Mise au point de l'UFC et du CAR: 13
Janvier 2007
Halte à la duplicité
L’Union des Forces de Changement (UFC), constate avec regret, comme
le Peuple togolais tout entier, que le régime RPT célébre, une fois
encore, la « fête du 13 janvier ».
Le 13 janvier 1963 est la date à laquelle le premier Président de la
République togolaise, démocratiquement élu, Sylvanus Olympio, a été
assassiné par Gnassingbé Eyadéma, à l’époque, Etienne Eyadéma, ancien
militaire démobilisé de l’armée française.
En réalité, cet acte présenté comme un coup d’État militaire des Forces
Armées Togolaises (FAT), est un crime crapuleux perpétré par un groupe
d’individus désoeuvrés et sans solde, qui ont obtenu d’être intégrés
dans l’armée, une fois leur forfait commis. En effet, ni l’auteur de
l’assassinat, Etienne Gnassingbé Eyadéma ni ses complices
n’appartenaient aux FAT, au moment des faits.
Le 13 janvier 1967 est le jour où Etienne Gnassingbé Eyadéma et ses
acolytes du crime du 13 janvier 1963, ont formellement pris le pouvoir.
Car, depuis le 13 janvier 1963, l’assassin et ses complices qui
inspirent une sainte horreur à la classe politique en raison du crime
resté impuni, dirigent le pays à partir du camp militaire où se trouve
la réalité du pouvoir.
L’irruption violente et sanglante de Etienne Gnassingbé Eyadéma sur la
scène politique togolaise s’est traduite pour les populations togolaises
qu’il a prétendu libérer, par une descente aux enfers. Le régime
totalitaire du parti unique RPT mis en place, a transformé le pays en un
vaste camp de concentration où les droits de l’homme sont
systématiquement et massivement violés. Les finances publiques sont
pillées au profit du chef et de son clan. Ceux-ci se sont enrichis au
détriment du peuple qui croupit dans la misère absolue.
C’est cette situation calamiteuse dans laquelle les errements du RPT et
de son chef ont plongé le pays que la Conférence Nationale Souveraine
(CNS) tenue à la suite du soulèvement populaire du 5 octobre 1990, a
révélée au grand jour. Quel que soit le sens donné par Faure Gnassingbé
et le RPT à la célébration du 13 janvier, rien ne saurait justifier la
glorification de l’assassinat d’un chef d’État démocratiquement élu ni
la prise du pouvoir par un coup de force pour asservir des populations.
Voilà pourquoi, la CNS, dans un souci d’apaisement, avait pris une
résolution faisant de la date du 13 janvier une journée de
recueillement. Les autorités en place, arrivées au pouvoir dans le sang,
prétendent « restaurer la confiance mutuelle, enclencher une dynamique
d’apaisement et s’engager dans un processus de réconciliation nationale
». Cette affirmation semble trouver un écho favorable auprès d’une
certaine communauté internationale prompte à se satisfaire de
déclarations de bonnes intentions au lieu de juger aux actes,
contrariant la volonté populaire de voir aborder les vrais problèmes en
vue d’un règlement juste et durable de la crise.
La célébration d’une date qui exacerbe les ressentiments et constitue un
facteur de division ne peut aller dans le sens de la réconciliation
nationale.
Force est donc de constater qu’à l’instar du défunt dictateur Gnassingbé
Eyadéma, qui prétendait ouvrer pour l’unité nationale, pendant qu’il
classait les togolais en « togolais à part entière et togolais
entièrement à part » son fils Faure Gnassingbé pratique la duplicité,
les actes n’étant jamais en harmonie avec le discours.
On ne peut prétendre « restaurer la confiance mutuelle » en persévérant
dans la culture de la violence et de l’impunité. On ne peut prétendre «
créer une dynamique d’apaisement » en célébrant le crime. On ne peut
prétendre ouvrer pour la « réconciliation nationale » et dans le même
temps, continuer d’exalter l’assassinat de Sylvanus Olympio, père de
l’indépendance du Togo et père de la Nation togolaise.
La célébration de la « fête du 13 janvier » reste un acte d’arrogance
qui participe de l’instrumentalisation des forces armées pour intimider
et narguer les populations togolaises et pour étouffer et réprimer toute
velléité de contestation d’un régime qui refuse obstinément l’alternance
démocratique.
La célébration de la « fête du 13 janvier » est en flagrante
contradiction avec la prétendue volonté de réformer et de moderniser
l’armée togolaise pour la rendre républicaine, clamée haut et fort par
Faure Gnassingbé dans son programme.
L’UFC exprime ses plus vives protestations contre cette célébration qui
contredit la prétendue volonté de réconciliation des autorités
togolaises autoproclamées et confirme leur manque de crédibilité.
L’UFC condamne avec la plus grande vigueur la célébration de cette
“fête” qui donne lieu par ailleurs à un gaspillage des deniers publics
pendant que les laborieuses populations togolaises vivent dans la
précarité, croupissent dans la misère et sont réduites à la mendicité.
L’UFC exhorte les populations togolaises à redoubler de vigilance afin
de mettre en échec toute velléité des autorités autoproclamées de
perpétuer l’imposture.
Fait à Lomé, le 13 janvier 2007
Pour le Bureau National,
Le 3ème Vice-Président,
Patrick Lawson
LE CAR ET LE PREMIER MINISTRE NE PARTICIPERONT PAS AUX CEREMONIES DU
13 JANVIER 2007
Le Fédération du CAR en BELGIQUE prend acte de la décision du Comité
directeur du CAR de ne pas participer aux cérémonies du 13 janvier 2007.
Par conséquent, et contrairement aux rumeurs et informations diffusées
sur certains sites web, le Premier Ministre Maître AGBOYIBO et les
représentants du CAR au sein du Gouvernement d’Union nationale n’ont pas
participé aux cérémonies et festivités organisées à Lomé ce samedi 13
janvier.
La Fédération du CAR-BELGIQUE se félicite de cette décision conforme aux
valeurs de vérité et de justice prônées par le parti et invite tous les
togolais (de l’intérieur comme de l’extérieur) à œuvrer sincèrement pour
une paix et une réconciliation véritable.
Philippe AMEDODJI
Pour le Bureau du CAR-BELGIQUE.
Tél. : +32 486 89 70 30
E-mail : carbelgique@yahoo.fr |
 |
 Réagissez à cet article!
|