Panafricanisme et francophonie
Kwame N'krumah ( 1909 - 1972 )
Il fait ses études en Angleterre et aux EU . En 1945 il participa à l'organisation du Congrès panafricain . Il retourne au Ghana en 1947 et devient secrétaire général du parti indépendantiste, l'UGCC ( United Gold Coast Convention). Il quitte l'UGCC pour fonder un autre parti : la Convention People's party (CPP).
Souhaitant l'indépendance , N'Krumah appelle aux boycott et à la désobéïssance civile , ce qui lui valut d'être emprisonné par les autorités britanniques jusqu'en 1951.
En 1957 , la Cote-de-l'Or est la première colonie a obtenir son indépendance . En 1960 , N'Krummah devient le premier président du Ghana.
« Les détracteurs de l'Unité Africaine évoquent souvent les grandes différences de culture, de langues et d'idées de part et d'autre en Afrique. Elles existent, mais l'essentiel est que nous sommes Africains, et que nous avons un intérêt commun dans l'Indépendance de l'Afrique. » Le docteur Kwamé Nkrumah n'eut de cesse de réclamer la constitution d'États-Unis d'Afrique. Aussitôt après avoir obtenu l'indépendance de son pays, il organisa une conférence panafricaine. Comme Khadafi et Castro, N'Krumah choisit de s'appuyer sur l'URSS pour ne pas céder à l'impérialisme des occidentaux.
En 1935, Francis Nwia Kofie N'Krumah (connu sous le nom de Kwamé N'Krumah) quitte l'Université d'Accra en Gold Coast pour suivre aux États-Unis des études de théologie, de sociologie, et d'économie. Devenu professeur de sciences politiques il élabore alors les fondements d'un socialisme africain. Il part en Grande-Bretagne pour étudier le droit en 1945 et organise à Londres le cinquième Congrès panafricain. Membre du « Cercle », une organisation secrète vouée à l'Unité ouest-africaine, Nkrumah rentre en Gold Coast en 1947 et devient le chef de la lutte anti-colonialiste pendant huit ans. Il arrache l'autonomie de la Gold Coast et en devient le premier ministre. En 1957, le Ghana (ainsi nommé en référence à l'Empire du Ghana) obtient son Indépendance. En décembre 1958, N'Krumah préside la Conférence panafricaine à Accra, et se lie d'amitié avec le leader nationaliste congolais Patrice Lumumba. Il expose ses objectifs nationalistes et tente d'imposer le panafricanisme comme moyen d'accession à la liberté. Très tôt, N'krumah tourne le dos aux occidentaux en collaborant étroitement avec la Chine et les pays communistes. Partisan de la politique des non-alignés, il participe à la création de l'OUA en 1963. N'Krumah tente de rallier les autres chefs d'Etats africains à son idéal fédéraliste.
Mais il se heurte aux réticences des présidents africains francophones qui veulent maintenir des relations privilégiées avec leur "Mère-Patrie" la France (garant de leur sécurité et de la pérénité de leur régime). Leur chef de file, le président Houfouët-Boigny argue d'un pragmatisme conjoncturel pour défendre le projet d'une Afrique régionale. L'ethnocentrisme du Président ivoirien a bien sûr les faveurs de la France qui craint qu'une fédération d'États-Unis d'Afrique n'entrave son hégémonie.
Le gouvernement français propose alors l'alternative de la "Francophonie" et de la "Coopération". Ce système conçu pour le court terme (dont on voit aujourd'hui les limites tant au plan politique, qu'économiques et monétaire) ont accentué le déséquilibre de la balance commerciale des nouveaux Etats : Les États francophones africains doivent favoriser les échanges avec la France aux dépends même du commerce avec leurs voisins ou le reste du monde. De plus les rivalités entre Nations voisines qui n'adhéraient pas au bloc "francophone" empêchaient tout développement régional sérieux (entre Togo et Bénin, Ghana et Côte d'Ivoire, Gabon et Guinée équatoriale). La "Francophonie" et la "Coopération" ont favorisé la vente des fameuses "usines clé-en-main" (dont le Congo a connu celles de Pointe-Noire et de Ouesso qui n'ont jamais quittées leurs cartons d'emballage) et entretenu le gaspillage et la corruption en Afrique, les grandes firmes occidentales versant en effet des commissions aux décideurs africains pour obtenir leurs signatures (cette signature leurs a été enlevées à partir de 1990 auprès de la Banque de France pour commencer à endiguer le taux d'endettement des Pays africains francophones).
Mais le modèle du socialisme à l'africaine, le modèle ghanéen n'a pu obtenir de meilleurs résultats : La planification (empruntée aux alliés communistes) s'accompagne d'une dérive autoritaire : Kwamé Nkrumah décrète en 1961 et 1962 l'état d'urgence pour museler l'opposition et fait embastiller les dirigeants des principaux partis. Il se proclame président à vie en 1964 et impose le monopartisme. Le manque de rigueur dans la gestion du budget et la faillite de la politique économique a émoussée la popularité du docteur N'Krumah. Deux ans plus tard en 1966, alors qu'il est en visite officielle en Chine, il est renversé par l'armée. Le général Ankhra qui a fomenté le coup d'état était en relation avec la CIA depuis la crise du Congo. L'une des premières mesures du nouveau régime est d'expulser les techniciens chinois et soviétiques.
Le Ghana rétablit alors les relations avec l'Occident.
DIMANCHE 10 FÉVRIER 2002
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Kwamé N'Krumah
Points de vue :
Ibrahima BAH
Apedoh Amah
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