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L'Afrique aura des
difficultés à réaliser les ODM
Nairobi, Kenya, 20/08 - Beaucoup de pays africains n`atteindront pas
les Objectifs de développement pour le millénaire (ODM) durant la
prochaine décennie, du fait des mauvaises stratégies et approches
utilisées par les États africains, a constaté jeudi à Nairobi un haut
responsable kenyan.
La mauvaise gouvernance est également un facteur important dans cet
échec, d'après le vice-président kenyan Moody Awori.
M. Awori a demandé aux partenaires de mettre leurs ressources en commun
afin que les ODM ne deviennent pas "un autre projet ambitieux destiné à
éradiquer la pauvreté qui tombe à l'eau", un projet de plus.
Il a ajouté que: "l'Afrique est un continent riche, doté de larges
capacités pour prospérer et dépasser les tigres asiatiques, mais aussi
réaliser les objectifs de développement convenus".
Toutefois, pour atteindre ces objectifs, y compris ceux contenus dans la
déclaration du millénaire, il faut impérativement un nouveau partenariat
entre les pays développés et ceux en développement, selon lui.
"Nous devons nous engager dans des politiques saines, à respecter la
bonne gouvernance à
tous les niveaux et l'État de droit", a dit M. Awori lors d'une réunion
régionale à Nairobi consacrée aux réformes de l'ONU.
La réunion de deux jours, organisée par Action Aid International, a
réuni des responsables des organisations civiques, intergouvernementales
et gouvernementales d`Afrique australe et orientale pour discuter des
implications des réformes de l`ONU pour les pays africains.
La réunion devrait présenter des propositions spécifiques que les
dirigeants africains transmettraient au sommet du millénaire de l'ONU
prévu en septembre à New York.
M. Awori a en outre dit que les réformes de l'ONU offraient une tribune
de choix à l'Afrique afin qu'elle exprime et fasse connaître ses points
de vue et perspectives par rapport aux décisions internationales qui
affectent le continent.
Le vice-président kenyan s'est, en outre, fait l'écho de ses pairs en
disant qu'on doit accorder à l'Afrique deux sièges permanents avec droit
de véto dans le cadre d'un Conseil de sécurité élargi.
Il a enfin dit que les gouvernements africains ont besoin d'une
Organisation des Nations unies ancrée dans une démarche plus préventive,
qui puisse faire face aux réalités du monde actuel et assurer un partage
équitable du pouvoir au sein de l'organisation internationale.
Commentaires d'Afrology
Afrology
s'interroge ici sur la contradiction dans les propos de Mr Awori:
Faut-il laisser le ver entrer dans le fruit sain? Nous pensons que la
saine gouvernance devrait être une condition sine qua non à
l'acceptation de ces États brouillons au sein du conseil permanent. Le
conseil de l'ONU fonctionne aujourd'hui beaucoup mieux que celui de l'UA.
Après les dernières altercations au sommet de cette dernière, n'est-il
pas préférable de les laisser face à leurs dissensions, sous domination
permanente de l'ONU? Dans les conditions actuelles des sociétés
africaines, une place au sein du conseil correspondrait à l'introduction
de marionnettes téléguidées au gré de leur ventre. Toute passion
écartée, nous pensons que l'Afrique n'est pas encore prête; elle a du
travail à faire pour asseoir la crédibilité de l'UA et inverser les
rapports de force. A moins que les États-unis et la France ne cherchent
par ce biais à renforcer leur domination en acceptant des pantins,
assurance pour les premiers d'une voix supplémentaire lors de votes décisifs...
Sur la question précise du partenariat, beaucoup de termes sont
encore flous; il s'agit essentiellement de préciser l'intérêt des
partenaires occidentaux dans une telle mission. Nous ne sommes pas dans
une logique de partenariat; il s'agit d'une compétition dans laquelle
l'Afrique ne représente RIEN. Demander à un État
capitaliste de collaborer bénévolement au développement des pays
africains relève de l'utopie. Il faut donc une monnaie d'échange et un
discours unique face à la machine de la corruption mise en place et
alimentée par l'occident. Mais si les États africains ne sont pas encore
capables de parler d'une seule voix, si les dirigeants, égoïstes, ne
pensent qu'à leurs comptes en banque, la communauté d'intérêts est
encore loin. L'Union africaine est-elle l'expression d'une véritable
unité du continent, sans la présence de pays phares comme le Maroc?
Source: AngolaPress |
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