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La FRANC-MAÇONNERIE française en Afrique

L’activisme ou selon, l’affairisme de la Franc-Maçonnerie française en Afrique revient chaque jour un peu plus brutalement dans les chroniques journalistiques dédiées à l’actualité des faits politiques vite occultés du continent. A la fin du mois de juillet 2004, c’est le Congo-Brazzaville du président Sassou N’Guesso réputé franc-maçon, qui selon l’édition Internet du quotidien Libération*, se voyait amputé de quelques centaines de millions de francs CFA, au profit de la Grande Loge Nationale Française [GLNF] et de son grand-maître Jean-Charles Foellner. Rumeurs, épiphénomène, pratique huilée de captation, pillage en association…? Le Congo-Brazzaville, du reste, se sort difficilement d’une guerre civile fratricide qui l’a laissé exsangue, et compte sur ses ressources pétrolières et sur les financements extérieurs pour retrouver une vitalité perdue…

Sur fond de querelle interne et de guerre de successions à la GLNF, un courrier anonyme envoyé à plusieurs maçons éminents, s’apparentant à une photocopie, et sur papier à en tête de la République du Congo-Brazzaville, fait état d’un ordre non motivé du ministre congolais des Affaires étrangères au trésorier payeur général, lui intimant de remettre 250 millions de francs CFA, soit 380 000 euros au grand-maître de la Grande Loge nationale française. L’information a été démentie par la GLNF qui a déposé une plainte au pénal.

Si rien ne permet en l’état d’établir les faits, les récentes sorties publiques des présidents gabonais et congolais, invités d’honneur aux grands événements de ces obédiences maçonniques dont ils sont devenus maîtres dans leurs extensions africaines, accrédite l’idée de relations incestueuses, opaques voire mafieuses entre franc-maçonnerie et pouvoir politique africain. Cette charge morale pèse d’autant plus sur les acteurs des relations françafricaines que les récentes affaires de corruption, de détournements de fonds publics, d’abus de biens sociaux ayant ébranlé la crédibilité du monde politique français ont souvent été considérées comme des affaires franc-maçonnes, ou au moins à fortes implications maçonniques : Elf, l’ARC, entraves à la justice en PACA et sur les dossiers sensibles…

Il n’en va pas différemment de l’analyse des infrastructures relationnelles qui permettent la déterritorialisation des capitaux africains, les captations de l’aide au développement, la corruption des élites des pays africains, l’implantation prédatrice des multinationales. Autant de réseaux tentaculaires appelés françafrique, ou autrement, où l’ombre de la Franc-Maçonnerie française plane indubitablement, aux yeux de commentateurs politiques de différents bords.

Sous la férule de réseaux, clubs, sectes, fraternités concurrents ou partenaires en prédation, tout se passe comme si l’immobilisme politique africain, couplé à une accentuation et une diversification des stratégies de pillage de toutes ressources africaines susceptibles d’exploitation à valeur ajoutée, constituaient le terrain d’entente contre le plus grand nombre, des maçonneries et des élites africaines en demande d’appuis extérieurs discrets, secrets.

Or l’exportation de capitaux africains par les élites africaines via ou au bénéfice de la Franc-Maçonnerie et autres structures occultes ne fait partie d’aucun agenda politique de quelques forces politiques que ce soit, oppositions comprises [?]. Dit autrement, les politiques africains qui n’envisagent le devenir de leurs pays et nations que par le prisme de la mendicité à l’aide et à l’investissement étranger, sont des myopes invétérés devant les sorties massives de capitaux locaux opérées par l’entremise de détournements, de prévarications, de maçonneries maffieuses, de saccages économiques !

D’un autre côté, on ne voit pas poindre à l’horizon une réflexion profonde et stratégique, au-delà de l’incantation, sur l’incrustation, l’interpénétration, la mue en nature consubstantielle du pouvoir africain et des structures occultes, fermées, extérieurs à l’Afrique et poursuivant leurs buts propres et logiques hégémoniques. Ceci souligne une dimension encore plus assombrissante et inquiétante sur la volonté des Africains à réellement prendre la mesure des enjeux de leur avenir.

Lire pour une perspective franco-française et axée sur les enjeux internes à la GLNF http://www.liberation.fr/page.php?Article=227294

Agni Blé

source: Afrikara.com



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