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Nuremberg honore le Rwanda
Eugénie Musayidire: Prix International des Droits humains 2007
Nuremberg, ville des droits humains
Stigmatisée par son passé historique et honnie jadis par la communauté
internationale, la ville de Nuremberg s’est débarrassée de ce lourd
fardeau qui pesait sur ses épaules. En effet, le 19 septembre 1935, les
Nazis votaient les "Rassengesetze", les lois raciales
anti-discriminatoires. Même si ces lois visaient en premier lieu les
Juifs, elles ont été appliquées aux minorités noires vivant en Allemagne
sous le vocable de "Rheinlandsbastarde" ou "Bâtards de la
Rhénanie" qu’Hitler fera en partie stériliser afin qu’ils ne
puissent pas "continuer à se reproduire", le procès de Nuremberg
sous l’égide des Alliés marquera aux fers rouges cette ville.
Aujourd’hui, Nuremberg est devenue synonyme de paix et des droits
humains. La place Nelson Mandela, Nuremberg, Siège de la Coalition des
Villes Européennes contre le Racisme, la rue des Droits Humains sont les
preuves tangibles de la métamorphose que cette ville a accomplie depuis
la fin de la seconde guerre mondiale. La rue des Droits humains avec ses
27 colonnes, ses 2 plaques incrustées au sol, son chêne en forme de
colonne et son arc de triomphe symbolise l’orientation politique et
sociale de Nuremberg, libérée des démons du passé et ouvert au vent de
la tolérance et de la diversité culturelle. Ce monument, la rue des
Droits Humains, frappe non seulement par sa valeur esthétique mais
surtout par le message fort qu’il renferme. Sur chacune des colonnes
figure un article de la « Déclaration Générale des Droits de L’Homme des
Nations Unies du 10 décembre 1948» et notamment l’article premier qui
rappelle que :
"Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en
droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les
uns envers les autres dans un esprit de fraternité."
Le Prix international des Droits humains
Le prix international des droits humains a été décerné à Eugénie
Musayidire, le 30 septembre 2007 à l’Opéra de Nuremberg en présence de
personnalités allemandes et étrangères. Mme Musayidire est la seconde
femme africaine à recevoir cette distinction honorifique. Cette année,
c’est la septième fois que le prix est attribué. Il est doté de 15.000€,
octroyé par Mr. Bruno Schnell, l’éditeur des journaux «Nürnberger
Nachrichten» et «Nürnberger Zeitung ».
En 1999, Me Fatimata Mbaye de Mauritanie fut la première lauréate du
continent africain. Le jury louait son engagement pour abolir
l’esclavage qui sévit encore en Mauritanie. Créé en 1995, le prix
International des Droits Humains est décerné tous les deux ans à une
personne ou à un groupe qui par son engagement exemplaire et au risque
de sa propre vie lutte pour une cause juste en rapport avec les droits
humains. Le jury reconnaît non seulement l’engagement du récipiendaire
mais aussi il contribue au-delà du lauréat à protéger et à encourager
tous ceux qui défendent corps et âmes les droits humains. Cette
récompense est la réponse de la ville de Nuremberg aux crimes qui ont
été commis contre l’humanité et perpétrés par des autorités étatiques.
C’est aussi le symbole que le nom de cette ville ne sera plus jamais
associé à de tels actes répréhensibles et barbares. Nuremberg se confond
aujourd’hui avec les termes de paix, réconciliation et respect des
droits de l’Homme.
Le Jury du Prix international des Droits de L’Homme est composé de 11
éminentes personnalités tel que: Mme Shirin Ebadi, (Iran) prix Nobel de
la paix 2003, le Professeur Dr. Maurice Glèlè-Ahanhanzo du Bénin, membre
du comité des droits de l’homme des Nations Unies, co-rédacteur de la
"Charte africaine des Droits de l’Homme et des Droits des peuples" Me.
