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Une Force Alternative d'Opposition
pour mettre fin à la dictature et instaurer la démocratie au Togo

 

Extrait N°1
«...Dès février 1992, la CDPA-BT avait ressenti la nécessité d'une réorientation de la lutte contre le régime despotique pour permettre à l'opposition d'atteindre son objectif. La pratique politique de ceux qui avaient récupéré le mouvement populaire avait en effet commencé à s'écarter de cet objectif dès les accords de juin 1991. L'écart s'est accru pendant la conférence nationale. Et la dérive n'a pas cessé de s'accentuer depuis que la plupart des chefs des partis politiques d'opposition avaient choisi la voie électoraliste et la concurrence entre partis d'opposition pour régler le problème porté dans la rue par les masses insurgées.

A partir de ce moment, on mit une sourdine à la pression populaire, qui avait pourtant permis d'arracher au régime les premières libertés démocratiques. Et l'on relégua la population dans le rôle d'une clientèle électorale à conquérir chacun pour soi, et par tous les moyens possibles. A partir de ce moment, il ne s'agissait plus en réalité de lutter pour l'abolition du régime de dictature, mais de composer avec lui sur la base du principe de l'alternance au pouvoir, comme s'il s'agissait déjà d'un régime démocratique. Et, si possible, de partager le pouvoir avec les tenants de la dictature dans le cadre d'une cohabitation consensuelle. Cette désorientation de la lutte avait créé un divorce entre le peuple opprimé et les leaders ainsi engagés dans la voie électoraliste et dans celle de la négociation au « sommet ».

Pour éviter une restauration du régime et permettre la démocratisation, il était devenu nécessaire de recentrer la lutte sur ses objectifs initiaux pour que la masse du peuple opprimé se reconnaisse dans la politique d'opposition au régime. C'était une des conditions essentielles de la participation active des masses populaires à la lutte. A partir du moment où il s'agit d'abolir une dictature, la participation active de la masse des opprimés est en effet une condition indispensable au succès.

Ces préoccupations avaient ainsi conduit la CDPA-BT à proposer sa charte d'alliance dès 1992, avant même l'attentat de Soudou. Puis, en 1995, quand la dérive n'arrêtait pas d'écarter la politique d'opposition des aspirations populaires et d'accentuer le divorce entre le peuple et les leaders des partis d'opposition, le parti avait lancé l'idée d'une nouvelle opposition démocratique, mais sans échos auprès des autres partis. Il devenait cependant de plus en plus dangereux de poursuivre l'exclusion des masses populaires de la lutte, et donc de la vie politique, et de laisser une minorité d'hommes parler au nom du peuple sans demander son avis et sans tenir compte de ses aspirations politiques.

La manière dont on avait engagé la lutte dans l'impasse du "dialogue intertogolais" et liquidé le contentieux électoral a singulièrement aggravé la situation. On donna le sentiment que plus rien n'est possible, que le retour à la case de départ était devenu une fatalité, que la cohabitation était inévitable. La CDPA-BT avait alors lancé l'idée de l'émergence nécessaire d'une force alternative d'opposition au moment où tout le monde se préparait pour les élections anticipées pourtant si hypothétiques. Et il avait proposé la création d'une telle force comme moyen incontournable pour remonter la pente et faire progresser la lutte contre le régime. La proposition souleva encore de fortes résistances dans les milieux dirigeants de l'opposition. On n'y vit qu'une façon de dénigrer les leaders au premier plan de la scène politique, et une tentative de diviser l'opposition, comme si celle-ci n'était pas déjà fortement divisée par des rivalités féroces de leadership pour le pouvoir.

Le présent document se propose de clarifier davantage l'idée de la force alternative d'opposition afin de lever, autant que possible, les malentendus et les réticences auxquels elle a inutilement donné lieu. Il ne s'agit pas de diviser. Il s'agit au contraire de rassembler autour d'un nouveau projet afin de tirer le meilleur parti possible de tout le potentiel d'opposition qui existe encore dans le pays, afin d'abolir le régime et instaurer la démocratie.

