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LA COALITION
(ADDI, CAR, CDPA, PSR, UDS-TOGO, UFC)
DECLARATION
à propos des résultats provisoires du scrutin
présidentiel
La Coalition de l’Opposition démocratique a suivi le
mardi 26 avril 2005 sur les médias publics, la proclamation par la CENI
des résultats provisoires du scrutin présidentiels du 24 avril 2005,
résultats selon lesquels le candidat du RPT, Monsieur Faure Gnassingbé
serait élu avec 1 327 537 voix (60,22%) contre 841797 (38,19%) attribuées
à son candidat Emmanuel Bob Akitani .
La Coalition tient à déclarer que c’est à juste titre
que suivant plainte adressée le 27 avril 2005 à la CENI, son candidat
Emmanuel Bob AKITANI conteste fermement ces résultats et demande qu’ils
soient invalidés en raison des graves irrégularités qui ont entaché les
opérations de vote.
Parmi les multiples et graves irrégularités qui
justifient l’invalidation, les plus significatives sont les suivantes :
1/ Première irrégularité grave : le processus a été
vicié dans sa phase préparatoire dans les préfectures que le RPT considère
comme étant ses fiefs par la falsification grossière des listes
électorales.
Il est tout d’abord reconnu de tous que la validité
d’un scrutin repose avant tout sur la fiabilité du fichier électoral.
Aussi est-il de règle que soit invalidé tout résultat électoral basé sur
des listes électorales comportant des irrégularités atteignant un seuil
substantiel par rapport au nombre total des inscrits.
Il convient ensuite de souligner que les grandes lignes
du fichier électoral ayant servi de base au scrutin présidentiel du 24
avril 2005 ont été présentées aux partis politiques le 7 avril 2005 par le
Ministre de l’Intérieur lors d’une réunion qu’il a tenu avec eux.
Selon ce fichier, le nombre total des électeurs
inscrits s’élève à : 3 552 845, pour une population officielle évaluée à 5
092 000 habitants. Les détails concernant la répartition de ce fichier par
région et préfecture figurent sur le tableau joint à la présente
déclaration, lequel tableau indique également les détails afférents à la
population globale par région et préfecture ainsi que le fichier électoral
de 2005.
L’examen des différentes listes préfectorales
constituant le fichier national révèle que les listes de plusieurs
préfectures ont été abusivement « gonflées ».
Il importe, à cet égard, de rappeler que suivant les
normes observées dans tous les pays où l’âge de vote est fixé à 18 ans, la
population électorale est généralement de l’ordre de 50% de la population
globale.
Or à l’examen du tableau en annexe, on est scandalisé
par la différence entre les populations électorales de 2004 au regard de
leurs populations globales de cette année.
Il s’agit des préfectures ci-après :
| PREFECTURES |
POPULATION GLOBALE EN 2004 |
POPULATION ELECTORALE NORMALE EN 2004 |
POPULATION ELECTORALE SUR LE FICHIER ELECTORAL DE
2005 |
| 1 SOTOBOUA |
134.000 |
65.019 |
164.674 |
| 2 BINAH |
65.000 |
32.226 |
68.318 |
| 3 KOZAH |
209.000 |
103.618 |
221.586 |
| 4 DANKPEN |
73.000 |
36.192 |
67.929 |
| 5 DOUFELGOU |
83.000 |
41.150 |
76.509 |
| 6 TCHAMBA |
79.000 |
38.332 |
65.813 |
| 7 BLITTA |
107.000 |
51.919 |
84.137 |
| 8 TCHAOUDJO |
164.000 |
79.576 |
137.418 |
| 9 BASSAR |
103.000 |
51.065 |
85.617 |
| 10 OTI |
131.000 |
53.052 |
83.686 |
| 11 AMOU |
100.000 |
47.408 |
74.416 |
| 12 WAWA |
157.000 |
74.431 |
120.981 |
| 13 KLOTO (HPELE) |
187.000 |
88.653 |
151.012 |
| TOTAL |
1.592.000 |
= 762.641 |
= 1.402.096 |
Soit des écarts s’élevant au total pour les 13
préfectures à 639 455.
