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La France accusée à l'ONU de "légitimer le racisme"


L'Afrique est le seul continent que le raciste tend à "globaliser", à généraliser. Que l'on soit du sud, du nord, de l'est ou de l'ouest, on est Africain. Le terme Européen ou américain n'est pourtant pas utilisé avec la même légèreté. Sarkozy, peu ou mal conseillé, n'a pas failli à la règle... Tout le monde prétend connaître le continent africain, même sans avoir fait d'études.

De retour d'une mission de 10 jours en France, l'émissaire de l'ONU Gay MacDougall a déclaré, vendredi 28 septembre, qu'un racisme "pernicieux" perdure en France, où des minorités sont reléguées dans des "ghettos" sans espoir de promotion sociale. Regrettant l'"ambiguïté" du discours politique à cet égard, Gay McDougall s'est "rendue compte que le racisme était un sentiment pernicieux dans la société" française. "Des personnes qui ont beaucoup travaillé, qui ont respecté toutes les règles du jeu et qui croient sincèrement aux principes de la République française se retrouvent piégées dans des ghettos urbains où le taux de chômage dans certains cas peut dépasser les 40%", a affirmé lors d'une conférence de presse l'experte américaine, qui s'est rendue notamment dans des banlieues défavorisées de Paris, Marseille et Strasbourg.

Au cours d'une session de la troisième commission de l'Assemblée générale des Nations unies, Doudou Diène s'exprimera sur "la recrudescence des phénomènes de racisme à travers le monde" et sur leur "banalisation politique", voire leur "légitimation démocratique".

Les faits : Doudou Diène, le rapporteur spécial de l’ONU sur le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie, s’est exprimé au nom de l’organisme symbolisant la paix mondiale. Il a accusé nommément Nicolas Sarkozy de s’être inscrit dans “une dynamique de légitimation du racisme”. Selon ce représentant, le discours de Sarkozy est assimilable à phénomène plus large, une inquiétude plus générale de ”recrudescence des phénomènes de racisme à travers le monde”. Caractérisant ces discours dévalorisants comme la "banalisation politique", voire une certaine "légitimation démocratique" de ces discours racistes ayant commis tant de maux au XXème siècle.

M. Diène a sévèrement critiqué le discours prononcé à Dakar le 2 juillet par M. Sarkozy. Dans cette allocution, le président français avait dénoncé l'esclavage et les effets pervers de la colonisation tout en estimant que "le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire" et que "jamais il ne s'élance vers l'avenir".

Doudou Diène, qui dépend du Conseil des droits de l'homme de Genève, a, selon le communiqué officiel, placé le discours de M. Sarkozy dans le contexte des propos du Prix Nobel de médecine James Watson sur la prétendue infériorité intellectuelle des personnes d'ascendance africaine. Ces deux éléments illustrent, selon le rapporteur sénégalais, "la recrudescence des phénomènes et des manifestations de racisme" et participent d'une "légitimation intellectuelle du racisme".

M. Diène a également dénoncé "la criminalisation et le traitement exclusivement sécuritaire des questions relatives à l'immigration". "En France, le projet de loi introduisant les tests ADN dans la procédure de traitement administratif des postulants au regroupement familial constitue aussi une illustration de cette stigmatisation de l'immigré", a-t-il ajouté.

Doudou Diène a enfin affirmé qu'"il était essentiel que le président français, Nicolas Sarkozy, sache que le discours de Dakar a causé une blessure profonde". "Dire devant des intellectuels africains qu'ils ne sont pas entrés dans l'histoire s'inspire des écrits racistes des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles", a ajouté le rapporteur.

Nous sommes, chez Afrology, étonnés de voir le nombre de conseillers d'origine africaine ou apparentée qui entourent le personnage de Sarkozy. Politique du ventre ou simple figuration?


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