Discours prononcé par Faure Gnassingbé
à l’ouverture du dialogue inter-togolais
La paix des cimetières:Les bonnes paroles de Faure, sont des
voeux pieux puisqu'il n' y a aucun engagement de sa part, encore moins
un document écrit... Seule la communauté internationale et l'Union
européenne peuvent se faire avoir en cédant à cette forme nouvelle de
pitié internationale afin de débloquer les fonds de l'UE vers le Togo...
car il ne s'agit bien sûr que de cela... Il faut en effet rassurer les
principaux responsables politiques européens, français, nigérians,
Ghanéens et leurs familles en pourparlers avancés sur des projets
d'investissements au Togo. Aucun changement au pouvoir ne les
intéressent. Il faut donc gagner du temps et endormir la communauté
internationale qui s'accommode de la paix des cimetières au Togo,
puisque l'important est de s'assurer que la position internationale des
responsables togolais s'aligne sur celle des pays ayant le Togo sous
contrôle.
Du peuple togolais, de la justice, de la vraie démocratie avec des
nouvelles élections présidentielles et législatives, la révision de la
constitution, la séparation des pouvoirs entre le ministère de la
défense avec les militaires et le ministère de l'intérieur avec la
police et la gendarmerie... il n'en sera pas question. Bref, Faure
souhaite faire mieux mais le peut-il vraiment? Son frère Kpatcha est-il
le Président bis du Togo et de fait empêche-t-il Faure de mettre en
oeuvre ses bonnes paroles à l'image du bon samaritain choisi sur la base
d'élections usurpées?
En clair, les observations d'Afrology peuvent se résumer en quelques
points:
1. Au lieu de justice, Faure nous parlera de pardon envers ceux qui ont
commis des crimes. Et les victimes?
2. Qui sont les membres du dialogue inter-togolais? Où est la coalition
de l'opposition? Quelle place pour la Diaspora, sinon rentrer comme les
réfugiés...
3. Mensonge quotidien sur la sécurité au Togo qui ressemble plus à la
sécurité basée sur la peur et la paix des cimetières: les barrages
policiers sont déplacés 24h avant les visites officielles;
4. Rien sur le timing... et les différentes étapes pour un vrai
dialogue;
5. Faure avoue le travail mal fait mais demande pardon car peut mieux
faire... On se croirait à l'école où au lieu de redoubler sa classe pour
mauvaise note, le Président sorti d'une élection usurpée demande
l'indulgence de la communauté internationale pour ne pas le faire
redoubler;
6. Faure ne dit rien sur l'élection usurpée, ni sur les indemnités ou
les concessions que le pouvoir est prêt à faire.
Conclusion: Faure veut rester au pouvoir et montre à la communauté
internationale et à Obasanjo et consorts de la CEDEAO qu'il est
reconnaissant... Un fait notable: A. Oumar Konaré n'a pas été remercié.
Dont acte.
Extraits de la réponse reçue des autorités togolaises ce jour
19/11/02:
1. Le RPT a remis vendredi à Lomé aux responsables politiques, un
mémorandum qui propose la forme et le contenu de ce dialogue. Ce
mémorandum de cinq pages, est une synthèse des déterminants et des
fondements du dialogue que relance Faure Gnassingbé et le RPT.
2. Selon ce mémorandum, ce dialogue qui peut prendre la forme de
"pourparlers" ou de "concertations", doit permettre aux partis
politiques de débattre de la réforme du cadre électoral et la mise en
place des conditions d'organisation des élections législatives et
locales "libres, fiables et transparentes".
3. Outre ce point, le dialogue aura à discuter de l'épineuse question du
retour et de la réinsertion des réfugiés.
4. Le mémorandum suggère également des débats sur la poursuite de la
mise en oeuvre des 22 engagements souscrits par le gouvernement en avril
2004 vis-à-vis de l'Union européenne, dans le but de corriger le
"déficit démocratique" ayant conduit à la suspension de la coopération
avec l'Europe depuis 1993. Le débat concerne aussi les questions visant
la consolidation de l'État de droit, le renforcement de la capacité des
institutions d`appui à la démocratie et au respect des droits de
l'Homme.
5. Les participants: cinq partis politiques de l'opposition
traditionnelle et le Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir).
