Migration et développement en Afrique
Modélisation d’une approche d’insertion dans les politiques
Plusieurs experts africains et d’institutions régionales et
internationales viennent de travailler à Dakar à la mise en place d’une
approche standardisée pour la prise en compte systématique et efficace
de la migration dans le processus de développement socio-économique.
"Aucune stratégie de développement ne devrait aller de l’avant
aujourd’hui sans réfléchir à la façon dont les tendances migratoires
vont affecter et être affectées par elle" a déclaré la directrice
général adjoint de l’Organisation internationale pour les migrations (Oim),
Mme Ndioro Ndiaye. Elle soulignait ainsi les liens entre la migration et
le développement socio-économique notamment en Afrique, objet d’une
rencontre du 17 au 19 mars à Dakar des représentants d’une quinzaine de
pays du continent et experts d’institutions régionales et
internationales.
Le rôle de la migration surtout dans la lutte contre la pauvreté a été
conforté par le rapport conjoint de la Banque africaine de développement
(Bad) et du Ministère français de l’Économie et des Finances, publié le
28 janvier dernier, intitulée "Les transferts des fonds des migrants, un
enjeu de développement". Le document procède d’une enquête auprès de
2000 ménages dans les pays comme le Maroc, Sénégal, le Mali et les
Comores, laquelle montre l’importance sociale, économique et financière
des transferts de migrants. En 2005, 449 millions d’euros ont été
transférés vers le Sénégal représentant 19 % du PIB et 218 % de l’Aide
public au développement (Apd). Ces arguments devraient convaincre les
gouvernants des pays africains à intégrer la migration dans les
politiques de développement. Mais ce n’est pas toujours le cas, sinon
suivant des approches peu efficaces. "Les documents stratégiques de
réduction de la pauvreté qui fournissent la structure pour le progrès
vers les Objectifs du Millénaire pour le développement (Omd) ne tiennent
pas systématiquement compte de l’impact de phénomène migratoire", a
fait remarquer Mme Ndiaye. De fait, a-t-elle ajouté, les gouvernants ne
disposent pas d’éléments fiables et exhaustifs d’appréciation des causes
et effets de la migration ainsi que ses implications sectorielles et
globales pour le développement.
Aussi, la rencontre co-organisée par l’Oim, l’Ong Trust Africa et
l’Institut africain de développement économique et de planification des
Nations Unies (Idep) a-t-elle eu pour objectif de permettre l’insertion
de la migration dans les politiques de développement sur la base d’une
approche standardisée au niveau du continent.
La modélisation prend en compte ce que Mme Ndioro Ndiaye appelle le
"renforcement de la cohérence institutionnelle". Elle consiste
a-t-elle expliqué à créer des "liens et stratégies interministériels
forts" épousant la transversalité de la migration et de ses effets.
Pour le ministre de la Culture, du Patrimoine historique classé, des
Langues nationales et de la Francophonie, la rencontre permet aussi
d’étudier les stratégies et mécanismes pour renforcer l’intégration
régionale et la coopération Sud-Sud en matière de migration. Mame Birame
Diouf qui présidé l’ouverture de l’atelier au nom de sa collègue Aminata
Lô Dieng, en charge des Sénégalais de l’extérieur et du Tourisme, a
rappelé que le gouvernement du Sénégal a, sous l’inspiration du
président Abdoulaye Wade, "très tôt compris l’importance des
phénomènes migratoires dans le processus de développement économique et
sociale". Cela s’est traduit par l’adoption d’une lettre de
politique sectorielle du Ministère des Sénégalais de l’extérieur, fixant
les règles de leur gestion et de leur promotion.
Mame Birame Diouf a précisé que pour promouvoir une émigration orientée
vers le développement des ressources humaine et favoriser
l’investissement, le gouvernement a créé une Direction de l’appui à
l’investissement et aux projets assortie d’un Fonds d’appui à
l’investissement des Sénégalais de l’extérieur (Faise).
25 mars 2008
M.L.BADJISource: Lesoleil.sn |
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