Les complots contre le
député Dahuku Péré et ses partisans
Depuis la publication de sa déclaration, ses adversaires ne cessent pas
de faire courir des rumeurs à son sujet, dans le but de discréditer son
projet de réforme, de démobiliser l’opinion et surtout de préparer le
terrain psychologique pour des coups tordus plus musclés. Certaines de
ces fausses rumeurs font état de sa fuite du pays, d’autres disent qu’il
serait mort, d’autres affirment encore qu’il serait plutôt en train de
préparer un coup d’Etat contre le régime etc. Tout récemment, ses
adversaires tentent vainement de diriger leur campagne de discrédit
contre les dirigeants de SOLIDA en particulier et les dispositifs de
communication soutenant le courant réformateur du RPT en général, en y
injectant de fausses informations. C’est ainsi qu’ils ont fait courir le
bruit selon lequel notre ami Dahuku Péré "est mis en résidence
surveillée et qu’on lui administre des poisons susceptibles de le
paralyser à terme". Il est possible qu’ils envisagent un tel scénario,
mais pour l’heure ils n’ont pas encore passer à son exécution ; nous ne
verserons pas dans la pratique du mensonge et de la désinformation ni
dans les mélodrames pour susciter des sympathies éphémères. Nous
attirons donc l’attention des militants et des sympathisants du courant
réformateur à l’intérieur du pays comme à l’étranger, de vérifier
soigneusement les informations avant de les propager. Il importe de
garder intact notre crédibilité. L’efficacité de nos actions en dépend
largement. L’exemple qui suit illustre bien les visées des fabricants de
ces fausses rumeurs.
En effet, dans un précédent point de presse le député Péré faisait état
d’un appel téléphonique de la part d’un certain « ancien militaire
résidant en Allemagne » qui « souhaiterait le rencontrer dans la
clandestinité », à un endroit de son choix. Ça pourrait être « soit à
Paris, soit à Cotonou, soit encore quelque part dans le grand Nord du
Togo ». Au cours de cette rencontre secrète, notre « ancien militaire »
lui communiquerait « de bouche à oreille », sans témoin, le plan de
l’action que ses compagnons et lui-même seraient sur le point de mener
au Togo pour nous «débarrasser de la dictature » ! Nous vous épargnons
les détails.
Ce traquenard grossier éclaire la signification des différentes rumeurs
répandues dans la rue relatives à sa mort ou à son arrestation ainsi que
les objectifs que visent leurs auteurs : faire admettre à l’avance dans
l’opinion publique la disparition du député Péré ; lui imputer la
responsabilité des actes et des circonstances qui lui auront coûté la
vie et, à défaut de le liquider, constituer des preuves de sa
culpabilité dans une entreprise facilement qualifiable d’atteinte à la
sûreté de l’Etat !
Du coup l’on comprend bien le sens d’un éditorial de la TVT servi peu de
temps auparavant dans lequel il fut abondamment question de la mémorable
« nuit des longs couteaux » de Mustafa Kemal Atatürk de Turquie et
attribuée, par ignorance ou par un lapsus significatif, à Adolf Hitler.
Cette expression rappelle l’action menée à la tête de l’aile moderniste
de l’armée par l’illustre officier patriote turc pour sauver la patrie
en danger des incuries du sultan et de sa cour corrompue. L’attribuer à
Adolf Hitler, spécialiste des coups tordus en politique, n’est pas tout
à fait gratuit. Hitler fut plutôt l’instigateur de l’incendie du palais
du Parlement allemand par ses propres « miliciens » pour l’attribuer
faussement aux communistes et aux démocrates antinazis et justifier par
la suite ses actes de répression criminelle contre les libéraux
Allemands. Par ces actes, Hitler et ses amis créèrent artificiellement
des troubles et semèrent de l’insécurité dans le pays, préparant ainsi
le terrain psychologique qui favorisa non seulement leur ascension au
pouvoir, mais aussi l’application des méthodes fascistes
antidémocratiques avec l’adhésion des masses séduites par les mensonges
et la manipulation.
