Rosa Parks: icône de la liberté et héroïne
de la lutte contre la discrimination raciale
(1913-2005)
“To this day I believe we are here on the planet Earth to live, grow
up and do what we can to make this world a better place for all people
to enjoy freedom.” Rosa Parks
(Jusqu'à présent, je crois que nous sommes sur la planète Terre pour
vivre, nous épanouir et faire notre possible pour rendre ce monde
meilleur afin que tout le monde puisse jouir de la liberté.) Rosa Parks.
In memoriam
Rosa
Parks, figure emblématique du mouvement de protestation contre la
ségrégation raciale, s'est éteinte à l'âge de 92 ans à Detroit
(États-Unis). Le courage exemplaire de Rosa Parks commande notre
respect. À elle seule, elle a changé le cours de l’Histoire en Amérique
et dans le monde. Pourtant, rien ne la prédestinait à devenir l'icône
des droits civiques en Amérique et la « Mère » du mouvement qui devait
aboutir à l'abolition de la ségrégation raciale en Amérique. Cette femme
admirable a joué un rôle indéniable dans l'histoire de la liberté
humaine.
Le 1er décembre 1955 à Montgomery (Alabama), Rosa Parks, a eu le courage
de dire „NON“ à la ségrégation raciale qui sévissait aux Etats-Unis.
Elle a refusé d'obéir à l’ordre que lui donnait le chauffeur d’autobus
de céder sa place à un homme blanc et d'aller s'asseoir au fond du bus.
Les trois autres Noirs qui étaient là ont cédé leurs places aux Blancs.
Rosa Parks reste ferme et refuse de se lever. Son refus, qui constitue
une violation du règlement raciste de cet état du sud de l'Amérique, va
déclencher le processus immuable de la déségrégation. A l' agent de
police qui vient
l'arrêter, elle lui pose la question suivante:
« Pourquoi tant de persécutions?» Ce dernier de répondre: «Je l'ignore,
mais la loi et la loi et je vous arrête.»
Rosa Parks est arrêtée par la police et condamnée à payer une amende de
14 dollars. Elle est inculpée de désordre public et de violation des
lois locales. En son for intérieur, cette couturière de 42 ans savait,
qu′à partir de ce jour-là, « that it was the very last time that I would
ever ride in humiliation of this kind ». (Ce serait la dernière fois que
je subirais une telle humiliation dans l’autobus).
Rosa Parks eut la permission de placer un appel téléphonique. Elle en
profite pour communiquer avec E.D. Nixon, un notable du chapitre de
Montgomery de la NAACP. Nixon était vraiment furieux, et cela se
comprend, mais il a également compris que Madame Parks pourrait être le
symbole parfait de l’injustice qui sévissait dans le Sud. Nixon appelle
un avocat libéral Blanc, Clifford Durr, qui accepte de défendre Madame
Parks. Après consultations avec l’avocat, son époux et sa mère, Rosa
Parks accepte de contester en Cour la loi sur la ségrégation qui avait
conduit à son arrestation.
La communauté noire considère cette arrestation comme un scandale, car
elle en a assez de cette humiliation permanente, de cette ségrégation
dans les transports publics. Dans son autobiographie, Rosa Parks
rectifie une des légendes que l′on colporte affirmant qu′ elle était
fatiguée :
«On a souvent dit que j'avais refusé de céder ma place ce jour-là, parce
que j'étais trop fatiguée, mais ça ce n'est pas exact. Je n'éprouvais
pas un sentiment de fatigue physique, ou du moins pas plus qu'à
l'accoutumée après le travail, qu'il m'était impossible de bouger les
pieds, que j'avais mal aux pieds. Or, ce n'est pas aux pieds que j'avais
mal; mais dans mon cœur d'être humain. Ma fatigue était plutôt morale.
