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Guinée Mardi 13
Conté choisit la manière forte pour sauver sa tête



La Guinée sous état d'urgence. Face aux grèves et aux manifestations qui réclament son départ, le président Lansana Conté a choisi la manière forte. Au total, les violences qui secouent la Guinée depuis le mois de janvier ont fait 110 morts. Le président Conté refuse de céder à l'opposition qui veut l'acculer à la démission. L'opposition et les syndicats estiment ce septuagénaire malade désormais inapte à gouverner.

Lansana Conté a réagi lundi en décrétant l'état de siège pour onze jours. Il a octroyé des pouvoirs d'exception aux forces armées, qui le soutiennent depuis son arrivée au pouvoir, il y a 23 ans. L'état de siège prévoit un couvre-feu qui empêche les civils de sortir de chez eux plus de six heures par jour.. Il autorise l'armée à censurer les journaux, la radio et la télévision.

Le 13 février, des soldats et des policiers fortement armés ont patrouillé dans les rues quasi désertes de la capitale et d'autres villes. Mais dans la ville de Labé, un millier de manifestants ont violé le couvre-feu. Les forces de l'ordre ont ouvert le feu et ont tué quatre personnes. Au total, les violences ont fait 110 morts en Guinée depuis début janvier.

L'état de siège consacre la rupture entre Conté et son peuple

Cet état de siège prouve que le général président refuse une solution négociée et opte pour la rupture totale avec son peuple. La Guinée était le 13 février en état de siège, décrété par le président Lansana Conté pour stopper des manifestations hostiles qui ont fait plus de 100 tués depuis début janvier, avec notamment des blindés et des forces de sécurité aux endroits stratégiques de Conakry.

Cet état de siège, qui prévoit un couvre-feu 20 heures sur 24, était globalement respecté dans les principales villes de province, à l'exception de la ville de Dinguiraye (nord) et Labé (nord), où de nombreux habitants sont allés faire leurs courses au marché, selon des témoins joints par l'AFP. Aucune manifestation n'a été enregistrée à la mi-journée, tant dans la banlieue de Conakry qu'à l'intérieur de ce pays d'Afrique de l'Ouest, peuplé de 9,4 millions d'habitants et premier exportateur mondial de bauxite, a constaté l'AFP.

Depuis la nomination vendredi soir d'un proche du chef de l'Etat, le ministre Eugène Camara, au poste de Premier ministre, les affrontements entre manifestants exigeant le départ du président Conté et les forces de l'ordre ont fait 45 tués, dont 18 pour la seule journée de lundi.

Syndicats et opposition avaient immédiatement rejeté cette nomination, jugeant le promu trop proche du chef de l'Etat, et repris lundi le mouvement de grève générale dans le pays.

En soirée, le chef de l'Etat, un militaire au pouvoir depuis 23 ans et âgé de 72 ans, a tapé du poing sur la table, décrétant un état de siège suspendant de nombreuses libertés publiques pour, selon lui, éviter une guerre civile.

Uue rupture totale

Dès l'aube Le 13 février, des militaires, gendarmes et policiers ont été déployés aux points stratégiques et sur les principales artères de la capitale, Conakry, et de sa banlieue, selon des témoins.

Des blindés ont pris position à plusieurs carrefours, notamment près de l'aéroport, en banlieue et sur la Place du 8 novembre, point d'entrée vers le centre-ville, ont rapporté les habitants. Aucun véhicule ni civil ne circulait dans les rues, conformément au couvre-feu, la circulation étant seulement autorisée de 16h00 à 20h00 (locales et GMT).

L'état de siège décrété par le président Lansana Conté ouvre la voie à plusieurs interprétations. Et, de l'avis d'un analyste, la décision du général président prouve amplement qu'il n'a pas la volonté de répondre positivement aux revendications des grévistes et il opté pour la rupture totale avec son peuple. Lansana Conté, fait remarquer l'analyste, fonde l'espoir sur l'armée pour réduire au silence tous les manifestants, oubliant que certains militaires soutiennent les grévistes et qu'il n'y a aucune révolution qui dépasse celle du peuple. En définitive, conclut l'analyste, quel soit le dispositif de sécurité mis en place, le renversement du régime Lansana est imminent.


14 Février 2007
Source: le web du 14 Février 2007



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