Kenya: 40 morts dans
l'ouest, dont des brûlés vifs, Annan rencontre Odinga
NAIROBI (AFP) — Les violences post-électorales au Kenya ont fait 40
nouveaux morts, dont 14 personnes brûlées vives dimanche, dans la Vallée
du Rift (ouest), éclipsant la médiation de Kofi Annan qui a rencontré le
chef de l'opposition Raila Odinga.
Quarante morts ont été dénombrés par la police dimanche, tous dans la
Vallée du Rift où se concentrent désormais les troubles, ce qui porte à
plus de 900 le nombre de personnes tuées depuis le début de la crise.
"La police a eu des difficultés à entrer dans les maisons. Les
policiers (...) ont trouvé des hommes, des femmes et des enfants qui
étaient méconnaissables", a expliqué à l'AFP un commandant de la
police, qui a requis l'anonymat. "Apparemment, les assaillants les
ont enfermés et ont mis le feu" aux maisons, a-t-il ajouté.
Neuf autres cadavres ont été dénombrés à Naivasha, 11 à Nakuru, la
capitale de la Vallée du Rift, et six à Timboroa (près d'Eldoret),
a-t-on appris de sources policières. A Timboroa, "nous avons entendu des
sifflets et des chants de guerre. Ils (les assaillants) (...) faisaient
tournoyer leurs machettes en l'air en approchant de la localité, avant
d'y mettre le feu", a rapporté un policier.
Le leader de l'opposition, Raila Odinga, qui revendique la victoire, a
condamné dimanche "dans les termes les plus forts possible ces actes
monstrueux et mauvais"... "Ce qui émerge maintenant est que des gangs
criminels, (...) travaillant sous la protection de la police, font
partie d'un plan de terreur bien organisé", a-t-il affirmé une nouvelle
fois.
De son côté, le porte-parole du gouvernement, Alfred Mutua, a assuré que
"tous ceux responsables de crimes seront tenus comme responsables pour
leurs actions".
Des habitants de Nakuru se sont plaints du faible déploiement policier.
"La police (...) ne fait rien pour nous protéger", a déclaré à l'AFP
Cosmas Makori, 22 ans et une machette à la main, dont la maison a été
brûlée vendredi.
De son côté, le commissaire principal de la Vallée du Rift, Hassan Noor
Hassan, a confirmé que le couvre-feu nocturne instauré vendredi à Nakuru
restait en vigueur.
L'armée kényane a également déployé une brigade à Nakuru, notamment pour
dégager les barrages, selon un commandant de l'armée, précisant qu'elle
n'intervenait pas dans des opérations de maintien de l'ordre.
Le Kenya, l'un des pays d'Afrique les plus stables jusqu'à la fin de
l'année dernière, traverse une crise majeure née de la contestation des
résultats officiels de l'élection présidentielle.
Le chef de l'Etat sortant Mwai Kibaki déclare avoir été réélu, mais M.
Odinga revendique la victoire, affirmant que la compilation des
résultats a été entachée de fraudes.
En un mois, plus de 900 personnes ont été tuées dans les violences
post-électorales et environ 250.000 personnes ont été déplacées.
La Vallée du Rift est devenue l'épicentre de ces violences dans
lesquelles s'affrontent notamment des membres des communautés kalenjin
et luo, qui ont majoritairement soutenu M. Odinga, et leurs voisins
kikuyus, l'ethnie de M. Kibaki.
Sur le plan diplomatique, l'ex-secrétaire général de l'ONU Kofi Annan,
désigné médiateur de l'Union africaine (UA) dans la crise, s'est
entretenu samedi à Nairobi une nouvelle fois avec M. Odinga et
l'état-major de son Mouvement démocratique orange (ODM).
"Nous pensons que des progrès sont imminents et nous sommes complètement
engagés dans ce processus", a déclaré à la sortie de la réunion un des
principaux responsables de l'ODM, Musalia Mudavadi.
A Addis Abeba, le président de la Commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré
s'est dit "inquiet" dimanche de la situation.Source: Internet
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