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Hortefeux a présenté son projet de loi en conseil des ministres

Le projet de loi du nouveau ministre de l'Immigration, adopté dans la matinée en conseil des ministres, prévoit notamment de durcir les conditions du regroupement familial.


Brice Hortefeux (AFP)
Le conseil des ministres a adopté mercredi 4 juillet le projet de loi sur la maîtrise de l'immigration, l'intégration et le droit d'asile de Brice Hortefeux, qui durcit les conditions du regroupement familial. Le texte sera débattu au Parlement lors de la session extraordinaire de septembre. Ce projet de loi, qui complète les lois du 26 novembre 2003 et du 24 juillet 2006, marque un durcissement des conditions du regroupement familial, par lequel la famille d'un étranger résidant légalement en France peut venir le rejoindre.

"Formation complémentaire"

Ainsi, une personne souhaitant faire venir son conjoint et ses enfants en France devra attester qu'elle dispose des revenus "adaptés en fonction de la taille de sa famille". Le minimum exigé est fixé entre 1 et 1,2 fois le SMIC (hors allocations).
De plus, avant son arrivée en France, l'étranger qui veut venir dans l'Hexagone devra participer à une "évaluation" de son "degré de connaissance de la langue française et des valeurs de la République". Si besoin, il devra suivre une "formation complémentaire" avant son départ, "de deux mois au plus" selon le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez.

Mise sous tutelle des allocations

Par ailleurs, lorsque la famille qui a bénéficié du regroupement compte des enfants, un "contrat d'accueil et d'intégration" devra être signé par les parents, qui devront suivre une "formation" sur "leurs droits et devoirs par rapport aux enfants". En cas de non-respect de ce contrat, notamment en cas de problème d'assiduité scolaire, des "mesures d'accompagnement" seront prises qui pourront aller jusqu'à la mise sous tutelle des allocations familiales.

Le texte donne par ailleurs au nouveau ministère la compétence sur l'Office français des réfugiés et apatrides (OFPRA), qui attribue le statut de réfugié et qui était jusque-là placé sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères.

Opposées à l'essentiel du texte, les associations de défense des étrangers ont salué un point: le droit pour les demandeurs d'asile qui se présentent à la frontière à un recours suspensif avant d'être éventuellement reconduits. Le 26 avril, la Cour européenne des droits de l'Homme avait condamné la France (avec AP)

PROJET DE LOI :
Maîtrise de l'immigration, intégration et asile

Le ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement a présenté un projet de loi relatif à la maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile.

Ce projet de loi complète les réformes engagées par les lois du 26 novembre 2003 et du 24 juillet 2006 relative à l'immigration et l'intégration et permet un meilleur encadrement du regroupement familial. Afin que leur intégration à la société française puisse être préparée en amont, dès le pays d'origine, les personnes souhaitant rejoindre la France dans le cadre du regroupement familial, tout comme les conjoints étrangers de Français sollicitant un visa de long séjour, feront l'objet d'une évaluation permettant d'apprécier leur degré de connaissance de la langue française et des valeurs de la République. Si le besoin en est établi, une formation leur sera délivrée préalablement à l'arrivée en France.

Par ailleurs, lorsque la famille qui a bénéficié du regroupement compte des enfants, un "contrat d'accueil et d'intégration pour la famille" sera signé par les parents avec l'État. Dans ce cadre, les parents recevront une formation sur leurs droits et devoirs en France. En cas de non respect du contrat, des mesures d'accompagnement seront prises, qui pourront aller jusqu'à une décision du juge des enfants confiant la gestion des allocations familiales à un tiers, dans l'intérêt des enfants.

Enfin, l'étranger souhaitant faire venir son conjoint et ses enfants en France devra établir qu'il dispose de revenus adaptés à la taille de sa famille. Le projet de loi comporte en outre des mesures relatives à l'asile. Afin de tenir compte de la nouvelle organisation gouvernementale, le ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement est chargé de l'asile et assurera à ce titre la tutelle de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA).

Par ailleurs, pour respecter une récente jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, les référés dirigés contre les refus d'asile à la frontière auront désormais un caractère suspensif.

NOUVELOBS.COM | 04.07.2007 | 19:07
 



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