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Double meurtre raciste à Anvers:
la Belgique sous le choc



Nous sommes en plein XXIème siècle. Le meurtrier a 18 ans, l'acte est prémédité. Les victimes avaient une tête et une couleur de peau qui ne lui revenaient pas. Son grand-père avait combattu aux côtés des nazis sur le front de l'Est et sa tante est une parlementaire du parti nationaliste Vlaams Belang...

BRUXELLES - Les autorités et l'ensemble de la presse belges se sont déclarés choqués, au lendemain du double meurtre raciste commis à Anvers par un jeune skinhead. L'extrême droite gagnerait dangereusement en influence dans la région. Le jeune meurtrier n'a pas agit seul: Afrology repose le problème de la responsabilité des parents face à ces dérives sociales. Si le jeune avait été africain, on aurait encore dénoncé les méfaits de la polygamie... C'est un scandale.

Le Premier ministre belge, le libéral flamand Guy Verhofstadt, s'est dit "choqué par ces crimes horribles et lâches qui sont une forme de racisme extrême". "Nul ne peut désormais ignorer ce à quoi l'extrême droite peut mener", a ajouté M. Verhofstadt en lançant un appel pour que le pays ne soit pas entraîné dans une "spirale de violence".

Au-delà des paroles Afrology en appelle à des actes responsables. Les racistes sont parmi nous et crient aussi au scandale.

Le Palais royal a également fait savoir que le roi des Belges Albert II allait faire parvenir un message de condoléance aux familles des victimes.

Jusqu'à présent, les appels au calme semblent avoir été entendus. Aucune violence n'a été relevée à Anvers, la deuxième ville du pays où vivent de nombreuses communautés: populations juives orthodoxes, immigrés d'origines turque ou marocaine, "belges de souche".

Anvers est le bastion du parti nationaliste Vlaams Blok. La formation d'extrême droite y réalise depuis des années un score de plus de 30% aux élections. Elle dénonce l'envahissement par les hordes de "sauvages" venus des autres contrées.

Vendredi midi, quelque 300 personnes ont défilé en silence dans les rues de la métropole portuaire pour "protester contre la violence aveugle". En tête du cortège figuraient des proches de la jeune fille au pair africaine abattue jeudi, selon l'agence Belga.

Selon le quotidien flamand "De Morgen", l'agresseur, un Anversois de 18 ans, a laissé dans sa chambre une lettre indiquant clairement qu'il avait l'intention de tuer le plus d'étrangers possible. "S'il n'avait pas été arrêté par un agent de police, qui a fait feu sur lui, le bain de sang aurait été encore plus grand", a expliqué un enquêteur.

C'est d'abord une femme turque de 46 ans, qui lisait un livre sur un banc, qui a été visée. Blessée au ventre, elle serait hors de danger, selon le parquet d'Anvers.

Ensuite, le jeune skin, qui baignait dans un milieu d'extrême droite - son grand-père avait combattu aux côtés des nazis sur le front de l'Est et sa tante est une parlementaire du parti nationaliste Vlaams Belang - s'en est pris à une jeune fille au pair d'origine malienne. La jeune femme et la petite Luna, 2 ans, la fille d'un couple de restaurateurs anversois dont elle a la garde, ont été abattues quelques rues plus loin. Elles sont décédées sur place. (ATS).

Blessé à son tour au ventre par un policier qui le sommait de déposer son arme, l'agresseur a été arrêté et transporté à l'hôpital, où il a été interrogé par la police et inculpé de meurtre avec préméditation.

Les violences contre des personnes de type non-caucasien sont en nette augmentation en Belgique depuis qu'un jeune a été tué le mois dernier pour son lecteur MP3. Ses meurtriers présumés ont d'abord été présentés comme des Maghrébins alors que rien ne permettait de l'assurer. La police a finalement appréhendé deux suspects... polonais.

Depuis ce crime, les incidents à connotation raciste remplissent la rubrique faits divers des médias belges.

Et toujours ce grand silence de la part des ambassades et gouvernements africains en panne de légitimité. La Turquie, nous en sommes convaincus, ne manquera pas de dire son indignation.

Film: http://www.mamboleo.org

Bruxelles, 11 mai 2006
La Rédaction


Ouleymata Niagadou   Victime des extrémistes Belges

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