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Déclaration de l’UFC
relative à la célébration de la "fête du 13 janvier" par le régime RPT

HALTE A LA DUPLICITE !
L’Union des Forces de Changement (UFC), constate avec regret, comme le
Peuple togolais tout entier, que le régime RPT s’apprête à célébrer, une
fois encore, la "fête du 13 janvier", poursuivant ainsi, la logique
d’arrogance et de duplicité qui a toujours compromis toute résolution
sereine de la crise togolaise.
Le 13 janvier 1963 est la date à laquelle le premier
Président de la République togolaise, démocratiquement élu, Sylvanus
Olympio, a été assassiné par Gnassingbé Eyadéma, à l’époque, Etienne
Eyadéma, ancien militaire démobilisé de l’armée française.
Contrairement à ce que prétend la mythologie du
régime RPT, cet acte présenté comme un coup d’État militaire des Forces
Armées Togolaises (FAT), est un crime crapuleux perpétré par un groupe
d’individus désoeuvrés et sans solde, qui ont obtenu d’être intégrés
dans l’armée, une fois leur forfait commis. En effet, ni l’auteur de
l’assassinat, Etienne Gnassingbé Eyadéma ni ses complices
n’appartenaient aux FAT, au moment des faits.
Le 13 janvier 1967 est le jour où Etienne Gnassingbé
Eyadéma et ses acolytes du crime du 13 janvier 1963, ont formellement
pris le pouvoir. Car, depuis le 13 janvier 1963, l’assassin et ses
complices qui inspirent une sainte horreur à la classe politique en
raison du crime resté impuni, dirigent le pays à partir du camp
militaire où se trouve la réalité du pouvoir.
L’irruption violente et sanglante de Etienne
Gnassingbé Eyadéma sur la scène politique togolaise s’est traduite pour
les populations togolaises qu’il a prétendu libérer, par une descente
aux enfers. Le régime totalitaire du parti unique RPT mis en place, a
transformé le pays en un vaste camp de concentration où les droits de
l’homme sont systématiquement et massivement violés. Les finances
publiques sont pillées au profit du chef et de son clan. Ceux-ci se sont
enrichis au détriment du peuple qui croupit dans la misère absolue.
C’est cette situation calamiteuse dans laquelle les errements du RPT et
de son chef ont plongé le pays que la Conférence Nationale Souveraine
(CNS) tenue à la suite du soulèvement populaire du 5 octobre 1990, a
révélée au grand jour.
Quel que soit le sens donné par les autorités de fait
à la célébration du 13 janvier, rien ne saurait justifier la
glorification de l’assassinat d’un chef d’État démocratiquement élu ni
la prise du pouvoir par un coup de force pour asservir des populations.
Voilà pourquoi, la CNS, dans un souci d’apaisement, avait pris une
résolution faisant de la date du 13 janvier une journée de
recueillement.
Par la mise en œuvre d’une stratégie de la terreur
(prise d’assaut du siège du gouvernement et capture du Premier Ministre
Koffigoh, le 3 décembre 1991, faisant plusieurs morts ; attentat contre
la caravane de M. Gilchrist Olympio à Soudou, le 5 mai 1992 faisant
plusieurs morts dont le docteur Marc Atidépé ; assassinat de Tavio
Amorin le 22 juillet 1992 ; prise en otage des membres du HCR, Parlement
de transition en septembre 1992 ; massacre à l’arme de guerre, de
populations aux mains nues, le 25 janvier 1993, à la Place Fréau ;
etc.), et de la duplicité (remise en cause du consensus issu de
l’Accord-cadre de Lomé signé en juillet 1999 ), Gnassingbé Eyadéma s’est
employé à empêcher toutes les réformes démocratiques, y compris la
transformation du 13 janvier en une journée de recueillement, a
instrumentalisé les institutions de la République et organisé des
élections frauduleuses pour se maintenir au pouvoir.
Aujourd’hui, après la mort de Gnassingbé Eyadéma, les
autorités togolaises autoproclamées, arrivées au pouvoir dans le sang,
prétendent « restaurer la confiance mutuelle, enclencher une dynamique
d’apaisement et s’engager dans un processus de réconciliation nationale
». Cette affirmation semble trouver un écho favorable auprès d’une
certaine communauté internationale prompte à se satisfaire de
déclarations de bonnes intentions au lieu de juger aux actes,
contrariant la volonté populaire de voir aborder les vrais problèmes en
vue d’un règlement juste et durable de la crise.
Les récents propos du commissaire européen à la
coopération, au développement et à l’action humanitaire, Louis Michel,
tenus lors du dernier sommet France-Afrique, en décembre 2005 à Bamako,
et selon lesquels M. Faure Gnassingbé s’est engagé dans un processus de
réconciliation nationale, viennent ainsi de subir un cinglant désaveu.
La célébration d’une date qui exacerbe les ressentiments et constitue un
facteur de division ne peut aller dans le sens de la réconciliation
nationale.
Force est donc de constater qu’à l’instar du défunt
dictateur Gnassingbé Eyadéma, qui prétendait œuvrer pour l’unité
nationale, pendant qu’il classait les togolais en « togolais à part
entière et togolais entièrement à part » son fils Faure Gnassingbé
pratique la duplicité, les actes n’étant jamais en harmonie avec le
discours.
On ne peut prétendre « restaurer la confiance
mutuelle » en persévérant dans la culture de la violence et de
l’impunité. On ne peut prétendre « créer une dynamique d’apaisement » en
célébrant le crime. On ne peut prétendre œuvrer pour la « réconciliation
nationale » et dans le même temps, continuer d’exalter l’assassinat de
Sylvanus Olympio, père de l’indépendance du Togo et père de la Nation
togolaise.
La célébration de la « fête du 13 janvier » reste un
acte d’arrogance qui participe de l’instrumentalisation des forces
armées pour intimider et narguer les populations togolaises et pour
étouffer et réprimer toute velléité de contestation d’un régime qui
refuse obstinément l’alternance démocratique.
La célébration de la « fête du 13 janvier » est en
flagrante contradiction avec la prétendue volonté de réformer et de
moderniser l’armée togolaise pour la rendre républicaine, clamée haut et
fort par Faure Gnassingbé dans son programme.
L’UFC exprime ses plus vives protestations contre
cette célébration qui contredit la prétendue volonté de dialogue et de
réconciliation des autorités togolaises autoproclamées et confirme leur
manque de crédibilité.
L’UFC condamne avec la plus grande vigueur la
célébration de cette ‘’fête’’ qui donne lieu par ailleurs à un
gaspillage des deniers publics pendant que les laborieuses populations
togolaises vivent dans la précarité, croupissent dans la misère et sont
réduites à la mendicité.
L’UFC lance un appel pressant et solennel à la
communauté internationale afin qu’elle mette fin à son attitude de
complaisance qui encourage le régime à persévérer dans l’arrogance,
l’intransigeance et la duplicité.
L’UFC exhorte les populations togolaises à redoubler
de vigilance afin de mettre en échec toute velléité des autorités
autoproclamées de perpétuer l’imposture, en transformant le dialogue
annoncé en un marché de dupes.
UFC 11 janvier 2006
Pour le Bureau National,
Le Deuxième Vice-Président,
Amah Gnassingbé
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