J'en avais assez de toujours suivre sans protester les ordres des
Blancs.» Rosa Parks
Sa vie
«Il n'y a aucune loi qui nous oblige à souffrir»
Leona MacCauley, mère de Rosa Parks
Rosa Louise Mac Cauley est née le 4 février à Tuskegee, Alabama, fille
de James Mac Cauley, charpentier, et Leona Mac Cauley, institutrice.
Après le divorce de ses parents, elle vit avec sa mère et son frère chez
ses grands-parents, dans une ferme. Ses grands parents sont membres de
l'église Africaine Méthodiste Episcopale (African Methodist Episcopal
Church). Dans son autobiographie, elle relate que, durant son enfance,
son grand-père montait la garde devant la ferme, fusil au poing, à cause
du Ku Klux Klan (KKK) qui paradait dans les rues de l'Alabama,
terrorisait les Noirs, les lynchait et brûlait leurs maisons. Le Ku Klux
Klan a brûlé à deux reprises l'école qu'elle fréquentait la « Montgomery
Industrial School » qui avait été fondée par des Blancs du Nord pour les
enfants noirs.
Son grand-père lui inculque des principes de justice sociale, de dignité
et de fierté de ses origines en lui léguant comme viatique la sentence
suivante:
«N'accepte jamais les traitements iniques, d' où qu'ils viennent et ne
baisse jamais les bras devant l'injustice“.
Toute sa vie, elle est confrontée au racisme quotidien. Dans son
autobiographie elle mentionne un fait qui peut paraître anodin mais qui,
en réalité meurtrit une âme enfantine: dans la ville, il y avait même
des fontaines réservées aux Blancs et d'autres destinées aux Noirs:
„Enfant, je pensais que l'eau des fontaines pour les Blancs avait
meilleur goût que celle des Noirs“.
Rosa Parks fréquente l'école primaire réservée aux Afro-Américains qui
ne fonctionnait que cinq mois dans l'année. En 1924, à l'âge de 11 ans,
sa mère l'envoie à Montgomery « Industrial School for Girls in
Montgomery » pour poursuivre ses études. Cinq ans plus tard, elle est
obligée d'abandonner ses études pour s'occuper de sa grand-mère et de sa
mère toutes deux malades. Rosa éprouve un profond respect et amour
filial, pour sa mère, une enseignante, qui lui avait appris à être fière
de sa condition de femme noire.
«Sois fière d'être ce que tu es! Deviens quelqu'un qui sera respecté par
les autres et qui les respectera aussi »
En 1932, Rosa Mac Cauley épouse Raymond Parks, un activiste dans le
mouvement des droits civils et barbier de son état. Il l'encourage à
poursuivre ses études secondaires qu'elle achève en 1934. A cette
époque, son époux, Raymond était très engagé et collectait de l'argent
pour supporter un groupe de jeunes Noirs, les «Scottboro Boys» qui
étaient faussement accusés de viols sur deux femmes blanches. Malgré les
lois ségrégationnistes, Jim Crow, ils sont tous deux membres de la ligue
des électeurs «Voter's League» (1940) qui militent pour obtenir le droit
de vote pour leurs frères de race :
«J'ai connu dans ma vie bien des événements dramatiques. J'ai été témoin
à plusieurs reprises d'une ségrégation raciale qui s'appuyait sur la loi
et, comme beaucoup d'autres, j'en ai terriblement souffert.» Rosa Parks
Vers cette période Rosa Parks obtient un emploi à la base Américaine
Maxwell Air Force Base, un établissement fédéral où sa prise de
conscience s'accentue. Elle écrit dans sa biographie : «On pourrait dire
que la base de Maxwell m’a ouvert les yeux ».
En décembre 1943, les Parks sont membres du mouvement américain pour les
droits civiques «American Civil Rights Movement » et militent dans la
section de «L'Association pour l'Avancement des Gens de Couleur »le
«National Association for the Advancement of Colored People» (NAACP), de
l'Alabama, le grand mouvement pour la reconnaissance des droits civiques
pour les Noirs. Ce groupe travaillait à démanteler les barrières
raciales en matière d′ éducation et de transports publics.
