Passer au contenu principal

Afrology Group

Afrology
  • Accueil
  • Dossiers
    • Afrique Actualités
    • Gouvernance & institutions
    • Économie africaine
    • Société & diasporas
    • Mémoire, culture & pensée
    • Tous les dossiers
  • Agora
    • Afrogora
    • Afroletters
    • Afroviews
    • Afoletters - Editions
  • Projets
  • À propos
  • Contribuer
⌕
Afrology
  • Accueil
  • Dossiers
    • Afrique Actualités
    • Gouvernance & institutions
    • Économie africaine
    • Société & diasporas
    • Mémoire, culture & pensée
    • Tous les dossiers
  • Afroletter
  • Projets
  • À propos
  • Contribuer
⌕

Tanzanie : le tourisme, moteur économique ou richesse encore inégalement partagée ?

Afrology - Rédaction Par Afrology - Rédaction
18 juillet 2026
dans PRESSE
Reading Time: 9 mins read
A A
Tanzanie : le tourisme, moteur économique ou richesse encore inégalement partagée ?
0
PARTAGES
Share on FacebookShare on Twitter

Avec ses parcs nationaux, le Kilimandjaro, le Serengeti et les plages de Zanzibar, la Tanzanie s’impose comme l’une des grandes puissances touristiques africaines. Le pays veut désormais accueillir huit millions de visiteurs par an d’ici à 2030 et porter la contribution du secteur à 20 % de son économie. Mais derrière les records d’arrivées et de recettes se pose une question essentielle : comment transformer cette réussite touristique en développement durable, en emplois de qualité et en prospérité réellement partagée ?

La Tanzanie n’a pas seulement fait du tourisme une vitrine internationale. Elle en a progressivement fait l’un des piliers de son modèle économique.

Le pays possède des arguments difficiles à égaler : la grande migration dans le Serengeti, le cratère du Ngorongoro, le mont Kilimandjaro, les réserves du sud, les plages de Zanzibar, une biodiversité exceptionnelle et un patrimoine culturel encore largement sous-exploité. À ces ressources naturelles s’ajoute une politique de promotion internationale plus offensive, portée notamment par l’amélioration de la connectivité aérienne, les campagnes numériques et la diversification progressive de l’offre.

En 2025, les autorités tanzaniennes ont annoncé avoir enregistré environ 5,9 millions de visiteurs, contre 5,3 millions l’année précédente. Cette donnée ne doit cependant pas être confondue avec le nombre de touristes internationaux : elle agrège différentes catégories de fréquentation, notamment le tourisme intérieur. Le rapport officiel de la Banque de Tanzanie comptabilise, pour sa part, 2 294 495 arrivées touristiques internationales en 2025, en hausse de 7,1 % par rapport aux 2 141 895 enregistrées en 2024. (Daily News)

Cette distinction statistique est importante. Elle permet d’éviter une présentation exagérée des performances du pays tout en mettant en évidence un autre phénomène stratégique : la progression rapide du tourisme domestique. La Tanzanie ne dépend donc plus uniquement des voyageurs venus d’Europe, d’Amérique du Nord ou d’Asie. Une partie croissante de sa population visite également les parcs, les réserves, les sites historiques et les zones côtières du pays.

Plus de 4,4 milliards de dollars de recettes en 2025

La progression des arrivées s’accompagne d’une hausse significative des revenus.

Selon l’enquête 2025 sur les visiteurs internationaux, publiée conjointement par le ministère tanzanien des Ressources naturelles et du Tourisme, la Banque de Tanzanie, le Bureau national des statistiques et plusieurs autres institutions publiques, les recettes touristiques ont atteint 4,41 milliards de dollars en 2025, contre 3,90 milliards en 2024. Cela représente une progression annuelle de 13 %.

Le montant de 4,2 milliards de dollars parfois avancé semble donc correspondre à une estimation antérieure ou provisoire. Les données officielles les plus récentes placent désormais les revenus internationaux du secteur au-dessus de 4,4 milliards de dollars.

