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Coopération
interafricaine
Seule issue pour se défaire de la dépendance des aides internationales
Le développement de la coopération régionale entre les pays africains
permettra de mettre un terme à leur dépendance vis-à-vis des aides
internationales et de faire face à la crise économique mondiale, ont
souligné plusieurs dirigeants et responsables économiques à l'ouverture
d'un symposium à Assilah sur "La globalisation et le développement :
l'impact de la crise économique mondiale sur l'aide aux pays africains".
Cette crise, qui a démontré les limites de l'ultralibéralisme et influé
négativement sur la dynamique de croissance au continent africain,
menace la sécurité alimentaire, accentue la hausse du chômage et
provoque une forte réduction des exportations des pays africains, a
souligné le président togolais, Faure Gnassingbe, dans une allocution
lue en son nom par Koffi Esaw, ministre des Affaires étrangères du Togo.
Le développement de la coopération Sud-Sud constitue le moyen idoine
pour faire face à cette crise, a-t-il soutenu lors de cette rencontre
initiée dans le cadre du 31e Moussem culturel international d'Assilah
(1er-18 août), appelant à une hausse des subventions en faveur des pays
africains, à une suspension temporaire du service de la dette et au
renforcement de la coopération triangulaire.
De son côté, le président de la Banque africaine de développement (BAD),
Donald Karebuka, a souligné dans un message adressé aux participants à
cette rencontre de deux jours, que la crise économique actuelle est une
opportunité de repenser les relations de coopération interafricaines et
de chercher les moyens qui permettront au continent africain de se
repositionner sur la scène économique mondiale.
La rapidité de réaction des économies africaines face à cette crise à
travers la mise en oeuvre de plans de relance sectoriels ainsi que les
nombreuses réformes entreprises ces dernières années par les pays
africains ont permis toutefois de minimiser l'impact de la crise, a-t-il
ajouté.
Pour sa part, le ministre d'État, des Affaires étrangères et des
Sénégalais à l'étranger, Cheikh Tidiane Gadio, a fustigé le non-respect
par les pays riches de leurs engagements à réserver 0,7% du PIB à l'aide
publique au développement, rappelant que ce pourcentage ne dépasse
guerre les 0,3% dans le meilleur des cas.
Le commerce interafricain constitue 12% du total des échanges
commerciaux des pays africains, alors que ce pourcentage grimpe jusqu'à
plus de 60% en Europe et en Asie, a-t-il ajouté, appelant à la promotion
des échanges commerciaux entre les pays africains.
Les pays africains se sont engouffrés pendant plus de 40 ans dans un
labyrinthe d'aides internationales et de crédits, a relevé M. Gadio. «Il
faut rompre avec cette démarche», a-t-il lancé. «Le développement de
l'Afrique se fera par les Africains et en comptant sur les ressources
naturelles du Continent», a soutenu le responsable sénégalais, rappelant
que le tiers des ressources naturelles mondiales se trouve au continent
africain.
Pour les pays africains, il est nécessaire de développer la coopération
régionale et de donner une forte impulsion à l'unité africaine, a-t-il
soutenu, soulignant que cette tâche ne peut se faire en l'absence du
Maroc, qui a joué un rôle avant-gardiste dans la promotion de l'union
africaine.
Le responsable sénégalais a à cet égard salué les multiples initiatives
menées par S.M. le Roi Mohammed VI visant le renforcement de la
coopération Sud-Sud.
Le secrétaire général de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD),
Mohamed Al Madani Al Azhari, a affirmé quant à lui que l'Afrique n'a pas
tiré profit des avantages de la mondialisation, ajoutant que les pays
africains ont été affectés par la crise économique actuelle à cause de
la baisse des aides internationales, la contraction des transferts de
fonds de la diaspora et l'abaissement du taux de croissance.
Le développement de la coopération Sud-Sud et l'exploitation des
ressources des pays africains constituent la solution idéale pour
permettre au continent de se défaire des griffes de la dépendance
vis-à-vis des aides internationales, a relevé M. Al Azhari.
Pour l'ancien ministre des Finances et de la Privatisation, Fathallah
Oualalou, la hausse du prix de l'énergie et des matières premières
suscitée par la crise économique mondiale aura un impact négatif sur la
compétitivité de l'Afrique face aux pays européens et à des pays comme
les Etats-Unis et la Chine.
Cette crise, qui se poursuivra au moins jusqu'à l'année prochaine, a
affecté les équilibres financiers des pays africains, et aura comme
conséquence le triomphe d'un mode de gouvernance économique et politique
multipolaire, avec à sa tête les Etats-Unis et la Chine, a-t-il ajouté.
M. Oualalou a dénoncé la faiblesse des aides internationales en faveur
des pays africains, rappelant que le FMI a annoncé récemment une hausse
de l'aide accordée aux pays pauvres qui pourrait atteindre 17 milliards
de dollars d'ici à 2014 au moment où un pays comme l'Ukraine va
bénéficier à lui seul d'un crédit de 16,4 milliards de dollars de la
part du même Fonds.
L'ancien ministre a mis en exergue la nécessité pour les pays africains
de développer la coopération régionale, d'entreprendre des réformes
politiques et économiques profondes en vue d'améliorer le système de
gouvernance et de mettre en place des groupements régionaux solidaires
pour faire face aux effets néfastes de la crise mondiale.
La crise économique mondiale menace la stabilité et la sécurité au
Continent africain, en particulier dans des régions où s'activent des
groupes de trafiquants en tout genre et de terroristes, a relevé le
secrétaire général de la Fondation du forum d'Assilah, Mohamed Benaïssa,
rappelant le rôle du Maroc dans la promotion de la coopération Sud-Sud
ainsi que les nombreuses visites entreprises par S.M. le Roi Mohammed VI
aux pays africains lors des dix dernières années en vue de développer la
coopération interafricaine dans plusieurs domaines, en particulier
l'agriculture, l'eau et l'électricité.
Ce symposium, initié en partenariat avec la BAD, se penche sur les
moyens à mettre en œuvre pour alléger le fardeau de la crise actuelle
sur les opportunités économiques dans les pays du Sud et sur la mise en
place d'une approche unifiée africaine pour revitaliser l'assistance
financière régionale et internationale au profit de l'Afrique.
Publié le : 15.08.2009
Par : Abdallah Darkaoui
Source: Le Matin.ma |
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