Dissolution du parlement
Le président du Niger, Mamadou Tandja, a dissout mardi par décret le
Parlement, au lendemain d'un avis défavorable de la Cour
constitutionnelle sur l'organisation d'un référendum visant à lui
permettre de se maintenir au pouvoir, a affirmé la radio nationale du
Niger.
"Par un décret du président de la République, l'Assemblée
nationale est dissoute ce matin (mardi)", a indiqué la radio, en
précisant attendre incessamment des précisions de la part du
gouvernement.
Cette dissolution intervient alors que les 113 élus examinent mardi une
lettre que leur a adressée M. Tandja pour les informer de sa décision
d'organiser un référendum sur une nouvelle constitution qui lui
permettrait de rester au pouvoir au delà de son dernier quinquennat, fin
2009.
Lundi, la Cour constitutionnelle, plus haute juridiction du pays, avait
émis un avis défavorable à la tenue de ce référendum, estimant que
l'article 49 de la constitution, sur laquelle M. Tandja veut s'appuyer,
"ne (pouvait) servir de fondement à un changement de la constitution".
Cet article 49 autorise le président à convoquer un référendum sur
plusieurs textes.
"Le président de la République, ayant juré de respecter et de faire
respecter la constitution, ne saurait engager ou poursuivre le
changement de cette constitution sans violer son serment", avait
estimé la cour.
L'assemblée nationale a été élue en 2004 pour 5 ans.
Élu en 1999 puis en 2004, M. Tandja, 70 ans, a plusieurs fois promis de
se retirer le 22 décembre 2009. Mais le 8 mai, le porte-parole du
gouvernement Mohamed Ben Omar a annoncé que M. Tandja convoquerait un
référendum en vue de remplacer l'actuelle constitution.
Pour plusieurs ONG, une prolongation serait une violation de son serment
sur le Coran, passible de la Haute Cour nationale de justice.
Le Conseil des sages de la Communauté économique des États de l'Afrique
de l'Ouest (Cedeao) avait pour sa part prévenu que le Niger encourait
des sanctions allant de la suspension au blocus économique, s'il
organisait ce référendum.
Le conseil avait en particulier évoqué un engagement interdisant aux
États membres de la Cedeao de modifier leur constitution dans les six
mois précédant une élection sans consensus des acteurs politiques du
pays.
Publié le 26 mai 2009.
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autocratiques
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