De 1930 à 1955, elle travaille comme couturière. En 1943 elle est nommée
secrétaire du NAACP. Se remémorant cette période, elle écrit dans son
autobiographie:
«J'étais la seule femme là-bas, et ils avaient besoin d'une secrétaire,
et j'étais trop timide pour dire non».
De 1965 à 1988, au moment de sa retraite, elle travaille comme
assistante du député afro-américain John Conyers.
Le boycott des bus de Montgomery. « We shall overcome»
“Elle s'est assise pour que nous puissions nous lever“
Révérend Jesse Jackson
Le mouvement non-violent de boycott des bus fut un défi lancé au
soi-disant pouvoir démocratique. La détermination d'une seule personne a
engendré un vaste mouvement historique de grève des bus.
Selon les lois ségrégationnistes en vigueur, les 4 premiers rangs des
bus étaient réservés aux Blancs. Bien que les Noirs représentaient 75%
des usagers, ils devaient s'asseoir à l'arrière-fond. Ils montaient
devant payer 10 cents et redescendaient pour regagner l'emplacement qui
leur étaient réservé, afin qu'ils ne traversent pas la zone réservée aux
Blancs. Les Noirs pouvaient cependant s'asseoir dans la zone médiane,
tant qu'un Blanc ne revendique le besoin de s'y asseoir. Dans ce cas,
ils devaient alors céder la place et se diriger vers le fond du bus ou
descendre du bus.
Ce 1er décembre 1955, Rosa Park reconnut le chauffeur qui l′avait
éjectée du bus 12 ans auparavant, car elle avait refusé de ressortir du
bus pour remonter à l'arrière comme l'exigeait le règlement local.
Les 50 dirigeants de la communauté afro-américaine sous la direction du
jeune pasteur Dr. Martin Luther King, se réunissent à l'église Baptiste
„Dexter Avenue Baptist Church“ pour envisager des mesures à prendre à la
suite de l'arrestation de Rosa Parks. Ils mettent sur pied le
„Montgomery Improvement Association“ et élisent le Dr. Martin Luther
King comme président. Cette mobilisation de masse va catapulter,
l'apôtre de la non-violence, Dr. Martin Luther King, aux premières loges
de la politique américaine. Il inaugure ainsi de façon concrète sa
théorie de la non-violence qui caractérisera son mode d′ intervention
politique.
L'Association appelle au boycott des bus pour le lundi 5 décembre 1955.
35 000 tracts sont distribués au sein de la communauté noire. Le mot
d'ordre est repris dans le Montgomery Advertiser, le journal noir local.
Les églises le répercutent lors de leurs services religieux. Le boycott
débute et il est suivi à 100%. La communauté afro-américaine s′est
montrée très solidaire: arrestations injustes, attentats à la bombe,
fusillades, coups de fil nocturnes, menaces de chantage, renvois
illégaux, manipulations médiatiques, rien n'arrête la détermination des
marcheurs. Sous le chaud soleil d'été ou dans le vent glacial de
l'hiver, la plupart des Afro-Américains marchèrent à pied, qui pour se
rendre au travail qui, pour se rendre à l'école et autres lieux.
«Je vais marcher aujourd'hui pour que mes petits-enfants prennent demain
l'autobus sans avoir à être humilié.»
Des taxis conduits par des chauffeurs noirs circulent au tarif du bus 10
cents. Quelques Blancs se joignent au mouvement, parfois par idéologie
et conviction, parfois tout simplement parce que le boycott a une
incidence sur leur mode de vie. Ils ont besoin de leurs employés qui
travaillent chez eux et qui n'arrivent plus à l'heure. Certains
employeurs vont même les chercher en voiture à leur domicile. Le service
des bus est totalement paralysé, car les Afro-américains forment la
majorité des tributaires de transport public. Des douzaines de bus ne
sont plus mis en service. La faillite menace la société des transports.
