Tribunal pénal international
Une manne pour les hommes de loi...LA HAYE -
16 novembre 2009 - Pour la première fois dans l'histoire, les avocats
de la défense devant les juridictions pénales internationales ont
organisé une conférence pour discuter, et faire connaître les obstacles
qui empêchent les personnes accusées d’avoir des procès équitables, en
particulier au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Cet
événement était co-sponsorisé par 20 écoles de droit, des avocats et des
groupes des droits humains en provenance d'Europe, d'Afrique et
d'Amérique du Nord.
Le conférencier principal, l'ancien procureur général
des Etats-Unis Ramsey Clark, en s’interrogeant sur la légalité des
tribunaux pénaux des Nations Unies (que la Charte des Nations unies
n’autorise pas) a déclaré que "l'équité devant le TPIR est une
fiction qui ne peut qu'engendrer les dommages les plus dévastateurs ...
Le TPIR a seulement poursuivi le côté qui a perdu la guerre au Rwanda,
tandis que les vainqueurs bénéficient d’une totale impunité ...".
Plus de 120 avocats internationaux de défense pénale,
des universitaires, des historiens, des philosophes, des militants des
droits humains, et des experts dans la culture rwandaise ont présentés
quelques 40 articles et répondus aux questions du public sur les
questions de procès équitable, à la lumière des déclarations de l'ancien
procureur en chef du TPIR, Carla Del Ponte qui a récemment documenté la
manipulation des poursuites du TPIR par les États-Unis et le Royaume Uni
pour favoriser l'impunité de leur allié, le gouvernement actuel du
Rwanda.
"Les tribunaux ad hoc ne devraient pas être créés
par le Conseil de sécurité de l'ONU .... qui est en soi un organe
politique", a observé le philosophe politique autrichien Hans
Koechler. Le professeur John Laughland du Centre d'Histoire de l'Europe
centrale à la Sorbonne, a également relevé des exemples d'ingérence
politique dans les tribunaux des Nations unies pour le Rwanda et la
Yougoslavie. Des chercheurs renommés sur la question du Rwanda tels que
le Dr Helmut Strizek d'Allemagne, le professeur Filip Reytnjens de
Belgique, le Dr Bernard Lugan de France ainsi que certains des avocats
de la défense au TPIR ont également fourni des détails éloquents sur la
réalité sournoise qui se cache derrière les violences qui ont ravagés le
Rwanda en 1994.
80 partisans de l'ancien gouvernement rwandais ont
été poursuivis, et aucune poursuite n'a été menée contre les vainqueurs
de la guerre civile (qui a duré quatre ans) et du génocide, et ce malgré
que la Procureur du TPIR Carla Del Ponte, aie publiquement annoncé en
2003 qu'elle disposait de preuves suffisantes pour poursuivre les
membres du gouvernement actuel du Rwanda. La France et l'Espagne ont
inculpé plus de 40 membres de l'actuel gouvernement rwandais pour crimes
de guerre et de génocide, dont l'actuel président Paul Kagame.
Maintenant que le tribunal pour le Rwanda va bientôt
cesser d'exister, les orateurs ont noté que l'ONU a une obligation
permanente d’œuvrer à la protection des droits des détenus, de s’assurer
de leurs conditions de détention, et de mettre en place les procédures
utiles pour la révision des condamnations. Finalement, la protection par
les Nations unies des archives du TPIR dans un site neutre, comme
d'autres tribunaux internationaux sera nécessaire pour garantir l’accès
et l’intégrité de ces archives historique.
Me. Beth Lyons: 00316- 84403304 (Hague)/ 201-295-3103 (U.S.)
Prof. Peter Erlinder: 31(0)70 345 92 00 (Hague)/ 651-271-4616 (U.S.)
Traduit de l’anglais par Arthur Ngenzi/SaveRwanda
La question qui reste posée est celle de l'utilité
réelle du modèle TPxx. Existe-t-il une justice universelle?
Si nous pensons qu'elle n'a pas résolu le problème du
Rwanda avec l'instauration d'une réconciliation véritable, elle aura au
moins permis d'engraisser un certain nombre de participants. Les
salaires indécents calqués sur le modèle onusien de plus de 1000
employés du TPIR constituent à eux seuls un budget démesuré. La prise en
charge des témoins à charge et à décharge qui viennent de divers coins
du monde aux frais du tribunal contribue également à l'exagération du
système, allant parfois jusqu'à créer des "témoins professionnels"
et assimilables à des salariés.
La victoire du TPIR est certainement celle du lobby
des juristes et avocats, le seul qui sort enrichi de l'expérience (dans
tous les sens du terme).
La Rédaction
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