Afrique : Les exportations africaines
un déficit de 251 milliards de dollars US en 2009
Déjà en chute libre l'année dernière, les recettes d'exportation en
Afrique devraient accuser un déficit plus accentué en 2009, même en
2010, sous l'impact de la crise financière et économique internationale.
"Le déficit prévu des recettes d'exportation sera de l'ordre de 251
milliards de dollars US en 2009 et atteindra 277 milliards de dollars US
en 2010 pour l'ensemble du continent", ont indiqué les ministres
africains de l'Economie dans un rapport récent.
"La crise est en train de réduire le commerce, qui était le principal
facteur des fortes performances de croissances enregistrées récemment en
Afrique", selon le rapport publié lors d'une réunion ministérielle tenue
du 2 au 7 juin au Caire en Egypte.
La croissance en Afrique subsaharienne, "a atteint un taux moyen de plus
de 6% pendant les cinq dernières années, l'inflation était tombée à
moins de 10% avant l'envolée des prix des carburants et des produits
alimentaires en 2008", rappellent les Perspectives économiques pour
l'Afrique subsaharienne, publiées en avril par le Fonds monétaire
international (FMI).
Incidence sur la demande de produits
Certains indices montrent que la croissance économique du continent
devrait diminuer de 2% à 4% cette année, selon la disponibilité de
financements extérieurs et l'efficacité des mesures prises par les pays
développés pour relancer la demande mondiale, ont indiqué les ministres
africains.
Les incidences négatives de la crise financière et économique
internationale sur le commerce des pays africains depuis 2008 sont
réelles et ne présagent pas une reprise dans l'immédiat.
"Le ralentissement de la croissance économique sur trois principaux
marchés d'exportation (Europe, Etats-Unis et Chine) a une incidence sur
la demande de produits en provenance de l'Afrique", ont noté les
ministres africains de l'Économie.
En termes réels, la croissance des exportations africaines est passée de
4,5% en 2007 à 3% en 2008. "En particulier, les cours des principaux
produits de base exportés par les pays africains ont fortement chuté
depuis le deuxième semestre 2008", expliquent- ils.
Produit le plus touché, le cours du pétrole a baissé de plus de 50%
entre février 2008 et février 2009, tandis que ce déficit est de plus de
20% pour les cours du cuivre, du café, du coton et du sucre.
"La diminution prévue des recettes d'exportation empêchera les
gouvernements de financer l'importation des facteurs de production dont
ils ont besoin et donc d'amortir les effets négatifs de la crise sur
l'économie", s'alarme le continent.
Consensus africain sur la crise
Les ministres africains des Finances et de la Planification, réunis en
novembre dernier à Tunis (Tunisie), avaient souligné la nécessité de
prendre des mesures énergiques et audacieuses pour atténuer les effets
de cette crise sur les économies africaines.
Ils ont mis sur pied un comité de dix membres dont la réflexion a permis
de dégager un "consensus africain sur la crise et sur la manière dont la
communauté internationale pourrait aider les pays de la région à y faire
face".
L'appui de la communauté internationale devrait se traduire par
l'accroissement de l'aide publique au développement, conformément aux
engagements pris par les pays du G8 en vue de suppléer à la baisse des
ressources intérieures due à la chute des exportations et à la
diminution des envois de fonds et des recettes touristiques.
L'Afrique plaide également pour une conclusion rapide du Cycle de
négociations de Doha, devant aboutir à une reconnaissance du rôle que
doit jouer le commerce dans le développement.
Particulièrement, la BAD a pris plusieurs mesures, par exemple, la
création d'un Fonds de liquidités d'urgence de 1,5 milliard de dollars
US pour fournir rapidement un appui ponctuel aux pays pouvant y
prétendre. Elle a aussi créé un mécanisme de financement du commerce de
1 milliard de dollars US.
Les gouvernements africains ont mis en oeuvre des plans visant à
minimiser les effets de la crise, telles que la création d'unités
spéciales de la crise, l'application de mesures fiscales incitatives et
la révision des dépenses du budget. La relance de l'économie par le
commerce représente une composante importante de ces plans.
Par Raphaël MVOGO
Xinhua
|
 |
 Réagissez à cet article!
|