En clair les adversaires du projet de réforme du RPT et du processus de
démocratisation du pays, s’activeraient à fabriquer un faux complot, en
organisant une fausse « nuit des longs couteaux », c’est-à-dire de faux
troubles de l’ordre public semés par leurs cohortes de marcheurs
professionnels et de liseurs de motions, pour se donner un prétexte
politique et une apparence de légalité leur permettant de se débarrasser
des adversaires politiques en général et des libéraux au sein du parti
en particulier. Et aussi, pourquoi pas, en profiter pour passer un
magnifique coup de balaie à la Hitlérienne en vue de nettoyer l’armée
des éléments devenus peu sûrs, parce qu’ils sont gagnés par les idées
réformatrices des libéraux de la mouvance présidentielle.
Mieux encore, à défaut de pouvoir maintenir par voie institutionnelle
l’emprise du "système RPT" sur le pays, ce serait pour ces radicaux une
belle occasion pour "forcer" les autorités légales à décréter l’Etat
d’urgence, dans le but d’échapper à l’incontournable nécessité de
procéder à la libéralisation effective du parti et de l’espace politique
national d’une part et, en profiter pour franchir à moindre frais la
ligne buttoir de 2003, d’autre part. C’est du classique bien rodé au
Togo !
En tout cas c’est bien dans cette ténébreuse perspective que nous
comprenons à SOLIDA, la campagne nationale de désinformation, de
dénigrement et de calomnie haineuse orchestrée à travers tout le pays
par les adversaires du changement. C’est dans le même sens qu’il faut
considérer la décision du Comité Central d’exclure les deux chefs de
file du courant réformateur du RPT. L’objectif serait de décapiter le
courant réformateur en isolant leurs meneurs.
Cette dernière tentative des conservateurs dans leurs vains efforts
d’endiguer la progression irrésistible des idées réformatrices au sein
du parti, loin de démoraliser les initiateurs du projet et réfréner
l’enthousiasme de militants, a plutôt renforcé leur détermination à
conduire cette salutaire entreprise à son terme. En effet, comme vous le
savez, elle a d’abord fait sortir le député Dahuku Péré de sa réserve
momentanée pour faire une mise au point publique sans équivoque. Ce que
nous retenons à SOLIDA de ce premier point de presse du député Dahuku
Péré, parlant au nom des libéraux du RPTi, se résume en quatre points
essentiels :
1. les réformateurs au sein du RPT ont voulu faire comprendre clairement
qu’ils ne
sont pas des adeptes des voies de fait, ni des fauteurs de troubles,
encore moins des "faiseurs" de coup de force ou de coup d’Etat. Ils
agissent visiblement dans le respect des statuts du parti et des lois de
la République ; ce sont d’authentiques partisans de l’ordre public et de
la légalité républicaine ! Du reste et jusqu’à preuve du contraire, ils
n’ont encore à aucun moment posé un quelconque acte qui se rapprocherait
de près ou de loin des actions que leurs détracteurs voudraient
faussement leur imputer.
2. Le député Dahuku Péré a réaffirmé la fidélité et la loyauté des
réformateurs au RPT
ainsi que leur amour pour la patrie ;
3. la réforme qu’ils réclament ne vise à éliminer personne en
particulier ; elle vise
plutôt à éliminer du parti « un état d’esprit, des méthodes et des
pratiques » qui sont contraires au nouveau régime constitutionnel du
pays ; ceux qui donc refusent de se conformer au nouveau régime
politique du pays, se disqualifient eux-mêmes par rapport aux conditions
requises pour militer au sein du RPT rénové que la masse des militants
appellent de leurs vœux ! L’attitude des conservateurs traduit un refus
personnel du changement qu’il tente illégalement d’imposer à l’ensemble
du parti ;
4. en dénonçant ce complot grossier, les réformateurs, par la voix du
député Dahuku
Péré, ont tenu à exprimer leur attachement aux règles et mécanismes
institutionnels de régulation démocratique et pacifique des conflits
politiques. C’est dans ce sens qu’ils inscrivent la réforme de leur
parti parmi les conditions indispensables à la sortie pacifique de la
crise politique qui paralyse depuis dix ans le fonctionnement régulier
des institutions républicaines, sapant les fondements du pays ;
5. enfin, en saisissant l’occasion de cette mise au point pour exprimer
son amitié et sa
sympathie à l’ancien Premier Ministre, Agbéyomé Kodjo, le député Dahuku
Péré, a réaffirmé la relation de cause à effet entre sa déclaration et
la persécution dont son ami a fait l’objet de la part des conservateurs
pour avoir refusé de les suivre dans leur refus du changement. Contraint
à la démission et par là même à quitter le camp des conservateurs, il
s’est engagé résolument sur le front du courant réformateur. Sa
déclaration qui fait échos à celle du député Dahuku Péré, a « révélé des
choses restées plutôt cachées », des faits et des pratiques «dont il a
eu une expérience particulière au cours des mois qu’il a passé à la tête
du gouvernement ». C’est dans la droite ligne du projet de réforme du
RPT que s’inscrit tout naturellement la démission du militant Agbéyomé
Kodjo de son poste de Premier Ministre ainsi que la déclaration qui la
sanctionne.