La hausse ne vient pas uniquement du nombre de visiteurs. La dépense moyenne a également augmenté. En 2025, un visiteur international dépensait en moyenne environ 289 dollars par personne et par nuit, contre 243 dollars en 2024. À Zanzibar, la dépense moyenne s’établissait à 274 dollars par personne et par nuit.

Cette évolution traduit la montée en gamme d’une partie de l’offre tanzanienne : safaris privés, lodges de luxe, séjours combinant parcs et plages, écotourisme haut de gamme et circuits organisés. Elle montre aussi que le véritable enjeu économique ne consiste pas seulement à augmenter le nombre de touristes, mais à accroître la valeur produite par chaque séjour.

Huit millions de visiteurs à l’horizon 2030

Le gouvernement tanzanien ne compte pas s’arrêter à ces résultats.

Les autorités visent désormais huit millions de visiteurs par an d’ici à 2030. Elles souhaitent parallèlement faire passer la contribution du tourisme à l’économie nationale de 17 % à 20 %. Cette stratégie repose sur quatre grands leviers : la promotion internationale, l’organisation de grands événements, le développement du tourisme sportif et culturel, et l’utilisation accrue des outils numériques pour commercialiser la destination. (thebizlens.co.tz)

Cette ambition place clairement le tourisme au cœur de la transformation économique du pays.

La Banque mondiale estimait déjà qu’avant la pandémie, le secteur représentait environ 17 % du produit intérieur brut et employait directement plus de 850 000 personnes. Elle le décrivait comme l’une des principales sources de devises et l’un des secteurs les plus importants pour l’emploi national. (World Bank)

Le tourisme produit en effet des effets bien au-delà des hôtels et des agences de voyages. Il soutient le transport aérien et routier, la restauration, l’agriculture, l’artisanat, les services financiers, la construction, les télécommunications, le commerce local et les industries culturelles.

Lorsqu’un voyageur séjourne en Tanzanie, sa dépense se diffuse théoriquement dans une longue chaîne économique : compagnies aériennes, chauffeurs, guides, hébergements, producteurs agricoles, pêcheurs, restaurateurs, artistes, commerçants et collectivités locales.

Mais cette diffusion n’est ni automatique ni toujours équitable.

Une économie encore très concentrée

La réussite touristique tanzanienne repose encore fortement sur trois destinations emblématiques : le Serengeti, le Kilimandjaro et Zanzibar. La Banque mondiale souligne que le tourisme de nature du pays reste principalement organisé autour de ces actifs, les visiteurs internationaux combinant fréquemment safari animalier et séjour balnéaire. (World Bank)

Cette concentration présente un avantage commercial : la Tanzanie possède des marques touristiques mondialement identifiables. Mais elle crée également plusieurs fragilités.

Une fréquentation trop concentrée peut accentuer la pression sur les écosystèmes, augmenter le coût du foncier, saturer certaines infrastructures et rendre l’économie locale excessivement dépendante des visiteurs étrangers. Elle peut aussi marginaliser des régions disposant pourtant d’un potentiel considérable.

Le sud et l’ouest du pays restent moins fréquentés que le célèbre circuit du nord. Des espaces comme les parcs de Nyerere, Ruaha, Katavi ou les monts Mahale pourraient permettre de mieux répartir les flux et les investissements.

La diversification devrait également concerner les produits proposés : tourisme historique, patrimoine swahili, gastronomie, tourisme communautaire, congrès internationaux, festivals, sport, randonnée, archéologie et découverte des cultures locales.

Le rapport officiel de 2025 indique que les loisirs et les vacances restent de très loin le principal motif de visite, représentant 64,6 % des séjours internationaux dans l’ensemble de la Tanzanie et 92,9 % à Zanzibar. Les États-Unis, l’Italie et la France figurent parmi les principaux marchés émetteurs.

Une meilleure diversification réduirait la dépendance à quelques clientèles et renforcerait la capacité du pays à résister aux crises économiques, sanitaires ou géopolitiques.