Daniel Jacoby (France) Secrétaire général de la Fondation "France
Liberté" et Président d’Honneur de la "Fédération Internationale des
Ligues des Droits de l’Homme", Dr. H.c.Koicho Matsuura (Japon)
Directeur-Général de l’UNESCO, le Prof. Dr. Roman Herzog, ex- président
de la République Fédérale Allemande, Dr.Ulrich Maly, maire de Nuremberg.
Dans son allocution, le maire de la ville Mr. Maly reprenant les termes
du jury a notamment déclaré :
"Eugénie Musayidire s’engage avec un courage des plus admiratifs et
sans tenir compte des risques personnels pour la reconnaissance des
droits humains et la réconciliation entre les deux groupes ethniques
ennemis des Hutu et des Tutsi au Rwanda. . ..En la désignant lauréate du
Prix International des Droits de l’Homme 2007, le jury honore l’action
d’ Eugénie Musayidire qui incarne de façon exemplaire les idées des
droits humains universels et de la réconciliation après un crime
inimaginable depuis 1945]…]" Il rend ainsi hommage à Eugénie
Musayidire mais aussi aux nombreuses personnes qui partout dans le monde
s’engagent courageusement et au risque de leur vie à défendre les droits
humains.
Pour le premier édile de la ville, Nuremberg et le Rwanda ont plus de
points communs qu’on ne pourrait le penser: L’histoire de la période
sombre de l’Allemagne et le génocide perpétré contre les Tutsis
illustrent son propos. Car c’est sur la base des procès de Nuremberg,
que le tribunal pénal de la Haye traite les crimes commis au Rwanda.
Dans son vibrant plaidoyer, le maire a mis la communauté internationale
au banc des accusés. En effet, après l’holocauste, les meurtres en
séries des Nazis, la communauté internationale avait promis d’être
vigilante et de ne plus jamais fermer les yeux sur de telles cruautés,
mais d’agir promptement. Elle n’a pas tenu sa promesse en ce qui
concerne le Rwanda.
"Le pire génocide depuis la fin de la seconde guerre mondiale a eu
lieu sous les yeux du monde entier. Nous devrions aujourd’hui encore
avoir honte!" a-t-il affirmé.
Le gouvernement allemand était représenté par le ministre d’Etat, Mr.
Günter Gloser qui s’est appesanti sur le rôle du tribunal pénal d’Arusha
et a loué son travail. Le Ministre-Président de la Bavière Dr. Günther
Beckstein a rappelé le devoir de mémoire qui incombe aux jeunes
générations et combien il est important de les informer sur l’histoire.
Mr. Gareth Evans, Président du Groupe International de Crises et ex
Ministre des Affaires étrangères d’Australie, a critiqué la passivité de
la communauté internationale et son "échec catastrophique pendant le
génocide du Rwanda". Dr. Doudou Diène, du Sénégal, Rapporteur
Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour les questions de
Racisme, de Discriminations raciales, de Xénophobie et d’Intolérance a
prononcé l’allocution d’honneur ou "laudatio". Le génocide du Rwanda
doit être "pour nous tous un avertissement". Les efforts du
Rwanda pour apporter de la lumière dans cette recherche de la vérité et
en même temps le désir de travailler à vivre ensemble est "une
expérience unique" dans l’histoire de l’humanité. Le Rapporteur
Spécial de l’ONU a mis l’accent sur la voie qu’a choisie le Rwanda pour
parvenir à établir la justice. Le pays s’attend à ce que les criminels
répondent de leurs actes devant les victimes ou les rescapés. Cette
expérience montre "la grandeur morale de ce peuple". Mr. Diène a
achevé son allocution en émettant le vœu :
"Que ce prix international des Droits de l’Homme de Nuremberg, Madame
et chère Sœur, fasse de votre action une fleur sur la belle terre du
pays des mille collines".