Notons au passage que si nous étions dans un contexte de fonctionnement
régulier des institutions de la République, cette déclaration aurait pu
être faite devant la représentation nationale, c’est-à-dire l’Assemblée
nationale dont il a reçu son investiture lors de son entrée en fonction.
Replacé donc dans son contexte de pertinence, loin d’être un pamphlet,
cette déclaration qui fait échos à l’éthique politique et sociale
sous-jacente à celle de son co-équipier dans le projet de réforme du
parti, constitue à bien des égards un programme de bonne gouvernance qui
indique à quel « niveau de profondeur » devra atteindre le changement
prôné au RPT et pour l’ensemble de la nation. La réforme prônée devra
toucher tous les domaines affectés par les effets désastreux de la
gouvernance dictatoriale, notamment l’exercice de l’autorité publique et
la gestion des institutions et des ressources du pays.
Dans son dernier interview publié sur Togoforum et Solidatogo, le député
Dahuku
Péré invite avec insistance à dépasser l’aspect "fracassant" du "brûlot"
au vitriol de son compagnon pour "voir dans [ce] document la quête
sincère d’une nouvelle vision de la gouvernance pour notre pays",
affirmant qu’à son avis, son ami "n’a pas cherché à faire du fracassant"
avant de conclure que "c’est la réalité en elle-même, celle des faits
qu’il dénonce, qui dépasse l’entendement et confère le caractère
"fracassant" à son expression".
Par la suite les deux leaders réagiront ensemble à la décision qui les
excluait du RPT en rendant publique une déclaration commune pour marquer
leur solidarité politique indissoluble. Ils ont fortement réaffirmé leur
détermination à conduire à terme les réformes du parti de la mouvance
présidentielle dont ils continuent à se réclamer en dépit de leur
exclusion formelle prononcée arbitrairement par le Comité Central sous
la férule des caciques.
En guise de conclusion à cette rubirque, nous retenons les enseignements
suivants :
1. La propagation des fausses rumeurs font toujours partie de la
panoplie des armes psychologiques de ceux qui manipulent la crédulité de
l’opinion des masses populaires et mentent à l’opinion publique pour les
entraîner à soutenir l’insoutenable ; les conservateurs du RPT s’y sont
longtemps rompus à cet art du cynisme.
2. A SOLIDA, nous notons chaque jours avec une réelle satisfaction
l’effet contraire que les fausses rumeurs et les marches de propagande
contre le courant réformateur produisent au sein du RPT et dans la
nation : non seulement les gens comprennent que ces conservateurs
mentent comme à leur accoutumé, mais encore ils prennent conscience de
l’ampleur de la gangrène qui ronge le parti ainsi que des causes
profondes de la misère nationale. Le résultat inattendu de tout ce
branle bas est que de nombreux citoyens prennent de plus en plus
ouvertement position en faveur de la lutte pour la République, la
démocratie réelle et la moralisation de la vie publique. De tous les
côtés fusent les contestations contre les multiples formes de pratiques
oppressives du "système RPT Parti-Etat" que dénoncent les réformateurs.
