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Discours pour l'entrée dans la nouvelle année 2006



Togolaises, Togolais,

Le 14 octobre 2005, je me suis adressé à vous tous aux fins de proposer la poursuite de la résistance, certes pacifique mais résistance tout de même contre l'association internationale de fait, des criminels de tout bord gavés de notre sang.

A l'occasion de l'entrée de la nouvelle année 2006, je saisis cette opportunité pour réaffirmer à la face du monde toutes les lignes de notre discours programme du combat pour la liberté du 14 octobre dernier.

Malgré les critiques qui se sont élevées ça et là, force est de constater que les derniers événements en Afrique et en Amérique latine nous donnent raison: le président Laurent Gbagbo de Côte d'Ivoire à ordonné la mise en vente de tous les biens immobiliers de feu le président Félix Houphouët-Boigny, les considérant à juste titre comme patrimoine du peuple ivoirien et ce n'est que justice! En Amérique Latine, le nouveau président indien de Bolivie Evo Morales a proclamé haut et fort que tous les contrats signés au nom du peuple bolivien sont nuls et ce n'est que justice!

Les soit disant pays riches ne sont riches que du pillage des richesses des pays soit disants pauvres! Nous devons leur barrer la route jusqu'à la victoire finale.

Des faits bouleversants survenus en 2005 ont été le révélateur de l'action nocive sur la planète entière des nations supposées civilisées. Je n'en veux pour preuve que la vision du cyclone Katrina et de ses conséquences aux États-Unis.

Les ouragans naissent, disent les scientifiques, dès que la température sur les océans atteint 26°. Tout le monde s'accorde à dire que ce réchauffement est dû au pillage effréné de la forêt amazonienne en Amérique latine, suivi de déportations de populations entières qui entrent ainsi dans une misère de plus en plus grande! Qui est à la base de ces pillages? Certes, le rejet de gaz industriels dans l'atmosphère y contribue mais dans une plus moindre mesure même si on préfère le mettre en avant pour dissimuler la tragédie infligée aux populations de l'Amazonie et en prime ralentir le développement des pays dits pauvres.

Katrina nous a rappelé que depuis plusieurs siècles, des populations africaines, après une déportation éhontée, vivent une intégration difficile régulièrement révélée par des bavures policières. Qui est à la base et s'est enrichi de ces déportations?

Le café, le cacao et le coton, pour ne citer que ceux-là, sont négociés sur les places boursières avec le plus grand mépris pour la force de travail du cultivateur africain ou sud américain ne reconnaissant à leur production, aucune valeur ajoutée. On évoque pour se justifier les lois du marché, celles de l'offre et de la demande. Qui donc fixe les prix de ces marchés? Alors qu'aucun produit industrialisé n'est négocié selon cette même loi: ils sont quant à eux soumis aux strictes règles des coûts de revient de la comptabilité analytique.

A n'en pas douter, ni le cyclone Katrina, ni les pluies diluviennes, ni le réchauffement climatique ou l'avancée du désert en Afrique sub-saharienne et peut-être même le dernier tsunami de l'Asie du Sud Est ne sont des catastrophes. La vraie catastrophe naturelle, c'est la politique de certains gouvernements occidentaux, aveuglés par leurs courses effrénées à la consommation égoïste et individualiste au mépris des autres nations de la planète!

Aujourd'hui, comme un boomerang, la catastrophe se retourne déjà contre le paysan français -les autres nationalités vont suivre peut-être lequel paysan français se rend compte que le produit de sa ferme lui est acheté à perte. L'actualité de temps en temps nous dévoile de violentes manifestations contre la politique agricole commune pratiquée par l'Union Européenne.

Depuis plus de 40 ans, malgré le sang versé par nos aïeux pour arracher notre indépendance, des valets locaux à la solde de certains politiciens hypocrites européens, hypothèquent notre liberté, notre fierté et notre âme! C'est un devoir sacré que de leur barrer la route et surtout de les bouter hors de nos frontières. Heureusement, une nouvelle race de politiques français est en route pour plus de justice; je voudrais saluer ici le courage politique et l'honnêteté intellectuelle de celle qui a dénoncé certains faits regrettables de l'armée française en Côte d'Ivoire.

Notre détermination à résister coûte que coûte, nous conduira irrémédiablement à la victoire finale et pour la postérité, cette victoire n'est pas négociable.

Aujourd'hui, à la veille du premier jour de l'an de grâce 2006, je me refuse de vous bercer d'illusions par des vœux de bonne année et de bonne santé!

Comment pourrait-il en être autrement quand je sais que des Togolais, réfugiés au Ghana, non seulement ont été molestés et depuis plusieurs semaines, ont des membres fracturés par des policiers zélés mais aussi et surtout sont interdit d'accès aux soins les plus élémentaires!

Comment pourrait-il en être autrement quand je sais que des Togolais font beaucoup de tapages médiatiques au nom des réfugiés afin de recueillir des fonds pour disparaître ensuite de la circulation laissant ceux des nôtres qui souffrent le plus, dans une plus grande désolation morale!

Je vous souhaite, que dis-je, je nous souhaite une année de lutte et de résistance farouche pour que notre victoire soit éclatante et sans équivoque!

Depuis 40 ans, l'embryon sanitaire mis en place par les pères de la nation, a été saccagé et démantelé par une série de politiciens véreux, bornés et incapables. Il n'existe plus aucun programme de santé digne de ce nom capable de soigner la population dans des conditions acceptables. Il est navrant d'ailleurs de constater qu'aucun chef d'état africain aujourd'hui décédé ne s'est fait soigné dans son pays.

C'est la raison pour laquelle depuis plusieurs semaines, nous sommes en négociation avec une mutuelle de santé pour rembourser une partie des frais de santé (soins et pharmacie) de tous nos concitoyens restés au pays ou réfugiés dans les pays limitrophes.

J'invite tous les togolais à se réunir autour de notre projet de lutte qui va conduire notre riche et beau pays, le Togo à la liberté et au développement.

La lutte sera peut-être longue mais nous devons la mener courageusement jusqu'à son terme. Pour cela, nous vaincrons ou nous mourrons mais ce sera dans la dignité.

Vive la République, vive le Togo.


Londres, Royaume Uni, le 31 décembre 2005
Le Président du Haut Conseil de l'Entente Togolaise pour la Résistance



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