De « nouvelles » annonces
pour camoufler l’échec global du sommet
Les chefs d’État du G8 ont quitté l’Allemagne sans avoir réussi à
restaurer leur crédibilité ou à garantir qu’ils tiendront leurs
promesses envers l’Afrique, indique l’organisation internationale Oxfam.
Bien qu’il ait annoncé des fonds pour le VIH/Sida et d’autres maladies,
le G8 ne s’est absolument pas replacé sur la voie menant à la
réalisation de ses promesses en matière d’aide à l’Afrique et demeure
loin du compte dans certains domaines, dont la santé et l’éducation.
Max Lawson, expert politique d’Oxfam déclare : "La triste vérité,
c’est qu’au moment même où ils quittent l’Allemagne, les chefs d’État
sont toujours en passe de briser leurs promesses de Gleneagles, alors
que quelque 27 milliards de dollars font toujours défaut. Une série de
chiffres sur un bout de papier ne sauveront pas de vies. Seules des
promesses tenues le feront. Les contribuables du G8 exigent une aide
accrue. L’Afrique en a besoin. Il n’y a pas d’excuse valable pour ce qui
s’est passé ici à Heiligendamm."
« Les gros titres impressionnent, mais ils ne veulent pas dire
grand-chose. Au lieu de réaliser ses promesses, le G8 a essayé de
défrayer le plus possible la chronique avec la plus faible augmentation
de l’aide possible. Les 60 milliards de dollars pour le VIH/Sida, la
santé, la tuberculose et le paludisme représentent, tout au plus, une
augmentation de l’aide de 3 milliards en 2010. Elle est la bienvenue,
mais elle est de 27 milliards de dollars en deçà de l’augmentation
promise par le G8 en 2005. »
Dans le domaine des changements climatiques, Oxfam est satisfait de la
déclaration du G8 visant son adhésion à un processus de négociation des
Nations unies pour l’après-2012, et son engagement à réaliser des
réductions marquées des émissions. Oxfam prévient toutefois que les
mesures prévues dans le texte sur les changements climatiques sont
nettement insuffisantes pour protéger les populations les plus pauvres
et vulnérables de la planète qui souffrent déjà des effets des
changements climatiques, et que les objectifs numériques brillent par
leur absence.
Max Lawson ajoute : « Le gouvernement allemand a le mérite d’avoir
persévéré dans sa quête d’un accord sur les changements climatiques.
Nous avons maintenant une orientation précise pour l’action urgente qui
s’impose. Nous sommes cependant très préoccupés du fait que nous
quittons l’Allemagne sans objectif de réduction des émissions pour
l’ensemble du G8 et sans engagement à maintenir le réchauffement global
en deçà de la barre des 2 degrés Celsius. Les effets sur les gens
pauvres et le développement seront dévastateurs. Ils en seront les
premières et les pires victimes. »
Pour ce qui est de l’aide officielle au développement, Oxfam indique que
l’augmentation de 60 milliards de dollars annoncée pour le VIH/Sida
inclut une bonne part des niveaux de dépenses existants et est largement
insuffisante pour remettre le G8 sur les rails en matière d’aide
globale. Selon les calculs d’Oxfam, qui tient pour acquis que l’argent
sera versé sur 5 ans, l’augmentation de l’aide globale n’aura atteint
que 23 milliards de dollars en 2010, alors que le G8 avait promis une
augmentation de 50 milliards à Gleneagles en 2005.
En outre, Oxfam prévient qu’une approche extrêmement musclée
relativement aux règles sur la propriété intellectuelle pourrait annuler
les retombées des sommes supplémentaires promises, du fait qu’elle
entraînerait la hausse des prix des médicaments essentiels à la survie
dans les pays en développement et bloquerait l’accès à des médicaments
génériques à prix abordables. Le G8 a réaffirmé son engagement à
permettre aux pays en développement de se soustraire à un ensemble
restreint de règles internationales relatives à la propriété
intellectuelle en matière de santé publique, mais il a proposé
parallèlement un nouveau cadre qui prévoit la négociation de règles plus
strictes pour les grandes économies émergentes. Oxfam prévient que cette
mesure pourrait empêcher l’approvisionnement en médicaments génériques
de pays qui en ont désespérément besoin.
« Concernant les médicaments et la santé, le G8 donne d’une main et
reprend de l’autre. À la fin de la journée, si cette proposition sur la
propriété intellectuelle est adoptée, nous pourrions bien avoir reculé,
puisque des médicaments essentiels à la survie deviendront
inaccessibles, » conclut monsieur Lawson. Oxfam ajoute que le G8 aurait
dû engager des fonds spécifiques pour les 4,25 millions de travailleurs
de la santé dans le monde , et convenir d’un mécanisme de coordination
international pour financer les régimes de soins médicaux qui
assureraient la santé pour tous.
8 juin 2007
Oxfam - http://www.oxfam.org |
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