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Togo/UE-22 Engagements: le contexte est
différent et le progrès réalisé s'est envolé
La Coalition de l'opposition démocratique qui s'est entretenue le
jeudi 14 juillet avec la mission de l'Union européenne (UE) d'évaluation
et de suivi de l'application des 22 engagements a estimé que le contexte
de ses engagements est différent de la situation actuelle et que le peu
de progrès réalisé avant le 5 février 2005 s'est envolé.
Au terme de leur entretien, Pr Léopold Gnininvi, assurant la présidence
tournante de cette Coalition, a déclaré avoir souligné à la mission de
l'UE que la situation actuelle du Togo est différente de ce qui était le
contexte des 22 engagements. Il a indiqué qu'on a pu constater un "peu
de progrès" dans l'application des engagements avant le décès du général
Eyadèma le 5 février 2005, nuançant cependant que "cette amélioration
s'est envolée" et que l'élection présidentielle du 24 avril dernier "a
tourné au drame".
Pour un bon départ et un véritable apaisement favorable à la
réconciliation, Pr Gnininvi a souligné que la Coalition a fait la
suggestion à la Mission qu'on "prenne le problème à la racine" afin
d'arriver à mettre rapidement en place un gouvernement d'union
nationale. Cela pourra redonner confiance et faire revenir les réfugiés,
a- t-il relevé, faisant remarquer que la Coalition ne pourra pas le
faire en étant en dehors du dispositif gouvernemental.
Pour "déficit démocratique", l'UE avait suspendu en 1993 sa coopération
avec le Togo. Une partielle reprise de cette coopération s'est opérée en
novembre 2004, après que le Togo eut pris 22 engagements en avril 2004 à
Bruxelles en vue d'une reprise totale de cette coopération.
Pr Gnininvi
Xinhua
Togo: Les 22 engagements en question:
L’Union européenne note que le gouvernement de la République
togolaise a pris les engagements suivants :
Engagement N° 1.1 : Dans le but d’assurer le plein respect des principes
démocratiques, annonce sans délai d’une reprise ouverte et crédible du
dialogue national avec l’opposition traditionnelle et la société civile,
dans un cadre structuré et transparent.
Engagement N° 1.2 : Engagement de garantir, sans délai, l’action libre
de tout parti politique, à l’abri de tout acte d’harcèlement,
d’intimidation ou de censure.
Engagement N° 1.3 : Engagement de procéder, en partant de l’Accord Cadre
de Lomé, à une révision du cadre électoral, garantissant un processus
électoral transparent et démocratique, et acceptable pour toutes les
parties, dans un délai de 6 mois.
Engagement N° 1.4 : Engagement de garantir à tous les partis politiques
l’accès équitable aux média publics et d’instaurer un système équilibré
d’accès aux fonds publics prévus pour le financement des partis
politiques.
Engagement N° 1.5 : Engagement d’organiser de nouvelles élections
législatives, dans des conditions transparentes et en acceptant des
observateurs internationaux à tous les stades du processus, dès que
possible et suivant le cadre prévu à l’engagement 1.3 ci-dessus.
Engagement N° 1.6 :Engagement d’organiser des élections locales, dans
un délai de 12 mois, dans des conditions transparentes et en acceptant
des observateurs à tous les stades du processus.
Engagement N° 1.7 : Engagement de mettre en place les conditions
nécessaires pour que les Assemblées municipales, démocratiquement élues,
disposent du mandat et des ressources nécessaires pour assurer une
administration locale efficace et démocratiquement légitimée dans un
délai de 12 mois.
Engagement N° 2.1 : Engagement de garantir à tout moment l’absence
d’exécutions extrajudiciaires, de torture et d’autres actes inhumains et
dégradants sur le territoire togolais, y compris par la formation
adéquate des cadres des forces de l’ordre et du système judiciaire.
Engagement N° 2.2 : Engagement de libérer l’ensemble des prisonniers
politiques, clairement détenus en raison de leur opposition politique,
de propos critiques à l’égard du Gouvernement ou d’autres raisons qui ne
justifient pas une détention. La liste des détenus concernés par cette
mesure devrait être établie en collaboration avec une ou plusieurs ONG
reconnue, compétente en la matière et acceptée par toutes les parties.
Cet engagement devrait être respecté dans un délai ne dépassant pas 6
semaines.
Engagement N° 2.3 : Engagement de transmettre au parquet dans un délai
de trois mois tous les dossiers de personnes qui sont en détention
préventive ou en liberté provisoire en vue d’une clarification de leurs
cas en conformité avec la législation en vigueur.
Engagement N° 2.4 : Engagement de permettre l’accès libre aux détenus
par des avocats et par des ONG humanitaires et de droits de l’Homme,
accompagnés d’un médecin de leur choix, à tous les lieux de détention
(prisons, stations de gendarmerie, police etc.), leur permettant de
vérifier l’absence de torture et d’autres traitements inhumains, avant
la fin des consultations.