La presse internationale se fait l'écho du mouvement. Le monde a les
yeux rivés sur l'Amérique. Un malaise enveloppe tout le pays. Peu à peu
des fonds, des chaussures, des effets vestimentaires parviennent de
toutes parts pour soutenir les marcheurs. Les organisateurs mettent en
place un service de bus parallèle. Le Ku Klux Klan ne reste pas inactif.
Il fait preuve d′une violence inouïe. Le domicile de l'avocat Edgar
Nixon est dynamité. Il en est de même de celui de Martin Luther King
alors que sa femme Coretta Scott King et leur bébé de deux mois se
trouvaient à l′intérieur. Les Noirs vivent dans l'angoisse de ces
terroristes. Mais ils ne cèdent pas aux pressions gouvernementales et à
celles de leurs détracteurs. Martin Luther King demande aux grévistes de
ne pas répondre à la violence et de continuer à défendre leurs
revendications à savoir :
1. Que les Blancs et les Noirs puissent s′asseoir où ils veulent dans
l′autobus
2. Que les chauffeurs soient plus courtois à l′égard de toutes les
personnes
3. Que des chauffeurs noirs soient engagés.
Le boycott dure 380 jours soit un peu plus d'un an, jusqu'à ce que la
loi sur la ségrégation raciale dans les bus soit levée. La persévérance
des Noirs aboutit à une victoire totale. Le 13 novembre 1956, la cour
suprême prononce son verdict:
«La ségrégation raciale dans les bus à Montgomery est une violation de
la constitution.» Elle annule la loi raciste de l'Alabama dans les bus
qui s'opposent aux principes démocratiques de la constitution. Elle est
de facto anticonstitutionnelle donc illégale.
Le 20 décembre 1956 la cour suprême oblige la société des transports à
mettre en pratique le jugement. Le boycott cesse le lendemain, mais la
violence redouble contre les domiciles des organisateurs et les églises
fréquentées par les Noirs. La répression s'abat sur les Parks et les
membres de leur famille. La plupart d'entre eux perdent leur travail ou
sont harcelés par les Blancs. En 1957 Rosa Parks décide de déménager à
Detroit dans le Michigan. Elle a des difficultés à trouver un emploi.
Elle est finalement engagée par John Conyers, un Afro-Américain,
démocrate et membre de la maison des Représentants, le congrès américain
en 1965.
Elle sera son assistante jusqu'en 1988, au moment où elle prendra sa
retraite. Rosa Parks demeure active dans the NAACP et dans the “Southern
Christian Leadership Conference”(SCLC).
Si la ségrégation est abolie en Alabama, il n'en est pas de même dans
les bus qui font la liaison entre les Etats. En 1961, un groupe de
jeunes crée un mouvement de protestation «le Freedom ride » (voyage de
la liberté) pour supprimer la discrimination raciale dans ces bus. Après
quelques jours de service, un bus de « freedom riders » arrive en
Alabama. Ils sont accueillis par le Ku Klux Klan (KKK). Les jeunes sont
sortis de force, battus et le car est incendié. Les membres du KKK ne
seront jamais condamnés. En 1964, les lois Jim Crow, ségrégationnistes
seront finalement abrogées aux Etats-Unis avec le « Civil Rights Act »
qui interdit toute forme de ségrégation dans les lieux publics et en
1965 avec le « Voting Rights Act » qui supprime les tests et les taxes
pour devenir électeur aux Etats-Unis.
La fondation Rosa et Raymond Parks
Après le décès de son époux en 1987, Rosa Parks crée sa fondation The
Rosa and Raymond Parks Institute for Self-Development. Cet institut a
pour but de motiver et de guider les jeunes, afin de leur faire
atteindre leur plein potentiel, et, de faire connaître à un plus grand
nombre de personnes les questions qui influent sur l′avenir du monde.