La campagne produit des effets pervers favorable aux réformateurs et
plus déstabilisateurs du vieux système que ses promoteurs aveuglés par
la haine ne pouvaient prévoir.
3. Notre joie atteint son paroxysme en constatant que le message du
courant réformateur est clairement perçu pour ce qu’il est en vérité, à
savoir une formidable contribution à la dynamique fédératrice des forces
du progrès en lutte contre la dictature.
4. Néanmoins, à SOLIDA, nous ne versons pas facilement, par expérience,
dans le triomphalisme bon enfant ! Aussi ne cesserons-nous pas
d’exhorter nos militants et sympathisants à plus de vigilance pour
déjouer les complots de l’adversaire. Nos armes sont simples, mais
puissantes : informer correctement, convaincre par la justesse de nos
vues et se laisser convaincre par des vues plus justes !
LA SITUATION SUR LE TERRAIN DE LA PERSECUTION
1. En ce qui concerne le député Péré et sa famille
Dans son interview donnée à Togoforum, le député Dahuku Péré a
brièvement décrit la situation qu’il vit depuis les évènements
déclenchés par sa déclaration :
"Lorsqu’en fin mai 2002 j’ai voulu me rendre à abuja pour la session du
Parlement de la CEDEAO, je m’étais heurté à une interdiction de sortir
du territoire national ; depuis, je n’ai pas eu à faire d’autres
tentatives. Mais à la faveur de certaines circonstances qui tendaient à
confirmer les informations à ma disposition, j’ai compris que cela
pouvait me coûter cher de m’éloigner un peu trop de Lomé, et surtout de
m’aventurer dans le Nord du pays. C’est donc en tenant compte de toutes
ces contraintes et des conseils des amis, que j’ai résolu finalement de
circonscrire mes mouvements à Lomé et à ses environs immédiats. Même à
Lomé où je sais être suivi dans mes moindres faits et gestes, je veille
à ne pas me retrouver hors de chez moi au-delà d’une certaine heure, non
pas par couardise, mais par responsabilité, ne voulant pas servir de
prétexte à ceux qui cherchent à faire sombrer le pays dans la violence
par esprit de vengeance, sachant que leur "ligne de conduite" n’a plus
d’avenir. Mais en dépit de tout cela je ne développe nullement le
complexe du persécuté un peu trop facile, je me sens tout à fait libre
au fond de moi".
De ces lignes il se dégage un constat : le député Péré fait l’objet
d’une interdiction implicite de sortie du territoire national et d’un
cantonnement officieux dans le rayon de la ville de Lomé et ses environs
immédiats ; il se sent contraint, par sagesse et par responsabilité, de
circonscrire ses déplacements dans ce rayon relativement plus
sécurisant. En clair le reste du pays profond lui est interdit d’accès,
d’autant plus que les campagnes de dénigrement et de calomnie visent à
répandre la haine contre lui et son compagnon. Des inscriptions sur de
nombreuses pancartes, reprises par des cris haineux des manifestants
manipulés, demandent qu’ils soient pendus au poteau comme des traîtres.
Dans la déclaration de Kara, il a même été faussement mentionné qu’il
avait été pris à parti par ses électeurs qui voulaient le lyncher et
qu’il aurait été sauvé de justesse par les forces de sécurité. Voilà qui
préfigure clairement un scénario à la Hitlérienne !
Le plus dur c’est le fait d’étendre cette persécution aussi absurde
qu’inutile à ses enfants, au mépris de la morale et des lois de la
République. C’est ainsi que son fils qui vient d’obtenir son
baccalauréat, s’est vu refusé le titre de voyage pour se rendre à
l’étranger en vue de poursuivre ses études supérieures. Si le fils à qui
on ne peut rien reprocher dans cette affaire, ne peut pas sortir du
pays, ce n’est certainement pas le père qui le pourrait ! Le député Péré
a tout récemment introduit une plainte en bonne et due forme devant la
Commission Nationale des Droits de l’Homme et nous attendons la suite.
Le problème est que la rentrée scolaire a déjà commencé et le retard
s’allonge.