Eugénie Musayidirie, symbole de la réconciliation
Eugénie Musayidire est née le 25 décembre 1952 au Rwanda. En 1973, elle
s’ enfuit de son pays à la suite de la publication de son nom sur une
liste de Tutsi qui devaient être arrêtés. Elle trouve d’abord refuge au
Burundi où elle étudie à l’université de Urumuli l’économie et les
sciences sociales. Quatre ans plus tard elle introduit une demande
d’asile en Allemagne qu’elle obtient. Elle y accomplit une formation
d’assistante technique pharmaceutique. Elle fonde une famille et
travaille à Siegburg où elle travaille au service de l’émigration et des
étrangers de l’église évangélique. Mme Musayidire a vécu 25 ans en
Allemagne en tant que requérante d’asile.
Les massacres des membres de sa famille
La terre du Rwanda a été durant des semaines le théâtre de massacres
sanglants et d’une barbarie inconcevable. Le sang de nombreux innocents,
victimes de leurs cruels bourreaux a inondé le sol de ce petit pays,
jadis un paradis verdoyant.
Au mois de mai 1994, Mme Musayidire apprend que sa mère est décédée des
suites d’une brutale agression. Suzanne Mukangwije, une grand-mère de 76
ans était la personne la plus âgée du village, une femme connue pour sa
bonté et sa générosité. Au soir du 22 avril 1994, son voisin l’a tuée à
coups de machette. Il a jeté sa dépouille mortelle dans une fosse
commune, avec une douzaine de femmes et enfants. Eugénie devait
apprendre plus tard que son frère David Ngarambe son épouse, et leurs 4
enfants avaient été massacrés le même jour. Eugénie ne pouvait pas
s’imaginer que le tueur, un ami d’enfance, un voisin, ait pu perpétrer
un tel crime et assassiner froidement sa mère. 22 membres de sa famille
ont succombé ainsi à la folie meurtrière et xénophobe des criminels
racistes.
Le décès de sa famille plonge Eugénie dans une sorte de dépression.
Les sentiments de culpabilité mêlés à l’impuissance de n’avoir pas pu
éviter le crime et protéger sa mère, la détresse et le désespoir ont
raison de son état physique.
Grâce aux soins intensifs de psychothérapeutes et aux conseils de
théologiens qu’elle reçoit en Allemagne, Eugénie Musayidire parvient à
refouler les traumatismes dus au massacre de sa mère dont elle souffre.
L’écriture devient une thérapie qui l’aide à se faire une raison.
L’écriture comme thérapie
Un morceau de tuile qu’un ami lui a rapporté du Rwanda devient son
talisman. Il l’avait ramassé dans les ruines de ce qui fut la maison des
parents d’ Eugénie, complètement détruite après le massacre sauvage
commis par les agresseurs.
Ce morceau de tuile lui inspirera le titre de son recueil «Ma Pierre
parle»
Ce recueil de prière poèmes « Mein Stein spricht » (Ma pierre parle) est
un témoignage émouvant sur les questions qui la tourmentent: Comment le
voisin qui entretenait des liens d’amitié de longue date avec sa famille
a-t-il pu devenir leur meurtrier ? Les textes traitent également de
l’échec de l’église, de la communauté internationale qui a abandonné le
Rwanda à son triste sort. Eugénie puise dans sa foi, la force de
surmonter sa douleur.
L’ancien président de la république fédérale allemande, feu Johannes
Rau écrivait à propos du livre :
"Je suis sûr que [ce recueil) peut contribuer à ne pas oublier la
tragédie de votre pays, Les questions que vous posez sont des questions
qui doivent être toujours posées"
En 2001, Madame Musayidire décide de retourner dans son pays afin de
rencontrer le meurtrier de sa mère aujourd’hui incarcéré et trouver une
réponse aux questions angoissantes qu’elle se pose. La rencontre en
prison avec le tueur de sa famille et le retour dans son village ont été
filmés. Ce documentaire poignant «Le meurtrier de ma mère» a obtenu en
2003 le prix des Médias «Grimm Preis» et a passé sur plusieurs chaînes
de télévision dont Arte et TV5 Europe.