Madame Parks a déclaré au reporter d’«Ebony» qu’«Il y a trop de jeunes
qui ne continuent pas l’école et qui ne profitent pas des possibilités
qui leur sont offertes.»La Fondation Rosa et Raymond Parks offre aux
adolescents, originaires d'ethnies différentes, un programme surnommé
«Les sentiers de la liberté » qui encourage les jeunes à connaître leur
héritage culturel, l′histoire du mouvement des droits civils, et les
initie à une culture de la paix.
En 1992, Rosa Parks a publié un livre d′enfants intitulé:«Rosa Parks: My
Story (l′histoire de ma vie). C′est un récit chronologique de sa vie
jusqu' au jour fatidique de 1955, où elle a refusé de se lever pour
laisser un Blanc s′asseoir à sa place dans l′autobus. Ce livre est un
rappel historique qui enseigne aux enfants que les libertés dont ils
jouissent actuellement ont été arrachés de haute main.
Distinctions honorifiques
De nombreuses distinctions honorifiques lui ont été décernées aussi bien
par des
universités que par de institutions.
En 1990 le «Centre Kennedy» de Washington, lors de son
soixante-dix-septième anniversaire lui a décerné un prix. La présidente
C. Delores Tucker a fait l’éloge des “belles qualités de Rosa Parks» que
sont “sa dignité et sa foi inébranlable qu’avec Dieu, tout est
possible.» Comme à l’accoutumée, Madame Parks a reçu cet éloge avec
toute la modestie de rigueur – En effet, jusqu’à présent, elle ne tire
aucune gloriole de son rôle dans l’histoire du mouvement des droits
civils. Lorsque le reporter d’Ebony lui a demandé de révéler le secret
de son attitude positive, elle a déclaré ce qui suit:
«Je trouve que si je pense trop à mes propres problèmes et au fait que
parfois les choses ne se passent pas comme je le voudrais, je ne fais
aucun progrès. Cependant, si je regarde autour de moi et que je vois ce
que je peux faire, alors je continue ».
En 1996, Rosa Parks reçoit la «Médaille de la liberté» des mains de Bill
Clinton, une distinction civile américaine. Le Président a déclaré au
magazine Jet: «Lorsqu’elle s’est assise dans l’autobus, elle s’est mise
debout pour les idéaux américains d’égalité et de justice et elle a
exigé que nous en fassions tous de même. »
In 1998 le « First International Freedom Conductor Award” lui est
attribué par le «National Underground Railroad Freedom Center. Un an
plus tard, elle est décorée de la «Detroit-Windsor International Freedom
Festival» pour sa contribution à la cause de la liberté et de la paix.
PR Newswire rapporte que, durant la cérémonie, le Maire de Detroit,
Dennis Archer a souligné que:
«Sa dignité et sa grâce ont inspiré des générations d’avocats de la
liberté et de défenseurs de la liberté.»
En 1999, lors d’une cérémonie présidée par le président Clinton, le
gouvernement lui a remis le «US Congressional Gold Medal of honor» (La
Médaille d′or d’honneur du Congrès Américain), soit la plus haute
distinction honorifique décernée à un civil. A cette occasion, Mme Parks
a déclaré:
«Cette médaille représente l’encouragement qui nous est donné à tous de
continuer jusqu’à ce que nous ayons tous des droits égaux.» et le
président Clinton a soutenu que:
«de biens des façons, Rosa Parks a permis à l′Amérique de redevenir ce
que nos pères-fondateurs avaient rêvé»
Le premier récipiendaire de cette médaille fut Georges Washington, le
premier président des Etats-Unis. La même année, le magazine „Times“
l'inscrit sur la liste des 100 personnalités marquantes du 20e siècle.
