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Message
du Dr Jean Ping,
président de la commission de l’Union Africaine à l’occasion de la
commémoration de la journée de l’Afrique (25 mai 2009)
Message du Dr Jean Ping, président de la commission de l’Union
Africaine à l’occasion de la commémoration de la journée de l’Afrique
(25 mai 2009)
ADDIS ABEBA, Ethiopie, 25 mai 2009/African Press Organization (APO)/ —
Message du Dr Jean Ping, président de la commission de l’Union Africaine
:
Chers sœurs et frères du Continent,
Ami(e)s et partenaires de l’Afrique,
Comme tous les ans, nous célébrons ce 25 mai 2009, la Journée de
l’Afrique.
Il s’agit d’abord et avant tout d’un devoir sacré pour chaque fille et
chaque fils de ce Continent afin que restent à jamais dans toutes les
mémoires, la signification et la portée historiques, de la création le
25 mai 1963 de l’Organisation de l’Unité Africaine. Nous devons nous
souvenir en effet, que par cet acte, les Pères Fondateurs de cette
prestigieuse Organisation, désireux de préserver et de consolider
l’indépendance de leurs pays nouvellement acquise et par ailleurs
soucieux de renforcer la solidarité à travers le Continent, pour
continuer la mission de libération totale de l’Afrique, ont non
seulement forgé le socle de notre unité à travers une identité commune
africaine mais aussi enclenché, la dynamique d’actions et d’efforts à la
base du processus d’intégration et de développement que poursuit
résolument aujourd’hui notre Continent.
Cette Journée constitue aussi l’occasion de réaffirmer notre
détermination à tous de renforcer notre engagement "vers une Afrique
unie, prospère et vivant dans la paix", thème choisi cette année.
Cette célébration enfin, permettra d’évaluer les progrès réalisés sur le
Continent à l’aune des ambitions affichées dans cette vision commune.
Plus de quarante ans après, le bilan est encourageant et riche de
promesses : en passant par le processus irréversible d’intégration
continentale qui a porté toute l’Afrique depuis la vision de Syrte et
qui a transformé l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) en l’Union
Africaine (UA), rationalisé et renforcé davantage les Communautés
Économiques Régionales (CER) et accéléré le mécanisme de mise en place
des Institutions continentales de la Communauté Économique Africaine
comme la Banque Centrale Africaine, le Fonds Monétaire Africain et la
Banque Africaine d’Investissement, le Continent peut et doit envisager
son avenir avec confiance et surtout persévérer sur la voie de la
concrétisation du rêve qui a tracé le sillon du cheminement collectif
vers l’instauration d’une Afrique unie et forte, pesant sur le cours des
événements internationaux et vivant à l’abri du besoin et à l’abri de la
peur !
En effet, depuis le lancement de l’idée du Gouvernement de l’Union lors
du Sommet d’Abuja en 2005, des étapes décisives ont été franchies sur la
feuille de route de la gouvernance continentale notamment avec la
transformation en cours de la Commission en Autorité de l’Union, la mise
en place du Parlement panafricain (PAP) et d’un certain nombre d’Organes
comme la Cour africaine de justice et des droits de l’homme, la
Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, le Conseil
économique, social et culturel qui sont maintenant opérationnels…
La globalité des menaces qui pèsent sur le monde fait que plus aucun
État n’est en mesure de les affronter seul ni d’assurer isolément la
sécurité mondiale, ni même continentale. Chacun sait désormais que pour
réussir dans un monde globalisé, des réponses communes et des actions
collectives doivent être apportées, en tirant parti de l’organisation du
monde en groupements régionaux intégrés, à travers une dynamique de
coopération régionale. Cette prise de conscience s’est encore récemment
traduite par deux signaux forts et concrets donnés conjointement par le
COMESA, la CAE et la SADC :
Le regroupement de ces trois Organisations en une seule Zone de Libre
Echange (Free Trade Area COMESA-CAE-SADC), forte d’environ 600.000.000
d’âmes et donc considérée à juste titre comme précurseur à la
réalisation de l’intégration économique totale du Continent,
L’Initiative du Corridor Nord-Sud, exemple réussi de développement
intégré régional, avec comme Secrétariat le RFTP (The Regional Trade
Facilitation Programme).