Il s'agit de: l'Union des forces de changement (UFC, de Gilchrist
Olympio), le Comité d'action pour le renouveau (CAR de Me Yawovi
Agboyibo), la Convention démocratique des peuples africains (CDPA, de
Léopold Messan Gnininvi). Les deux autres qui sont la Convergence
patriotique panafricaine (CPP, de Edem Kodjo, actuel Premier ministre )
et le Parti des démocrates pour le renouveau (PDR, de Zarifou Ayéva,
ministre d'État, chargé des Affaires étrangères et de l'Intégration
africaine), collaborent déjà avec le régime de Faure Gnassingbé. Dans le
camp de la société civile, seules deux organisations féminines : Le
Groupe femme, démocratie et développement (GF2d) et le Réseau femmes
anciennes ministres et parlementaires du Togo (REFAMPT) sont associées
au processus politique.
6. En ce qui concerne la durée du dialogue, le mémorandum souligne
qu'elle "doit être appréciée en fonction de l'objectif ultime qui
consiste à permettre aux acteurs de la société togolaise de discuter en
toute sérénité et de s'accorder sur les éléments essentiels du cadre
électoral pour aller rapidement aux élections législatives".
Réaction d'Afrology: Il serait peut-être un peu temps de traiter le
problème dans sa globalité et avec plus de sérieux. La question de la
diaspora, les présidentielles controversées, les victimes des élections,
la séparation des pouvoirs: autant de sujets sans réponse...
Le discours, in extenso:
Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Messieurs les Présidents des Institutions de la République,
Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des
Organisations internationales,
Autorités religieuses, militaires et administratives,
Mesdames et Messieurs les chefs de partis politiques,
Honorables Chefs traditionnels,
Mesdames et Messieurs les Représentants des différentes centrales
syndicales,
Associations composant la société civile,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
Vous êtes conviés ce jour, à un rendez-vous important de la vie
politique de notre pays.
Le dialogue inter-togolais qui s’ouvre une fois encore tel une nouvelle
page d’un livre neuf que l’on tourne, s’inscrit dans la recherche des
solutions à la situation particulière que connaît notre pays depuis
plusieurs années.
La décennie écoulée a été essentiellement marquée dans notre pays par un
débat politique perturbé, caractérisé par des violences de toute sorte,
par la méfiance réciproque et la difficulté de se retrouver pour mettre
à plat nos problèmes.
Je saisis cette occasion pour saluer la mémoire de toutes les victimes
de ces passions politiques exacerbées de quelques bords qu’elles soient,
et j’en appelle à la paix des cœurs et à la réconciliation des esprits.
Je saisis également cette occasion solennelle pour exprimer toute ma
gratitude aux Présidents Olusegun OBASANJO, Mamadou T ANDJA, Omar BONGO
ONDIMBA, au Guide Mouammar Khaddafi et à tous leurs pairs de l’Union
Africaine et de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest et de
l’Union européenne qui se sont dépensés sans compter pour nous aider à
franchir un cap tumultueux.
Qu’ils trouvent ici le témoignage de la reconnaissance du peuple
togolais tout entier et de son Gouvernement, et l’expression de mes
sincères remerciements.
Mesdames et Messieurs,
Le chemin parcouru par notre pays depuis le début du processus
démocratique est déjà assez appréciable malgré les aléas. Nous avançons
à pas sûrs vers un Togo plus démocratique, un Togo plus moderne.
La multiplicité de partis politiques, de journaux et périodiques toutes
tendances confondues, des associations pour la défense des Droits de
l’homme, des associations de développement de quartiers et villages,
sont des acquis incontestables.
Nul ne peut nier les progrès démocratiques accomplis malgré tous les
évènements graves qui, sur le parcours, ont souvent contrarié les
aspirations légitimes de nos populations à un mleux-être continu.
Nous nous sommes réunis ici pour réfléchir et pour nous engager sur la
voie d’une mutation profonde de notre pays:
- mutation dans les mentalités:
- mutation dans les comportements,
- mutation dans la volonté de réaménagement de l’espace togolais
- mutation dans notre façon de dialoguer.
Bref, mutation dans notre façon de vivre ensemble.
Nous étions pourtant bien partis avec les 22 engagements pris par le
Gouvernement togolais, le 14 avril 2004, devant l’Union européenne à
Bruxelles. Nous étions même près du but.