En septembre 1999, Madame Parks a reçu les honneurs de l'« Alabama
Academy of Honor », une organisation qui honore les citoyens de
l’Alabama pour ce qu’ils font pour l’état. Un peu plus tard, au cours de
la même année, le gouverneur de l’Alabama, Mr. Donald Seigelman, lui a
remis la première Médaille d’honneur du Gouverneur pour courage
extraordinaire. En décembre 2000, elle a encore été honorée, la Troy
State University de Montgomery (Alabama) a donné le nom de Rosa Parks à
une bibliothèque et à un musée. Une rue et une école portent son nom à
Detroit.
Rosa Parks a dédié sa vie à la cause des droits humains universels et
elle incarne vraiment l’amour de l’humanité et de la liberté. Par son
courage tranquille, Rosa Parks symbolise l’essence même de la
protestation non-violente, car elle a enduré les menaces de mort et
persisté à intercéder pour les leçons simples et élémentaires qu’elle a
données à la Nation et dont la Nation a immensément profité. Elle a
redonné une dignité à des millions d′êtres humains niés dans leur
humanité et opprimés à cause de la couleur de leur peau. De plus, Rosa
Parks, qui vit dans l’État du Michigan depuis 1957, est devenue une
icône vivante de la liberté en Amérique et dans le monde entier. Elle a
participé à toute les marches qui ont pour but la liberté, la marche de
1963, de 1965 à Montgomery et le Million Man March en 1995.
Hommage à Madame Parks
Martin Luther King, Prix Nobel de la Paix a rendu hommage à la dignité
de Rosa Parks lorsque il lui a dédicacé son livre. « Marching to Freedom »
(Grande marche vers la liberté »
«Votre témoignage initial est devenu la force motrice de notre grande
marche vers la liberté d'aujourd'hui.»
Au cours d'une cérémonie lui rendant hommage, il lui fut remis un
extrait du poème „Aube en Alabama“, composé par le grand poète noir Huse
„ Pour les mains blanches et les mains noires
Pour les mains brunes et pour les jaunes
Pour les mains rouges aussi
Pour tout le monde,
Composons un air de musique tendre,
Et que nos doigts se touchent
Comme la rosée tombe,
Naturellement.
Nous serons les uns á côté des autres,
Dans cette aube musicale
Et je deviendrai alors le compositeur
De la symphonie de l'aurore en Alabama“
Madame Parks fut très touchée. C'était son poème préféré qu'elle lisait
sans cesse.
Les réactions dans le monde
Le Révérend Jesse Jackson a déclaré:
„Elle s'est assise pour que nous puissions nous lever [..]
Paradoxalement, son emprisonnement a ouvert les portes pour notre longue
marche vers la liberté. [...] C'était une femme très courageuse qui a
consciemment risqué sa vie et la prison pour briser le système de
l'apartheid. »
Condoleeza Rice, première femme noire secrétaire d'État, qui est
originaire de l'Alabama comme Rosa Parks s'est associée à l'hommage en
ces termes:
„une pionnière des droits civils [...] qui a inspiré une génération
entière de gens à lutter pour leur liberté“.
Le député démocrate John Conyers :
« Il y a très peu de personnes qui peuvent dire que leurs actions et
leur conduite ont changé la face de la nation, et Rosa Parks est l′une
d’entre elles.»
L'unique noir siégeant au sénat, le démocrate Barak Obama a rendu grâce
à :
„Une authentique héroïne américaine [...] Elle était très humble et très
mesurée dans ses paroles. Mais au-dedans d’elle-même, elle avait une
détermination farouche [...] Par son courage et son exemple, elle a jeté
les bases qui ont permis au pays de vivre en accord avec ses
convictions“.