Les communautés locales au centre de l’enjeu

Le paradoxe du tourisme de nature est connu : les territoires qui abritent les ressources les plus rentables ne sont pas toujours ceux qui bénéficient le plus des revenus générés.

La Banque mondiale relève que plusieurs communautés vivant autour des parcs nationaux restent confrontées à la pauvreté, au manque d’infrastructures et à un accès limité au capital, au financement et aux activités économiques liées au tourisme. (World Bank)

Pour que la croissance du secteur devienne un véritable outil de développement, la Tanzanie devra donc renforcer la participation des populations locales à la chaîne de valeur.

Cela suppose de faciliter l’accès des petites entreprises tanzaniennes aux marchés touristiques, d’encourager les hôtels à acheter davantage de produits agricoles locaux, de développer la formation professionnelle et de soutenir les guides, artisans, restaurateurs et opérateurs communautaires.

Il ne suffit pas qu’un parc national génère des millions de dollars. Encore faut-il que les villages qui l’entourent disposent d’écoles, de centres de santé, d’eau, d’électricité, de routes et d’opportunités économiques.

L’économie touristique ne peut durablement prospérer lorsque la faune sauvage est perçue par les populations riveraines comme une richesse réservée aux investisseurs, aux autorités centrales et aux visiteurs étrangers.

Conserver ce qui attire les touristes

La Tanzanie doit également résoudre une équation délicate : développer le tourisme sans dégrader le capital naturel qui constitue sa principale attraction.

Les changements climatiques, l’érosion côtière, la pression foncière, les conflits entre humains et animaux sauvages, la raréfaction de l’eau et la dégradation de certains habitats peuvent progressivement réduire l’attractivité des destinations.

Le tourisme de nature dépend directement de la santé des écosystèmes. Sans protection des couloirs de migration, sans gestion rigoureuse des déchets, sans contrôle de l’urbanisation côtière et sans financement durable des zones protégées, l’expansion quantitative du secteur pourrait finir par fragiliser sa propre base économique.

La croissance du nombre de visiteurs devra donc être accompagnée d’indicateurs environnementaux : capacité maximale des sites, consommation d’eau, émissions liées aux transports, gestion des déchets, état de la biodiversité et redistribution des revenus vers la conservation.

L’enjeu n’est pas de choisir entre tourisme et environnement. Il consiste à reconnaître que, dans le modèle tanzanien, l’environnement constitue précisément l’un des principaux actifs économiques du pays.

Des infrastructures à renforcer

Les visiteurs interrogés en 2025 ont largement salué la beauté naturelle de la Tanzanie et l’accueil de sa population. Ils ont néanmoins identifié la nécessité d’améliorer les routes, les aéroports et les infrastructures touristiques.

Atteindre huit millions de visiteurs exigera donc des investissements considérables : capacités aéroportuaires, réseau routier, transport intérieur, eau, énergie, connectivité numérique, sécurité, structures sanitaires et qualité de l’hébergement.

L’amélioration des infrastructures ne doit cependant pas servir uniquement les zones touristiques. Elle doit être pensée comme un levier d’intégration territoriale, permettant aux investissements liés au tourisme de contribuer également aux besoins quotidiens des citoyens.

La numérisation représente un autre chantier. Une grande partie de la valeur commerciale est encore captée par des plateformes internationales de réservation et des intermédiaires étrangers. Le développement de solutions de paiement locales, de plateformes africaines et d’outils numériques pour les petites entreprises permettrait de conserver une part plus importante des revenus dans l’économie tanzanienne.

Passer du succès touristique à la souveraineté économique

La Tanzanie dispose aujourd’hui d’une occasion historique.

Elle a démontré qu’un pays africain pouvait transformer ses paysages, sa biodiversité et son patrimoine en une source majeure de revenus internationaux. La croissance enregistrée depuis la pandémie confirme la puissance de son image et l’efficacité de sa stratégie de promotion.

Mais le nombre de visiteurs ne peut constituer l’unique mesure du succès.