Dans la mise en application concrète de ces engagements, nous avions,
tel un sculpteur méticuleux, démontré la volonté de remodeler notre
pays, de redessiner les contours précieux de notre unité nationale,
d’incruster dans ses rugosités, les précieuses pierres de la démocratie,
du respect des droits de l’homme, de la bonne gouvernance et du
mieux-être.
La mort du Père de la Nation, le Général Gnassingbe Eyadema, a ouvert
une phase d’incertitude et de trouble.
Pouvait-il en être autrement ?
Toute succession est difficile à organiser. A plus forte raison quand il
s’agit de succéder à une personnalité hors du commun qui a modelé la
Nation pendant trente huit ans.
L’élection présidentielle et son cortège de violences postélectorales
nous ont freiné dans notre élan et ralenti quelque peu notre ardeur de
bien faire.
Mais, grâce à Dieu, nous avons sauvé l’essentiel.
Comme l’ont relevé le rapport de la Mission d’établissement des faits
des Nations Unies et celui de la Commission Nationale d’Enquête
indépendante, les violence et les exactions qui ont émaillé le processus
de l’élection présidentielle nous interpellent tous :institutions,
responsables politiques et associatifs ainsi que chaque citoyen. Dés
lors, le nécessaire débat sur la question de l’impunité et
l’indispensable retour au pays des réfugiés dans un climat de
réconciliation nationale s’impose à nous.
Le Gouvernement est déterminé pour sa part à en tirer tous les
enseignements en vue de renforcer les efforts de sauvegarde et de
protection des droits de 1 ’homme et des libertés fondamentales.
Malgré les difficultés de parcours et parce que notre détermination à
mieux faire est toujours intacte, j’ai réaffirmé notre ferme résolution
de tout faire pour parachever la réalisation des 22 engagements pour:
- accélérer ce qui a pu traîner le pas,
- renforcer ce qui présente des failles,
- consolider ce qui est entrepris.
La mise en œuvre du dialogue est au premier rang de ces engagements.
Je voudrais au seuil de ce dialogue remercier nos partenaires africains
et européens qui nous accompagnent dans le déroulement du dialogue inter
togolais.
Nous devons éviter les erreurs du passé en mettant l’accent sur la
nécessité d’un dialogue fructueux et efficace.
Nos thèses et anti-thèses ne doivent pas être des facteurs
d’affrontement ou de rejet mutuels mais des éléments pour construire une
synthèse plus riche, plus féconde.
Je souhaite qu’au-delà des divergences dans les analyses et dans les
propositions, tous les participants, les partis politiques et la société
civile puissent exprimer ensemble leur attachement et leur volonté
d’engager définitivement le Togo sur la voie d’une démocratie apaisée et
d’une réconciliation véritable.
La démocratie apaisée c’est celle où l’on discute plutôt que l’on se
dispute.
La démocratie apaisée c’est celle où l’on cherche des solutions entre
soi au lieu de les rechercher chez des tiers.
La réconciliation c’est considérer chaque togolais comme un frère et non
comme un ennemi
En un mot, nous devons nous considérer comme un seul peuple uni et
recherchant le meilleur pour tous et pour chacun.
S’agissant de la question des réfugiés, le Gouvernement, sur mon
instruction, a déjà pris un train de mesures pour rassurer nos
compatriotes et leur permettre de rentrer en toute sécurité chez eux.
En ma qualité de Chef de l’État et de garant de l’unité nationale, je
puis leur assurer qu’aucune force de sécurité ne poursuit aucun
Togolais, ni de jour, ni de nuit, en aucun endroit du territoire
togolais!
Que ceux qui ont des choses à se reprocher sachent que nous travaillons
pour que le pardon mutuel devienne possible!
Que ceux qui ont peur sachent que les nuits sont encore plus paisibles à
Lomé et sur toute l’étendue du territoire togolais que toutes les
difficultés auxquelles ils s’exposent loin de leurs familles et de leurs
amis, malgré tous les efforts déployés par les pays d’accueil que nous
tenons à remercier.
On n’est jamais mieux que chez soi.
Le Togo c’est notre pays, c’est notre Patrie.
Personne ne peut nous empêcher d’y vivre, d’y travailler et d’y
prospérer
Une fois encore, je lance un appel pressant à tous nos compatriotes qui
se trouvent actuellement en situation de réfugiés ou de déplacés afin
qu’ils puissent saisir toutes les facilités que crée le Gouvernement en
collaboration avec le Haut Commissariat des Nations unies aux réfugiés,
pour leur permettre de reprendre leur place dans la nation.
