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L'opposition togolaise
vers une implosion?
La coalition doit s'expliquer
S’il est vrai que la vertu n’est pas fille de l’ignorance, la faction de
l’opposition regroupée dans la Coalition qui officie au nom de toute
l’opposition togolaise, ne peut se prévaloir de rien pour faire
l'impasse sur un véritable compte financier, comme l’a demandé le CAR et
avant lui la CDPA. Il est trop facile d’accuser de vouloir casser la
coalition pour se tailler un droit de détourner l’argent collecté. Le
but de ces dons, c’est de doter l’opposition des moyens de faire
campagne afin de gagner les élections pour lesquelles la quête a été
organisée. Ceux qui ont donné des millions, tiennent à leur argent ! Si
les togolais ont mis si prestement la main à la poche, on doit
comprendre qu’ils sont fatigués de la dictature monarchiste et qu’ils
rêvent d’un Togo où tout le monde se sentira chez lui. Nul par ici ne
sent le besoin de jeter son argent par la fenêtre ou d’enrichir un
quelconque leader .Maintenant que tout cet argent n’a servi qu’à
capitaliser un millier de cadavres de togolais, à préparer notre propre
suicide, à nous renvoyer sur le chemin déjà parcouru de l’exil, nous
exigeons que ceux qui nous ont présenté ces élections en trompe-l’œil
comme la panacée s’expliquent.
Déjà que dès le 4 avril 2005, un communiqué de la CDPA du prof. Gnininvi
remarquait : « nous ne comprenons pas aussi la gestion des dons
financiers dont bénéficie la coalition de la part de ses partenaires
alors qu’une commission financière est mise sur pied pour gérer ce
dossier. La CDPA s’insurge contre cet état de chose et demande à ce
qu’une solution soit trouvée à ce problème qui risque de compromettre
dangereusement la coalition ». L’affaire en était restée là ;
