Exportateurs de corruption
Verser des pots-de-vin est une pratique courante pour les entreprises
opérant à l’étranger
La corruption est une pratique encore largement répandue pour les
entreprises qui opèrent à l'étranger. Surtout quand elles se trouvent
dans des pays en voie de développement, où les réponses des autorités
locales chargées de combattre le phénomène sont inexistantes ou
inefficaces. C'est une récente enquête de Transparency International,
une ONG basée à Berlin et La Haye, qui le révèle.
L'organisation a réalisé un sondage, dont les résultats ont été publiés
le 4 octobre dernier, en interrogeant plus de 11.000 cadres dirigeants
d'entreprises basées dans 125 pays différents sur les pratiques
commerciales des entreprises étrangères opérant dans leur pays.
Chaque personne interviewée s'est vue demandée dans quelle mesure,
d'après son expérience, les entreprises étrangères versent des paiements
occultes ou des pots-de-vin à des officiels dans leur pays afin de
s'assurer un contrat ou des "bénéfices" d'une autre nature.
Après avoir récolté ces données, Transparency International a établi un
classement des pays en fonction de la propension de leurs entreprises à
faire usage de la corruption. Le tableau qui émerge est préoccupant :
s'il y a en effet des différences notables que d'un pays à l'autre,
aucun pays n'est immunisé contre cette pratique.
Suisse première, Inde dernière
Sur une échelle allant de 0 à 10 - 10 indiquant un comportement
complètement propre - la première place revient à la Suisse, avec une
note de 7,81. Suivent la Suède et l'Australie, avec 7,62 et 7,59
respectivement. De manière générale, le haut du classement est occupé
par des pays plus avancés économiquement (parmi lesquels les Etats
membres de l'UE, le Japon, le Canada et les Etats-Unis), tandis qu'on
retrouve les nouvelles économies émergeantes en queue de classement. Les
trois dernières positions sont occupées par la Russie (5,16), la Chine
(4,94) et l'Inde (4,62).
L'Italie est l'Etat membres de l'UE ayant le résultat le plus bas :
5,94, soit le même niveau que la Corée du Sud, l'Arabie saoudite et le
Brésil. La France, pour sa part, arrive en 15ème position, avec un
résultat de 6,50, derrière les Emirats arabes unis et devant le
Portugal.
Les PME en Afrique
Le rapport analyse en outre la propension à la corruption en fonction
d'autres facteurs comme la dimension des entreprises ou les zones du
monde dans lesquelles celles-ci opèrent. Dans le premier cas, il émerge
que les petites et moyennes entreprises ont plus tendance à payer des
"bakchichs" que les grandes multinationales.
Dans le deuxième cas, le payement de "primes" apparaît étroitement lié à
la moins bonne efficacité des contrôles anti-corruption dans différents
pays. Toutes les entreprises sélectionnées dans l'enquête montrent en
effet une plus grande tendance à utiliser des pratiques illégales en
Afrique et dans les pays en voie de développement en général, tandis que
les pots-de-vin sont beaucoup moins répandus dans les pays
industrialisés où les contrôles sont plus sévères.
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