USA: Monsieur Afrique
Obama dessine les contours de sa politique africaine
Pour s’occuper des Affaires africaines, le président Obama a choisi
le 20 mars dernier un expert en la personne de Johnnie Carson,
ancien ambassadeur de EU au Kenya. Afrology espère voir ce dernier
relever le niveau assez médiocre de la collaboration du gouvernement
Bush avec le continent africain.
Barack Obama a désigné l'ambassadeur Johnnie Carson, secrétaire
d'État adjoint auprès d’Hillary Clinton, aux Affaires africaines. C’est
un spécialiste du continent noir. Afro-américain, il a toujours eu,
dit-on au département d’État, "une passion" pour l’Afrique en
commençant par être volontaire du Corps de la paix en Tanzanie, puis
dans les années 1960 comme volontaire au Zimbabwe du Peace Corps, une
organisation humanitaire américaine, avant de rejoindre le département
d’État il y a 37 ans. Il a été successivement chargé de mission au
Botswana, au Mozambique et au Nigeria, puis ambassadeur au Kenya,
Zimbabwe et Ouganda.
C’est donc un bureaucrate dans le sens américain du terme. Il devra
donc mener la politique africaine d’Obama dont, malheureusement, l’on
sait jusqu’à présent peu de chose à l'exception de quelques platitudes
exposées le mois dernier par Phil Carter, lequel assurait l’intérim de
sous-secrétaire aux affaires africaines. Il s’était en effet contenté de
souligner la volonté de Washington de travailler "en partenariat"
avec les Africains. "Avant les États-Unis travaillaient pour
l’Afrique, nous voulons maintenant travailler avec !". On sait
toutefois, d’après des recoupements des rares références sur l’Afrique
par le premier président noir américain, que Washington a toujours
quatre priorités pour le contient.
1. La sacro-sainte question de la sécurité: le gouvernement Obama
planche sur l'idée de en fournir aux pays africains la formation,
l’équipement militaire et la logistique nécessaires à "leur
stabilité". Récemment s’est tenu une rencontre militaire entre le
Pentagone et une vingtaine de pays africains.
2. Deuxième direction de la politique d’Obama: la promotion de la
démocratie. Une question épineuse avec la politique des deux poids, deux
mesures qui s’est encore concrétisée avec l’arrêt de la CPI (Cour
internationale de justice) contre le président du Soudan accusé avec
justesse de crimes contre l’humanité alors que pour les autres, c’est le
silence hypocrite.
3. L’aide économique est le troisième volet et Obama a promis qu’elle
ne diminuera pas en dépit de la crise. Elle devrait être doublée d’ici
2012, passant de 5 à 10 milliards de dollars. Wait and see.
4. La continuation du programme de lutte contre le sida qui est
considéré comme l’un des succès de George Bush est le quatrième et
dernier point. Le tout nouveau monsieur Afrique a déjà travaillé sur ce
programme.
Les médias du sud Sahara se sont réjoui de la nomination car "il
s'agit d'une personne qui connaît bien l'Afrique et qui s'est toujours
occupée de l'Afrique". À voir. Il reste que dans le sillage d’Obama,
un Afro-Américain, de plus en plus d’Africains-Américains renouent avec
la terre de leurs ancêtres. Les plus riches créent des fondations pour
venir en aide aux pays de leurs ancêtres. Cette tendance devrait se
confirmer sous la présidence de Barack Obama dont le retour très
médiatisé dans son village ancestral au Kenya, en 2006, a été diffusé
dans le monde entier. Le mouvement a généré du business.
Les Noirs américains font de plus en plus appel à la science pour
retrouver leurs origines : une floraison de laboratoires spécialisés tel
l’African Ancestry Inc, effectue des tests ADN pour confirmer
l’africanité, avec constitution de bases de données. Plus de 15.000
Afro-Américains y ont déjà recouru, à commencer par des célébrités du
showbiz.
La rédaction
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