Dans ces 13 préfectures, que le parti au pouvoir
considère comme étant ses fiefs, les listes électorales ont été falsifiées
par des inscriptions irrégulières dans des proportions qui enlèves tout
sens au score attribué par la CENI au candidat du RPT.
Ces listes falsifiées et les cartes électorales
fictives auxquelles elles ont donné lieu sont à l’origine des votes
multiples constatés le 24 avril 2005.
2/ Deuxième irrégularité grave : le processus électoral
a été ensuite vicié par un calendrier électoral conçu de manière à
empêcher les contestations des listes électorales falsifiées.
Une fois terminées le dimanche 10 avril 2005, les
opérations de révision des listes électorales et de distribution de cartes
d’électeurs commencées le 28 mars 2005, le Ministère de l’Intérieur était
tenu d’afficher les listes révisées et informatisées de manière à
permettre aux citoyens de faire valoir en application des articles 68 et
69 du code électoral les recours en contestation des anomalies entachant
ces listes. Il importe de préciser à ce propos que selon l’article 68
alinéa 2 du Code électoral, la procédure de recours est initié dans les 5
jours suivant la date d’affichage des listes électorales et peut, avec les
incidents s’étendre sur 15 jours.
Il va de soi que l’informatisation et l’affichage des
listes électorales nécessitent un délai minimal de deux semaines.
Ces deux diligences n’ont pu en conséquence se réaliser
avant la date du scrutin du 24 avril 2005. De sorte que par la manœuvre du
calendrier électoral, les citoyens étaient privés du droit d’exercer les
recours en radiation des inscriptions irrégulières « gonflant » les listes
électorales des 13 préfectures.
Compte tenu de l’ampleur des falsifications, la
manœuvre est de nature à faire invalider le résultat proclamé di scrutin.
Il est au demeurant surprenant que les observateurs de
la CEDEAO après avoir constaté que les listes électorales n’ont pas été
publiées aient tout de même déclaré le résultat du scrutin valable.
C’est le lieu de déplorer que les observateurs de la
CEDEAO aient limité leur mission à la phase du déroulement du scrutin (de
06h à 17h) sans s’être préoccupés ni de la période préparatoire concernant
la révision des listes et distribution des cartes d’électeurs ni de
l’étape décisive du dépouillement des urnes et de recensement des
résultats.
3/ Troisième irrégularité grave : le processus a été
vicié dans les préfectures considérées par le pouvoir comme étant les
fiefs de l’Opposition par la minoration au jour du scrutin du nombre des
électeurs inscrits.
Cette minoration a été notamment observée dans les
localités ci-après :
| LOCALITES CONCERNEES |
Nombre d’électeurs inscrits figurant au fichier
électoral 2005 |
Nombre d’électeurs déclarés au jour du scrutin |
| Commune de Lomé |
601 188 |
494 525 |
| Préfecture de l’AVE |
52 203 |
17 499 |
| Préfecture de l’EST-MONO |
56 462 |
19 763 |
Les cartes d’électeurs imprimés au nom des électeurs
omis au jour du scrutin ont également servi aux votes multiples constatés
dans plusieurs préfectures.
4/ Quatrième irrégularité grave : les résultats attribués à plusieurs
préfectures ne sont pas conformes aux résultats attestés par les délégués
du candidat de la Coalition auprès des CELI.
En voici quelques exemples :
| PREFECTURES |
RESULTATS REELS |
RESULTATS PROCLAMES |
| |
Akitani |
Gnassingbé |
Lawson |
Olympio |
Akitani |
Gnassingbé |
Lawson |
Olympio |
| VO |
92,09% |
5,66% |
0% |
2,25% |
47,51% |
40,91% |
9,75% |
1,83% |
| ZIO |
79,85% |
16,33% |
2,08% |
1,74% |
57,57% |
40% |
0,51% |
1,93% |
| AVE |
85,27% |
11,56% |
1,07% |
2,10% |
55,40% |
16,09% |
26,78% |
1,73% |
| YOTO |
85,33% |
11,84% |
1,01% |
1,82% |
76,85% |
19,47% |
1,01% |
1,82% |
Pour parvenir à ces travestissements le parti au
pouvoir a recouru aux bourrages d’urnes et à des falsifications de
procès-verbaux constatés dans la plupart des préfectures.
