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Forteresse Europe : Bienvenue à Schengenland !

On présente les accords de Schengen comme l'aboutissement d'un processus d'ouverture des frontières, alors même qu'ils ont été mis en place pour renforcer l'efficacité de la lutte contre l'immigration. Libre-circulation à deux vitesses, préférence européenne, bienvenue à Schengenland.

Libre-circulation pour les uns, répression pour les autres

Le texte de la convention de 1990 qui met en place les fameux accords de Schengen est clair: "Assurer à la fois une plus grande liberté et une plus grande sécurité aux ressortissants des cinq pays signataires". Les commentateurs bienveillants des textes expliquent :"toute la difficulté résidait là: mettre en place un régime de libre-circulation des personnes et des biens sans remettre en cause la sécurité des citoyens et l' équilibre des flux migratoires". Autrement dit: hors de question que tout le monde soit libre de circuler à l'intérieur de l'espace Schengen. Là encore il y a deux poids, deux mesures: pour sécuriser les uns, il faut chasser les autres. Tous les gouvernements européens et leur horde de technocrates ne pouvaient qu'être d'accord pour verrouiller les frontières afin d'assurer la liberté des blancs. Le principe qui régit ce verrouillage des frontières de Schengen est le même qui était à la base des murailles de Chine nationales: c'est la fameuse lutte contre l'immigration clandestine, appelée aussi" limitation des flux migratoires", ou sélection à l'entrée de l'Eldorado européen. Ce n'est ni plus ni moins qu'une forme d'application de la préférence nationale. Pendant que le Front National en fait son cheval de bataille électoral aux cris indignés de toute une gauche bien-pensante, celle-ci applaudit à la mise en place de toutes les lois qui visent à limiter l'immigration. Or limiter l'immigration, c'est réserver d'office aux blancs et aux immigrés "intégrés", "normalisés", les richesses de l'Europe: c'est adopter la préférence nationale ou plutôt européenne.

Harmonieuse préférence européenne

Schengen est une nouvelle étape dans la mise en place de ces politiques discriminatoires: les accords permettent de fait de renforcer à la fois la sélection à l'entrée et la répression des indésirables. Ne circule pas librement qui veut à Schengenland. Les étrangers munis de titres de séjour de moins d'un an doivent être munis d'une autorisation pour passer d'un pays de Schengen à un autre ( ils risquent sinon de 2000 à 20 000 fcs d'amende). Voilà pour les immigrés de seconde zone à qui de manière générale aucun droit n'est reconnu. L'ouverture des frontières ne bénéficie pas plus à tous ceux qui sont privés de papiers. Les Etats de Schengen se sont dotés d'un système informatique, le S.I.S, sur lequel circulent 10 millions de données et qui permet de connaître immédiatement et à l'échelle européenne la liste des indésirables, des personnes recherchées, notamment des sans-papiers. Ainsi un sans-papiers d'Allemagne ne trouvera pas de répit dans un autre pays de Schengen, il peut aussi se faire expulser de France ou de Belgique.
Schengen tombe carrément dans le délire répressif en matière de droit d'asile. Les demandeurs d'asile doivent faire leur demande dans le pays dans lequel ils atterrissent s'ils n'ont pas de famille proche ayant le statut de réfugié dans le pays de leur voeu. Manquerait plus qu'ils fassent les difficiles. Enfin ils n'ont qu'une seule chance, si ce pays leur refuse l'asile politique, pas la peine de tenter sa chance dans un autre. La demande ne sera pas examinée, harmonisation européenne oblige.

Variantes anti-immigrés

On voit en France comment les lois Joxe-Pasqua jettent des dizaines de milliers de personnes dans la clandestinité, comment les Kurdes, les Zaïrois, les Mauritaniens... sont allègrement renvoyés aux mains de leurs tortionnaires par l'OFPRA. La situation n'est guère différente dans les autres pays, à quelques nuances près. Au Pays-Bas la police des étrangers vérifie chaque année qu'ils répondent toujours aux critères qui ont justifié leur admission: si les revenus sont jugés insuffisants ou si le logement est non-conforme aux normes néerlandaises, le titre de séjour peut être retiré, ils sont alors expulsés. La police peut aussi les maintenir de manière illimitée en rétention administrative en attente d'une expulsion. En Belgique la capacité d'accueil des centres de rétention a été accrue pour permettre des vérifications pointilleuses de tous les étrangers ayant reçu l'ordre de quitter le territoire. Avec un objectif fixé à 3400 expulsions par mois. En Allemagne les épouses d'étrangers n'obtiennent un droit au séjour indépendamment de celui de leur mari qu'après 4 ans de mariage, le divorce pouvant conduire à l'expulsion de la femme. A Cologne en 1994, plus d'une centaine d'enfants étaient sous la menace d'expulsion.

Voilà de quoi rassurer ceux qui ont la phobie de l'invasion. D'autant plus que cette législation européenne se superpose aux variantes déjà plus ou moins corsées de lois anti-immigrés.

Source : Jeunes contre le racisme en Europe (lien plus disponible)


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