Réconciliation au lieu de vengeance
Sa propre expérience, face à la douleur liée à un sentiment de
désespoir, de colère lui a fait prendre conscience qu’il est important
de se réconcilier avec soi-même mais surtout avec l’ennemi afin de
pouvoir aller de l’avant et connaître la paix du cœur. De nombreux
jeunes qu’elle a rencontrés quelle que soit leur appartenance ethnique
souffrent aujourd’hui encore des séquelles du génocide. Les victimes
tout comme les criminels sont traumatisés devant l’ampleur de la
tragédie qu’ils ont vécue.
En janvier 2003, Eugénie fonde à Nyanza sur un terrain qui lui
appartient un centre de jeunes "Izere, Espoir pour le Rwanda" avec la
collaboration de l’église évangélique allemande afin de venir en aide à
ces jeunes désoeuvrés, anciens enfants-soldats, orphelins, enfants issus
de viols, "les damnés de la terre".
« IZERE » est un lieu de rencontre pour tous les jeunes Rwandais sans
distinction d’appartenance ethnique. Ce centre de thérapie s’occupe des
jeunes qui ont été traumatisés à la suite des événements de 1994; soit
parce qu’ils ont été eux même blessés soit parce qu’ils ont assisté
impuissants aux massacres de leurs parents et familles, soit parce
qu’ils ont vu comment leurs propre parents sont devenus des meurtriers.
Ils souffrent de dépression, de phobies et autres troubles mentaux.
Les jeunes ont ainsi la possibilité de parler de leurs souvenirs
personnels du génocide, et évacuer leurs peurs. Eux tous ont besoin de
soins psychothérapeutiques afin que l’on puisse les réinsérer dans la
société et la vie active. La plupart des jeunes sont orphelins et
passent leurs vacances au centre qui leur offre de nombreuses
possibilités: cours de couture, de coiffure, atelier -photo. D’autres
refusent de retourner chez eux parce qu ils ont appris que leurs parents
étaient impliqués dans les crimes du génocide. La présentation
Power-Point que nous avons eue durant la cérémonie montrait également
les diverses activités auxquelles ils s’adonnent.
Par le chant, la danse, la peinture et les heures d’écoute ces jeunes
apprennent à briser le silence dans lequel ils se sont emmurés. La
formation professionnelle de métiers manuels n’est pas exempte du
programme. Le centre « IZERE » supporte les frais et offre ainsi aux
jeunes de nouvelles perspectives d’avenir. Il organise des émissions de
radios, et des séminaires qui traitent des conséquences du génocide. Les
séminaires sensibilisent les futurs enseignants aux problèmes d’enfants
traumatisés.
On estime qu’en l’espace de cent jours environ 800 000 à 1 millions de
personnes ont été massacrées durant le génocide du Rwanda en 1994. La
nomination d’Eugénie a attiré l’attention des médias en Allemagne sur ce
génocide. Comment la communauté internationale n’a-t-elle pas été en
mesure de sauver tous ceux qui étaient menacés de persécutions ? Comment
un tel massacre n’a pas touché la conscience de tous ceux qui sont
toujours prêts à s’élever contre toutes les injustices?
Au cours de son message de remerciements, Eugénie Musayidire a fait part
des difficultés qu’elle a rencontrées pour surmonter les traumatismes
qu’elle a vécus. C’est d’une voix rauque et profonde qu’elle a décrit
les sentiments qui l’animaient et ce qu’elle avait ressentis à l’annonce
du génocide.
"Tout le Rwanda pleurait et je pleurais avec mon peuple». Tout d’un
coup, je me sentais vide. Au dessus de moi une ombre planait. Sans que
je le voulais l’obscurité était devenue ma compagne". Afin de
chasser cette ombre qui planait au dessus de sa tête, il n’ y avait
qu’une seule solution: retourner au pays natal.