Dans une interview à CNN, le député démocrate de Georgie, John Lewis, a
raconté qu′il avait suivi le drame des événements de Montgomery, en
1955-56, alors qu’il était adolescent, et que cela l′avait incité à
militer dans le mouvement des droits civils. Pour lui: « Il était si
incroyable que cette femme, cette femme toute seule, ait eu le courage
de s’asseoir et de refuser de se lever pour céder sa place à un homme
Blanc. En s’asseyant, elle s' est mise debout pour tous les Américains.»
L’organisation française SOS Racisme a ajouté:
„Le courage de Rosa Parks témoigne de ce que chacun d'entre nous a la
capacité de contribuer à édifier un monde meilleur et plus juste. Cette
femme restera, pour tous les antiracistes, un bel exemple de simplicité,
de ténacité et de fraternité“.
Georges Bush a souligné:
L'exemple de Rosa Parks a contribué à déclencher le mouvement pour les
droits civiques, et transformé l'Amérique en la rendant meilleure“
Paul Martin, premier ministre du Canada:
Rosa Parks était une héroïne, non seulement aux yeux des communautés
minoritaires du Sud américain et des femmes, mais de l'humanité entière.
Le porte-Parole des «Verts» « die Grünen »
Rosa Parks a prouvé au monde qu'une action directe, et non-violente avec
un but précis peut porter fruit et changer le cours de l'histoire [...]
Son engagement, son courage et sa lutte pour les droits civiques, et
contre le racisme sont des exemples pour tous les activistes du monde
entier. »
Repos éternel
«Au moment d’écrire l’histoire pour les générations futures, il faut que
les historiens puissent dire: Il y a eu, parmi les Noirs, des personnes
hors du commun qui ont su injecter dans les veines de la civilisation
humaine un sens plus profond de la dignité humaine.» Rosa Parks
Cette citation tirée de son autobiographie est le défi que Rosa Parks
s'est donné et
qu'elle a assumé tout au long de sa vie. L′autobus dans lequel s′est
déroulé l'événement a été drapé d′un linceul rouge et noir jusqu'aux
obsèques officielles. Le véhicule se trouve aujourd'hui au musée Henry
Ford de Dearborn, dans le Michigan, devant un portrait géant de Rosa
Parks.
En souvenir de son geste héroïque les premières places des bus de
Montgomery resteront libres jusqu' au jour de son enterrement. Elles
sont recouvertes d′une photo de Rosa Parks entourée d’un ruban noir
portant l′inscription suivante:
«La société de bus RTA rend hommage à la femme, qui s′est tenue debout
en restant assise.»
L′Amérique s′apprête à préparer les funérailles de la pionnière de la
lutte contre le racisme. Jusqu′à samedi, la dépouille mortelle a été
exposée dans l′église de Montgomery ville où, il y a 50 ans, Rosa Parks
a refusé de céder son siège.
John Conyers, représentant démocrate, et pour lequel Mme Parks avait
travaillé pendant 30 ans, a lancé l'idée d'une veillée au Capitole en
proposant que sa dépouille mortelle soit exposée à la rotonde.
"Nous pensons qu'avoir sa dépouille dans la rotonde est probablement la
façon la plus expressive du gouvernement de faire savoir à tous que
l'héritage de Rosa Parks est assumé par le pouvoir législatif."
Cet honneur est généralement réservé aux anciens présidents ayant marqué
leur époque : Abraham Lincoln, John F. Kennedy, Ronald Reagan.
