La Chine est-elle un partenaire sincère ?
La position de Robert DusseyLa Communauté
de Sant’Egidio a organisé à Rome un colloque consacré aux relations
entre l’Europe, l’Afrique et la Chine auquel est invité le conseiller
diplomatique du président Faure Gnassingbé. Pour Robert Dussey, le mode
de coopération choisi par la chine, caractérisé par l’absence de
conditions et la non ingérence dans les affaires intérieures des États,
"satisfait considérablement les dirigeants africains".
Le conseiller diplomatique du président du Togo, également professeur de
philosophie politique à l’Université de Lomé (Togo) et auteur du livre,
"L'Afrique malade de ses hommes politiques", estime également que
l’Afrique a gagné un statut d’égal à égal grâce à sa coopération avec
Pékin.
Introduction
Mesdames et Messieurs, chers collègues, l’honneur m’échoit ce jour de
prendre la parole devant cette auguste assemblée pour parler de la
coopération Sino-africaine 4 jours après le sommet Chine-Afrique de
Sharm el-Sheikh en Egypte. Je ne peux prendre la parole sans remercier
la prestigieuse "communauté d’i Sant’Egidio," organisatrice de cette
rencontre, précisément son fondateur l’éminent Professeur Andréa RICARDI,
son Président, Marco IMPAGLIAZZO et "l’africain francophone" à multiples
casquettes, l’incontournable Mario GIRO.
Pour mieux comprendre "l’amour" entre chinois et africains,
écoutons cette affirmation : "A l’heure actuelle, la crise
internationale continue à se propager et à s’accentuer. En dépit des
défis majeurs que nous affrontons, nous considérons toujours les
difficultés de l’Afrique comme les nôtres et nous devons faire face
ensemble aux temps difficiles." C’est en ces termes que Monsieur Dai
Bingguo, Conseiller du Président Chinois avait ouvert le 25 mai dernier
à Pékin la journée mondiale pour l’Afrique. Cette assertion est la
démonstration du soutient économique de la Chine aux États africains.
L’Afrique est le continent réunissant le plus grand nombre de pays en
voie de développement, alors que la Chine est pour sa part le plus grand
pays en voie de développement. Que ce soit dans le domaine de la
politique internationale ou dans ceux de l’économie et du commerce, la
chine et l’Afrique peuvent s’entraider et chacun à besoin de l’autre. La
coopération bilatérale sera profitable et avantageuse pour les deux
parties si elle est basée sur le respect mutuel. Mais quelle coopération
pour quel développement ?
I/ Le soutien Africain
L’amitié traditionnelle entre l’Afrique et la Chine qui se développe
depuis un demi-siècle s’est renforcé depuis le voyage du Président
Chinois en janvier 2004 en Afrique (Égypte, Gabon, Algérie) ; avril 2006
(Maroc, Nigeria, Kenya) ; février 2007 (Cameroun, Libéria, Soudan,
Zambie, Namibie, Afrique du Sud, Mozambique, Seychelles) ; février de
cette année (Mali, Sénégal, Tanzanie et Maurice). La Chine travaille de
concert avec l’Afrique pour promouvoir un partenariat stratégique de
coopération dans le respect des principes d’amitiés, d’égalité, de
réciprocité et de développement commun.
L’Afrique n’a pas manqué de soutenir la chine dans les institutions
internationales et précisément aux Nations Unies. La chine a retrouvé un
siège aux Nations Unies en 1971 après vingt deux ans d’exclusion.
L’Afrique à aider la Chine à éviter l’isolement diplomatique sur la
scène internationale. Aujourd’hui, seuls quatre pays africains (Gambie,
Swaziland, Burkina Faso et Sao Tomé et Principe) contre 10 pays en 1993
qui continuent à soutenir le Taïwan. L’Afrique est incontestablement le
meilleur soutient pour la Chine. Mais ce soutien n’est pas sans ignorer
les intérêts des deux partenaires.
II/ Nouveau partenariat sino –africain
Lors du sommet de Beijing en 2006, consacré au forum sur la coopération
sino-africaine, huit mesures ont été présenté afin de développer les
relations sino-africaines :
- L’aide chinoise à l’Afrique,
- Les prêts et crédits préférentiels,
- La construction d’un centre de conférence pour l’Union Africaine,
- L’annulation des dettes,
- Une plus grande ouverture du marché chinois,
- Établissement des zones de coopération commerciale et économique en Afrique,
- Formation des professionnels africains.
En faisant le choix de l’économie du marché au début
des années 1980, la chine s’est lancée dans la compétition mondiale.
Elle acquiert l’essentiel de ses besoins en hydrocarbure en Afrique. La
Chine est devenue au fils des ans, le premier fournisseur du continent.
On dénombre à peu près 900 à 1000 entreprises chinoises en Afrique. Le
volume des échanges avoisine 110 milliards de dollars en 2008, soit une
augmentation annuelle supérieure à 30% lors des 8 dernières années.
La chine a signé des accords d’aide financière avec 48 pays africains ;
des accords-cadres avec 20 pays d’Afrique pour des prêts préférentiels,
le fonds de développement sino-africain, fondé en 2007, a permis
d’injecter 100 millions de dollars dans la réalisation de 6 projets.
III/ les bénéfices de cette coopération
Après un demi siècle, la coopération économique et commerciale entre la
Chine et l’Afrique s’est renforcée en examinant l’évolution du
développement de cette coopération, force est de constater que la Chine
bénéficie énormément du manque de potentiel industriel africain. Mais
pour le moment, les échanges se font plus ou moins de manière cordiale.
Ce qui est important pour les peuples d’Afrique qui garde le souvenir de
l’esclavagisme et de la colonisation.
Aujourd’hui, la mise en place du Forum sur la coopération sino-africaine
a créée une nouvelle plate forme d’échange. La conférence des
entrepreneurs chinois et africains, la Chambre de Commerce et
d’Industrie Chine-Afrique, ainsi que d’autres ONG permettent par
ailleurs de multiplier les contacts économiques et commerciaux.
La coopération se diversifie entre la Chine et l’Afrique. Si elles se
limitaient au commerce des marchandises et à l’assistance économique
(dans les années 1970-1980, la chine a pratiqué quelques donations bien
ciblées et a mis en œuvre des projets de coopération dans l’agriculture,
l’éducation, la santé et les infrastructures) ; elle s’est ensuite
élargie à l’investissement direct, aux prestations et aux travaux
forfait, avant de donner naissance à des zones de coopération économique
et commerciale. La coopération bilatérale englobe à présent le commerce,
la transformation des matières premières, l’exploitation des ressources
naturelles, les transports et les communications, les
télécommunications, l’infrastructure, l’agriculture etc.
Conclusion
La coopération économique et commerciale sino-africaine revêt une
importance certaine en ce qu’elle contribue à la pérennité de son
développement économique durable (les matières premières). Les
exportations vers l’Afrique constituent des sources de revenus en
devises pour les entreprises chinoises. Le mode de coopération choisi
par la chine, caractérisé par l’absence de conditions et la non
ingérence dans les affaires intérieures des États, satisfait
considérablement les dirigeants africains. Ce principe de coopération
attire l’attention de l’occident et permet à la chine d’accroître son
influence sur la scène internationale.
L’Afrique a gagné un statut d’égal à égal à travers sa coopération avec
la Chine. Depuis la chute du mur de Berlin, les pays occidentaux ont
subordonné leur assistance au respect par le continent africain des
valeurs démocratiques.
Publié le 12 November 2009.
sur le site Republicoftogo |
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Robert Dussey
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