Dès février 1992, la CDPA-BT avait ressenti la nécessité d'une réorientation de la lutte contre le régime despotique pour permettre à l'opposition d'atteindre son objectif. La pratique politique de ceux qui avaient récupéré le mouvement populaire avait en effet commencé à s'écarter de cet objectif dès les accords de juin 1991. L'écart s'est accru pendant la conférence nationale. Et la dérive n'a pas cessé de s'accentuer depuis que la plupart des chefs des partis politiques d'opposition avaient choisi la voie électoraliste et la concurrence entre partis d'opposition pour régler le problème porté dans la rue par les masses insurgées.

A partir de ce moment, on mit une sourdine à la pression populaire, qui avait pourtant permis d'arracher au régime les premières libertés démocratiques. Et l'on relégua la population dans le rôle d'une clientèle électorale à conquérir chacun pour soi, et par tous les moyens possibles. A partir de ce moment, il ne s'agissait plus en réalité de lutter pour l'abolition du régime de dictature, mais de composer avec lui sur la base du principe de l'alternance au pouvoir, comme s'il s'agissait déjà d'un régime démocratique. Et, si possible, de partager le pouvoir avec les tenants de la dictature dans le cadre d'une cohabitation consensuelle. Cette désorientation de la lutte avait créé un divorce entre le peuple opprimé et les leaders ainsi engagés dans la voie électoraliste et dans celle de la négociation au « sommet ».

Pour éviter une restauration du régime et permettre la démocratisation, il était devenu nécessaire de recentrer la lutte sur ses objectifs initiaux pour que la masse du peuple opprimé se reconnaisse dans la politique d'opposition au régime. C'était une des conditions essentielles de la participation active des masses populaires à la lutte. A partir du moment où il s'agit d'abolir une dictature, la participation active de la masse des opprimés est en effet une condition indispensable au succès.

Ces préoccupations avaient ainsi conduit la CDPA-BT à proposer sa charte d'alliance dès 1992, avant même l'attentat de Soudou. Puis, en 1995, quand la dérive n'arrêtait pas d'écarter la politique d'opposition des aspirations populaires et d'accentuer le divorce entre le peuple et les leaders des partis d'opposition, le parti avait lancé l'idée d'une nouvelle opposition démocratique, mais sans échos auprès des autres partis. Il devenait cependant de plus en plus dangereux de poursuivre l'exclusion des masses populaires de la lutte, et donc de la vie politique, et de laisser une minorité d'hommes parler au nom du peuple sans demander son avis et sans tenir compte de ses aspirations politiques.

La manière dont on avait engagé la lutte dans l'impasse du "dialogue intertogolais" et liquidé le contentieux électoral a singulièrement aggravé la situation. On donna le sentiment que plus rien n'est possible, que le retour à la case de départ était devenu une fatalité, que la cohabitation était inévitable. La CDPA-BT avait alors lancé l'idée de l'émergence nécessaire d'une force alternative d'opposition au moment où tout le monde se préparait pour les élections anticipées pourtant si hypothétiques. Et il avait proposé la création d'une telle force comme moyen incontournable pour remonter la pente et faire progresser la lutte contre le régime. La proposition souleva encore de fortes résistances dans les milieux dirigeants de l'opposition. On n'y vit qu'une façon de dénigrer les leaders au premier plan de la scène politique, et une tentative de diviser l'opposition, comme si celle-ci n'était pas déjà fortement divisée par des rivalités féroces de leadership pour le pouvoir.

Le présent document se propose de clarifier davantage l'idée de la force alternative d'opposition afin de lever, autant que possible, les malentendus et les réticences auxquels elle a inutilement donné lieu. Il ne s'agit pas de diviser. Il s'agit au contraire de rassembler autour d'un nouveau projet afin de tirer le meilleur parti possible de tout le potentiel d'opposition qui existe encore dans le pays, afin d'abolir le régime et instaurer la démocratie...»

(Une force alternative d'opposition pour mettre fin à la dictature et instaurer la démocratie au Togo, décembre 2002, pp. 13-15)

à suivre


Tous ceux qui désirent obtenir cette brochure peuvent s'adresser à :
L'Equipe de diffusion de la CDPA-BT
BP 13963 Lomé * Togo
E-Mail à: info@cdpa-bt.org


* La charte d'alliance proposée par la CDPA-BT en 1991



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