20 ans de lois contre l'immigration...
Voici quelques unes des dispositions prises ces douze dernières
années. Droite et gauche à tour de rôle ont durci l'arsenal de lois
contre l'immigration.
Gouvernement FABIUS
-loi du 7 juillet 84: un délai de 6 mois est instauré entre la date
du mariage et l'acquisition de la nationalité française afin de
permettre à la police d'enquêter sur la vérité du " lien marital "
-Loi " Dufoix " du 17 juillet 84 : Le titre de séjour de 10 ans n'est
renouvelé automatiquement qu'aux étrangers résidant depuis plus de trois
ans; le regroupement familial est restreint.
Gouvernement CHIRAC
-Lois " Pasqua " du 9 septembre 86 : le délai de naturalisation par
mariage est porté à un an, les formalités d'entrée sont multipliées, la
reconduite à la frontière est immédiate en cas de " menace à l'ordre
public "
Gouvernements ROCARD puis CRESSON
-Décret du 31 août 89 : la délivrance du certificat d'hébergement est
réglementée, et limitée (le certificat est désormais délivré au
compte-goutte).
-Circulaires Sauvé et Marchand réglementant le séjour des étudiants
étrangers et conditionnant leur séjour à la réussite scolaire.
Gouvernement BALLADUR
-Loi Pasqua du 22 juillet 93 : le délai de naturalisation des
conjoint étrangers est porté à deux ans, une démarche volontaire pour
acquérir la nationalité française est exigée pour les jeunes nés en
France de parents étrangers.
-Loi Pasqua du 10 août 93 : les contrôles d'identité sont facilités,
régularisant ainsi les contrôles au faciès.
- 24 août : le regroupement familial est encore restreint, les modalités
en seront fixées par le décret Veil du 7/11/94
-30 décembre : un nouveau " statut de demandeur d'asile " est institué,
réduisant l'accès au droit d'asile; la demande doit être faite à partir
du pays d'origine, sinon, c'est la Police de l'air et des frontières qui
détermine si le réfugié aura le droit de déposer une demande d'asile à
l'OFPRA.
-Loi du 27 décembre 94 : institue des zones d'attente dans les lieux de
passage internationaux et aggrave les sanctions pour les passeurs de
clandestins.
- l'institution des Charters par Pasqua, remis au goût du jour par
Cresson, l'ouverture des camps de rétention, les lois Toubon et Debré
ET SURTOUT ...
GOUVERNEMENT JOSPIN
Le projet Chevenement qui a permis de rallonger la rétention
administrative et de faciliter les reconduites à la frontière et
expulsions
La loi Debré
La loi Debré s'appuie sur l'imbroglio juridique des lois Pasqua
soulève par "l'affaire de St Bernard" pour renforcer l'arsenal
anti-immigrés. En fait, il s'agit de fermer définitivement les portes à
toute procédure de régularisation et à toutes velléité d'accueillir des
immigres.
Article 1 : ça commence mal...Pour avoir un visa, un étranger qui
veut entrer en France devait fournir un certificat d'hébergement.
Aujourd'hui l'hôte devra déclarer le départ de son visiteur sous peine
de poursuites. Apres Pétain voici Chirac. C'est la 1ère fois depuis
Vichy qu'on peut être condamné pour avoir accueilli un étranger. Le
Conseil d'état soutient qu'il y a "atteinte à la liberté individuelle
etc..." mais l'Assemblée Nationale n'est pas à une liberté près : la
police pourra venir vérifier vos "normes d'hébergement". Et Debré
précise que chaque mairie peut "archiver" la liste des hébergeants à
défaut de la création d'un fichier départemental initialement prévu!!!
Dernier détail : pour le voyageur régulier, il sera oblige de donner ses
empreintes digitales pour avoir son visa. Evidemment ce sont
principalement les ressortissants des pays soumis à l'impérialisme
occidental qui ont besoin d'un visa pour la France.