C’est le lieu d’exprimer la reconnaissance de la nation togolaise au
Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et à tous les
organismes internationaux concernés pour l’assistance humanitaire qu’ils
apportent aux réfugiés et aux personnes déplacées et pour leur appui
pour la mise en place des conditions favorables à leu retour et à leur
réinsertion.
Nous avons écouté et nous continuons d’écouter les clameurs qui nous
parviennent des villes, des campagnes, des hameaux et fermes les plus
reculés, du peuple togolais dans sa globalité, sans distinction de sexe,
d’âge, de religion, d’ethnie, ou de tribu.
Tous ne demandent qu’une seule chose, la cohésion, l’homogénéité, la
paix, le développement.
Tous demandent que nous ne nous ne perdions plus dans des luttes
fratricides inutiles.
Tous demandent que nous ne nous dispersions plus dans des querelles
vaines.
Tous demandent que nous créions les conditions optimales de leur
épanouissement personnel et collectif.
Nous avons beaucoup de défis à relever ensemble dans un climat de
confiance réciproque et dans un élan de consolidation de l’État de droit
et de la démocratie.
Je souhaite que le dialogue qui s’ouvre puisse favoriser cette ambition
pour notre pays.
Que notre pays retrouve la paix, la compréhension et la fraternité.
Vive la République togolaise unie et prospère.
Que Dieu bénisse le Togo.
Source: Courrier anonyme reçu ce 19/11/2005
Notes: Il y a lieu de se demander si Monsieur Faure a ici
réussi à convaincre son auditoire avec un discours qualifié de "vague"
et théorique par notre informateur anonyme... A quand un véritable audit
et une évaluation objective des politiques engagées dans ce petit pays?
ndlr Intervention de la FIDH: 18/11/2005
Togo
Retour sur la crise togolaise : l’exigence de justice demeure
Paris, le 18 novembre 2005 - La FIDH publie aujourd’hui le rapport de
trois missions internationales d’enquête effectuées au Togo et au Bénin
en 2005.
Le rapport de la FIDH revient également sur les importantes
manipulations électorales observées notamment par son chargé de mission
présent à Lomé pendant le scrutin présidentiel du 24 avril 2005 : vols
d’urnes, invalidité des listes électorales, pressions politiques et
militaires sur les électeurs.
La FIDH constate qu’aucune procédure judiciaire n’a encore été engagée
contre les auteurs de ces crimes et s’inquiète de la réflexion au sein
du pouvoir de l’adoption d’une loi d’amnistie. La Commission nationale
d’enquête qui a publié son rapport le 10 novembre 2005 n’apporte aucune
réponse à cette situation d’impunité. Elle manque à son mandat
d’incrimination, ce qui confirme les plus grands doute émis sur son
indépendance.
Enfin, dans son rapport, la FIDH dénonce les graves menaces et pressions
orchestrées par les forces de l’ordre à l’encontre de toute personne
ayant osé ou osant encore dénoncer le "hold-up électoral" d’avril 2005
et les graves violations des droits de l’Homme. Les sièges des
organisations de défense des droits de l’Homme et leurs liaisons
téléphoniques sont régulièrement surveillés. Des menaces sont encore
proférées, via les médias gouvernementaux, contre les défenseurs des
droits de l’Homme et leur famille. Récemment, le journaliste
Jean-Baptiste Dzilan a été gravement agressé, roué de coups et
empoisonné par une dizaine d’homme non identifiés.
Face à cette situation, la FIDH attend des autorités togolaises - comme
Sidiki Kaba, président de la FIDH, a pu le faire valoir lors d’un
entretien avec Faure Gnassingbé le 28 septembre 2005 - des actions
concrètes : la poursuite devant la justice des auteurs des graves
violations des droits de l’Homme ; le respect du droit des victimes à la
vérité, à justice et à réparation ; le retour en toute sécurité des
réfugiés ; et la refonte du cadre électoral en vue de l’organisation
d’élections législatives libres, pluralistes et transparentes.
Comme le conclut Sidiki Kaba : "Faire table rase du passé récent serait
une erreur des autorités nationales et attiserait encore plus les
tensions existantes. Le pouvoir doit immédiatement relever le défi de la
lutte contre l’impunité, de la construction de l’État de droit et d’une
justice indépendante.".
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