Le guerrier n'est plus:
Magloire Kwami Djonakou KOUNALE
(22 mars 1959- 19 septembre 2005)
Né le 22 mars 1959 à Tomégbé dans la préfecture de Wawa, Magloire Kwami
Djonakou Kounalé EKLO est décédé en Russie le 19 septembre 2005.
Dès son enfance, il a commencé à goûter à la dureté de la vie : pendant
que son père était aux études, Magloire est resté à Koutoukpa chez un
parent pour ses études primaires. Bien plus tard, il se rendra à Sokodé
pour les études secondaires au Lycée de la ville. Magloire partira
ensuite pour ses études supérieures en ex- Union Soviétique où il a été
formé en Agronomie. Il en est sorti Ingénieur. Il retournera au Togo
s’occuper d’une ferme agricole familiale.
Comme la plupart des jeunes de cette époque, ce sont les événements
politiques d’octobre 90 qui lui ont fait prendre le train de la révolte
et de la contestation contre le mal incarné par Eyadema et son système.
Bien avant cette période, Magloire s’est révolté et a pris conscience
que le régime abhorré d’Eyadema devait être combattu. Il nourrissait de
la haine pour ce système (…)
C’est en ex- URSS s’est approché davantage de la politique en lisant les
classiques révolutionnaires et la dialectique socialiste. Enfin la
situation politique dans son ensemble l’a poussé à choisir le camp des
faibles et des sans moyens ; celui de la justice.
A la suite de la vaste répression des années 93-94, Magloire prendra
aussi le chemin de l’exil au Ghana voisin. Cela avec la ferme
détermination de participer de près à la lutte libératrice du Togo
c'est-à-dire au renversement du système Eyadema.
Jusqu’à sa mort le 19 septembre 2005, Magloire est resté militant actif
allant jusqu’à pratiquer la double appartenance. C’est ainsi qu’il s’est
fait membre du parti NDC de Jerry Rawlings au Ghana, sa terre d’asile.
Magloire a souhaité voir le TOGO débarrassé de la horde arrogante à sa
tête. Pour ce fils du pays, c’est par le renversement du rapport de
forces, entre autres, que le changement véritable interviendra au Togo.
Cette vision réaliste de la situation togolaise va l’amener à l’O.C.L.
Organisation des Combattants de la Liberté. Dans les années 1995, on
s’en souvient, cette organisation avait hanté les nuits du dictateur
Eyadema. Seule compte pour Magloire l’action. C’est d’ailleurs pourquoi,
on le voit rarement lors des manifestations de rue.
Ironie du sort, Magloire est mort en exil, en Russie où il a fait ses
premières armes comme militant politique. Ce fils de baron du RPT n’est
pas fils à papa comme son itinéraire l’atteste.
Magloire est un homme cool n’aimant ni les honneurs ni la gloire.
Pour nous, la mort de Magloire est une perte de plus, une perte de trop.
Ce père de famille a beaucoup voyagé et pris plusieurs contacts pour le
compte de la lutte libératrice. Une vie simple à la fois remplie d’actes
héroïques et palpitants s’éteint dans la simplicité.
La jeunesse togolaise doit continuer le combat en suivant les pas de ce
patriote.
La grande leçon à tirer du parcours de ce combattant est que nous avons
toujours la possibilité de choisiret de nous démarquer de tous ceux qui
retardent la chute de la dictature .
Malgré que son père Kounalé Eklo soit un haut placé du système Eyadema,
Magloire a pris fait et cause pour les peuples togolais.
Le nom de Magloire Kounalé, comme ceux de Folly Bertin, Tavio Amorin,
Félix Amégan sera un jour inscrit sur le monument des démocrates tombés
pour la renaissance d’un Togo libre et prospère.
Comme on dit en russe, DO SVIDANIA (au revoir)
Au revoir Combattant de la Liberté !
Ton prénom « Djonakou » signifie en langue éwé « né pour mourir ».
Cher camarade, tu es mort pour la bonne cause…
Signé :
GLIGLI Mouta Maurice
Bruxelles, ce 05 octobre 2005
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Magloire Kounalé
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