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Les économies d’Afrique centrale ont besoin de renforcements de capacités


LIBREVILLE, 26 octobre (Infosplusgabon) - La mise en œuvre de l’Accord de partenariat économique (APE), ne peut avoir des effets positifs que si des mesures d’ajustement appropriées sont prises. Plusieurs études ont démontré que L’APE entraînera non seulement des pertes fiscales significatives mais il aggravera le manque de compétitivité des industries locales encore embryonnaires.

A cet effet, l’Afrique centrale accorde une attention particulière au financement du renforcement des capacités et mise à niveau qui doit figurer en première place dans l’Accord.

Alors que l’Afrique centrale voudrait obtenir de la partie européenne des garanties sur la proportionnalité entre les besoins en matière de renforcement de capacités et mise à niveau et les fonds qui seront alloués pour supporter les effets induits par l’APE, la partie européenne se limite à rappeler l’existence des instruments de l’Accord de Cotonou qui pourrait financer le Fonds régional APE en cours de création.

L’UE indique que sa contribution à ce FORAPE se fera à hauteur de 70% du programme indicatif régional, au titre du 10e FED (d’environ 150 millions d’euros).

Or, l’évaluation des besoins en matière de renforcement des capacités et coût d’ajustement restent à effectuer et pourraient par la suite s’avérer plus importants que les montants du PIR annoncés.

Ce qui implique que certains effets négatifs de l’Accord de partenariat économique seront supportés indûment par la région qui par ailleurs, aura perdu aussi bien ses droits de douanes que la compétitivité de ses entreprises et, partant sera confronté à l’accroissement du chômage et à l’insécurité.

Il ressort de l’évaluation des négociations de l’Accord de partenariat économique que la Commission européenne n’a pas toujours tenu ses engagements.

Aussi, à l’instar des autres pays ACP, l’Afrique centrale est déjà échaudée par la non application des dispositions de l’article 37.3 de l’Accord de Cotonou qui stipule que « durant la période préparatoire sera également mise à profit pour développer les capacités des secteurs public et privé des pays ACP, notamment en prenant des mesures visant à améliorer la compétitivité, pour renforcer les organisations régionales et pour soutenir les initiatives d’intégration commerciale régionale, avec, le cas échéant, une assistance à l’ajustement budgétaire et à la reforme fiscale, ainsi qu’à la modernisation et au développement des infrastructures et à la promotion des investissements ».

Ces programmes devaient se dérouler durant la période allant de 2000 à 2007 afin de préparer les économies d’Afrique centrale à la libéralisation.

Rien de tout cela n’a été réalisé. Fort de ce qui précède, l’Afrique centrale se doit d’obtenir des garanties suffisantes de la partie européenne pour s’assurer du respect de ces nouveaux engagements financiers et pour se prémunir contre une récidive.

En conséquence, pour la partie Afrique centrale, les seuls fonds annoncés par la partie européenne qui semblent prévisibles restent le PIR (10e FED) que l’Afrique centrale estime insuffisant comme démontré ci-avant.

Par ailleurs, les contributions éventuelles des Etats membre de l’Union européenne de première part, des autres bailleurs de fonds de deuxième part et le partenariat UE-Afrique pour les infrastructures de troisième part, annoncées par la partie européenne s’avèrent franchement hypothétiques. Aussi, l’Afrique centrale ne saurait-elle convenir d’un accord basé sur des éventualités.

26 octobre 2007
Source: InfoplusGabon


COMMUNIQUE DE PRESSE


Depuis le 15 octobre 2007, se déroulent à Bruxelles les négociations sur l’Accord de Partenariat Economique entre la Commission Européenne et l’Afrique Centrale. A la veille de la rencontre entre les Ministres de l’Afrique Centrale et les Commissaires Européens en charge des négociations, de nombreux points de divergence demeurent à la suite des travaux des équipes techniques respectivement de la UE et de l’Afrique Centrale, en ce qui concerne l’accès au marche, le commerce des services, et la dimension développement de l’Accord. Les parties ont toutefois réussi a s’accorder sur la fin de la période de démantèlement tarifaire qu’ils conviennent de fixer à 2033.

La PANEAC (Plateforme des Acteurs Non Etatiques de l’Afrique Centrale) qui participe pour la première fois au processus de négociation exprime sa vive inquiétude par rapport aux pressions multiformes exercées par la partie européenne pour aboutir à un accord capable de lui garantir un « régime commercial fiable et préférentiel » à l’échéance du 31 décembre 2007.

Du fait de divergences trop profondes entre les positions de l’UE et celles soutenues par l’Afrique Centrale, la PANEAC met en garde les deux parties contre les conséquences d’une signature hâtive qui déstabiliseraient les économies peu structurées, la fragile intégration régionale et la paix sociale de la région « Afrique centrale ».

Pour Yvette NGWEVILO REKANGALT et Jacob KOTCHO, négociateurs pour le compte de la société civile, une position de sagesse serait que les parties se mettent d’accord pour poursuivre les négociations au-delà de 31 décembre 2007 et qu’ensemble, ils introduisent une requête a l’OMC pour exprimer leur ferme volonté de parvenir à un accord de partenariat gagnant - gagnant.
 

Plate Forme des Acteurs Non Etatiques d'Afrique Centrale


Contact à Bruxelles :
Y. NGWEVILO REKANGALT Mobile : +32 495 11 06 20
Jacob KOTCHO Mobile : +32 476 84 31 59



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