Négrologie ou Négrophopie?
Note de lecture.
"La moitié du continent africain est dévastée par des "guerres
d'écorcheurs", l'autre vivote entre crise et corruption, tribalisme et
anarchie. Émigration clandestine fuite des cerveaux. Dans de nombreux
pays, les fonctionnaires cumulent des mois voire des années d'arriérés de
salaires, les hôpitaux sont des mouroirs, les écoles ferment. L'État
s'effondre.
Le Sida frappe partout, emportent des élites, réduit l'espérance de …
Pourquoi l'Afrique meurt-elle.
Après vie avoir été martyrisée par la traite esclavagiste et soumise
par le colonialisme, handicapée dans la commerce international, en retard
sur tous les plans, se suicide…."
Négrologie, Pourquoi l'Afrique meurt, (Hachette - Septembre 2004)
fut la bonne surprise de la fin d'année 2004. Je ne dis pas bonne dans le sens où le livre formulerait des solutions
nettes, définitives et imparables à notre pléthore de problèmes. Bonne surprise dans ce sens où Stephen Smith explore, sans
complaisance, les sources de ces problèmes et propose une analyse fine
livrée néanmoins avec la sévérité d'un ami qui vous assène vos quatre
vérités…
Le livre évite subtilement le côté donneur de leçon des auteurs "outafricains"
habituels. Pessimiste, très pessimiste Stephen Smith, collaborateur de Libé puis
du Monde ne passe pas de pommade, mais rouvre une plaie trop souvent
anesthésiée par une couche épaisse de nationalismes destructeurs et autres
avaries du système de penser à l'africaine…
Autant, il s'est penché sur l'histoire autant il livre des faits
actuels sous l'angle d'un reportage fouillé. Le livre évoque la pauvreté générale en Afrique noire, les dons
occidentaux, les politiques, la corruption, …sous un angle nouveau.
Le constat est certes le même mais les voies et moyens pour présenter
cette réalité éclairent bien. Pour une fois, et ce n'est pas pour nous déplaire, Stephen Smith cite
les auteurs et "intervenants" noirs africains en leurs prises de position
parfois grinçantes mais d'une justesse implacable. D'Axelle Kabou (dont il faut signaler en passant, l'excellent "Et si
l'Afrique refusait le développement") à Ngoupandé, les petites phrases
assassines abondent. Stephen Smith porte l'essentiel de son fait sur l'Afrique noire. Il dénonce un certain repli identitaire ayant le noir comme point
central de nos manières de penser. Le livre est bien écrit, dans un langage clair.
Au-delà de la relation des faits il induit fortement une réflexion
personnelle lui donnant une dimension presque interactive. Les deux cent cinquante pages se lisent en une traite et Stephen Smith
réussit à ne pas ennuyer le lecteur.
Assurément, un livre à lire.
Tido K.
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La réponse: Négrophobie
Stephen Smith, objectif?
Boubacar Boris Diop
Odile Tobner
François-Xavier Verschave
Disent répondre aux "Négrologues", journalistes françafricains et autres
falsificateurs de l'information.
Dès lors qu’il s’agit d’un pays d’Afrique "noire", la République a pris
l’habitude de s’octroyer tous les droits. Et d’abord celui de mentir.
L’information est devenue une arme. De RFI au Monde, son traitement est
surveillé, filtré, parfois même organisé.
L’un de ces « ingénieurs de l’âme » s’appelle Stephen Smith, maître des
faux scoops qui arrangent Paris. Responsable de la rubrique Afrique au
Monde après avoir tenu celle de Libération, il est aussi l’auteur d’un
best-seller inquiétant, Négrologie, qui ressuscite les pires clichés
coloniaux.
Trois auteurs de référence ont mêlé leurs plumes pour décortiquer le
discours pervers de Négrologie, qui joue avec le feu du racisme pour
mieux masquer la face honteuse de la République. Ils mettent à nu,
preuves à l’appui, dix ans de désinformation, à Libération et au Monde.
Stephen Smith se positionne comme défenseur de la grande République, ce
qui fausse le jugement...
A lire ensuite...
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Réaction d'une internaute:
J'ai lu les deux, une seule phrase au hasard, et que je
cite de mémoire : "les africains sont ataviquement violents", pensez
vous vraiment que Stephen Smith connaît l'Afrique, il a été d'abord
correspondant de guerre, la guerre est partout la même et la violence
est son expression. La violence est elle atavique chez les Serbes, les
Palestiniens? La violence a-t-elle disparu de nos atavismes depuis la
libération?
Les africains sont incapables de s'adapter au monde moderne, etc.. j'en
passe.
J'avais aimé "ces messieurs d'Afrique" j'ai donc voulu lire ce
bouquin, dès les premières lignes j'ai su que ce n'était plus le même
homme, à se demander s'il n'est pas payé pour faire la promotion de la françafrique! Je suis ravie que Survie ait publié Negrophobie, et j'en
fais la promotion! On peut être correspondant de guerre sans se
déshumaniser, je pense à Patrick de St-Exupéry, et de son livre
'L'inavouable"!
Brigitte
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