Le Congrès américain a voté une résolution autorisant à exposer le corps
de Rosa Parks, Dimanche et Lundi, dans la Rotonde du Capitole, à
Washington. Madame Rosa Parks est la première femme à recevoir dans ce
haut lieu l′hommage de la nation; et la deuxième personne n'ayant jamais
été fonctionnaire d'état, après Pierre l'Enfant, l'architecte français,
de la ville de Washington décédé en 1825. Dimanche 30.10.2005, la garde
nationale accompagnée de la chorale a déposé le sarcophage dans la
Rotonde du Capitole. Des dizaines de milliers de personnes de toutes
nationalités ont salué la pionnière des droits civiques. La plupart des
Afro-Américains tenaient une feuille en main sur laquelle on pouvait
lire, «merci Rosa Parks.» Le corbillard était suivi d'un bus des années
50, recouvert d'un linceul noir. Le président George W .Bush, son
épouse, les membres du sénat et de la maison des représentants se sont
inclinés devant la dépouille mortelle. Ils ont déposé des couronnes de
fleurs composées d'œillets rouges, blancs et bleus. Au cours de son
oraison Condoleeza Rice a déclaré:
«Je crois que je peux affirmer, sans Mme Parks, je ne serais pas là
aujourd'hui debout, devant vous en tant que ministre des affaires
étrangères. Rosa Parks a entamé une révolution pour la liberté et le
monde entier honore son geste.»
Le président américain a décrété que le jour de son enterrement les
drapeaux seront mis en berne sur tous les offices publics du pays. Après
son exposition au Capitole, le cercueil a été transféré dans la ville où
elle est décédée et où elle a passé la plus grande partie de sa vie.
Jusqu' à son enterrement mercredi prochain, le sarcophage est exposé au
Musée Charles H. Wright d'histoire afro-américaine de Detroit.
L'inhumation de Rosa Parks est prévue pour Mercredi prochain, le 3
novembre, à Detroit.
Conclusion
Le nom de Rosa Parks a traversé les océans et les continents. Il est
devenu synonyme de liberté et de dignité. Son combat n'aura de sens que
si nous continuons à mener la lutte contre l'injustice sociale et le
racisme partout dans le monde, afin que les droits humains en
particulier ceux des Noirs, des femmes et des minorités soient
pleinement reconnus. Le voeu de Rosa Park :
«Je veux que tout le monde se souvienne de moi comme de quelqu′un qui
voulait être libre » est exaucé. Elle est et demeurera une icône de la
liberté. Elle est le symbole et la fierté de toutes les personnes
éprises de liberté et de justice. Elle est un trésor pour l'humanité.
Le monde entier s′incline devant sa mémoire et rend un vibrant hommage à
cette femme dont le courage a changé le cours de l′Histoire des temps
modernes.
Que le Tout-Puissant l′accueille parmi ses élus ! Que la terre lui soit
légère !
Dr. Pierrette Herzberger-Fofana
Conseillère municipale à la mairie
d′Erlangen (Allemagne)
Pierrette.Herzberger-Fofana@sz.phil.uni-erlangen.de
Remarque
Le 21 décembre 1956 Martin Luther King et le Rev. Glen Smiley, un
pasteur blanc ont partagé le même siège à l'avant du bus. Le boycott fut
une victoire pour les marcheurs.
Mrs Park est lauréate des prix suivants :
1. Southern Christian Leadership Conference Annual Rosa Parks Freedom
Award ,Spingarn Medal, NAACP, 1979; Martin Luther King Jr Award, 1980;
Service Award, Ebony, 1980; Martin Luther King Jr Nonviolent Peace Prize,
Honorary degree from Shaw College .1980; The Eleanor Roosevelt Women of
Courage Award, Wonder Women Foundation, 1984; Medal of Honor, awarded
during the 100th birthday celebration of the Statue of Liberty, 1986;
Martin Luther King Jr Leadership Award, 1987; Adam Clayton Powell Jr
Legislative Achievement Award, 1990; Rosa Parks Peace Prize; honored
with Day of Recognition by Wayne County Commission; U.S. Congressional
Gold Medal of Honor, 1999
Pour tout complément d′ informations veuillez consulter les sites
suivants:
1. The Rosa & Raymond Parks Institute for Self Developmenthttp://www.rosaparks.org ;
http : www.naacp.org le site officiel de l′ Association National pour l′
Avancement des Gens de Couleur ;
2. Parks, Rosa, and Jim Haskins, Rosa Parks: My Story, Dial Books, 1992.
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