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Le Togo
a encore raté le virage!
Il est difficile de croire, toute partialité mise
à part, à la lecture de la liste impressionnante des indices de fraude
et en l'absence des documents réclamés pour le recomptage, aux résultats
provisoires fournis par la CENI au Togo. Le plus troublant dans
l'aventure électorale en Afrique demeure l'incompétence notoire de ses
dirigeants; ici Mr O. Obassandjo, ancien président du Nigéria, chef de
la mission de l'Union africaine, par son silence, a raté une occasion de
refaire son image. La nouvelle présidence de l'UA brille par son absence
lorsque son prédécesseur (Mr Kadhafi), fidèle à sa politique-shamal
décerne des points et félicite avant les résultats définitifs. Le
courrier de Blaise Compaoré du Burkina Faso reste quant à lui un non
lieu, une totale aberration pour quelqu'un qui se prétend facilitateur
(a priori neutre) dans le débat politique togolais. Ses compatriotes ont
par contre un peu plus de clairvoyance et tentent d'analyser avec une
plus grande objectivité la crise en cours dans le sud de leur pays...
ndlr
On a cru que la présidentielle du 4 mars 2010 allait permettre au Togo
d’exorciser les démons qui divisent les politiques de ce pays. Hélas!
Malgré les longues palabres qui ont conduit à l’Accord politique global
(APG) de Ouagadougou, et l’armada des observateurs de la Communauté
économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Union
européenne et des forces de sécurité qui ont servi de garde-fous au
scrutin, les résultats proclamés dans la nuit du 6 mars n’ont pas réussi
à mettre tous les protagonistes d’accord.
Pour avoir été crédité d’un score provisoire de plus de 60%, le camp
présidentiel jubile, tandis que c’est l’amertume au niveau des
opposants, notamment du parti de Jean-Pierre Fabre, qui est estime que
"sa victoire (lui) a été volée". Voilà que les affrontements et
autres échauffourées tant conjurés sont de retour. Les bombes
lacrymogènes ont repris leur droit, dans le quartier mythique de Bè, où
se trouve le siège de l’Union des forces du changement (UFC), principal
parti d’opposition. Ce n’est pas seulement Jean-Pierre Fabre et ses
partisans qui contestent les résultats du scrutin. Les autres candidats,
tels que Yaowi Agboyibor et Messan Agbéyomè Kodjo ont aussi des griefs
contre la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).
Les marches de protestations annoncées par l’opposition sont la preuve
d’un malaise électoral. Incontestablement, le Togo vient, une fois
encore, de rater le virage d’une élection présidentielle apaisée dont
les résultats ne souffrent d’aucune controverse. On n’a visiblement pas
trouvé le remède au mal dont souffre ce pays depuis le vent de la
démocratie des années 1990. Curieusement, il se trouve être le seul où,
depuis lors, les consultations électorales sont toujours sujettes à
caution. C’est aussi le seul pays de l’Afrique de l’Ouest où le même
régime est au pouvoir depuis 1963. Ceci n’expliquerait-il pas cela?
Lundi, 08 Mars 2010 18:52 Bark Biiga .
http://www.fasozine.com
Togo :
le pouvoir interdit la manifestation de l'opposition
Bodjona, le vrai président du Togo?
La manifestation prévue mardi 9 mars par l'opposition togolaise pour
protester contre la victoire officielle de Faure Gnassingbé à la
présidentielle du 4 mars ne sera pas autorisée, a annoncé lundi le
porte-parole du gouvernement togolais, Pascal Bodjoma.
Les manifestations sur la voie publique ne peuvent être organisées les
jours ouvrables parce qu'elles perturbent l'activité", a-t-il déclaré.
"Nous reconnaissons que conformément à l'article 30 de notre
Constitution, l'État doit reconnaître le droit de manifester de façon
pacifique. Mais l'article 13 nous fait obligation d'assurer la
protection et la sécurité de toutes les personnes", a-t-il encore
argumenté.
L'opposition togolaise, emmenée par le candidat malheureux à la
présidentielle Jean-Pierre Fabre, avait appelé dimanche à une marche
suivie d'un meeting à Lomé "pour protester contre les résultats
frauduleux" de l'élection. Selon les chiffres officiels publiés
samedi, Faure Gnassingbé a obtenu 60,92 % des voix, contre 33,94 % à M.
Fabre.
La France a refusé, lundi, de se prononcer sur la victoire du chef de
l'État sortant tant qu'elle n'aurait pas pris connaissance des rapports
définitifs des différentes missions d'observation électorale présentes
sur place. Dans leur rapport préliminaire, les observateurs de l'Union
européenne, qui a financé le scrutin, dénoncent "des mesures
insuffisantes de transparence".
Notes: Il faut ici remarquer que Mr Bodjona refuse
de perturber "en semaine" l'activité du pays après avoir bloqué pendant
2 jours le Togo pour des élections organisées en pleine semaine...
LEMONDE.FR avec AFP | 08.03.10 | 18h07
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