devait choisir entre fidélité à soi et entrée dans le monde moderne. Ndaw refuse cette alternative. Pour lui, la tradition ne doit pas être momifiée, et la modernité ne doit pas être importée sans examen.

Penser l’Afrique noire propose ainsi une pensée du remembrement. L’Afrique noire est présentée comme un sujet historique exposé au déchirement : déchirement colonial, déchirement linguistique, déchirement religieux, déchirement institutionnel, déchirement entre héritages endogènes et modèles extérieurs. La tâche philosophique consiste alors à recomposer une personnalité culturelle capable d’assumer plusieurs héritages sans se perdre.

Cette perspective peut nourrir l’afrologie contemporaine de manière profonde. Lorsqu’Afrology affirme vouloir promouvoir une Afrique capable de penser par elle-même, pour elle-même et avec le monde, elle rejoint implicitement cette logique du remembrement : penser par soi-même ne signifie pas penser seul ; penser avec le monde ne signifie pas se soumettre aux récits du monde.

Chez Ndaw, la modernité africaine ne peut donc être ni répétition du passé ni imitation du dehors. Elle doit être une modernité interprétée, choisie, retravaillée. C’est en ce sens que son herméneutique peut devenir une méthode afrologique : elle permet de relier mémoire et action, tradition et institution, culture et souveraineté.

5. Ndaw face à l’ethnophilosophie

La place de Ndaw dans le débat sur l’ethnophilosophie est complexe. Le compte rendu de SenePlus rappelle que certains critiques ont classé Ndaw parmi les ethnophilosophes, tout en indiquant que Djibril Samb nuance fortement cette classification. Selon Samb, Ndaw se détourne de l’ethnophilosophie comprise comme simple extraction d’une philosophie déjà présente dans une conscience collective.

Cette nuance est importante. L’ethnophilosophie, dans sa définition critique, tend à attribuer à un peuple une pensée collective homogène. La Routledge Encyclopedia of Philosophy rappelle que l’ethnophilosophie cherche souvent dans les systèmes de pensée des communautés africaines précoloniales ou existantes les formes d’une philosophie africaine authentique. Le risque est alors de faire parler une communauté à la place des sujets pensants, comme si la tradition pensait toute seule.

Ndaw ne nie pas la valeur philosophique des traditions africaines. Mais il affirme qu’elles doivent être interprétées. Cette différence est capitale : la tradition ne devient philosophique que lorsqu’elle est reprise dans un acte de pensée critique. Le philosophe ne se contente pas de collecter des données culturelles ; il les interroge, les explicite, les confronte à d’autres systèmes de pensée.

Cette position permet de dépasser l’opposition stérile entre défenseurs et critiques de la philosophie africaine. D’un côté, Ndaw donne raison aux critiques lorsqu’ils exigent rigueur, argumentation et responsabilité intellectuelle. De l’autre, il donne raison aux défenseurs des traditions africaines lorsqu’ils refusent de considérer que la philosophie serait le monopole d’une seule histoire culturelle. Cette idée rejoint d’ailleurs le titre d’un entretien de Ndaw repris dans Dix penseurs africains par eux-mêmes : « Nul n’a le monopole de la philosophie ».

6. Apport à l’afrologie : identité, institutions et souveraineté intellectuelle

L’intérêt de Ndaw pour l’afrologie tient à ce qu’il déplace la question de l’identité. L’identité africaine n’est pas, chez lui, une essence fermée ; elle est une construction réflexive. Elle ne se décrète pas ; elle s’élabore par interprétation, par mémoire, par critique et par action.

L’afrologie contemporaine place souvent l’identité au cœur de la compréhension des mutations africaines. Les présentations d’Afrology insistent sur la nécessité de relier les faits aux structures, d’identifier les tendances profondes, et de valoriser les perspectives africaines dans l’analyse des enjeux du continent et des diasporas. Ndaw fournit à cette ambition une profondeur philosophique : il montre que les structures politiques et économiques ne peuvent pas être séparées des structures symboliques par lesquelles une société se représente elle-même.

Ainsi, la crise de l’État africain, la dépendance économique, la fragmentation sociale ou la vulnérabilité institutionnelle ne sont pas seulement des problèmes techniques. Ce sont aussi des problèmes de représentation, de mémoire, d’orientation et de subjectivité historique. Une société qui ne sait pas interpréter ses propres héritages risque de subir les catégories d’autrui. À l’inverse, une société qui sacralise ses héritages risque de s’enfermer dans une identité défensive.

La pensée de Ndaw invite donc l’afrologie à articuler trois niveaux :

  1. Le niveau herméneutique, qui interprète les traditions, les mémoires et les formes culturelles africaines.
  2. Le niveau critique, qui soumet ces héritages à l’examen de la raison et refuse les essentialismes.
  3. Le niveau stratégique, qui transforme la pensée de soi en capacité d’action institutionnelle, politique et culturelle.