Le véritable bilan devra porter sur les emplois créés, les revenus conservés dans le pays, la place des entreprises nationales, la protection des écosystèmes et l’amélioration des conditions de vie des communautés locales.

Atteindre huit millions de visiteurs serait une performance remarquable. Mais transformer ces huit millions de séjours en industrialisation locale, en infrastructures, en compétences et en prospérité partagée serait une réussite autrement plus importante.

Le regard d’Afrology

L’expérience tanzanienne rappelle que le tourisme peut devenir une véritable politique économique, et non un simple secteur de loisirs. L’Afrique possède une part considérable du patrimoine naturel et culturel mondial, mais elle ne capte encore qu’une fraction de la valeur générée par les déplacements internationaux.

La priorité ne doit donc plus être seulement d’attirer davantage de visiteurs. Elle doit être de construire une économie africaine du tourisme, contrôlée autant que possible par des compagnies, des plateformes, des investisseurs, des travailleurs et des communautés du continent.

La Tanzanie montre le chemin. Le prochain défi sera de prouver que la croissance touristique peut simultanément enrichir l’État, protéger la nature et transformer durablement la vie de ses citoyens. Avec la crise actuelle au Moyen Orient et les retombées sur Dubaï, il y a très certainement une opportunité à saisir pour le continent Africain…

Afrology – La Rédation

Tags: afriqueéconomiefauneKataviKilimandjaroNyerereRuahaSerengetisouverainetétanzanietanzanientourismeZanzibar
Article Précédent

Le cardinal Sarah dénonce une « colonisation idéologique » de l’Afrique

Article Suivant

Afrique : la génération connectée peut-elle faire tomber les vieux systèmes politiques ?

Afrology - Rédaction

Afrology - Rédaction

Article Suivant
Afrique : la génération connectée peut-elle faire tomber les vieux systèmes politiques ?

Afrique : la génération connectée peut-elle faire tomber les vieux systèmes politiques ?

Dernières publications

  • Afrique : la génération connectée peut-elle faire tomber les vieux systèmes politiques ?
  • Tanzanie : le tourisme, moteur économique ou richesse encore inégalement partagée ?
  • Le cardinal Sarah dénonce une « colonisation idéologique » de l’Afrique
  • Afrique de l’Ouest : les pluies deviennent la norme. Les dirigeants africains sont-ils prêts ?
  • Afrique du Sud : quand MSF protège les Africains à la place de l’Union africaine

Suivre Afrology

LinkedIn Facebook Twitter Youtube

Rubriques

Gérer le consentement
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel Toujours activé
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques. Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
  • Gérer les options
  • Gérer les services
  • Gérer {vendor_count} fournisseurs
  • En savoir plus sur ces finalités
Voir les préférences
  • {title}
  • {title}
  • {title}
Pas de résultat
Voir tous les résultats
  • Accueil
  • Dossiers
    • Économie africaine
    • Gouvernance africaine
    • Société africaine
    • Afrology – Culture- Littérature – Mémoire
  • Projets Afrology
  • Afrologie
    • Afroletter
  • Contact Afrology — Rédaction, contributions, partenariats et think tank

Copyright 1998 © 2026 AFROLOGY

Recevez les analyses d’Afrology

Décryptages, éditoriaux et perspectives stratégiques sur l’Afrique et ses diasporas.

Découvrir Afroletter
Afrology

Afrology est un média d’analyse et un think tank africain consacré aux enjeux de gouvernance, d’économie, de souveraineté, de société et de diaspora.

Explorer

  • Accueil
  • Dossiers
  • Afroletter
  • Projets

Dossiers

  • Gouvernance & institutions
  • Économie africaine
  • Société & diasporas
  • Mémoire, culture & pensée

Afrology

  • À propos
  • Contribuer
  • Contact
  • Newsletter

Suivre

  • LinkedIn
  • X / Twitter
  • YouTube
  • Facebook
© 2026 Afrology — Tous droits réservés. Média d’analyse & think tank africain.