"Une voix m’a dit, lève-Toi, vas-y et prends la main de cet enfant
abandonné".
C’est ainsi que depuis 2003, elle vit à nouveau au Rwanda, afin de
réaliser son seul rêve: la réconciliation entre les deux groupes
ethnique du pays. Sa foi en Dieu est le ciment de son action.
Le banquet de la paix
Invitant ses concitoyens à participer au banquet de la paix offert par
la ville, le maire de la ville de Nuremberg a notamment déclaré :
"Avec Eugénie Musayidire notre ville honore une personnalité qui
mérite notre admiration; bien qu’elle ait perdu tous les membres de sa
famille lors du terrible génocide de 1994, elle s’engage cependant
depuis plusieurs années pour faire valoir les droits humains et pour la
réconciliation entre les groupes ethniques dans son pays. Nous voulons
donner un signal fort et montrer que les droits humains sont la base
indispensable pour promouvoir la paix et la justice et en même temps
c’est un signal pour montrer que le vivre ensemble dans notre ville des
personnes issues de cultures différentes est un acte de solidarité."
5000 Nurembergeois et Nurembergeoises et citoyens des communes voisines
ont répondu à l’invitation du maire. Ils ont assisté au "banquet de
la paix" qui a eu lieu juste après la cérémonie á l’opéra,
accompagné de tout un programme multiculturel et multiculinaire.
Nuremberg a voulu rendre honneur ainsi à la lauréate par ce banquet avec
la participation de toutes les couches de la société qui soutiennent les
efforts des autorités municipales qui ont fait de Nuremberg, la
"ville de la Paix et des Droits Humains".
Message de félicitations
Madame, Chère Sœur,
Au nom de la communauté Noire d’Allemagne, des descendants d’Africains,
Afro-Allemands, de l’Association des Femmes Africaines pour la Recherche
et le Développement (AFARD/AAWORD); de la Renaissance Africaine section
Allemagne, et de Forward-Germany, il me revient l’insigne honneur de
vous présenter nos sincères félicitations.
J’accomplis cette tâche non seulement avec plaisir mais aussi avec la
ferme conviction que votre exemple pourra servir de modèle à notre
jeunesse.
Je suis tout particulièrement heureuse d’avoir reçu des mains de la
lauréate du Prix International des Droits Humains de Nuremberg, la
cassette « Mein Stein spricht », (ma Pierre parle) que vous avez
actuellement publié sous forme de recueil. Ce cadeau que vous m’aviez
offert à Düsseldorf en 1999 prend une signification particulière
aujourd’hui pour moi.
Vous êtes pour toutes les personnes éprises de bonne volonté, un symbole
dont nous sommes tous fiers. Le massacre de 22 membres de votre famille
lors du génocide au Rwanda dont votre mère, votre tante, votre frère,
belle-sœur, neveux et nièces n’ont pas laissé les tourments de la haine
envahir votre cœur mais a fait place à l’amour du prochain.
Vous avez choisi la voie de la réconciliation et non celle de la
vengeance. Votre engagement: vouloir promouvoir les droits humains, la
paix entre les communautés, et développer le sens de la justice dans les
âmes des jeunes qui vous sont confiés force l’admiration de tous.
Les membres du parti (les Verts) «Bündnis 90/Die Grünen, Grüne Liste»
d’Erlangen et je crois pouvoir affirmer que tout le conseil municipal et
la ville d’Erlangen se joignent à moi pour vous présenter nos meilleurs
vœux de succès dans votre entreprise.
Que le Tout-Puissant vous bénisse !
Dr. Pierrette Herzberger-Fofana
Conseillère Municipale. Erlangen.Allemagne
Drherzbergerfofana@hotmail.com
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Mme Fofana et E.Musayidire
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