C’est cette articulation qui rend Penser l’Afrique noire particulièrement actuel. Dans un contexte où les débats africains portent sur la souveraineté, la jeunesse, les diasporas, les ressources, la dette, les langues, la mémoire coloniale et les modèles de développement, Ndaw rappelle qu’aucune transformation durable n’est possible sans une pensée africaine de soi-même.

7. Limites et points de discussion

Une revue de littérature ne doit pas seulement valoriser un ouvrage ; elle doit aussi en discuter les limites. La première limite tient au titre même : Penser l’Afrique noire. L’expression appartient à une histoire intellectuelle marquée par la négritude, les débats sur la pensée négro-africaine et les classifications héritées du XXe siècle. Aujourd’hui, elle doit être maniée avec prudence. Elle peut être féconde si elle désigne une expérience historique et culturelle située ; elle devient problématique si elle suggère une Afrique noire homogène, séparée des Afriques arabes, méditerranéennes, diasporiques, créoles ou afrodescendantes.

La deuxième limite tient au caractère posthume et composite du livre. Puisqu’il s’agit d’un recueil de textes, l’unité de l’ouvrage dépend en partie du travail éditorial de Djibril Samb. Cela n’enlève rien à la cohérence de la pensée de Ndaw, mais cela impose au lecteur de reconstruire les lignes de force du volume plutôt que d’y chercher un système entièrement fermé.

La troisième limite concerne le passage de la philosophie à l’action. Pour l’afrologie, la question décisive est la suivante : comment transformer l’herméneutique africaine en méthode d’analyse des institutions, des politiques publiques, de l’économie, de la gouvernance et des diasporas ? Ndaw donne une orientation philosophique ; il revient aux chercheurs contemporains d’en tirer des instruments opératoires pour les sciences sociales, les études stratégiques et l’action publique.

Enfin, la pensée de Ndaw doit être prolongée par des problématiques plus présentes aujourd’hui : genre, écologie, numérique, urbanisation, migrations, diasporas, violences politiques, pluralisme religieux, langues africaines dans le savoir scientifique. Une afrologie contemporaine ne peut reprendre Ndaw qu’en le prolongeant, c’est-à-dire en appliquant son exigence herméneutique à des réalités nouvelles.

Conclusion

Penser l’Afrique noire d’Alassane Ndaw est une œuvre importante pour toute revue de littérature consacrée à l’afrologie, parce qu’elle rappelle que penser l’Afrique ne consiste pas seulement à analyser des problèmes de développement ou de gouvernance. Penser l’Afrique, c’est aussi interroger les catégories par lesquelles l’Afrique se comprend, se raconte, se transmet et se projette dans l’avenir.

La contribution majeure de Ndaw tient à sa conception de la philosophie africaine comme tâche. Il ne s’agit ni de prouver naïvement que l’Afrique a toujours déjà possédé une philosophie, ni de soumettre l’Afrique à une définition extérieure de la rationalité. Il s’agit de créer les conditions d’une pensée africaine critique, capable d’interpréter les traditions sans les idolâtrer, de dialoguer avec l’Occident sans s’y dissoudre, et de produire une personnalité culturelle ouverte à l’universel.

Dans cette perspective, Ndaw offre à l’afrologie une exigence fondatrice : l’Afrique ne pourra orienter son avenir qu’en apprenant à interpréter ses propres héritages. L’afrologie ne peut donc être seulement une science des structures africaines contemporaines ; elle doit devenir aussi une herméneutique des mémoires, des identités et des possibles africains.

La Rédaction – Afrology


Bibliographie indicative

Ndaw, Alassane. Penser l’Afrique noire. Paris/Dakar : L’Harmattan Sénégal, 2019. 294 p. ISBN 978-2-343-17071-8.

Ndaw, Alassane. La pensée africaine : recherches sur les fondements de la pensée négro-africaine. Dakar : Nouvelles Éditions Africaines, 1983. Préface de Léopold Sédar Senghor.

Diagne-Mbengue, Ramatoulaye, avec Alassane N’Daw. « Nul n’a le monopole de la philosophie ». Dans Seloua Luste Boulbina, Dix penseurs africains par eux-mêmes. Alger : Chihab Éditions, 2016, p. 107-109.

Ka, Seydou. « Penser l’Afrique noire ». SenePlus, 28 juillet 2019.

Wiredu, Kwasi. « Toward Decolonizing African Philosophy and Religion ». African Studies Quarterly, vol. 1, no 4.

Internet Encyclopedia of Philosophy. « History of African Philosophy ».

Routledge Encyclopedia of Philosophy. « Ethnophilosophy, African ».

Afrology. « À propos d’Afrology ».