Dans la perspective de l’édification d’une Afrique unie et intégrée,
développée et vivant en paix, l’UA doit aussi relever un défi qui n’est
pas des moindres et qui consiste à trouver un juste équilibre entre
l’exigence de la stabilité politique et le développement
socio-économique rapide auquel aspirent légitimement tous les peuples du
Continent. Pour ce faire, la Commission a élaboré un instrument
essentiel à partir duquel s’engage et se poursuit la mise en œuvre du
processus d’intégration politique et économique du Continent sur une
période quadriennale. Il s’agit du Plan Stratégique 2009-2012, cadre de
travail de la Commission articulé autour de quatre piliers principaux, à
savoir la paix et la sécurité, le développement et la coopération, les
valeurs partagées, le renforcement institutionnel. Ce Plan place entre
autres, la coordination des Initiatives des différentes Parties
prenantes et des Partenaires au cœur même de ses démarches.
Cette année, la Journée de l’Afrique prend un relief particulier dans un
contexte de crise généralisée de l’économie mondiale, avec une Afrique
qui de plus en plus, parle d’une seule voix à des fora internationaux
comme le G20 de Londres afin de présenter une position commune sur les
revendications africaines. Plus encore, l’Afrique désormais rassemblée
et soudée autour d’une vision commune, de valeurs partagées, d’une prise
de conscience collective et surtout d’engagements forts, n’aura de cesse
de réclamer les réformes nécessaires des Institutions internationales,
en vue de sa participation effective à toutes les négociations
internationales pour l’élaboration des règles de gouvernance économique
mondiale et l’amélioration légitime de la représentation des pays
africains dans les institutions Internationales comme le FMI et la
Banque Mondiale, le Conseil de Sécurité des Nations Unies, tout en
prenant de son côté des initiatives comme le NEPAD et bien d’autres pour
montrer que le Continent et ses Institutions ne se contentent pas
d’attendre les soutiens de nos partenaires extérieurs auxquels j’exprime
toute notre gratitude pour leur présence et leur appui constants.
Cette célébration se situe de surcroît, à un moment marqué par des
efforts renouvelés en vue de renforcer la paix, la sécurité et la
stabilité sur le Continent dont la situation dans son ensemble semble
devenir préoccupante avec la résurgence de coups d’État, la dégradation
de certains conflits, la menace du fléau de la drogue dans certaines
régions, l’extension de la piraterie maritime… Cette détermination
s’illustre par de nombreuses mesures, notamment la poursuite de la mise
en place opérationnelle des différentes composantes de l’Architecture
continentale de paix et de sécurité, aux côtés du Conseil de Paix et de
sécurité, telles que le Groupe des sages, le Système Continental
d’alerte rapide, la Force africaine en attente d’une part ainsi qu’à
travers des actions telles que le déploiement en Somalie de l’AMISOM, de
la MINUAD au Darfour et le renforcement de la coopération entre l’UA et
les Mécanismes régionaux pour la prévention, la gestion et le règlement
des conflits d’autre part. Je voudrais ici rendre hommage à tous les
soldats et personnels de police africains déployés dans le cadre
d’opérations de maintien de la paix, sur le Continent et ailleurs, pour
leur contribution et leur abnégation, avec une pensée particulièrement
émue pour tous ceux qui sont morts dans l’accomplissement de leur noble
et difficile mission, au service de la cause de la paix ! Qu’ils
trouvent ici l’expression de notre vive reconnaissance.
Il va de soi qu’en sus de la volonté et de l’engagement des États, le
devenir de notre Continent est en grande partie tributaire du choix, de
l’adhésion et de la participation de chacune de ses filles et de chacun
de ses fils. Pour ce faire, il appartient à chaque État et à chaque
Gouvernement de tout mettre en œuvre à travers une bonne gouvernance et
une prise en compte responsable des aspirations et des besoins
essentiels de leurs concitoyens. La mise en place de la Charte africaine
pour la démocratie, les élections et la gouvernance, du Mécanisme
africain d’évaluation par les Pairs, répond notamment à ces exigences.
Aujourd’hui, il relève de notre devoir à tous de poursuivre d’un même
mouvement et de réussir, cette entreprise d’édification collective du
Continent pour atteindre ensemble dans un futur que nous souhaitons tous
proche, le développement de l’Afrique ainsi que sa prospérité et sa
stabilité ! Sachons enfin concrétiser ce rêve depuis si longtemps
caressé par nos Pères et marchons résolument vers une Afrique unie,
prospère et en paix !
A tous, je souhaite une bonne journée de l’Afrique !
SOURCE :
African Union Commission (AUC)
Posted in AFRICAN UNION / UNION AFRICAINE, Ethiopie |
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