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Figures célèbres de l'histoire des
Noirs: Toussaint Louverture
Une témérité atavique
Toussaint Louverture est un nom de référence historique et riche
d’enseignements pour tout homme de race noire. Pour nous, jeune
génération de la diaspora noire, ce nom traduit "la nécessité de se
battre et de continuer de se battre", et de ne lâcher prise que
lorsque nous sommes sûrs que nous avons la victoire. Surtout lorsqu’il
s’agit de causes triplement nobles: Liberté, égalité, justice.
Ayiti est la première république de la diaspora africaine des Amériques.
C’est l’œuvre d’un stratège et vaillant guerrier nommé Toussaint
Louverture originaire d’Allada, ancien royaume du Dan Xomey, aujourd’hui
République du Bénin. Au fait, le libérateur d’Ayiti, Toussaint
Louverture,est le fils d’un roi du Dan Xomey, déporté sur l’Ile de
Saint-Domingue. L’Histoire nous apprend qu’il est né le 20 mai 1743.
Après son affranchissement, il devient riche grâce aux transactions du
café. Il se ligue avec des prêtres vodou et organise une armée de 2000
Haïtiens. Ils imposent une cuisante défaite aux troupes de Napoléon
commandées par le général Leclerc. C’est la révolution haïtienne.
Toussaint Louverture a eu le mérite d’avoir soulevé son peuple contre la
servitude pour installer un pouvoir noir en Ayiti, même si jusqu’à ce
jour, les Haïtiens continuent d’en payer le prix comme les autres pays
prétendument indépendants d’Afrique Noire. Toussaint Louverture est mort
le 7 avril 1803.
Canada, 20 février 2006
Dossouvi Hilaire Logo
Medialiaison iha/api
Pierre-Dominique Toussaint Louverture, né le 20 mai 1743, mort le 7
avril 1803, est le plus grand dirigeant de la Révolution haïtienne,
devenu par la suite gouverneur de Saint-Domingue (le nom d'Haïti à
l'époque).
Son grand-père, Gaou-Guinou, aurait été de naissance africaine, au
Dahomey, d'une famille royale Arada. Déporté à Saint-Domingue, son père
Hippolyte Gaou fut vendu comme esclave au gérant de l'habitation du
Comte de Bréda, dans la plantation de qui Toussaint naquit, dans la
province du Nord, près du Cap-Français. Son maître, M. Baillon de
Libertat, était relativement humain. Il encouragea Toussaint à apprendre
à lire et à écrire et en fit son cocher et le commandeur (c'est à dire
le contremaître) de l'habitation. Toussaint, malgré une petite taille et
une laideur qui lui valait le surnom de Fatras-Bâton, gagna une
réputation d'excellent cavalier et de docteur feuille, maîtrisant la
médecine par les plantes. Il épousa une femme libre du prénom de Suzanne
dont il eut deux fils : Isaac et Placide.
Toussaint fut affranchi en 1776, à l'âge de 33 ans. Selon les archives
coloniales, il loua une ferme de café d'une quinzaine d'hectares avec
treize esclaves.
Le révolté allié à l'Espagne
La Révolution française provoqua d'énormes répercussions dans l'île :
Dans un premier temps, les grands Blancs envisagèrent l'indépendance,
les petits blancs revendiquèrent l'égalité avec les premiers et les gens
de couleur libres, l'égalité avec les précédents.
En août 1791, les esclaves de la plaine du Nord se révoltèrent.
Toussaint Bréda devint aide-de-camp de Georges Biassou, commandant des
esclaves qui, réfugiés dans la partie espagnole de l'île, s'allièrent à
ceux-ci en 1793 pour renverser les français esclavagistes. Toussaint fut
initié à l'art de la guerre par les militaires espagnols. A la tête
d'une troupe de plus de trois mille hommes, il remporta en quelques mois
plusieurs victoires. On le surnomma dès lors Louverture. Il devint
général des armées du roi d'Espagne.
Le 29 août 1793, Toussaint lança sa proclamation où il se présentait
comme le leader noir :
"Frères et amis. Je suis Toussaint Louverture ; mon nom s'est
peut-être fait connaître jusqu'à vous. J'ai entrepris la vengeance de ma
race. je veux que la liberté et l'égalité règnent à saint-Domingue. Je
travaille à les faire exister. Unissez-vous, frères, et combattez avec
moi pour la même cause. Déracinez avec moi l'arbre de l'esclavage.
Votre très humble et très obéissant serviteur, Toussaint Louverture,
Général des armées du roi, pour le bien public"
Mais il excita la jalousie de ses chefs, Jean-François et Biassou, qui
fomentèrent un complot dont il échappa, mais où il perdit son jeune
frère Jean-Pierre. Le peu d'attention que lui montrèrent les espagnols
acheva de le convaincre que ceux-ci n'entendaient pas abolir
l'esclavage.
Les commissaires de la République française, Léger-Félicité Sonthonax et
Étienne Polverel, étaient en effet arrivés à Saint-Domingue en septembre
1792 pour garantir les droits des gens de couleur. Saint-Domingue était
envahi par la marine britannique et les troupes espagnoles, auxquels
s'étaient ralliés de nombreux blancs royalistes. Le 29 août 1793, le
même jour que la proclamation de Toussaint, Sonthonax émancipa
l'ensemble des esclaves pour que ceux-ci se joignent à la Révolution. Le
16 pluviôse an II (4 février 1794), la Constituante ratifiait cette
décision en abolissant l'esclavage dans tous les territoires de la
République française.
