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Dialogue ou lutte armée?
Tavio Amorin aurait été là...


DECLARATION DU CERCLE KWAME NKRUMAH A L'OCCASION DU 13ème ANNIVERSSAIRE DE L'ASSASSINAT ODIEUX DE TAVIO AYAO AMORIN

Au moment où les Togolais où qu'ils se trouvent au pays ou dans la diaspora commémorent le jour anniversaire de l'assassinat de Tavio Amorin, le pays se trouve en crise ouverte créée par Gnassingbé Faure avec l'appui odieux de la France, après la mort du tyran Eyadéma le 5 février 2005.

Nous savons que beaucoup de jeunes qui sont restés fidèles au combat et aux idéaux de Tavio auraient voulu le voir, être à ses côtés dans ces moments de crise.

Car, si, Tavio, aujourd'hui était vivant, il aurait certainement, contrairement à certains jeunes, eu une autre attitude face à cette crise institutionnelle et de légitimité qui prévaut dans notre pays.

Il pouvait comme il l'avait fait de son vivant porter l'étendard de la lutte sans merci contre la nouvelle dictature ou la dictature version France-Faure. C'est ainsi qu'à l'occasion de cet anniversaire, nous avons le devoir de rappeler quelques idées forces du combat de Tavio.
Par ces idées, notons l'importance de la formation politique pour les jeunes acteurs de la vie sociale et politique aujourd'hui et demain. Cette formation politique doit être organisée et dispensée au sein des partis politiques, des associations citoyennes, des associations estudiantines, au niveau des syndicats, etc.

La formation politique s'acquiert dans la pratique, dans le feu de la lutte et entre les différentes associations. Cela de façon démocratique. Par ailleurs, l'étude de l'expérience de lutte politique des autres peuples peut aider à acquérir cette formation politique conséquente. La trahison due à l'immaturité politique de certains jeunes n'est- elle pas révélatrice de ce manque de formation politique dans le chef de ces jeunes en l'occurrence Gilbert Atsu, l'actuel Secrétaire d'État chargé de la jeunesse?

L'absence de formation politique engendre inéluctablement l'incohérence et la non persévérance dans l'action politique.

Et, Tavio, dans ce domaine de la persévérance dans l'action, nous a laissés un exemple que tout jeune soucieux de l'avenir de son pays se doit de suivre. Pour preuve, l'action politique de Tavio bien que brève a été ressentie dans toute l'Afrique comme modèle et aujourd'hui encore plus de dix ans après sa disparition brutale, nombreux sont les jeunes Africains qui s'en inspirent.

Égal à lui même, Tavio s'est illustré dans la lutte par l'intégrité. Il n'a cédé ni devant l'argent ni devant les honneurs. Tavio pouvait faire comme les autres: se faire nommer ministre, secrétaire d'État, président des conseils d'administration, etc. Il en avait les capacités pour ce faire mais il a tout sacrifié pour la lutte.

Au moment où nous commémorons sa disparition en rappelant son combat, la vérité historique nous recommande la modération de notre propos relative à la lutte politique de Tavio.

Par ailleurs, Tavio aurait dû peut-être penser à d'autres formes de luttes. A cet égard, certains avaient parlé du "pacifisme politique" de Tavio.

Aussi le fait que son parti politique ne lui a pas survécu pose le problème de l'organisation. Ce manque d'organisation est le lot de tous les partis politiques togolais. Cela a comme conséquence : la faiblesse du mouvement démocratique togolais.

L'organisation est un facteur essentiel pour la victoire sur la dictature.

Justement dans les discussions entre Togolais, nous sommes partagés entre le dialogue, la conciliation, les accords, l'election et la lutte armée.Ce débat qui intervient au moment où nous nous souvenons de Tavio mérite d'être ouvert.En tout cas, Tavio aurait dû être là et donner sa contribution.


Fait à Bruxelles ce 23 juillet 2005.
 

Le cercle Kwame N'Krumah



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