La couverture qu'utilise Debré pour sa loi consiste à régler les
problèmes de ceux qui ne sont ni regularisables, ni expulsables. Des
dispositions en effet sont prises : on régularisera un peu, cela
représentera au maximum un millier de personnes par an. Un peu ca veut
dire aussi une carte d'un an... renouvelable mais pas la carte de
résident de dix ans. Les problèmes seront règles : le Sans-Papier
habitant en France depuis plus de 15 ans n'a droit qu'à une carte de
séjour d'un an, qui sera ou non renouvelée, selon le bon vouloir de la
Préfecture de Police... Debré règle sutout les problèmes de manière
radicale, en facilitant les procédures d'expulsions.
La carte de 10 ans est également attaquée. D'abors, elle n'est plus
automatiquement renouvelée.Là aussi, tout se joue selon le bon vouloir
de la Prefecture. Elle ne le sera pas en cas de "menace à l'ordre
public". Soyons bien conscients que "menace à l'ordre public", ça sera
tout et n'importe quoi, sans aucun sens légal, sans contrôle sur les
administrations. Un vol d'autoradio, la détention d'un bout de hasch qui
vaut une inculpation pour deal, la participation à un mouvement
social... C'est l'épée de Damoclès au-dessus du "résidant en France" qui
ne baisse pas bien la tête.
De pire en pire pour les Sans-Papiers : confiscation du passeport,
prise des empreintes digitales sont les avant-(dé)goûts des nouvelles
mesures. Avant, un Sans-Papier conduit dans un camps de rétention devait
passer devant le tribunal administratif qui jugeait de l'opportunité du
maintien en rétention dans un délai de 24h. Avec la nouvelle loi, ce
délai passe à 48h ce qui laisse le temps à la police d'en faire ce
qu'elle veut donc de l'expulser. La procédure d'appel n'est plus
suspensive, le sans-papier reste donc aux mains de la police, avec tous
les risques que cela comporte. Et s'il est expulsé "par mégarde" (!!!)
(comme c'est arrivé pour un père de famille de St Bernard) on se doute
qu'il y a peu de chance pour qu'il puisse revenir un jour...
Dans le meilleur des cas, le sans-papiers attend donc son jugement en
centre de rétention. Les récits des Sans-Papiers enfermes dans ces
camps, et ceux des copains ayant pu les visiter sont édifiants.
Privation de nourriture, d'eau, violences sont les situations les plus
courantes. Nombreux sont les camps de rétention clandestins dans des
locaux de fortune des préfectures que l'on peut découvrir en suivant les
parcours de Sans-Papiers.
Et les mariages? Un(e) Sans-Papier(e) marié(e) à un(e) Français(e)
attendra deux ans au lieu d'un dans la clandestinité une carte.
La loi Barrot. Avec de la bonne volonté, on aurait pu croire que la
police entrant dans les entreprises pour y contr™ler "certaines"
dispositions du code du travail, ça voulait dire la chasse aux patrons.
La chasse à ceux qui méprisent tous les acquis syndicaux : secu, congés
payes, retraites... Mais la loi Barrot annexée a la loi Debré remet les
pendules a l'heure. Dans la série des attaques tous azimuts contre les
immigres, voici l'arme qui vise les clandestins travailleurs en
établissant l'amalgame travail au noir - sans papiers. Voilà qui
rappelle un certain discours...
Cette loi est une attaque contre tous les étrangers : réguliers et
"clandestins", travailleurs et familles. Comme toujours on divise la
population privant de liberté les uns avant de s'attaquer aux autres. La
cible du jour est une minorité du pays.
La loi Debré marque un pas de plus dans la répression contre les
immigrés, mettant en place un arsenal juridique qu'il ne sera désormais
plus possible de contourner, donnant à l'état la possibilité d'expulser
à sa guise et menaçant ceux qui voudraient héberger des immigrés.
Source : Jeunes contre le racisme en Europe (lien plus disponible)
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