Le général de la République
Par l'intermédiaire du général en chef Etienne Laveaux, les commissaires
tentèrent de convaincre Toussaint de rejoindre la République. Ce n'est
que le 5 mai 1794, que Toussaint effectua une volte-face. L'armée sous
son commandement — qui comptait des soldats noirs, mulâtres et même
quelques blancs — défit en quinze jours ses anciens alliés espagnols et
enleva une dizaine de villes. En un an, il refoula les espagnols à la
frontière orientale de l'île et vainquit les troupes de ses anciens
chefs qui leur étaient restés fidèles. En juillet 1795, la Convention
l'éleva au grade de général de brigade. En mars 1796, il sauva Laveaux,
malmené pour sa rigueur lors d'une révolte de mulâtres au Cap. En
récompense, celui-ci le nomma son Lieutenant Général de la colonie de
Saint-Domingue. Le Directoire l'éleva au grade de général de division en
août 1796.
La marche vers le pouvoir absolu
Son talent n'était pas que militaire. Partout où il passait, il
confirmait l'émancipation des esclaves. Il organisait la remise en
marche des plantations en invitant les colons à revenir, y compris ceux
qui avaient combattu contre la République, et ce, malgré l'avis des
représentants de l'autorité française.
La lutte contre les anglais fut plus difficile. Toussaint ne put les
déloger du Nord et de l'Ouest. Au Sud, le général mulâtre André Rigaud
les contenait courageusement, mais sans les repousser.
Le retour de Sonthonax comme commissaire civil en mai 1796 constitua une
ombre à l'ambition de Toussaint de diriger seul. Il réussit en septembre
1796 à faire élire Lavaux et Sonthonax comme députés auprès du
Directoire afin des les renvoyer en métropole : le premier dès octobre,
le second en août 1797.
Pour rassurer la France, il envoya ses deux fils étudier à Paris.
Grâce aux armes arrivées avec la commission de 1796, Toussaint disposait
d'une armée de 51 000 hommes (dont 3 000 blancs). Il reprit la lutte
contre les anglais et connut quelques succès, mais pas décisifs.
Fatigués d'une telle résistance, les anglais se décidèrent à négocier.
Toussaint sut éloigner des négociations le dernier commissaire civil
Julien Raimond, comme le dernier général en chef Hédouville, arrivé en
mars 1798. Le 31 août 1798, les anglais abandonnèrent St Domingue.
Pour se débarrasser d'Hédouville, Toussaint alerta les noirs du Nord. Le
général ayant ordonné le désarmement des noirs, ceux-ci se révoltèrent
le 16 octobre 1798, obligeant Hédouville à rembarquer précipitamment
pour la métropole avec de nombreux blancs.
Délivré de tout contrôle, Toussaint se tourna contre son rival, le chef
des mulâtres Rigaud. Profitant d'un incident, il le provoqua. Rigaud
engagea les hostilités en juin 1799. Toussaint, secondé par Jean-Jacques
Dessalines et Henri Christophe vainquit ses troupes en un an au prix
d'un bain de sang.
Décidé à remettre l'économie sur pieds, Toussaint publia le 12 octobre
1800 un réglement de culture introduisant le travail forcé des noirs sur
les plantations. Il y eut de nombreux mécontentements. A la fin octobre,
les noirs du Nord se révoltèrent, allant jusqu'à égorger les blancs. En
quelques jours, Toussaint dispersa les révoltés et fit fusiller 13
meneurs, dont son propre neveu, le général Moïse. Pour rallier les
blancs à sa cause, il rappela les émigrés et fit du catholicisme la
religion officielle.
Puis, voulant unifier l'île, il se tourna vers la partie espagnole de
l'île qu'il conquit en un mois, en janvier 1801.
Le 9 mai 1801 il proclama une constitution autonomiste qui lui donnait
les pleins pouvoirs à vie.
La chute
Napoléon Bonaparte, dont le pouvoir en France s'accroissait, était
désireux de restaurer la domination des colons français afin de faire
refleurir l'économie sucrière. Une armée de 25 000 hommes sous la
direction de son beau-frère, le général Leclerc, fut envoyée à
Saint-Domingue en décembre 1801 pour faire tenir la promesse de
Toussaint de rétablir les colons et, officieusement, rétablir
l'esclavage.
Toussaint n'était pas dupe. Il mena une guerre de repli, brûlant les
villes devant l'arrivée des troupes françaises fin janvier 1802. Leclerc
vainquit les troupes de Dessalines, puis celles de Christophe. Ayant
ramené avec lui les enfants de Toussaint, il les lui envoya, en signe
d'apaisement. Le 2 mai 1802, Toussaint offrit sa reddition contre sa
liberté et l'intégration de ses troupes dans l'armée française.
Leclerc ne s'en tint pas là. Capturé par ruse le 7 juin 1802, Toussaint
fut envoyé en France avec sa famille. A son embarquement, il prédit :
"En me renversant, on n'a abattu que le tronc de l'arbre de la liberté
des nègres. Celui-ci repoussera par les racines, parce qu'elles sont
profondes et nombreuses." Il fut enfermé au Fort de Joux dans les
montagnes du Jura, le plus froide région de France. Il y mourut le 7
avril 1803.
Les Français ne réussirent pas à rétablir l'esclavage à Saint-Domingue.
Grâce à la puissance militaire construite sous Toussaint, les noirs
triomphèrent sur eux à la bataille de Vertières en 1803. Le 1er janvier
1804, leur nouveau chef, Jean-Jacques Dessalines, proclama
l'indépendance du pays qu'il baptisa de son nom indien : Haïti.
Source : Pierre PLUCHON : Toussaint Louverture - Paris, Fayard 1989
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Toussaint Louverture: le mémorial
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