Discours du Guide de la
révolution devant le peuple Sénégalais
Il m’est agréable et je suis heureux d'être parmi vous et de
rencontrer les frères au Sénégal, vous qui représentez la force vive de
l'Afrique.
Je m’adresse ici au Président Wade qui est un professeur avant d’être
homme politique ou Président. Il est parmi les sages d’Afrique. Je salue
le peuple sénégalais, je le remercie car il a accordé une nouvelle fois
sa confiance à son Président. J'en profite aussi pour vous dire
sincèrement que l’Afrique dispose de moyens considérables sur le plan
humain mais elle reste peu riche sur le plan matériel.
Le colonialisme a pillé les richesses de l’Afrique et les colons ont
traité les Africains comme des animaux. Ils nous ont colonisés, ils nous
ont divisés et réduits comme leurs marchandises. Ils ont donné des noms
européens à nos villes et à nos villages, ils nous ont séparés sans
aucunement nous permettre de progresser. Et ils ne cessent de piller nos
richesses.
L’Afrique a connu des périodes difficiles dans son histoire et peu
d’Africains ont pu progresser et apprendre comme KWAME NKRUMA. Certains
comme LUMUMBA, MODIBO KEITA, JAMAL ABDEL NASSER, AHMED BEN BELLA, SEKU
TOURE et SENGHOR eurent la possibilité d’apprendre et de progresser.
Ce groupe a pu diriger l’Afrique vers la libération et l’indépendance,
qu’en est-il après? Le colonialisme a tenté de liquider cette élite de
dirigeants Africains ; il se trouve qu’il n’y avait aucune alternative
d’une indépendance réelle sur le plan économique et politique je veux
dire d'une indépendance sous les hégémonies occidentales. Ce qui fit que
Lumumba fut liquidé, N'krumah et Modibo Keita renversés; il eut 60
tentatives d’assassinats contre Jamal Abdel Nasser. Il y avait donc tout
un complot et tout un plan pour liquider et renverser ces dirigeants qui
avaient une vision future pour l'Afrique. Ce qui entraîna le continent
africain dans une phase d’instabilité et de coups d’Etat militaires.
A partir de cet instant, il y a eu une faillite sur le plan politique
car les putschs avaient emmené au pouvoir des généraux et des officiers
fascistes sans idéologie ni culture dont les mœurs n'étaient que
répréhensibles. Les peuples étaient incapables de faire face à cela et
il s’en était suivi des dictatures militaires dominant l’Afrique des
années 60.
Durant des décennies, l’Afrique a vécu des moments difficiles au bord de
la faillite politique et idéologique du fait de la mainmise des
putschistes. Nul d'entre eux à cette époque ne pensait ni au
développement, ni à la transformation ni encore moins au progrès
économique, social, à l’enseignement et à la santé. L’Afrique était
livrée à elle-même, des enfants sans vaccinations, des maladies et des
populations qui servaient de cobayes à des blancs pour expérimenter
leurs nouveaux médicaments. Les Africains étaient considérés comme des
animaux sur lesquels on expérimente les nouvelles techniques
thérapeutiques. […] Le virus du SIDA est également le résultat d’une
expérimentation sur des noirs. La CIA a fabriqué dans ses laboratoires
des armes bactériologiques, ils ont créé un virus qu’ils ont expérimenté
sur des noirs en Haïti et en Afrique ; pour preuve, ils ne peuvent
affronter cette réalité et détourne l'attention du monde en disant que
ce sont les singes africains qui ont transmis cette maladie dans le
monde. C'est dissimuler des actes abominables… ils ont expérimenté le
virus du SIDA en Afrique, ils ne peuvent pas nier aussi qu’ils ont
exterminé les peaux rouges en Amérique, les populations autochtones de
ce pays. Ils voulaient également exterminer la race noire en Afrique
pour laisser place à la race blanche afin de réaliser leurs objectifs
abominables et diaboliques. Ils ont tout fait pour permettre à leurs
agents africains de gouverner les peuples Africains par les putschs et
les complots.
Vous suivez actuellement le tapage fait autour du Zimbabwe… et pourquoi,
car Mugabe veut récupérer la terre pillée par les blancs aux noirs.
C’est cela le problème! Ils le prennent pour fou, dictateur, terroriste,
ennemi de l’humanité, ils l’ont qualifié de tous les noms, ils veulent
qu’il soit un président qui laisse le colon faire ce qu’il veut au
Zimbabwe et qu’il soit un simple et formel président. Mais c’est un
président qui veut libérer son pays. C’est pour cela qu’on l'en veut ;
ils ont soutenu des présidents qui ont fait des coups d’état, qui ne
pensent nullement pas à leur pays, ce qui montrent qu'ils ne veulent pas
de réels présidents qui ont la volonté de faire face au colonialisme et
à l’impérialisme.
