Aimé GOGUE: « des collègues
de La Coalition semblent être prêts à entrer dans un Gouvernement ..."
Un petit rappel des évènements depuis le 27 mai. Le 27 mai, 4 partis
politiques (La Coalition moins l’ADDi et l’UFC) avaient rencontré Faure
dans le cadre des consultations pour la formation d’un Gouvernement
d’Union Nationale. Suite à cette rencontre on avait pensé à une
«dislocation» de La Coalition. Le 2 juin, une délégation de La Coalition a
rencontré les Présidents Obasanjo et Kufor (CAR, CDPA, UDS-Togo et UFC) à
Accra. Il y avait été décidé que La Coalition devrait communiquer le nom
du Premier Ministre au plus tard le lundi 6 juin. En sa réunion du samedi
4 juin, La Coalition avait décidé de procéder par trois étapes:
- préparer une plate forme;
- négocier cette plate forme avec le RPT;
- proposer un premier ministre issu de La Coalition.
S’il y a accord sur la plate forme, alors La Coalition transmettra le
nom du Premier Ministre. Si le désaccord est profond, il y a interruption
de dialogue. S’il y a des divergences, le médiateur nommé par l’UA jouera
son rôle pour approcher les deux partis. Mais en même temps que la plate
forme se discutait, La Coalition devait choisir un Premier Ministre dont
le nom ne sera communiqué qu’après l’accord obtenu avec le RPT.
La plate forme a été adoptée le lundi 6 juin en présence de tous les
partis politiques de La Coalition. L’UFC a fait savoir qu’elle a besoin de
temps pour la faire examiner par ses instances (Comité Directeur (?),
Président, notamment), ce qui ne semblait pas être initialement prévu.
Après le départ de l’UFC, les cinq autres partis de La Coalition sont
allés transmettre la plate forme à Faure. Vous aurez la plate forme dès
accord des membres de La Coalition. Cette stratégie permet de «satisfaire»
les pressés qu’ils veulent répondre aux «injonctions» d’Obasanjo (!).
L’accord sur cette plate forme est plus prioritaire pour garantir la
défense des intérêts du peuple que le choix du PM. C’est pour cette raison
que, au niveau de La Coalition, seuls des échanges préliminaires sur le
nom du Premier Ministre ont eu lieu. Il est donc prématuré de parler de
«dislocation» de La Coalition. Tous les efforts doivent être déployés pour
éviter une telle catastrophe. Il est vrai que des collègues de La
Coalition semblent être prêts à entrer dans un Gouvernement «d’Union
Nationale».
Il s’agit de faire les efforts pour contrôler leur enthousiasme. Car,
il faut le reconnaître, si certains entrent dans ce Gouvernement sans
l’accord préalable, cela affaiblira La Coalition et la lutte que nous
menons tous ensemble.
Nous vivons une période très difficile, très sensible et très délicate
de notre histoire. Nous avons besoin de l’énergie et de l’intelligence de
chacun de nous tous pour venir à bout de cette dictature soutenue
honteusement par des Chefs d’Etat. Evidemment nous devons faire attention
aux trahisons. Mais nous devons nous surpasser pour dominer nos passions
et surtout nous soutenir les un les autres.
Certains de nos camarades de lutte qui, sous des pressions, de Chefs
d’Etat et parfois de leurs propres militants ou membres de bureau
directeur de parti, peuvent faiblir devant l’adversité. Je crois que nous
gagnerons en leur apportant notre soutien moral et en les encourageant
plutôt qu’en pensant peut être à tort qu’ils ont trahi.
Lomé le 7 juin 2005
Aimé GOGUE |