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Paludisme: Bill et Melinda Gates pour un nouvel engagement mondial


Dakar, Sénégal - Bill et Melinda Gates ont appelé les décideurs du monde entier à adopter "un objectif audacieux: voir un jour disparaître le dernier cas de paludisme chez l'être humain et le dernier moustique porteur du parasite", souligne un communiqué de presse transmis jeudi à la PANA à Dakar.

Cet appel a été lancé mercredi soir à Seattle, aux Etats-Unis, lors d'un forum de deux jours rassemblant 300 éminents spécialistes du paludisme, scientifiques et décideurs venus du monde entier.

"Les avancées de la science et de la médecine, les résultats prometteurs de la recherche et la prise de conscience croissante au niveau mondial font que nous avons aujourd'hui une occasion historique, non seulement de traiter et d'endiguer le paludisme, mais aussi d'entamer une campagne de longue haleine pour son éradication", a déclaré Melinda Gates.

Le paludisme tue chaque année plus d'un million de personnes, dont une majorité d'enfants. La campagne d'éradication lancée dans les années 1950 s'est soldée par un échec quelques années plus tard, du fait de la baisse des contributions des donateurs et d'un phénomène croissant de résistance aux médicaments et pesticides.

Les campagnes anti-paludisme ont, dès lors, surtout cherché à endiguer la pandémie plutôt que de l'éradiquer.

"Nous avons une occasion réelle d'établir des partenariats, de générer la volonté politique nécessaire et de développer les avancées scientifiques indispensables pour mettre fin à ce fléau", a dit, pour sa part, Bill Gates, ajoutant: "Nous n'arrêterons pas notre combat tant que le paludisme ne sera pas éradiqué".

M. Gates a ensuite souligné que "l'afflux d'un grand nombre de nouveaux intervenants", comme le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, le programme "Malaria Booster" de la Banque mondiale et la "Malaria Initiative" du président américain ont apporté une énergie et des ressources nouvelles à la lutte mondiale contre le paludisme. A eux tous, ces différents projets ont consacré 3,6 milliards de dollars US à la lutte contre la maladie et sont en passe d'être déployés dans plus de 70 pays.

Bill Gates a également fait l'éloge des Etats africains ayant mis en oeuvre des campagnes de lutte contre le paludisme globales et dynamiques, saluant notamment les efforts de la Zambie, "dont la campagne nationale est un exemple et une source d'inspiration".

Un nouveau rapport de l'UNICEF publié à l'occasion de ce forum atteste des progrès impressionnants réalisés par les récentes campagnes de lutte contre le paludisme. Entre autres résultats, on note que le nombre annuel de moustiquaires imprégnées distribuées a plus que doublé ces dernières années, passant de 30 millions en 2004 à 63 millions en 2006.

En outre, les acquisitions mondiales de traitements par artémisinine (ACT) en association sont passées de 3 millions de doses en 2003 à 100 millions en 2006.

Pour contribuer à tirer parti de ces progrès, M. et Mme Gates ont exhorté les candidats à l'élection présidentielle américaine à s'engager à soutenir la "Malaria Initiative", projet lancé par George W. Bush en 2005 et doté de 1,2 milliard de dollars US.

Bill Gates a déclaré à leur intention: "Si vous occupez la Maison-Blanche, vous hériterez d'un engagement record en faveur de la lutte contre le paludisme. Le monde a besoin que vous l'honoriez et le développiez. Le paludisme ne sera jamais éradiqué sans le soutien massif du président des Etats-Unis".

Pour M. Gates, "l'extraordinaire ampleur des recherches en cours sur les médicaments, les vaccins et autres outils de contrôle de l'épidémie est une autre raison d'être optimiste pour l'avenir de la lutte contre le paludisme".

Les bénéficiaires de financements de la Fondation Gates ont récemment enregistré d'importantes avancées scientifiques en matière de vaccins. A ce sujet, de nouveaux résultats de l'étude de la "PATH Malaria Vaccine Initiative", publiés dans le "Lancet", montrent que le vaccin antipaludéen RTS, est dénué de danger et est susceptible de réduire de façon significative le risque d'infection chez l'enfant.

Dans cette étude portant sur 200 enfants en bas-âge, le vaccin a permis de réduire le nombre de nouveaux cas de 65% sur une période de trois mois et demi. Un essai de phase III à grande échelle commencera l'an prochain sur dix sites en Afrique.

Concernant les médicaments, la "Medicines for Malaria Venture", qui étudie de nouveaux traitements pour venir à bout des résistances aux remèdes actuels, a développé le plus vaste portefeuille d'antipaludéens de l'histoire. Une autorisation de mise sur le marché est attendue l'an prochain pour un traitement pédiatrique amélioré.

Pour ce qui est de la lutte contre les moustiques, le "Innovative Vector Control Consortium" développe actuellement de nouveaux insecticides améliorés pour contrôler les populations d'anophèles responsables de la transmission du paludisme.

Ces nouveaux vaccins, médicaments et insecticides contribueront à "briser le cycle de la transmission et mettre fin à la maladie", a déclaré Melinda Gates, ajoutant que "le secteur privé et les institutions publiques de recherche doivent continuer d?investir dans de nouveaux outils pour faire de l'éradication du paludisme une réalité".

M. et Mme Gates ont fait part de ces remarques lors d'une réunion rassemblant des chercheurs spécialistes du paludisme, de grands responsables de la santé mondiale, des experts et des membres de gouvernement venus du monde entier. La réunion se déroule du 16 au 18 octobre à l'hôtel Sheraton de Seattle. Certaines de ses séances seront retransmises sur le site www.kaisernetwork.org.

Dakar - 18/10/2007
Panapress



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