Nous faisons face en Afrique à ce groupe d’ouvriers au service du
colonialisme qui veut seulement gouverner pour gouverner. Ce sont ces
agents qui sont à l’origine des guerres civiles et des problèmes dont
souffre l’Afrique. Cette politique colonialiste néfaste a conduit à la
faillite de l’Afrique. Il n’est pas possible de trouver des hommes comme
Jamal Abdel Nasser, Ben Bella, Kwame N’krumah, mais on trouve des
généraux et des officiers sans idéologie ni culture politique. Depuis la
mort de Lumumba, le Congo continue à traverser une période difficile.
Lumumba voulait de son vivant, libérer le pays de l’emprise colonialiste
européenne. Le Congo vit toujours dans un état d’instabilité…
heureusement, il y a des hommes comme le Président Abdoulaye Wade, digne
de diriger son pays. Je remercie le peuple Sénégalais de l’avoir re-voté
pour un nouveau mandat présidentiel.
Je vous dirai que peu à peu, commence à apparaître des dirigeants plus
valables que les présidents précédents, car le peuple africain est plus
conscient, en plus, nous sommes entrés dans la révolution informatique.
Les chaînes satellitaires transmettent des informations en direction des
populations africaines où leur degré de conscience s’élève. Les
dirigeants, malgré eux sont contraints de suivre le progrès de leur
peuple ainsi que leurs exigences.
Je vous dirai que l’intervention colonialiste persiste encore pour
entraver la marche de l’Afrique pour preuve, depuis 1963, avec la
présence des élites dont j’ai parlé et des pères fondateurs et
libérateurs qui fondèrent l’OUA jusqu'à l’avènement de l’Union Africaine
à Syrte le 09/09/1999, l’Afrique est toujours dans le même état. Ce qui
veut dire que l’on se réunit périodiquement mais sans réaliser quoi que
ce soit. Pendant 40 ans, l’Afrique n’a pas progressé. N'krumah avait
préconisé l’Union Africaine, mais on ne l’a pas pris au sérieux, d’où la
faillite de l’organisation de l’unité africaine (OUA). Ensuite il eut
son renversement ainsi que les autres leaders.
En 1963, nous n’avons rien réalisé. Pas d’unité Africaine alors que
l’Europe s’est unifiée. Il y a eu la révolution de l’informatique, l’ère
de l’espace, de l’atome et l’Afrique demeure toujours dans la même
situation. C’est pourquoi nous avons envisagé de transformer l’OUA en
Union Africaine. J’ai même proposé un gouvernement fédéral africain doté
d’institutions Africaines. Certains dirigeants n’écoutent que les
colonisateurs et ne reçoivent que des ordres de l’extérieur. Ils ont dit
d’accord pour mettre en place l’Union Africaine pour remplacer
l’organisation de l’unité Africaine avec des institutions telles que les
parlements etc… Afin que cette union joue son rôle et accomplisse sa
mission. Puis vint l’union Africaine en 1999, suivie de la banque
centrale, du fond monétaire Africain, de la cour africaine, du conseil
exécutif, de défense africaine, etc…
Chaque fois qu'il m'est donné l'occasion de rencontrer les dirigeants
africains, je souligne la nécessité d’appliquer ce que nous avons décidé
tels que l’acte constitutif. Ils ont donné leur accord à cet égard, mais
jusqu'à nos jours, les amendements de cet acte n’ont pas été approuvés.
J’ai réuni les présidents des parlements à Tripoli et je leur ai dit
pourquoi n’avez-vous pas approuvé ces choses-là. Ils ont donné des
réponses évasives. Imaginez un parlement qui, depuis trois ans n’a pas
tenu une seule de ses sessions...
Je vous dis des choses réalistes. Les pays africains disposent de moyens
énormes ayant des liens avec l’extérieur, des intérêts avec l’Amérique,
l’Europe, la Chine, l’Inde. Mais ces pays africains ne sont pas
enthousiastes quant à la réalisation de l’unité africaine, ils nous font
perdre notre temps. Voyez depuis 1999 à Syrte jusqu’en 2007, huit ou
neuf ans se sont écoulés et rien n’a été réalisé. Les Institutions que
nous avons prévues sont en panne, telles que la Banque centrale nous
n’avons pas réalisé notre monnaie à l’instar de l’Europe qui a réalisé
l’Euro. Il en est de même du parlement africain toujours en crise, nous
avons proposé la création d’une armée africaine commune pour dissuader
les ennemis, mais rien ne s’est réalisé.
Nous avons proposé les Etats-Unis d’Afrique à l’instar des Etats-Unis
d’Amérique. Ils ont donné leur accord mais nous attendons encore la
réalisation de cet objectif. Nous avons également proposé la mise en
place d’une armée Africaine de deux millions de soldats au plus pour
défendre l’Afrique. Ils dépensent 14 milliards pour cinquante armées
africaines. C’est pourquoi j’ai proposé la mise en place d’une seule
armée pour toute l’Afrique mais ils ont peur de cette idée.
