Culture de la paix en
Afrique centrale
Les valeurs des civilations Batus comme véritables intrants
C’est l’un des constats qui ressort de la lecture du tome 2 des actes
de la Conférence internationale sur le dialogue interculturel et la
culture de la paix en Afrique centrale et dans les Grands Lacs, réunion
qu’avait organisée à Libreville, en novembre 2003, l’UNESCO avec le
concours de, entres institutions, celui de l’Organisation Internationale
de la Francophonie, du Centre International des Civilisations Bantu et
de l’Agence Universitaire de la Francophonie.
Ce volume , qui vient d’être publié dans la capitale gabonaise, restitue
l’ensemble des travaux de l’Atelier consacré au rôle des chefs
traditionnels et spirituels dans les mécanismes de prévention et de
résolution des conflits.
Et, l’une des communications parmi les plus décisives reproduites est
celle de Simao Souindoula, historien en poste au CICIBA, qui y a mis en
relief, dans une remarquable démarche comparative de données
linguistiques et anthropologiques, les atouts des traditions de la
sous-région.
La quinzaine de contributions contenues dans cet ouvrage de 222 pages,
dont la coordination éditoriale a été assurée Makhily Gassama, ancien
Représentant de l’UNESCO pour la sous-région et Katérina Stenou,
Directrice des Politiques Culturelles de cet organisme des Nations
Unies, a été regroupée en trois pôles d’analyse impliquant ces autorités
et conducteurs de conscience.
Dans le premier bloc, les approches du thème du work-shop , indiquent,
pour l’essentiel, les formes de partenariat politique, administratif et
judiciaire entre le pouvoir traditionnel et l’ordre moderne face aux
défis de l’Etat de droit et du pluralisme ethnique.
Quant au deuxième, l’on y a regroupé des exposés relatifs au potentiel
traditionnel présent dans la grande, mais explosive, région des Grands
Lacs, susceptible de limiter les violences de masse. Les institutions,
par excellence, de cette base anthropologique, commune aux Hutu et
Tutsi, sont les fameuses, mais marginalisées, bashinganatahe et gashasha.
Et, enfin, dans le troisième, l’on y a sélectionné quelques études de
cas, parmi lesquels, les presque vains efforts de chefs coutumiers et
religieux dans le règlement des graves crises répétitives qu’a connu, de
1996 à 2003, la République Centrafricaine.
L’on notera, parmi les auteurs des exposés de l’Atelier de l’hôtel
Inter, les Princes René Douala Manga Bell du Cameroun et Ali Mahamat
Mahamoudi du Tchad, le Chef Amirou Garba Sidikou du Niger, l’Abbé Albert
Tungumale Baba de la République Centrafricaine, Mwayila Tshiyembé du
Congo- Kinshasa, André-Parfait Bokiba du Congo-Brazzaville, Zénon
Manirakiza du Burundi et Elie Mpayimana du Rwanda.
Repositionnement
Dans sa communication « Autorités Traditionnelles, corpus oral et
mécanismes bantu de prévention et de résolution des conflits », Simao
Souindoula a confirmé, après identification des racines proto-bantu et
croisement lexical, que le rôle des chefs traditionnels et spirituels
dans ce domaine, est attesté depuis près de 4000 ans.
L’examen sémantique a été fait, à titre illustratif, entre le kikongo,
parlé en Angola, dans les deux Congo et au Gabon et le kiswahili,
largement répandu au Burundi, aux Comores, au Congo-Kinshasa, au Kenya,
en Ouganda, au Rwanda et en Tanzanie.
Pour l’historien d’Awendjé, les autorités traditionnelles mettent en
relief, à travers proverbes, chants et dictons, les vertus de l’entente,
de la compréhension, de la mesure, du compromis, du changement pacifique
et de l’entraide.
Cette approche réunissant des éléments linguistiques et
anthropologiques, a mis en évidence l’influence sociale des chefs
coutumiers dans la sous-région. Et, c’est pour cela que leur
repositionnement dans les diverses structures politiques et
administratives des différents Etats peut constituer un garde-fou
supplémentaire dans la préservation de la paix, préalable à l’amorce de
véritables efforts de développement, de progrès, cette fois,
irréversibles.
Proposé par Mr. Souindoula Simao |
 |

|