OMC: Impasse sur le cycle de Doha
DAVOS, Suisse
Réunis en marge du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, les
ministres de 22 pays membres de l'OMC (Organisation mondiale du
commerce) se sont dits optimistes samedi sur la possibilité de conclure
d'ici la fin de l'année le cycle de Doha, une série de négociations
devant aboutir à la levée de barrières douanières.
Lors de cette rencontre informelle, ils ont réaffirmé le calendrier fixé
le mois dernier à Hong Kong. Mais il faut rappeler que l'OMC comporte
149 membres au 11 décembre 2005. La rencontre de Doha, présentée à grand
renfort de presse comme un grand succès serait-elle un show introductif
à des négociations en comité restreint?
Le conseiller fédéral suisse Joseph Deiss pense que les échéances
peuvent être respectées, selon son porte-parole Christophe Hans.
"Nous pouvons le faire et nous voulons le faire", a déclaré M. Deiss.
Les ministres des 22 pays membres de l'OMC participant à la réunion sont
convenus de coopérer pour baisser les taxes douanières, au lieu de
présenter des offres unilatérales sans avoir consulté les autres.
"Les questions à l'ordre du jour doivent avancer ensemble", a
déclaré le vice-Premier ministre australien Mark Vaile. "Nous devons
le faire simultanément, ensemble", a ajouté le représentant
américain au Commerce, Rob Portman. Ensemble à 22 ou 149?Les
négociations pour parvenir à un nouveau traité, qui ont commencé en 2001
à Doha (Qatar), bloquent sur divers points, notamment l'agriculture.
Plusieurs pays, dont le Brésil, reprochent à l'Union européenne de ne
pas baisser assez ses taxes à l'importation de produits agricoles. Les
pays en développement accusent également les États-unis et le Japon de
protectionnisme en la matière.
Si peu de progrès concrets ont été accomplis cette semaine,
l'optimisme était cependant de mise.
"Bien sûr qu'il va y avoir un accord", a déclaré le ministre indien du
Commerce Kamal Nath. "C'est ce que tout le monde veut. Il reste
encore des cartes à poser". Six ministres de membres de l'OMC
(Australie, Brésil, Union européenne, Inde, Japon, États-unis) doivent
se réunir le 10 mars à Genève. "L'atmosphère est meilleure", a
assuré le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson. Faut-il
comprendre meilleure sans les 127 autres membres?
Nous évoluons doucement vers une politique commerciale à deux
vitesses; une solution idéale serait la coopération forte entre les 127
États oubliés pour une réunion de travail... à Bamako (Mali). En
négociant séparément pour des intérêts individuels, ces pays sans aucune
capacité de nuisance sont certains d'être les dindons de la farce.
GA, avec AP le 28.01.06 |
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