Lorsque des journalistes me posent la question : quelle est votre
position par rapport à l’Afrique ? Je leur réponds que lorsqu’un
véhicule tombe en panne dans le sable, il faudrait le pousser par
derrière afin de le redémarrer, je suis parmi ceux qui poussent ce
véhicule afin qu’il avance quel que soit le chauffeur. Evidement, grâce
à ces efforts, nous avons décidé à Addis-Abeba que le seul ordre du jour
du prochain sommet africain sera la possibilité de mettre en place un
gouvernent fédéral africain. Nous devons y parvenir dans quelques mois
nous allons nous réunir à Accra, capitale du Ghana pour expliquer cette
mission historique en tant que peuples et forces vives, hommes et
femmes, jeunes, intellectuels nous devons faire entendre notre voix
auprès de nos gouvernements pour mettre en pratique notre objectif. Dès
lors, nous mettons sous pression tout pays africain qui entrave la
marche de l’Afrique et qui s’oppose à l’unité. Il faut que nous mettions
en place un gouvernement africain fédéral à Accra. Nous faisons entendre
cette voix au Sénégal.
J’ai eu l’honneur d’assister l‘année dernière à la célébration du 46ème
Anniversaire de l’indépendance du Sénégal, j’ai dit qu’il faillait
mettre en place des ligues et des associations des victimes du
colonialisme et qui combattaient dans l’armée française afin de faire
valoir les droits de ces victimes en les dédommageant devant les pertes
matérielles et morales subies.
Depuis l’avènement de la révolution en Libye, nous n’avons pas cessé de
réclamer des compensations à l’Italie pour sa période coloniale en
Libye, cependant l’Italie actuellement est l’amie de la Libye et elle
est contre le fascisme, contre la période coloniale. Ses positions
envers la Libye sont bonnes dans les instances internationales.
Toutefois, nous avons rappelé que l’Italie a colonisé la Libye de 1911
jusqu' à la fin de la deuxième guerre mondiale. Elle a tué de centaines
de milliers et déporté de milliers de Libyens en dehors de la libye. Nos
ancêtres ne savent pas ce qui est devenu des libyens déportés et
disparus en Italie coloniale, elle a présenté des excuses officielles
pour cette période du colonialisme. Ainsi, l’Italie est le premier pays
à présenter officiellement ses excuses à la Libye puis il a été convenu
que l’Italie dédommage le peuple libyen pour les pertes et les
préjudices subis durant cette période.
Elle est plus ou moins embarrassée, elle craint que la France vienne lui
dire : vous avez commis une précédente grave erreur en acceptant de
dédommager votre période coloniale. Ainsi les pays Africains vont
réclamer des dédommagements à la France pour sa période coloniale. Nous
sommes parvenus avec eux à une formule de dédommagement : construction
d’hôpitaux moderne par l’Italie au profit des libyens, nous allons
signer un traité avec l’Italie pour ce faire. J’aimerais que se
constitue au Sénégal des ligues des victimes de la période coloniale
afin que chaque famille de ces victimes puisse réclamer son droit à la
compensation pour les préjudices subis. Il faudrait que vous vous
constituiez en ligues et associations pour réclamer des dédommagements.
Actuellement, ils nous disent que l’immigration est illégale, des
ministres des Affaires étrangères de l’Union Européenne sont venus à
Tripoli et on s’est réunis. Ils ont dit que les Africains envahissent
l’Europe clandestinement. Je leur ai dit que vous êtes venus en Afrique,
vous avez pris l’or, le diamant, l’argent, nos richesses… vous devez
nous les restituer sinon on ira les chercher en Europe.
Il faut pour cela que l’Afrique ait un gouvernement africain avec ses
ministres et ses représentants qui parlent en son nom. J’aimerais que
vous commenciez dès maintenant à travailler dans les ligues et les
associations pour exiger des dédommagements et pour que vous encouragiez
les peuples Africains ex-colonisés à en faire de même. J’aimerais que la
pression commence au Sénégal et démarre de ce pays et de la Libye avant
le sommet d’Accra pour qu’il y ait un gouvernement fédéral Africain, un
marché commun africain, une banque centrale d’Afrique, une monnaie
africaine, des ministères africains du commerce et des affaires
étrangères. Nous ne devons pas perdre le temps!
Certains gouvernements souhaitent que les peuples s’endorment, ce qui
satisfait l’Europe et que nos enfants meurent de faim et des maladies,
ils veulent nous créer des problèmes pour nous envoyer des forces
d’intervention pour nous recoloniser.
Je remercie le président Abdoulaye Wade qui m’a donné cette occasion et
merci beaucoup pour l'honneur que vous m'avez accordé en m'écoutant.
Le frère camarade Moammar Al Kadhafi.
************ *
Ce communiqué de presse vous a été transmis par l'Association de la
Presse Panafricaine. |
 |
 Réagissez à cet article!
|