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Le corps de Katoucha
repéché dans la Seine Le jeudi 28 février 2008, après quatre
semaines d’angoisse, d’inquiétude et d’interrogations, le verdict
redoutable est tombé. Le corps de Katoucha, mannequin sénégalo-guinéennne
et fille de l’historien Djibril Tamsir Niane, a été retrouvé.
Selon les premières estimations, la dépouille mortelle repêchée dans
la Seine, correspond en tous points au profil de l’ancienne égérie du
couturier Français Yves Saint-Laurent.
D'après des sources officielles, un passant aurait aperçu le corps
d’une jeune femme noire «flottant près des quais». La Brigade de
Répression de la Délinquance contre la Personne, qui a été dépêchée sur
les lieux où le corps a été découvert, confirme que les habits sont ceux
que Katoucha portait au moment de sa disparition.
Les conclusions de l’autopsie pratiquée ce jour indiquent que le
décès est attribuable à «une submersion rapide sans traces de violence».
Un examen plus approfondi permettra d’obtenir davantage de précisions
sur la mort de l’ancien top-model.
Cette tragique nouvelle a anéanti les dernières lueurs d’espoir
qu’entretenaient tous ceux qui voulaient croire en une nouvelle fugue de
la « Princesse Peulhe ». En effet, les résultats des premiers examens
confirment la thèse voulant que Katoucha ait sombré dans les flots de la
Seine durant la nuit fatidique du 1 er février 2008. Sa famille et ses
amis peuvent maintenant faire leur deuil et lui dire adieu.
Disparue depuis le 1 er février 2008, Katoucha a été l’une des
premières stars noires à défiler sur les podiums de la haute couture
internationale. Elle est revenue sur son parcours quelque peu tumultueux
dans son autobiographie intitulée: Dans ma chair dans laquelle derrière
les paillettes, les robes moulantes et les crépitements des flashes,
elle dévoile une âme meurtrie. Elle y parle des « blessures de
l’enfance» qu’elle a subies et des conséquences qu’elles ont eu sur son
comportement. Au terme d’une longue odyssée, elle a livré ses
confessions. Elle n’a pas hésité à avouer ses faiblesses et ses
errements. Katoucha a osé briser le mur du silence sur son secret intime
et elle s’est ainsi réconciliée avec elle-même et son Créateur. «On peut
trébucher sur une pierre et être capable de gravir la montagne» (p.324).
Elle a ouvert la voie à une profession parsemée d’embûches auxquelles
il faut prendre garde et elle s’est également engagée dans la promotion
des jeunes mannequins.
En créant sa propre association KPLCE (Katoucha pour la lutte contre
l'excision), elle a puisé des forces dans sa propre souffrance pour
lutter contre une pratique séculaire qui, aujourd’hui encore, cause des
troubles de santé.
Nous partageons la douleur de ses enfants, de ses parents et amis et
leur présentons nos sincères condoléances. Nous déposons symboliquement
une rose aux pieds de cette reine de la beauté noire en demandant au
Tout-Puissant qu’il l’accueille en son paradis. Qu’elle repose en paix
et que la terre lui soit légère !
Dr. Pierrette Herzberger-Fofana
Professeur. Conseillère Municipale.Erlangen. Allemagne
Drherzbergerfofana@hotmail.com
Remarques
Katoucha. Dans ma chair. Paris : Michel Lafon 2007, 325p.
Pierrette Herzberger-Fofana. Katoucha, la Mode et l’Excision vues par
elle-même . « Dans ma chair» in www.grioo.rubrique cultures
P.H.F.Ibid.,« Dans ma chair». Compte rendu de lecture www.sudonline.sn,
www.afrology.com; www.renaf.org, www.nettali.inet, www.sunugalsene.com
www.renaf.org/(RDC)
P.H.F.Ibid., « Katoucha: Les blessures de l’enfance derrière les
paillettes ». In : www.africultures.com
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