2. Les enfants Kodjo non plus n’ont toujours pas leurs titres de voyage
Les enfants de l’ancien Premier Ministre Kodjo vivent la même
persécution. Les autorités qui semblent prêter attention aux
déclarations des liseurs de motion déniant la nationalité togolaise à
leur père, leur refusent également des titres de voyage, allant même
jusqu’à confisquer leurs actes d’état civil. Toutes les interventions
tentées à ce jour pour débloquer la situation, semblent se heurter à un
mur de béton. C’est le comble de la méchanceté !
3. Les persécutions contre les militants réformateurs
D’une façon générale, l’on continue à subir des pires traitements en
affichant ouvertement son adhésion au courant réformateur, surtout à
l’intérieur du pays livrés à l’arbitraire des sbires du système qui
jouissent d’une totale impunité. Dans son interview cité plus haut le
député Dahuku Péré affirme à ce sujet : "J’avais prévu qu’il pourrait
découler de mon acte des conséquences très fâcheuses pour moi-même et
pour mon foyer. Ce que je n’avais pas prévu c’est que des amis puissent
s’impliquer à mes côtés au point de devoir supporter ces conséquences
avec moi. Mais je dois dire que certaines personnes m’ont paru
particulièrement bizarres quand j’ai découvert à quel point elles
peuvent infliger des souffrances injustifiées à ceux qui ne cherchent
qu’à les aider à sortir de leur mauvaise posture. Je n’arrive pas à
comprendre ce que mes collègues du Comité Central du RPT reprochent à
mon initiative ou à l’effort déployé par certains parmi eux pour nous
amener à examiner mes propositions de réformer le fonctionnement du
parti et sa gestion de l’Etat (…). Malheureusement on continue encore à
poster partout, en ville et dans les agglomérations, des sbires qui
traquent et molestent tous ceux qui manifestent ouvertement leur
adhésion à ma déclaration". C’est sans commentaire !
4. Les licenciements des militants de SOLIDA se poursuivent
Après le professeur Sey-Sandah Lantam-Ninsao "révoqué" de la fonction
publique "pour activités incompatibles avec sa fonction", c’est le tour
de Monsieur Alfa Kpindji-Nadé d’être licencié pour les mêmes motifs mal
définis. La décision du Ministre de la Fonction publique se contente de
parler en termes vagues "d’activités incompatibles" avec leurs
fonctions.
En attendant des précisions sur ces "activités incompatibles" avec les
fonctions des intéressés, l’on peut spéculer en pensant aux activités
qu’ils mènent dans SOLIDA en général et le soutien actif qu’ils
apportent au courant réformateur du RPT en particulier. Si cette
interprétation se révélait exacte, ils y auraient de plus utiles
dégraissages des effectifs de la fonction publique à effectuer
prochainement !
Loin de nous laisser divertir par ces actes arbitraires, nous continuons
résolument la lutte patriotique, confiants dans la justesse de la cause
défendue. Nous saisissons l’occasion pour exprimer à tous les militants
et amis qui nous ont généreusement apporté leur soutien dans nos
diverses épreuves et leur assurons de notre détermination qu’aucune
forme de répression ne saura faiblir.
Quant aux campagnes abjectes de dénigrement et de calomnie auxquelles se
livrent nos adversaires contre nous, nous leur réservons bonnement un
silence méprisant ! C’est la seule réponse qu’elles méritent !
SUR LA REALITE DE LA CAMPAGNE D’INTIMIDATION ET DE PROVOCATION MENEE
CONTRE LES FORCES DU PROGRES.
De nombreuses personnes se sentent prises d’un véritable vertige en
voyant des cadres du RPT drapés dans toute la respectabilité sociale se
livrer avec acharnement à ce lynchage haineux contre leurs collègues
qu’ils approuvent pourtant en secret ! Ces personnes sont poussées à la
limite de l’absurdité lorsqu’elles entendent qu’une écrasante majorité
de ces "faux lyncheurs" apportent au courant réformateur, toujours
discrètement, non seulement leur soutien moral, mais aussi leur aide
active sous diverses formes. La vérité, toute simple pourtant, est la
suivante : toutes les manifestations du RPT Parti-Etat sont forcées en
ce qui concerne une bonne partie les cadres du parti.