Engagement
N° 2.5 : Engagement de revoir le mandat et le statut de la Commission
des droits de l’Homme, en vue de garantir son indépendance effective par
rapport aux autorités administratives, dans un délai de 9 mois.
Engagement N° 2.6 : Engagement de faire poursuivre, par des mesures
juridiques ou disciplinaires, les auteurs avérés des exécutions
extrajudiciaires, des actes de torture et de traitement dégradants et
inhumains. Cet engagement devrait aussi comprendre l’amendement des
textes législatifs et réglementaires respectifs là où cela est
nécessaire.
Engagement N° 2.7 : Engagement d’assurer, par des mesures adéquates à
préciser ultérieurement, un fonctionnement de la justice impartial et
indépendant du pouvoir exécutif. Un diagnostic permettant
l’établissement d’un plan d’action est attendu avant la fin des
consultations.
Engagement N° 3.1 : Engagement de revoir le code de la presse et de la
communication pour l’amener à un niveau conforme aux standards
internationaux, dans un délai de 6 mois. En particulier, il est attendu
que les peines d’emprisonnement pour des délits de « diffamation et
d’atteinte à l’honneur », actuellement prévues par le code de la presse,
soient supprimées.
Engagement N° 3.2 : Engagement de garantir, sans délai, aux média, ONG
et représentants de la société civile l’absence de tout harcèlement,
censure ou intimidation.
Engagement N° 3.3 : Engagement de garantir, sans délai, à tous les
acteurs politiques et de la société civile et à tout citoyen le droit à
la libre expression, à participer aux réunions et aux manifestations
pacifiques, en public et sur tout le territoire national, en l’absence
de tout harcèlement, censure ou intimidation.
Engagement N° 3.4 : Engagement de garantir à tous les acteurs politiques
et de la société civile la libre circulation, en tant que citoyens et
dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions politiques ou de
représentation de la société civile.
Engagement N° 3.5 : Engagement de garantir, avant la fin des
consultations, à tout citoyen l’accès libre aux informations des media,
y compris les sites-web des partis de l’opposition, des organisations
nongouvernementales, etc.
Engagement N° 3.6 : Engagement de revoir, dans un délai de 6 mois, le
mandat et le statut de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la
Communication, en vue de garantir son indépendance effective par rapport
aux autorités administratives et à toutes les forces politiques.
Engagement N° 4.1 : Engagement de fournir des rapports le 1er juin et le
1er juillet 2004 aux instances de l’Union européenne, portant sur les
progrès réalisés dans les différents domaines du dialogue, et sur
l’accomplissement des engagements pris.
Engagement N° 4.2 : Disponibilité des autorités togolaises à participer
au dialogue sur place et àfaciliter des missions éventuelles des
fonctionnaires de la Commission et de la Présidence au Togo, dans le
cadre du dialogue entamé.Dans l’esprit du partenariat qui inspire
l’Accord de Cotonou, l’Union européenne s’est déclarée prête à apporter
son soutien financier et technique à la mise en ouvre desdits
engagements.
L’Union européenne invite le gouvernement de la République togolaise à
adopter les mesures mentionnées ci-dessus pour donner suite aux
engagements pris.L’Union européenne poursuivra le dialogue pour
s’assurer d’un renforcement aussi rapide que possible de la démocratie
et de l’Etat de droit en République togolaise, qui constitue un
préalable à la pleine normalisation de ses relations de coopération avec
ce pays.
Ces consultations seront menées dans l’espoir de contribuer à
l’établissement d’un ordre constitutionnel pérenne qui apporte à la
République togolaise la stabilité dont elle a besoin pour faire reculer
la pauvreté, contribuer à la stabilité de la région, et s’intégrer plus
étroitement à l’économie mondiale.Sur la base des rapports réguliers que
la partie togolaise s’engage à fournir sur la mise en ouvre des
engagements précités, l’Union européenne suivra de très près l’évolution
de la situation.
Elle veillera au respect des engagements, en particulier à l’adoption
des mesures garantissant la transparence et le fondement démocratique
des élections législatives dès que possible.C’est de l’ampleur et de la
matérialisation des engagements pris par les autorités togolaises que
dépendront, de façon critique, la nature et l’étendue des mesures
appropriées qui seront, le cas échéant, adoptées.
Pendant la période de consultations, les activités directement en faveur
de la population et de la société civile en cours dans le cadre du Fonds
Européen de Développement seront poursuivies pour autant que les
conditions spécifiques des conventions de financement en cours
d’exécution soient respectées.
L’Union européenne souligne enfin que la pleine coopération des
autorités togolaise est capitale pour lui permettre de reprendre l’aide
à ce pays dans ses efforts de développement.
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