5/ Cinquième irrégularité grave : les délégués du
candidat de la Coalition ont été empêchés de remplir leur mission dans
plusieurs zones notamment dans les régions des Savanes Kara et Centrale,
en violation des articles 103 et 122 du Code électoral.
Le candidat de la Coalition a désigné, conformément aux
prescriptions du Code électoral, un délégué titulaire et un délégué
suppléant auprès de chacun des 5 320 bureaux de vote. Ces délégués ont été
chassés de la plupart des bureaux de vote notamment dans la région
Centrale, des Savanes et de la Kara dès le début des opérations et surtout
au moment du dépouillement des urnes et du décompte des résultats.
Dans sa plainte sus visée en date du mercredi 27 avril
2005, le candidat de la Coalition, Emmanuel Bob AKITANI a déclaré qu’au
cas où la CENI mettrait en doute l’exclusion de la plupart de ses délégués
des bureaux de vote, il la somme solennellement de lui communiquer dans
les 24 heures copies de tous les procès verbaux des 5320 bureaux de vote
qui doivent constituer le support du résultat provisoire de l’élection.
Il est acquis que tous les procès-verbaux des bureaux
de vote qui ne comportent pas la signature des délégués de la Coalition
doivent être déclarés nuls, les résultats y figurant n’ayant pas été
décomptés de façon contradictoire en présence du délégué du candidat comme
le requiert l’article 122 du Code électoral.
La coalition déclare, que le dénouement de la crise
togolaise implique avant tout, que soit établie la sincérité des résultats
du scrutin présidentiel du 24 avril 2005 à la lumière des procès-verbaux
contradictoirement dressés au niveau des différents bureaux de vote sur
l’ensemble du territoire national.
Partant des fiches des résultats en sa possession, le
candidat de la Coalition, Emmanuel Bob AKITANI considère que si la CENI
s’était basée sur les procès-verbaux correspondant aux bureaux de vote où
les décomptes ont été contradictoires, il devrait être déclaré vainqueur
du scrutin.
La Coalition tient à exprimer ses remerciements et ses
félicitations aux populations togolaises, notamment la jeunesse pour la
détermination avec laquelle elles se sont mobilisées pour le respect de la
volonté exprimée par les électeurs.
La Coalition élève une vive protestation contre la
manière sauvage dont les forces de l’ordre et les miliciens du RPT ont
réprimé la contestation populaire.
Cette répression a entraîné, entre le dimanche 24 avril
2005 et ce jour :
- Une centaine de morts (Lomé 30, Aného 20, Kloto 2, Danyi 6, Atakpamé 18,
Yoto 3, Sokodé 6, Tsévié 10, Kévé 1, Vogan 2, Notsé 1, Sotouboua 1).
- Plus 300 blessé graves.
- De nombreuses disparitions de jeunes.
- Des destructions de domiciles et outils de travail de plusieurs
responsable de la Coalition à Lomé et à l’intérieur du pays.
- Un exode massif des populations vers les pays voisins, évalué à plus
de 6000 personnes par le Haut Commissariat aux Réfugiés de l’Organisation des
Nations Unies.
La Coalition lance un vibrant appel à l’Union
Africaine, à l’Union Européenne et à l’ONU pour la mise en place d’un
système de protection des populations togolaises.
La Coalition présente ses condoléances attristées aux
familles éplorées et souhaite un prompt rétablissement aux blessés.
Fait à Lomé, le 29 avril 2005
Pour la Coalition
Le Coordinateur Général
Maître Yawovi AGBOYIBO
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