Dans un système de Parti-Etat, le parti est placé au-dessus de toutes
les institutions de la Nation. La fonction publique appartient au
Parti-Etat et les fonctionnaires sont ses serviteurs. Notons au passage,
que c’est dans cette logique que l’on licencie les fonctionnaires dont
les agissements remettent en cause le système du Parti-Etat. Pour être
honnête avec la logique, ces agissements ne sont rien d’autre qu’une
authentique subversion contre l’ordre du Parti-Etat. Vous comprenez bien
que dans ce contexte, contestable certes, mais compréhensible, les
cadres de la fonction publique, en particulier ceux qui participent à un
degré ou à un autre à l’exercice du pouvoir d’Etat subordonné au Parti,
sont forcément obligés de participer à toutes les manifestations
commandées par les hautes autorités du Parti-Etat, notamment les
"journées de réflexion" et "les marches de soutien" au régime. S’y
dérober reviendrait à "contester l’autorité" du parti avec toutes les
conséquences qui en résultent.
Les choses se compliquent terriblement pour tous ceux auxquels l’on
reprocherait, à tort ou à raison, quelques malversations quelles
qu’elles soient dans l’exercice de leurs fonctions. Or, justement le
propre de tout système de Parti-Etat, quelle que soit l’idéologie qui le
sous-tend par ailleurs, est qu’il favorise la gestion patrimoniale de
l’autorité et des ressources de l’Etat ainsi que la corruption qui s’en
nourrit tout naturellement. Le cas de notre pays n’est plus à démontrer.
Sous ce regard, la création opportuniste de la ‘Commission de lutte
contre la corruption et le sabotage économique’ décidée par les autorité
du RPT Parti-Etat en dit plus long. En réalité, la création de cet
organisme, indispensable par ailleurs, s’inscrit dans une stratégie
politique qui se vérifie au file des jours ; et qui peut nier
aujourd’hui son efficacité comme instrument de répression contre les
velléités contestataires du système ! L’anticorruption et le Système de
Parti-Etat sont plutôt antinomiques. Ils sont comme le jour et la nuit !
Là où donc ils coopèrent étroitement, harmonieusement, le premier est
toujours et forcément soumis aux impératifs arbitraires de l’autre, au
détriment de ses propres objectifs : moraliser la gestion des ressources
publiques !
En clair, tous ces nombreux partisans du courant réformateur qui
"tapissent dans l’ombre" d’un système qui les a usés et même abîmés
moralement, sont contraints de courir, à leur corps défendant, dans la
cohue des "journées de réflexion" et des "marches de soutien" pour
sauver leur liberté factice voire ce qui reste de leurs misérables vies.
Ça peut nous paraître déraisonnable voire lâche, mais ce n’est pas peu
de chose dans le contexte que nous vivons, quand l’on veut juger
honnêtement ces comportements en apparence surprenants en les
confrontant à la réalité. C’est pourquoi nous nous félicitons
sincèrement des divers gestes de solidarité que certains de ces
compatriotes se risquent à exprimer à l’égard du courant réformateur, en
particulier de ses leaders. L’appui discret mais efficace qu’ils
apportent déjà à nos « comités de citoyens » à la base constitue de
précieuses contributions à notre programme de communication et de
dissémination des idéaux et des objectifs du changement. Nous
encourageons nos militants à leur faire confiance, tout en gardant
éveillée leur vigilance habituelle.
Un dernier mot : à SOLIDA nous ne craignons pas les "taupes", tout
simplement parce que nous n’avons rien de répréhensible à cacher ; notre
cause est juste, nos visées sont claires et licites, nos méthodes
d’actions sont légales, notre moral est bon grâce au soutien de la
population, en particulier les jeunes qui seront les grands
bénéficiaires des changements projetés !
L’EVOLUTION REMARQUABLE DU MOUVEMENT UNITAIRE DES FORCES DU PROGRES
Un autre sujet de satisfaction des militants de SOLIDA vient de
l’évolution positive du mouvement unitaire au sein des forces du progrès
engagées dans la lutte contre la dictature. Ce mouvement porté par trois
faisceaux notoires converge vers une véritable coalition progressiste à
l’échelle nationale.
