La charte de la
diversité...
Une personne d'origine étrangère sur deux est victime de
discrimination à l'embauche en Région bruxelloise. Le ministre de
l'Economie Cerexhe a présenté un plan pour lutter contre ce phénomène. Un
plan de plus?
Le ministre bruxellois de l'Emploi Benoît Cerexhe a présenté un "plan
stratégique d'action globale" en matière de lutte contre la discrimination
à l'embauche, le thème central d'un colloque organisé le même jour par
l'Office Régional Bruxellois de l'Emploi (ORBEM) dans les caves de
Cureghem. Dans la lignée des actions entreprises par son prédécesseur dans
le cadre du Pacte territorial pour l'emploi, le ministre Cerexhe a
présenté les six axes du plan stratégique qu'il entend mettre en oeuvre au
cours de la législature pour endiguer ce phénomène. A ses yeux, il s'agit
tout d'abord de doter la Région bruxelloise d'outils performants pour
étudier régulièrement la discrimination à l'embauche via la mise en place
d'outils statistiques permanents et d'études de suivi qualitatif des
dossiers.
Il importe aussi qu'en collaboration avec les Communauté française et
flamande, la Région soit partie prenante dans l'information et la
sensibilisation des élèves de l'enseignement secondaire sur le droit et
l'accès au travail ainsi que sur les différents acteurs de la vie
économique.
La promotion de la diversité passe aussi par le lancement de la "Charte de
la diversité" dans l'entreprise que le ministre a lancée officiellement
mercredi. En y adhérant, les signataires s'engageront à favoriser le
pluralisme et la diversité, et promouvoir la diversité aux travers des
recrutements et la gestion des carrières. Des incitants divers pourront y
être associés, dans le cadre du Contrat pour l'Economie et l'Emploi.
Benoît Cerexhe entend enfin promouvoir l'esprit d'entreprise en
particulier auprès des jeunes issus de l'immigration partant du principe
de la réussite n'est pas discriminante en soi. Il entend favoriser la
constitution d'un réseau de parrainage d'employeurs pour aider, conseiller
et guider jeunes et moins jeunes dans le développement de leur activité
professionnelle propre.
Ceci s'appelle en termes politiques "occuper le terrain". En clair, il
nous semble qu'on se moque encore une fois de l'exilé ici échangé contre
des calculs politiciens. Les actions fort louables du ministre rejoignent
effet le paquet d'actions déjà entreprises, notamment par l'Union
Européenne.
C'est sur base du traité de l'Union européenne en effet, qu'un
programme d'action a été instauré en vue de soutenir les efforts consentis
au niveau de l'Union et dans les Etats membres afin de promouvoir des
mesures de prévention et de lutte contre la discrimination fondée sur une
prétendue race ou l'origine ethnique, la religion ou les convictions, un
handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle. Le programme couvre les
domaines suivants: la non-discrimination dans ou par les services publics,
la non-discrimination dans ou par les médias, une participation égale à la
prise de décision politique, économique et sociale ainsi qu'un accès égal
aux biens et services à disposition du public, notamment le logement, les
transports, la culture, les loisirs et le sport. Pour toutes les activités
déployées dans le cadre du programme d'action, il faut également respecter
le principe de la non-discrimination fondée sur le sexe.
Ce programme, qui court de 2001 à 2006, prévoit différents types
d'action: recherche, collaboration transnationale et promotion de réseaux
au niveau européen entre les partenaires concernés par la prévention et la
lutte contre la discrimination, activités de sensibilisation.
Les organisations qui entrent en ligne de compte pour participer au
programme d'action sont les autorités et les organisations locales et
régionales, les instances de promotion de l'égalité de traitement, les
partenaires sociaux, les organisations non gouvernementales, les
universités et les instituts de recherche, les bureaux nationaux de
statistiques, les médias et les autorités nationales.
Nombre d'étrangers, selon leur précédente
nationalité, ayant obtenu la nationalité belge
|
Nationalité |
1993 |
1994 |
1995 |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
2000 |
2001 |
TOTAL |
|
Italie |
1.435 |
2.327 |
2.101 |
1.942 |
1.728 |
1.536 |
1.187 |
3.650 |
3.451 |
19.357 |
|
Autres U.E. |
1.372 |
1.885 |
1.847 |
1.671 |
1.655 |
1.464 |
1.182 |
2.645 |
3.154 |
16.875 |
|
Autres Europe |
786 |
998 |
847 |
825 |
1.487 |
1.863 |
1.516 |
3.262 |
3.675 |
15.259 |
|
Turquie |
3.311 |
6.273 |
6.572 |
6.613 |
6.890 |
6.184 |
4.046 |
16.185 |
13.689 |
69.763 |
|
Asie |
906 |
1.316 |
1.235 |
1.255 |
1.841 |
1.802 |
1.416 |
2.474 |
3.012 |
15.257 |
|
Maroc |
5.504 |
8.641 |
9.147 |
7.918 |
11.115 |
13.527 |
9.154 |
21.915 |
24.014 |
110.935 |
|
Autres Afrique du
Nord |
961 |
1.287 |
1.327 |
964 |
1.174 |
1.265 |
815 |
1.882 |
1.950 |
11.625 |
|
Autres Afrique |
842 |
985 |
910 |
937 |
1.447 |
2.137 |
2.483 |
4.109 |
4.319 |
18.169 |
|
Réfugiés |
928 |
1.669 |
1.807 |
2.133 |
4.067 |
3.924 |
2.181 |
4.726 |
4.447 |
25.882 |
|
Autres
|
489 |
602 |
561 |
569 |
680 |
819 |
671 |
1.132 |
1.271 |
6.794 |
|
TOTAL |
16.534 |
25.983 |
26.354 |
24.827 |
32.084 |
34.521 |
24.651 |
61.980 |
62.982 |
309.916 |
Source: Centre pour l'Egalité des Chances
Quelques observations importantes:
-
Aucune évaluation n'est faite des actions antérieures pour analyser les
raisons de leur échec. -
Les groupes participant aux différents programmes
n'intègrent ni les victimes, ni la diaspora. Ils sont souvent mis devant le fait
accompli. -
Pourquoi autant d'actions séparées autour du même sujet?
Nous allons bientôt voir naître un nouveau centre, un nouveau
département financé par l'Etat, un de plus, lequel, à l'image du centre
pour l'égalité des chances, sera présidé par un conseil d'administration
rempli de femmes et hommes politiques de la majorité, à l'exclusion des
populations victimes de la ségrégation et de l'exclusion. L'exclusion
devient un business quand il n'est pas un argument électoral. Et lorsqu'ils font appel à cette population immigrée,
ils ont recours aux personnes inscrites au Forem, des demandeurs en
attente d'une solution concrète à leur différents problèmes existentiels.
Et pourtant, il existe sur le marché un nombre important de cadres et
intellectuels issus de l'immigration, lesquels auraient pu permettre
d'élever le niveau du débat. Une simple consultation, un appel à
candidature; il serait peut-être temps de compter avec cette population,
cela devrait commencer au plus haut niveau de l'Etat. Mettons fin à la
langue de bois, pour une politique plus participative...
Pour sûr, on se moque de nous...
Gustav Ahadji
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