jusqu’à ce que le journal « Agni » révèle la disparition de presque 200
millions de francs CFA versé à la coalition. Le communiqué de la
Coalition parce que signé par le président de campagne de Bob Akitani,
le prof. Gnininvi, laisse supposer que la CDPA a eu, entre temps, gain
de cause et que les divergences se soient atténuées. Mais le ton, pour
qui connaît la rigueur de l’auteur, laisse perplexe. Avouons qu’un
compte de campagne, et qui plus est, un rapport destiné aux médias,
commençant par « ouf » est bien singulier. Ensuite il est fait
mention de 5 partis dans le compte -comme composant la coalition, alors
qu’elle était composée de 6 partis avant et au lendemain immédiat de la
farce électorale du 24 avril. Est-ce à dire que le PSR de Me Abi Tchessa
s’en est allé avec ses comptes à lui dans ses bagages ? Le compte de l’UFC
de Gilchrist Olympio n’a-t-il pas été assez clair et diligenté pour que
le rapport signale dans cette phrase ambiguë : « Nos félicitations
vont aux partis politiques qui, outre leurs contributions matérielles,
financières et humaines sur le terrain, ont su mobiliser leurs militants
pour la vente des coupons. La CDPA pour 10.000.000 et le CAR 1. 985.000
ont pu rendre les comptes avec rigueur et rapidité, l’UFC a remis
2.200.000 CFA » ?
En demandant que soit repris le rapport et en interpellant le professeur
Gnininvi à qui il reproche une substitution de compétence, Yaovi
Agboyibor qui n’est pas un enfant de chœur, concluait : « Il revient
en conséquence au Trésorier national de reprendre en liaison avec le
Président de la Commission nationale des finances, l’ensemble des
recettes et dépenses pour en dresser un rapport financier approprié en
s’entourant de tous les renseignements et documents utiles, y compris
les relevés détaillés et chéquiers des comptes bancaires ouverts au nom
de la Coalition au Togo, et éventuellement pour ses besoins à l’étranger
». Une simple association d’idées qui tienne compte du fait que la
CDPA et le CAR aient demandé à la commission des finances de se saisir,
disculpe de fait ceux qui ont parlé, en l’occurrence Gnininvi et
Agboyibor. Est-ce à dire que ceux qui se sont tus constitueraient les
coupables de cette supposée malversation financière ? Il importe donc
que le professeur Aimé GOGUE, Coordinateur chargé de la supervision de
la trésorerie , Mr Honoré FIADJOE, responsable de la commission
informatique, Bruno AKOLY, président de la commission des finances
prennent leur responsabilité afin que cessent ces menées sournoises qui
jette du discrédit sur l’opposition entière. Nous reprochons déjà à
cette coalition d’être composée de haïssables larrons d’honneur et,
c’est bien déjà flatteur. Mais qu’ils se muent en larrons tout
simplement comme les centaines de nos compatriotes qui organisent de
véritables escroqueries par des quêtes dont personne ne voit le compte,
c’est bien lamentable. Nous ne croyons pas que tous soient corrompus
dans cette coalition et nous disposons d’éléments qui permettent de
mettre des personnes à l’écart de la salissure. Les mensonges obstinés
du RPT ne sont tout même pas contagieux !
Chaque jour qui passe voit cette coalition vaciller et la CDPA-BT du
prof GU KONU y mord à pleines dents –à raison. Nous demandons à cette
coalition deux choses avant le crash :
Qu’elle évacue le contentieux électoral et donc qu’elle trouve une
solution aux milliers de togolais exilés, qu’elle situe la
responsabilité dans les violences qui ont conduit à des centaines de
morts, qu’elle fasse dédommager les familles éplorées, qu’elle fasse «
cesser cette violence d’où qu’elle provienne »(formule insensée qui fera
le lit de Koffigoh dans le rôle de Nestor Burma, ce drôle de détective
privé sorti de la plume de Léo Malet), qu’elle traduise devant la
justice ceux qui ont fait couler le sang des togolais lors des élections
auxquelles elle a appelé, qu’elle restitue les sous détournés, qu’elle
déclare dans un communiqué signé par tous les responsables de la
coalition y compris le PSR, CELUI qui a, en réalité, gagné les
élections. Ce n’est que ce faisant que nous pouvons la comprendre
véritablement et comprendre les actes qu’elle a eu à poser et d’autres
qu’elle aura à poser, demain, peut-être.
Qu’elle comprenne que personne ne peut plus tirer si simplement son
épingle du jeu en brouillant les cartes, en abandonnant à leur sort les
milliers de victimes et en recommençant par parler comme si de rien
n’était des législatives avec la complicité du pouvoir combattu. Dans
cette logique, on se souviendra du procès des « disparus du Beach » en
cours au Congo, procès fait aux officiers accusés de faire disparaître
plus de 300 réfugiés qui rentraient dans leur pays parce que Denis
Sassou Nguessou l’autre président putschiste avait demandé à ces pauvres
personnes de rentrer en toute sécurité. Bien entendu le procès ne met
pas en cause les vrais commanditaires de ce massacre, mais quelques
souffre-douleur érigés en boucs émissaires pour sauver « le changement
dans la continuité ». Ce discours et cette méthode ressemblent à s’y
méprendre à la chanson en vogue au Togo. L’apothéose viendra lorsque la
commission désignera en complicité avec le pouvoir, les têtes à
sacrifier.
Les responsables de la Coalition (Mr Olympio en tête) qui sont partis «
négocier » ce retour doivent avoir le courage de rentrer et de
s’installer au Togo puisqu’ils en ont toujours manifesté le désir. Si la
sécurité est garantie pour tous les réfugiés, pourquoi eux-mêmes ne
rentrent t-ils pas ? Cherche t-on des cobayes ? « Une pièce, disait Me
Malonga, dans laquelle se trouve un serpent, personne n’y entre. Comment
passer une nuit dans cette pièce si le reptile n’en est pas délogé » ?
Quel est ce badinage meurtrier, hein ?
Accessoirement que cette Coalition dresse un bilan et dise à quoi ce
regroupage a servi ; parce que pour beaucoup cette coalition n’a servi à
rien et n’est même pas foutue de se doter des moyens de revendiquer sa
victoire ( ?)
Anani Alex Gomez
Liberté Hebdo du 17 Août
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