Le premier faisceau est constitué par les partis politiques de
l’opposition traditionnelle qui s’efforcent de s’unir entre eux d’une
part et, d’unir leurs efforts de lutte à ceux du courant réformateur du
RPT, d’autre part. C’est du jamais vu au Togo ! Pour une fois nos
leaders mettent en veilleuse leurs ambitions politiques personnelles,
bien légitimes par ailleurs, pour inscrire la fin de la dictature au
centre de leur lutte commune et conjuguer en conséquence leurs énergies
sur les objectifs qui contribueront à la victoire collective.
Le second faisceau est formé par le vaste courant réformateur au sein du
RPT qui s’efforce lui aussi de rassembler, malgré la répression féroce
des conservateurs, la multitude des militants désabusés, de la base au
sommet du parti, pour leur redonner un cadre d’action politique
correspondant parfaitement à leurs aspirations quotidiennes et à leur
espérance, d’une part et, pour réconcilier le parti avec l’espoir commun
de la nation, d’autre part. Reconnaître que cette réconciliation passe
nécessairement par la fin du "système du Parti-Etat" et l’instauration
effective du nouvel ordre constitutionnel, constitue une profonde
mutation des mentalités et des réflexes émotionnels au sein de la
mouvance présidentielle. C’est un tournant décisif de l’histoire
politique du pays. Réformer le RPT, c’est tout simplement lui faire
renoncer au "système de Parti-Etat" qui repose sur le postulat du
monopole de l’action politique par un seul parti et admettre
l’alternance démocratique qui repose sur le principe de la compétition
électorale et de la légitimité populaire sous l’égide de la loi.
Le troisième faisceau des forces du progrès se constitue des différentes
composantes de la société civile qui se réveillent ici et là et se
mobilisent dans un esprit unitaire très perceptible, concentrant
prioritairement leurs efforts sur les seuls objectifs concourant à la
fin du système actuel de gestion des affaires publiques. L’apport
décisif de la société civile à l’éradication pacifique de tous les
facteurs négatifs dont s’alimente le "système de Parti-Etat" est
incontournable. C’est l’assise la plus sûre et la plus durable de
l’esprit républicain et citoyen !
Les trois faisceaux des forces du progrès convergent remarquablement
vers une commune vision des choses. Tout le monde s’accorde enfin sur un
seul objectif prioritaire : mettre définitivement fin au système actuel
de gouvernement pour libérer les citoyens, les lois, les institutions et
les ressources de la République de l’emprise illégale et illégitime de
la dictature.
L’ouverture des partis politiques, d’abord les uns sur les autres et,
ensuite sur la société civiles organisée, constitue le point focal de
l’activité de SOLIDA, qui comme nous l’avons promis, appui de toutes ses
forces ce mouvement unitaire patriotique. SOLIDA admire sincèrement les
énormes efforts de dépassement qui ont rendus possibles ces
retrouvailles républicaines fort stimulantes. C’est un réel sujet
d’espoir pour la nation tout entière, la jeunesse en particulier.
Toutefois, nous continuons à exhorter tous les responsables des forces
du progrès, à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour éradiquer tous
les facteurs conflictuels qui pourraient être exploités par les tenants
du système pour semer la diversion et la division.
SOLIDA saisit l’occasion pour exprimer les sincères remerciements de ses
militants à tous les efforts déployés à l’étranger, parmi la diaspora
togolaise comme parmi les cercles des amis du Togo, pour faciliter
l’émergence de la dynamique unitaire des forces du progrès dans notre
Nation. La poursuite de leur appui est plus que jamais nécessaire pour
accompagner ces forces dans les difficiles tous premiers pas sur la
route de l’unité. Nous savons compter sur eux !
Que Dieu bénisse le Togo et tous ses enfants !
Lomé, le 16 septembre 2002
Pour la Coordination nationale
Sey-Sandah Lantam-Ninsao
Coordination Générale: email: solidatogo@yahoo.fr
M. Sey-Sandah Lantam-Ninsao (Tél. 228-904-22-00); Kpindji-Nadé Alfa
(Tél. 228-904-57-44)
|
 |
 Réagissez à cet article!
|