Industrialisation de
l'Afrique : Des progrès, tout de même
Après s'être faiblement accrue au cours des décennies 80 et 90, la
valeur ajoutée de la production industrielle du continent a fait un bond
impressionnant au cours de la période 2000-2004 en atteignant 4,5 % de
croissance annuelle
Depuis 1990, conformément à la résolution 44/237 de l'Assemblée générale
des Nations unies du 22 décembre 1989, les pays africains, avec l'appui
du système des Nations unies, célèbrent la Journée de
l'industrialisation de l'Afrique, le 20 novembre de chaque année. Chez
nous la journée a été fêtée hier."La réduction de la pauvreté par une
croissance industrielle durable", tel le thème de cette année pour une
journée qui a coïncidé avec le 40è anniversaire de l'Organisation des
Nations unies pour le développement industriel (ONUDI).
5,3% EN 2005. Chez nous, l'événement a été marqué hier par une
conférence organisée par la Direction nationale des industries dans la
salle de conférence de la Dette publique. Dans son intervention, le chef
du bureau de l'ONUDI dans notre pays, Bafotigui Sacko, a rappelé que son
institution a pour rôle de promouvoir et soutenir le développement
industriel des pays en voie de développement et des États dont les
économies sont en transition.
De son exposé, il ressort que selon le rapport de l'ONUDI de 2004,
l'Afrique au sud du Sahara a fait des progrès en matière de croissance
de la production industrielle en dépit d'un environnement de plus en
plus complexe et globalisé. En effet, au cours de la période 1980-1989,
la valeur ajoutée industrielle du continent s'est accrue de 1 % en
moyenne. Dans la décennie suivante (1990-1999), elle a augmenté de 1,7%.
Mais c'est au cours de la période 2000-2004 que la valeur ajoutée
industrielle a atteint un taux de croissance annuelle impressionnant de
4,5%.
Bafotigui Sacko a expliqué l'ambition de l'Union africaine, de
l'ONUDI et de la Commission économique pour l'Afrique (CEA) de
transformer l'économie du continent en une économie régionale moderne
dans laquelle le secteur manufacturier constituera l'ossature. Ainsi,
les trois institutions se sont engagées à appuyer des stratégies
nationales et régionales fiables pour la diversification des produits et
l'augmentation des exportations à forte valeur ajoutée.
Le chef du bureau de l'ONUDI au Mali a par ailleurs relevé que les
tendances récentes de la CEA indiquent que l'activité économique en
Afrique a augmenté de presque 5,3 % en 2005. Elle pourrait continuer à
augmenter en 2006 et 2007. L'allégement de la dette et l'augmentation de
la production du pétrole dans cette partie du continent sont de nouveaux
facteurs qui contribuent à la croissance économique.
Pour Mamadou Kéïta qui représentait le ministre de l'Industrie et du
Commerce, l'industrialisation constitue une grande opportunité pour nos
gouvernements d'atteindre leurs objectifs de lutte contre la pauvreté et
de croissance économique. A ce propos, il a rappelé quelques actions en
cours aux plans national, sous-régional et régional avec en tête de
liste, l'adoption et la mise en oeuvre de la politique nationale
d'industrialisation pour la réalisation d'entreprises compétitives et
porteuses de croissance rapide et d'emplois durables en 2004. On peut
citer aussi la mise en oeuvre du Programme de restructuration et de mise
à niveau des entreprises industrielles, le programme qualité UEMOA
(Union économique et monétaire ouest africaine) pour le renforcement des
capacités techniques régionales et nationales dans les domaines de la
modernisation et de la qualité.
Mamadou Kéïta a salué la coopération qu'il a jugée dynamique entre
notre pays et l'ONUDI. Cette institution des Nations unies, a aidé le
Mali à mettre en oeuvre certains de ses programmes et projets.
BEAUCOUP RESTE A FAIRE. Dans un message diffusé à l'occasion de la
Journée de l'industrialisation de l'Afrique, Kofi Annan, le secrétaire
général de l'Organisation des Nations-unies, a jugé que le thème
"Réduire la pauvreté par une croissance industrielle durable" mettait en
évidence le rôle que le développement industriel peut et doit jouer dans
la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement et la
promotion des progrès socio-économiques de l'Afrique.
Le développement industriel durable reste peu perceptible en Afrique,
a estimé Kofi Annan en relevant le grand retard accusé par le continent
par rapport aux autres régions en matière de croissance industrielle et
de création d'emplois. Durant les quinze dernières années,
constate-t-il, la part de l'Afrique dans la production industrielle
mondiale a stagné autour de 1%.
"Cependant, de bonnes perspectives se dessinent vers des
améliorations significatives dans les conditions sociales et économiques
du continent", indique le patron sortant de l'ONU, avant de souligner
combien la croissance économique s'était améliorée dans plusieurs pays à
faibles revenus, augmentant la possibilité pour un nombre plus important
de personnes de sortir de la pauvreté absolue. Malgré ces progrès,
beaucoup reste à faire pour l'ensemble du contient et pas seulement dans
les pays à faibles revenus avec peu ou sans croissance, constate Annan.
Dans les pays qui ont réalisé des avancées, poursuit-il, il s'avère
nécessaire de mettre en place de puissants leviers pour augmenter et
diversifier la base économique africaine par un développement industriel
durable, par le commerce et par l'intégration du marché régional. Il a
salué la décision de l'Union africaine qui a décidé de faire de
l'industrialisation le thème principal de son sommet prévu en juillet
2007.
Madiba KEÏTA
l'Essor n°15840 du - 2006-11-29
http://www.essor.gov.ml/ |
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